« Averell » brûlé en place publique.
« Nous, Confrérie du Carnaval de Creney
Par la Voix de son Juge Suprême…
Avons le grand honneur de vous faire savoir que si nous vous avons réunis ce jour,
le 16 germinal de l'an 216 de la République,
vous privant momentanément de vos pantoufles et de votre télévision,
c'est qu'il nous a paru hautement indispensable
pour l'édification des masses crédules honteusement exploitées
même si quelque part elles ne l'ont pas volé,
de rendre public le jugement du Triste Sire de Carnaval
J'ai nommé :
Averell
Qui a pris un malin plaisir depuis un an à accumuler les pires méfaits sur les terres de notre Bonne Cité et Autres Lieux….
….Aussi, après en avoir délibéré avec le meilleur de Nous-Même, Nous, Juge de notre Tout-Puissant Tribunal, déclarons le prévenu coupable de tous les crimes qui lui sont reprochés et de bien d'autres encore,et condamnons l'affreux Averell à avoir les orteils et les poils du nez grillés jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Condamnons le bon peuple ici présent à célébrer cette exécution dans la joie, et à boire d'abondance à toutes les buvettes du C.R.A.C.
Le condamné et le public ne sont pas autorisés à faire appel du jugement.
Le Tribunal n'accepte que les pots de vin provenant de cuvées millésimées.
La présente condamnation est immédiatement exécutoire.
L'exécution est publique et gratuite.
Seule la buvette est payante.
Bourreau, fais ton office. »….
Ainsi se termine chaque année depuis 24 ans le carnaval de Creney. L’affaire se présentait mal. L’an dernier, le 17 mai 2007, le matériel de l’association fut détruit par un incendie : costumes, chars partirent en fumée. Il en fallait plus pour décourager les joyeux drilles qui se lancèrent à nouveau dans l’aventure.
Comble d’un procès placé sous le signe du réchauffement climatique, le ténébreux Averell menaça de noyer le cortège. La neige tombait à gros flocons en début d’après midi ! Fort heureusement l’éclaircit vint et le départ des groupes à 15 h 30 se fit sous le soleil. Le beau temps persista jusqu’à la fin des festivités.
Les rangs des spectateurs, clairsemés au début se firent de plus en plus dense et la cérémonie du jugement se fit devant une foule relativement dense.
Le défilé était particulièrement animé grâce aux « Chinels » belges de la société royale de Fosse-le-ville, sortes de polichinelles bossus affublés d’attributs étranges qui firent on ne sait pourquoi frémir plus d’une spectatrice. Accompagnés de Pierrots musiciens, ces masques de tous âges prenaient un malin plaisir à poursuivre les jeunes filles, sabre de bois recourbé en main manifestant les intentions indiscrètes que vous devinez …
Le groupe Aquarela, école de samba composée de 38 musiciens et musiciennes, de danseuses somptueuses menées au sifflet par un maître de ballet enthousiaste éclatait de couleurs et de rythmes.
Fanfare des Noës, Renaissance de Virey sous Bar, bande à Benoît avec son char « The sweet home Chicago » se succédaient. Enfants de Creney et de l’atelier floral s’étouffaient de confettis jetés à pleines mains. Un char manifestait l’intention fort à propos de « sortir la tête de l’eau », tandis que les matelots du « N’importe quoi », navire mal identifié, brassaient carré en compagnie d’avenantes « fiancées du pirate ».
Notre fanfare maillotine « L’Eveil » revêtue pour la circonstance de tenues sportives fermait le ban. On remarquait au milieu des « anciens » toujours fidèles, des jeunes garçons et filles toujours « hyper motivés », les petits de l’Eveil musical emmenés par Corinne.
Le mannequin fut brûlé en place publique dans une pétarade Rabelaisienne enveloppé de fumées rougeoyantes et infernales.
Le programme complet, le texte du jugement et les noms de tous les groupes sur le site du Crac !
http://pagesperso-orange.fr/raymond.elphege/carnaval/Carnav.htm
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