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Vendredi 29 juin 2007

Moulin de Dosches : inauguration en beauté.

 

 

Il avait fière allure le moulin d’Erwin Schriever au flanc de la côte de Dosches, avec ses toiles brique délavée. Les artisans de la première heure avaient enrubanné les ailes d’une guirlande tricolore, comme on le faisait paraît-il jadis les jours de fête. Malgré un ciel chargé, les officiels et les curieux avaient gravi parapluies déployés, le chemin récemment aménagé qui mène à l’ancienne carrière.

A l’accueil, était proposé le verre commémoratif gravé et les bouteilles du vin d’honneur. Devinez quoi : c’était du Moulin à Vent ! Le « Petit marché nature » proposait ses produits  cent pour cent  pur terroir. Sous la grande tente, vous pouviez acheter T-shirt, cartes postales, brochures,  au profit de « l’Association des Moulins à Vent Champenois. » . Les maîtres de l’Association « L’outil en main » offraient conseils et explications. Vous pouviez gratuitement pousser le rabot ; des fillettes accrochaient  les longues spirales de copeaux à leurs cheveux. Au fond, l’espace était réservé aux dessins, maquettes, créations diverses et variées des enfants des écoles ayant participé au concours proposé par les DDEN de l’Aube et l’Association des amis du parc.

 

Il fallait escalader les derniers mètres pour se trouver au pied du moulin. Une petite estrade était destinée à élever les propos des orateurs. Erwin Schriever bien sûr, Dominique Voix, conseiller général, Président du syndicat mixte du parc et « parrain » de la machine, Evelyne Perrot, Maire de la commune, le représentant de François Baroin excusé, la Présidente de l’Association nationale des moulins à vent, Line Bret, conseillère régionale etc. Qu’on me pardonne les oublis. Auparavant, les organisateurs avaient souhaité que le moulin fut béni. Cela se fait pour les bateaux et les cloches. Je n’ai pas trouvé trace de tradition de ce genre pour les moulins et serais ravi d’en savoir plus. De  la farine vient le pain nourricier et naturellement sa symbolique religieuse. Pour certains, l’image d’un moulin symbolise l’Eglise guidée par le souffle de l’esprit saint. Notre ami Pierre Garraud a relevé bon nombre de graffitis d’églises représentant des moulins, sans qu’on sache exactement quelle était l’intention des anciens « tagueurs ».  La foi est affaire privée. L’observateur neutre ne pouvait qu’être frappé de l’aspect druidique du geste effectué devant le géant de bois à l’aide d’une branche trempée d’eau par l’officiant vêtu de blanc. De plus, chacun nota l’apparition subite au moment précis de la bénédiction d’un rayon de soleil providentiel !

 

Dos au public, les Trompes d’Orient saluèrent l’événement. On avait pour la circonstance invité des ânes, compagnons indispensables du meunier. Les paniers tressés ballotant au flanc d’un ânesse venaient paraît-il du Maroc. L’ânon facétieux divaguait entre les spectateur et les personnalités, attiré un instant par le feuillage béni !

 

Discours terminés, les conversations particulières se poursuivirent autour d’un copieux buffet arrosé de vin rouge. Des petits bouts de ruban tricolores avaient été distribués. On retrouvait là avec plaisir d’anciennes connaissances, des collègues d’autrefois, des jeunes gens et des jeunes filles trop vite grandis,  les passionnés des premiers jours, ceux qui avaient en mémoire les premiers travaux, sur la place face à la grange, lorsque le beau moulin n’était encore qu’un tronc de chêne brut.

 

« Le dimanche nous allions aux moulins, par bandes. Là-haut, les meuniers payaient le muscat. Les meunières étaient belles comme des reines, avec leur fichus de dentelles et leur croix d'or. » ( Le secret de Maître Cornille. )

 

 On imagine la joie du maître d’œuvre et de ses compagnons. Evelyne Perrot pouvait à juste titre savourer le fruit d’années d’obstination. Les nombreuses anonymes et discrètes petites mains , les bras vigoureux qui ont permis les installations et le déroulement de la fête n’étaient pas moins satisfaits.

 

« Mon moulin, te voilà construit !
Tout près de la falaise, un bon géant se hausse
Qui me parle, m’instruit
D’un long passé détruit...
Moulin vivant tournant, preste et folâtre,
Par toi mes vœux seront comblés.
Comme autrefois nos vieux, le soir, autour de l’âtre,
Parle-moi du pays, de ces gars, de ces blés !

