Concert exceptionnel
au théâtre de Champagne dimanche 18 février, sous la direction de Gilles Millière.

Le programme initialement prévu dut être bousculé. En effet, entre la Sinfonietta de Francis Poulenc et la Valse – poème symphonique – de Maurice Ravel, nous attendions les « Illuminations » pour accordéon et orchestre de Jean Philippe Bec. Malheureusement, l’accordéoniste soliste Jean Marc Fabiano ayant dû être hospitalisé, Gilles Millière et son orchestre furent amenés à répéter une autre composition en quelques jours.

Jean Philippe Bec présente son oeuvre.
Jean Philippe Bec lui-même tenait à en faire la présentation et à rendre hommage aux musiciens capables de relever ce défi. L’extrait de sa « Gautama-Symphonie » choisi à cette occasion est inspirée de la vie de Bouddha (Siddhârta Gautama). L’œuvre complète comprend trois parties :
- Naissance et vie de famille .
- L’Eveil .
- Dharma (loi universelle et enseignement symbolisés par une roue ) et Paranirvana.
Chacune renvoie à une étape de la vie , de l’origine à la mort (Paranirvana) :
« Le don du Dharma surpasse tous les dons ; la saveur du Dharma surpasse toutes les saveurs ; le délice dans le Dharma surpasse toutes les délices[1]. »

Le Dharma, « ce qui doit être » ou « l’action juste » devrait m’inciter à m’arrêter là . Mélomane du dimanche, je n’ai aucune des compétences requises pour émettre un avis éclairé sur la composition ou l’exécution de cette œuvre. Cependant, Jean Philippe Bec, lors de sa présentation tint à rassurer le public avec humour et simplicité :
« Je suis un compositeur de musique contemporaine qui ne fait pas trop mal aux oreilles…Cette musique on peut la comparer à l’art contemporain. Elle peut paraître inaccessible pour certains Il faut l’aborder sans a priori… »

Et c’est là qu’il faut être reconnaissant à Gilles Millière et à ses musiciens. L’année 2006 consacrée en grande partie à Mozart alliait complexité, virtuosité et séduction. Mais le programme de chaque mois concilie la tradition et la présentation d’œuvres modernes. Ainsi lors d’une représentation précédente, la toujours émouvante « Chanson de Solveig » (2ème suite de Peer Gynt) succédait à la « Petite suite pour orchestre » de Lutoslawski. Nous avions déjà pu entendre et apprécier « The chairman Dances » de John Adams et « Fancy free » de Léonard Bernstein. Avec Jean Philippe Bec, un autre univers s’ouvre à l’écoute nécessairement attentive. Bien qu’inspiré par l’orient, rien de commun ici avec les fantaisies descriptives, exotiques ou pittoresques. Nulle agressivité des percussions. Le mouvement se déroule dans une harmonie contenue de sonorités tour à tour délicates ou profondes selon une ligne mélodique intérieure, comme sous entendue. Fugitifs tintements cristallins. Glissements de tonalités. Le souffle des hauteurs inaccessibles est là : altitudes spirituelles.

Que les musiciens me pardonnent les considérations naïves d'un néophyte. Rendez-vous compte par vous-même. Le site de Jean Philippe Bec propose d’entendre des extraits de ses œuvres, y compris les « Illuminations »
Et pour en savoir plus sur le compositeur une interview :
http://jpbec.free.fr/index.html
Les autres interprétations ne le cédaient en rien. La valse de Maurice Ravel loin des légèretés viennoises, plongeait l’univers brillant et futile des cours impériales au cœur des drames contemporains. La sensibilité grave du violoncelle de Laure Bécard sonnait comme un hommage.

L’Orchestre symphonique de l’Aube est soutenu par le Conseil général. Les représentations sont mensuelles et données dans plusieurs villes du département. Voir pour tous renseignement le site http://www.cg-aube.com/index.php4?rubrique=114
On y apprend notamment que Gilles Millière fit ses débuts dans l’harmonie de son village, ce qui ira droit au cœur de tout(e) Maillotin(e).
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