Mon moulin, j’ai voulu t’ériger là moi-même,
Te camper droit près d’un murger.
Pour moi tu vas tourner, et pour ceux que j’aime,
Tu vas encourager…

Leurs poètes, leurs fils pieux.
Moulin joyeux, toi qui sous la brise ronronne,
Esquissant une croix d’amour sur les grands cieux.

Moulin du souvenir, moulin de poésie,
Qui fait resurgir le passé,
Tourne pour ma gaîté, tourne à ma fantaisie !
Redis, jamais lassé,
Le conte ressassé...
Qui donc ose affirmer que tu tournes à vide,
O mon grand joujou raisonneur ?
Tandis que de mes jours l’écheveau se dévide,
Tu mouds les rêves bleus dont j’ai fait le bonheur ! »

                                                                       GM Robillard.

 

 Le ciel s’étant dégagé, la longue procession des visiteurs allait  se poursuivre durant tout le weekend qui correspondait rappelons-le, à la célébration nationale des moulins à vent (Tous les ans le 24 juin )

 

A plusieurs reprises, les responsables de la machine lâchèrent la bride aux ailes. Impressionnant tourbillon balayant l’espace, frôlant le sol avant de s’élancer vers les nuages. On me souffle que la vitesse à l’extrémité de l’aile peut atteindre 100 km/h. Qu’on me corrige si j’écris une sottise ! Et cette belle mécanique tourne actuellement dans un silence absolu, impressionnant, tandis que la cage roule légèrement sur le pivot comme une coque prête à l’appareiller.

 

« Comme la légère hirondelle
Qui semble du bout de sont aile
En volant effleurer le sol
J’aime voir les moulins perchés sur la colline
chacun de leur bras vers la terre s’incline
Pour reprendre ensuite son vol. »

 

 Durant l’après-midi, une file ininterrompue de visiteurs fera la queue au pied de l’échelle de meunier pour explorer les entrailles de l’édifice.

 

A 15 h, Armande Spilmann, Présidente des Amis du Parc, simplement juchée sur une chaise procéda à la remise des récompenses destinées aux écoles ayant participé au concours. Une trentaine de classes, plus de 700 élèves ont étudié, réfléchi, inventé sur le thème du vent, du mouvement et de ses applications. Les résultats sont stupéfiants de diversité, d’ingéniosité et de goût.


Le jury initialement prévu, devant tant d’efforts et de talents, a renoncé à établir un classement. Toutes les écoles se sont vues récompensées.


Il revenait naturellement à Erwin Schriever de s’adresser à la foule des parents, des enseignants et des enfants venus tout exprès en ce samedi après-midi. Avec la douceur et la simplicité inimitable qu’on lui connaît, le maître charpentier qu’il est devenu à évoqué ses rêves d’enfant. Je cite de mémoire :

« Enfant je voulais être charpentier, construire des bateaux, et réaliser le rêve de tout charpentier, construire un moulin. J’ai réalisé ce rêve. Vous aussi vous avez des rêves. Vous voulez être boulanger, ingénieur, maçon… Ne vous arrêtez pas avant d’avoir réalisé vos rêves… »

 

Un goûter – offert par le centre Leclerc de Saint-Parres-aux-Tertres- fut distribué. Les « Chénevotots », groupe folklorique dryat prirent position au pied du moulin. Au son de l’accordéon, danseuses et danseurs exécutèrent une suite de danses campagnardes. Les visites continuaient. De nouveaux arrivants continuaient d’escalader la butte.

 

Vers 23 heures, à la nuit tombée, les premières fusées furent lancées. Un feu d’artifice, rigoureusement contrôlé par les sapeurs pompiers incendia le ciel en arrière du moulin dont la silhouette sombre se découpait sur un fond d’éclatements, un ruissellement de lumière.


Derrière les barrières de sécurité, en contrebas de la plateforme, la masse de la cage et les grandes ailes voilées paraissaient par instant flotter.

 

La curiosité ne faiblit point le dimanche. Et durant les semaines qui viennent, il est possible d’admirer l’exposition des travaux d’enfants à la Maison du Parc. ( à la FNAC à Troyes après le 16 juillet jusqu’à début août)

Le moulin s’inscrit désormais dans le paysage. Bientôt une grange sera remontée à proximité. Un meunier y prendra ses fonctions. L’aventure n’est pas terminée.

Comment ne pas citer une fois de plus Daudet et son moulin ? Afin de ne pas lasser, nous avons trouvé le texte en occitan : en voici le début :

 

Estalacioun

« Es li lapin que soun esta espanta. Despièi lou tèms que vesien barrado la porto dóu moulin, li muraio e la plato-formo envahido pèr lis erbo, cresien, fin finalo que la raço di mounié èro avalido e, coume trouvavon la plaço bono, n’avien fa quicon coume soun quartié generau, un cèntre d’ouperacioun estrategico: lou moulin de Jemapo di lapin... La niue qu’arrivère, n’i’avié bèn, sènso menti, uno vintenado d’asseta en round sus la plato-formo, que se caufavon li pato à-n-un rai de luno... Lou tèms de durbi un fenestroun, fu! vaqui la desbrando messo dins lou biva e tóutis aquéli pichot quiéu blanc que patusclon, la co en l’èr, dins lou fourni. Ai l’espèr que revendran. »

 

Nos amis de Lou Champaignat – qui ont déjà consacré un numéro spécial aux moulins de notre région- nous offriront peut-être une version champenoise…

 

par Petits potins_10 publié dans : Actualités. Associations locales
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Mardi 26 juin 2007

Fête de la musique.

 

Festivité solidement ancrée dans les mœurs, la fête de la musique réunissait cette année à l’Espace maillotin une majorité de jeunes et même de très jeunes. La soirée avait en effet été conçue avec et autour des enfants de l’Eveil musical animé par Corinne Boutiot. Comme il se doit, les parents avaient également fait le déplacement.

 

La première partie du « concert » donné par les plus jeunes eut lieu à l’extérieur, sur les marches du préau, car le temps  se montra clément. Dirigés par Corinne les enfants surent faire preuve d’ un solide sens du rythme et manifester le plaisir d’interpréter ensemble les jeux musicaux proposés.


Les percussions étant en place, les plus grands furent appelés à leur tour pour une suite de morceaux plus complexes, associant batterie, guitare et flûte à bec, Didier Renard ayant repris la baguette. Hélas, les cieux irrités trahirent les organisateurs.


Une violente averse dispersa les spectateurs sous les tilleuls fraîchement taillés, le petit préau et les marquises de la mairie et de l’école. Le concert continua néanmoins dans la bonne humeur et la décontraction.

 

La pluie s’étant calmée, les adultes rejoignirent la formation. Chacun cependant était invité à participer, les plus jeunes étant mêlés aux anciens. Les traditionnelles interprétations de l’Eveil s’en trouvèrent quelque peu chamboulées, les batteurs novices ayant parfois des tentations irrépressibles d’improvisation  que le chef n’essaya  pas de contrôler : c’était la fête à la musique ! Et c’était beau.


Je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager une page d’un roman de Muriel Barbery («  L’élégance du hérisson ». Gallimard .2007) consacrée au plaisir du chant . Il doit y avoir quelque chose de commun entre la jubilation du  chanteur et celle du musicien :

 

« Hier après-midi, c’était la chorale du collège…A chaque fois c’est un miracle. Tous ces gens, tous ces soucis, toutes ces haines et tous ces désirs, tous ces désarrois, toute cette année…avec ses vulgarités, ses événements mineurs et majeurs, …toute cette vie dans laquelle nous nous traînons, faite de cris et de larmes, de rires, de luttes, de ruptures, d’espoirs déçus et de chances inespérées : tout disparaît soudain quand les choristes se mettent à chanter. Le cours de la vie se noie dans le chant, il y a tout à coup une impression de fraternité, de solidarité profonde, d’amour même, et ça dilue la laideur du quotidien…Même les visages des chanteurs sont transfigurés… Finalement, je me demande si le vrai mouvement du monde, ce n’est pas le chant… ».

 

Michel Serre rappelle qu’il n’y a pas de muse de la musique, car elle est elle-même la muse de tous les arts.

 

Un moment particulier fut consacré au nouvel instrument acquis par l’Eveil et à l’heureux jeune homme qui le maîtrise. Nous l’avons déjà évoqué à l’occasion du compte-rendu de la fête patronale, mais , honte rouge , nous avons confondu hélicon et soubassophone ! Corrigeons donc l’erreur grâce à l’encyclopédie :

 

 

 

« L’HELICON est un instrument à vent en cuivre de la famille des tubas. Souvent confondu avec le soubassophone  à cause de la similarité de sa forme globale (le musicien porte l'instrument autour de son buste). Il se distingue de celui-ci par un pavillon de diamètre inférieur, positionné dans le prolongement de l'enroulement du tube (ou corps de l’instrument).

 Contrairement au soubassophone il présente l'avantage d'avoir moins de prise au vent et un meilleur équilibre global. Cette particularité lui vaut d'avoir été choisi par les musiques défilant à cheval, à l'instar de la Garde républicaine.

Le SOUBASSOPHONE :

Cet instrument est un instrument à vent de la famille des cuivres. Il est facilement repérable dans une fanfare avec son énorme pavillon situé au-dessus de la tête du musicien. Il tient le rôle de basse dans les fanfares, les harmonies et les jazz-bands. C'est un instrument lourd (plus de 15 kg) qui entoure le corps du musicien et qui se porte sur l'épaule gauche de celui-ci. Inventé par  John Philip Sousa (EU) à la fin du 19ème siècle. Il présente sur le tuba l'avantage d'être porté sur l'épaule, d'une façon équilibrée, sans être en porte-à-faux avant comme le tuba. Ceci lui permet d'être joué en marchant sans trop de fatigue, d’où son grand succès dans les fanfares. Le soubassophone est fréquemment utilisé dans les orchestres de jazz traditionnel .Le soubassophone est un instrument transpositeur en  Si bémol (on en trouve aussi en Fa et en Mi bémol) ; il comporte en général 3 pistons comme la trompette (parfois 4 ) pour une tessiture située deux octaves plus bas. Ses caractéristiques les plus marquantes sont d’une part le corps de l’instrument qui entoure le musicien, et d'autre part le pavillon surdimensionné situé au-dessus de sa tête, démontable et orientable, souvent dirigé vers l’avant. »

 

Du coup, les blagues vaseuses sur l’hélicon tombent un  peu à l’eau, et notre JUPITER tient sa vengeance. Cependant, et nous en sommes navrés pour lui, le soubassophone n’a guère à notre connaissance inspiré les « poètes ». Alors que l’hélicon…. Qu’on en juge avec cette fois des paroles intégrales. La première chanson est du fantaisiste Sim.

 

Je joue de l'hélicon
Dans la fanfare des pom-
piers d'la ville de Macon
Tout près de Châlon sur Saone

Avec mon hélicon
Je suis le roi des pom-
piers qui font d'la musique
Et jouent au concert classique.

Près de mon hélicon
Quand une fille con-
Sulte mes partitions
Elle dit c'est bon pour le son

Je sais qu'à l'hélicon
Faut pas caler, c'est con-
Traire aux traditions
De l'amour et du tromblon

Je joue de l'hélicon
Dans la fanfare des pom-
piers d'la ville de Macon
Tout près de Châlon sur Saone

Je fais à l'hélicon
Des tas de pon, pon, pon, pon
Composés par un com-
Positeur de chansons

 

 

Et voici les paroles de « L'hélicon » de Boby Lapointe :

 
Mon fils tu as déjà soixante ans
Ta vieill' maman sucre les fraises
On ne veut plus d'elle au trapèze
A toi de travailler il serait temps.
Moi j'veux jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

Dans not' petit cirque ambulant
Il y a déjà un hélicon
Choisis donc plutôt d'être clowo'n (sic)
Ou acrobate comm' ta maman
Non j'veux jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

N'en parlons plus mauvaise tête
Tiens va donc voir la femme tronc
Donn' lui ces haricots d'moutoons
Non maman je n'veux pas que la trompette
Je
veux jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

Mon fils tu es bien polisson
De te moquer d'la femme tronc
La femme tronc qui est si bonne
Eh ! maman que m'importent les trombones
Je veux jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

Laisse donc cette femme tronc
Qui a pourtant un beau tuba
Et va trouver l'homme serpent
Tu pourras jouer au boa
Pas du hautbois de l'hélicon
Pon pon pon pon

Eh bien y'a ton ami Elie
Qui n'est pas très intelligent
Si tu veux vas jouer avec lui
Non maman c'est pas ça l'vrai instrument
Moi, j'veux jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

Ah tu m'énerv' s
Ah c'en est trop
Tiens : pan pan pan boum toc, il tombe
Ell'l'a tué d'un coup d'marteau
Et l'on a fait fraver dessus sa tombe
"Il voulait jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon
Con"

 

Le ciel étant redevenu clément, Didier Renard  put remercier les participants et les spectateurs, invitant ceux qui le souhaitaient à poursuivre les festivités dans les villes proches. La presse locale nous apprend que certains sont allés chanter à Saint-Parres-aux-Tertres.

Quant aux enfants de l’Eveil musical, les voilà en vacances pour deux mois…


 

Quelques photos de plus dans l'album ici.

par Petits potins_10 publié dans : Expressions artistiques
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Jeudi 21 juin 2007

Tous pourris ?

 

A la veille des élections, une multidiffusion circulant  par courriel tentait de ranimer les vieux réflexes anti parlementaires bien connus dans l’histoire de notre République.

 Du Général Boulanger au complot des ligues fascistes en 1934, la thématique n’a guère changé. « Bons à rien, gaspilleurs des deniers publics  et tous pourris. » . Pierre Poujade en fit ses choux gras en 1956 (avec à ses côtés un certain JM Le Pen ).

Dans un registre différent, le Général De Gaulle fit de la lutte contre « les partis » un de ses thèmes majeurs. De l’époque de l’UNR triomphante (1958- 1965 ) date l’expression de « député godillot ». Les événements de 1968 ramenèrent à l’assemblée une majorité de droite écrasante et soumise au pouvoir exécutif.

 

 Alexandre Sanguinetti, un Gaulliste historique qui pratiquait le « parler vrai » (et à l’occasion le coup tordu- voir l’histoire du Service d’action civique avec son ami Pasqua ) observa alors que la majorité aurait pu faire élire un âne s’il avait porté les couleurs du parti dominant. Je ne sais pas pourquoi cette remarque a de nouveau semblé d’actualité…jusqu’à la veille du second tour.

 

L’ anti parlementarisme n’est pas seulement lié à la partie la plus réactionnaire de la droite. Le courant anarchiste et anarcho-syndicaliste, autrefois dominant  lui donna jadis une couleur « rouge-noire » que l’on vit ressurgir aussi en 1968 (« Elections piège à cons » ). Le courant marxiste dénonça longtemps la « république bourgeoise » et le système représentatif. Le PCF a depuis plusieurs décennies changé de position à ce sujet. Les courants extrêmes de la gauche n’ont pas tous une position très claire à ce sujet.

D’où provient donc le texte diffusé, dénonçant un privilège inacceptable « voté à la sauvette » « par tous les partis »  à l’initiative de jean Louis Debré ? Extrême droite ? Extrême gauche ? Le but était certainement de favoriser l’abstention.

Que dit l’accusation ?

Les députés se sont voté un « golden parachute » en cas de non réélection. «  Pour chaque député non réélu les Français devront payer 417 120 € ». Le calcul précise 6952 € par mois pendant 60 mois. A l’issue des 5 ans, ils percevront 20% de ce traitement « à vie ».

La loi a été votée « en douce », « en catimini ». Elle modifie l’état de fait antérieur qui maintenait l’indemnité 6 mois et non 5 ans. Aucun média n’en a parlé sauf le « Canard enchaîné »  et « le Midi libre ». Suivent des renseignements exacts collectés sur le site de l’Assemblée Nationale.

http://www.assemblee-nationale.fr/connaissance/indemnite.asp#alloc

De quoi s’agit-il ?

L’auteur du courriel  critique « l’allocation d’aide au retour à l’emploi » des députés battus aux élections. Il s’agit d’un dispositif d’assurance chômage particulier, ces élus ne relevant pas de l’ASSEDIC. Ce que ne dit pas notre auteur c’est que :

-         cette allocation n’est versée qu’aux députés non réélus et sans emploi.

-         le dispositif est financé par une cotisation prélevée sur l’indemnité des élus en fonction (0,5% de l’indemnité parlementaire)

-         l’allocation est différentielle (selon les ressources personnelles de l’élu) et dégressive dans le temps. (100% pendant 6 mois puis 70% (1 an), 60% à 1 an et demi,  50%  bout  après 2 ans, puis -5% par semestre. Le calcul mis en exergue dans le courriel est donc faux.

 

 Quel est le problème ?

Il est possible évidemment de hurler au scandale. Quoi ? Les députés battus auraient droit à une indemnité de chômage ? Il semble bien pourtant que la question ne soit pas là. Qui sont nos députés. L’  assemblée élue en 2002  avait la composition sociologique suivante :

Agriculteurs : 2,5% ; artisans et commerçants, chefs d’entreprises 5,6% ; cadres et professions intellectuelles supérieures 78,8% ; professions intermédiaires 7,2% ; employés 5% ; ouvriers 0,9% ! On insiste à juste titre sur la faible représentation des femmes ou des « minorités visibles » ( lamentable euphémisme pour ne pas parler de la couleur de la peau- critère qui semble rendre fous bon nombre de nos contemporains !)

« l’UMP, a choisi une fois encore pour ces élections législatives les pénalités financières (4,3 millions d’euros en 2005) plutôt que la mise en œuvre de la parité. Alors que le PS et le PCF ont investi respectivement 43,6 % et 46,5 % de candidates, à l’UMP, au premier tour, à peine plus du quart des candidats (26,5 %) sont des candidates. Résultat : seulement douze femmes parmi les députés de droite déjà élus. 12 %, on est bien loin de la parité.

Quant aux candidats que l’on dit « de la diversité », ils sont quasiment absents des tablettes de l’UMP. Lorsque le PCF et les Verts en présentent une cinquantaine, le PS une vingtaine, ils ne seraient, selon le recensement du journal le Monde, qu’« une petite dizaine » dans les rangs du parti du président. Sans surprise donc, aucun ne figure parmi les 109 élus du premier tour. Seul rescapé en lice pour le deuxième tour sous les couleurs de l’UMP : Salem Kacet, un radiologue de Roubaix.

Mais s’il est une minorité quasiment invisible à l’assemblée comme au gouvernement, c’est bien celle des ouvriers et des employés – de tous sexes ou origines - qui constituent pourtant la majorité de la population ! Parmi les élus du premier tour, on compte 12 chefs d’entreprise,  9 médecins, 2 dentistes, 3 pharmaciens, 5 consultants et experts, 5 journalistes… et  0 ouvrier.

La proportion d’élus issus des classes populaires était légèrement supérieure lorsque le PCF avait plus d’influence. Mais elle est toujours restée modeste. Les causes en sont faciles à comprendre. Comme la plupart de nos concitoyens, les employés et ouvriers n’ont ni la disponibilité, ni la sécurité indispensables pour prétendre à un rôle de porte parole du peuple. Les seules voix d’accès ( ascenseur démocratique… ? ) sont soit la fonction publique (protection statutaire contre l’arbitraire patronal et reprise d’emploi si échec) soit la « carrière » dans un parti. Le PCF a longtemps joué ce rôle de promotion. Tout mouvement  prétendant à une transformation démocratique de la société devrait  tenir compte de ces contraintes.

Ainsi, au-delà d’un système de scrutin qui déforme l’expression démocratique (voir article précédent ici ), le système favorise les classes dominantes de la société. Seul un « statut » de l’élu, garantissant son indépendance et son reclassement permettrait peut-être de rééquilibrer une représentation nationale bien affaiblie. (Voir programme «  Une autre politique à gauche » p 64) 

par Petits potins_10 publié dans : Libre parole
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Jeudi 21 juin 2007

Elections législatives : encore la droite !

 

Une fois de plus, le département de l’Aube ne sera représenté à l’assemblée que par des députés de droite. « Carton plein pour l’UMP » titre triomphalement l’Est-Eclair dont la première page est entièrement consacrée à une photo des heureux élus du second tour. «Nicolas Dhuicq , Jean-Claude Mathis et leurs équipes savourent la victoire »  lit-on en légende. Tous deux dépassent les 60% des exprimés.

 

Demi victoire !

 

Sur la première circonscription, 57,99 %  des inscrits se sont déplacés et 54,88 % dans la deuxième. Ce qui ramène le score des vainqueurs à  34% des inscrits ! Les résultats de l’élection présidentielles avaient donné lieu à l’étalage d’une satisfaction générale : les Français avaient retrouvé la direction des urnes. Cette fois beaucoup se sont égarés. Les causes sont certainement multiples.

Sur les députés et l’abstention :

http://www.humanite.fr/journal/2007-06-16/2007-06-16-853131

 
Sur le rôle du parlement :

http://www.humanite.fr/journal/2007-06-16/2007-06-16-853135

Ce désintérêt devrait   modérer l’enthousiasme des nouveaux élus et leur inspirer de salutaires réflexions quant à l’importance que l’opinion accorde aux parlementaires, à leur représentativité et à leur rôle.

Pour connaître les prises de positions de votre député voir : http://mondepute.free.fr/cadre_deputes.htm

http://www.parlement.fr/

 et pour suivre les interventions de JC Mathis par exemple :

http://www.assemblee-nationale.fr/12/tribun/fiches_id/2124.asp

Nous apprenons ainsi qu’il est intervenu 12 fois en séance de l’assemblée depuis 2004. (Le site donne le contenu des interventions )

 

Résultats locaux.

 

Le nombre de votants n’ a pratiquement pas progressé entre les 2 tours : 2214 le 10 juin et 2231 le 17. ( + 17) . Le nombre des exprimés est passé de 2159 à 2171.( + 12 )

Line Bret qui portait les couleurs de la gauche dans notre canton réalise un score de 37,86 %  avec 822 voix. Elle l’emporte dans une commune : Mesnil-Sellières (116 contre 106 à la droite). C’est un pourcentage supérieur au total des voix considérées comme à gauche au premier tour (620 voix = 28,71 % soit + 202 voix) et plus que Ségolène Royal  au second tour de la présidentielle (   1023 voix soit 33,78%).

Nicolas Dhuicq ( 1349 voix =62,14%) ne retrouve pas les voix de Nicolas Sarkozy ( 2005 voix =66,22%). Il lui manque 190 voix par rapport au total des suffrages pouvant être considérés comme à droite au premier tour.( 1539 soit 71,27%)

 

Dans la circonscription, Line Bret obtient 12 793 voix (39,36%) et fait mieux que Ségolène Royal ( 35,74% ). Par rapport au premier tour elle enregistre  une progression de 6,54% par rapport aux voix obtenues par les candidats de gauche (  32,82% ). Nicolas Dhuicq obtient 60,64% soit moins que Nicolas Sarkozy ( 61,69%)

 

Des communes qui résistent.

 

Au risque d’attirer les foudres des nouveaux « décideurs », nous nous sommes intéressés aux communes ou bureaux de votes qui s’obstinent à ne pas donner une majorité à la droite. Les habitants de ces lieux voudront bien ne pas nous en tenir rigueur. Nous avons supposé que nous n’étions pas les seuls à faire ce petit recensement. Voici donc :

1ère circonscription : Pouan-les-Vallées, Epagne, Vallentigny, Juvancourt, Montmorency-Beaufort, Mesnil-Sellières, Troyes Pont-St Marie (2ème canton : bureau de Troyes) ; Troyes 1ère circonscription : bureau J de Letin 1 ; Blossières ; Cosec Sénardes 1 ; Sénardes 3 ; A. Millard 1 ; A. Millard 2  (Line Bret en tête sur l’ensemble avec 52,21% )

2ème circonscription : Lirey ; Troyes 14 juillet 1 ; Troyes 14 juillet 2 ; R.Peltier1 ; R.Peltier 2

 

Pour la 3ème circonscription, François Baroin ayant été élu au premier tour, l’exercice serait plus long. Nous avons donc seulement relevé les cantons où le député Maire n’obtenait pas 50% des voix : Romilly (2ème canton) ; Romilly-sur-Seine ; Canton Les Noës-La Chapelle ; La Chapelle Saint Luc.

C’est peu nous en convenons. A noter toutefois que Troyes- première circonscription qui donne la majorité à la gauche (52,21%) représente 9037 inscrits, alors que le canton de Chavanges par exemple, n’en représente que 1789 ! Le découpage électoral de notre département, à la mode camembert  dilue les secteurs urbains.

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Lundi 18 juin 2007

EXPO d’ANNIE DERISSON.

 

Sous le titre « Expo d’antan » Annie Derisson exposera ses photographies à la Chapelle Sainte Croix à partir du samedi 7 juillet 2007. Annie Derisson s’attache à fixer l’éphémère, la fragilité discrète des plantes et des couleurs.  La précédente exposition avait particulièrement mis en valeur les lumières et les paysages, avec une prédilection marquée pour la fleur de coquelicot, la plus vive de couleur , à la fois résistante et sensible. La plante s’accroche aux sols ingrats, prospère dans les terrains inhospitaliers et se fane à la moindre tentative de capture. Le nouveau thème , promet d’autres réflexions subtiles. Un vieux portail clos, la poignée qui invite et la chaîne qui retient. Le flou d’un jardin enchanté deviné et , presque imperceptible, le fil luisant d’une araignée. Le temps d’un monde d’ apparences figées et d’existences secrètes.

 L'article de la presse locale:

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Dimanche 17 juin 2007
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Dimanche 17 juin 2007
Félicitations aux enfants.
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Dimanche 17 juin 2007



Bonjour à tous !

Invitations pour vendredi prochain 22 juin :

de 18 à 23 heures : Place de l'église de Sainte Savine :

 

Marché de l'Art

 

vous m'y trouverez avec mes enluminures. (sauf entre 20 heures et 22 heures, pendant que je chante, c'est Dany qui tiendra le stand)

à 20 heures 30 :

 

Concert Sanctus (dont je suis choriste)

 

 dans l'église de Sainte Savine. Nous chanterons entre autres une petite messe de Mozart.

A Bientôt
Elisabeth


 

Inauguration du moulin de Dosches.

Inauguration à 10 h 30 le 23 juin.

Remise des prix aux écoliers

à 15 h

Feu d'artifice

à 23 h



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Samedi 16 juin 2007

Suite du voyage en Angleterre des écoliers de Mesnil-Sellières


Après le déjeuner fourni par nos hôtes- chips, sandwiches, fruits- direction Buckingham Palace. Si l’on en croit la tradition, le pavillon royal étant hissé, la Reine est dans les parages. Nous avons la chance d’assister à une « petite relève » des gardes. Mot d’enfant : «  On dirait des pantins » .

Le guide (bleu) nous apprend que l’édifice date de 1703. La façade est grise et austère, l’esplanade désespérément nue. Ce n’est pas Versailles !  Le Palais est devenu résidence officielle des souverains britanniques depuis l’avènement de la reine Victoria ( 1837). Le mémorial qui lui est dédié occupe le centre d’une place où tournent à toute allure les bus et les taxis. Preuve que le plan de circulation de Ken Livingston (Ken le Rouge !) n’est pas sans efficacité !

http://www.lexilogos.com/satellite/londres_buckingham_palace.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Buckingham_Palace

( Sur la monarchie britannique, l’église et l’Etat, un dossier documenté avec bibliographie dans « L’idée Libre » n° 277. Juin 2007.Ab sur http://librepenseefrance.ouvaton.org/portail/index.php)

 

Nous remontons le Mall, avenue de parade bordée d’arbres et de poteau destinés à pavoiser lors des cérémonies officielles. Derrière les frondaisons et une grille massive, Clarence House, résidence du prince Charles. Après l’Admiralty Arch ( Hommage à Lord Sandwich, inventeur d’une spécialité culinaire britannique de renommée internationale ) , arrivée à Trafalgar square.


L’amiral Nelson est juché sur une colonne de 51 m de haut, dont le bronze provient de la fonte de canons français. Le monument commémore la bataille de Trafalgar remportée sur la flotte de Napoléon Bonaparte (1805). Notre consolation franchouillarde est que l’Amiral fut proprement descendu sur le pont de son navire le "Victory", par un "tireur d'élite " Français.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Trafalgar

 

Pour être honnête, il faut dire que la nuée de pigeons qui nous assaille a plus de succès que le monument. L’instant ne manque pas de piquant et les appareils photos crépitent ! Les volatiles affectionnent particulièrement certaines chevelures ! La marche reprend vers Picadilly Circus (Halte sur les marches de la fontaine et achat de souvenirs), le long de Regent Street et Oxford Street.


On jette un œil sur les boutiques de luxe : là se trouvent les beaux souvenirs pour maman et pour papa ! Les conversions de £ en €  donnent le vertige. Nous regagnons dare dare Park Lane où le car nous attend. Après une petite paire d’heures d’embouteillages nous retrouvons les familles anglaises.

 

Le château de Leeds.