…et surtout la santé !
La présentation publique des vœux s’est étendue à tous les échelons de la nation. Jadis ce fut un moment de
révérence envers les puissants : certaines corporations présentaient leurs vœux au roi. Puis la télévision vint. La première à inverser le cérémonial fut à ce qu’on dit la reine d’Angleterre
qui, en 1957, présenta des vœux télévisés. Le général De Gaulle suivit de peu, après le coup d’état de 1958. On se souvient de la calamiteuse prestation de Giscard d’Estaing et de son épouse,
devenue un classique des bêtisiers.
Depuis, ministres et élus présentent leurs vœux à leurs électeurs.
Les vœux que l’on souhaite à sa famille ou aux amis expriment l’affection qu’on leur porte , et l’on s’en remet à la
providence pour ce qui concerne leur réalisation… Tout autre est le discours prononcé par un élu dont la charge est justement de contribuer à résoudre une partie des problèmes que rencontrent ses
auditeurs. Aussi la presse locale est-elle alimentée ces derniers temps par des « vœux » de maires qui ressemblent fort à des lancements de campagnes électorales. Ils s’accompagnent
même parfois de la présentation de listes.
Récemment, le Président du Conseil général, M Adnot, a réuni les maires de l’Aube
dans un immense bâtiment à louer du nouveau Parc logistique. « N’ayez pas peur » leur a-t-il dit en substance. C’est que l’année s’annonce chargée
pour les élus locaux. Les préfets quant à eux, ont reçu un ordre du Secrétariat de l’Elysée (Claude Guéant) : organiser dans chaque préfecture une cérémonie d’écoute collective des vœux du
« Chef de l’Etat » (*) ! Les parlementaires, députés et sénateurs, étaient fermement conviés : «
eu égard à la portée du message que le chef de l’Etat souhaite adresser aux agents des trois fonctions publiques… ». On imagine que l’initiative fut diversement
appréciée.
Samedi 12 janvier, le rassemblement des habitants de Mesnil-Sellières tenait plutôt de la fête de
famille.
Dès ses premiers mots , Olivier Jacquinet tint à préciser qu’il s’abstiendrait de tout propos pouvant être
assimilé à une propagande électorale déguisée. Une grande partie des conseillers sortants ne se représentant pas, l’élection du mois de mars se présente en effet dans une configuration assez
différente de ce que nous avons connu il y a 7 ans. La réunion prenait d’ailleurs la forme d’une présentation des vœux de la municipalité dans son ensemble.
Une centaine de personnes (Didier Chanel en a compté 150 pour le journal local )
avait répondu à l’invitation. M. le Maire de Creney s’était fait représenter. Les conseillers, le corps enseignant étaient naturellement la fête. Didier Noblot le
prêtre en charge de « l’espace pastoral » était également présent. Pour ce qui concerne la municipalité, il fut essentiellement question du renforcement du
réseau d’alimentation en eau. La mise en place d’un columbarium au cimetière a également été rappelée ainsi que l’informatisation du point lecture. (Chacun peut désormais suivre les initiatives
municipales sur le site officiel de la commune et consulter le compte-rendu des réunions de conseil. ). Olivier Jacquinet rendit un hommage appuyé à Andrée Carette qui a quitté cette année ses
fonctions d’employée communale, ainsi qu’à Lydie Renard, notre secrétaire de mairie.
La remise des récompenses pour le fleurissement des maisons constitue toujours un moment important de la
soirée. Christian Isambert étant en charge de ce domaine donna lecture de la liste des récipiendaires, une vingtaine de familles encouragées par la remise de bons d’achats pour de futures
plantations. Il se dit que le fleurissement du village, outre l’esthétique, favorise le ralentissement des véhicules qui le traversent. Les patients jardiniers seraient donc d’obscurs auxiliaires
de la sécurité routière.
Le Centre de première intervention (CPI) était également à l’honneur. Ce fut l’occasion de présenter deux
nouveaux sapeurs, Thibaud Blick et Romain Garcia, et de remettre à de plus anciens diplômes et médailles correspondant à leur temps de service. Le lieutenant Michel Berthelin, le brigadier chef
Francis Pitié et Michel Pestelard (1ère classe) furent ainsi distingués et salués par leurs prédécesseurs.
Olivier Jacquinet tint à souligner la qualité des membres du CPI, et notamment de Cyrille Seclier et Sylvie Chanel, pour leur engagement et
leur compétence. Sylvie Chanel exposa brièvement les caractéristiques du nouveau défibrillateur automatique acquis par la commune avec l’aide du Conseil général. En tant que formatrice en
premiers secours, elle annonça l’organisation de séances d’information en direction des habitants de la commune. Le thème en sera : qu’est-ce que c’est ? comment ça marche ? à quoi
ça sert ?
A plusieurs reprises, Olivier Jacquinet évoqua l’avenir du CPI et des réformes susceptibles de l’affecter,
sans plus de précision mais semble-t-il avec une certaine inquiétude.
L’école ne fut pas oubliée. La classe dirigée par Corinne Boutiot (CM1-CM2) a remporté le premier prix
départemental au concours de l’Association des Maires de France ( « Dessine ta commune » ) . A ce titre, les enfants ont gagné un appareil photo numérique qui leur sera remis lors
d’une cérémonie officielle à l’Hôtel de ville de Troyes. De quoi mitrailler lors de leur prochain séjour en Angleterre pour lequel d’ailleurs ils inviteront prochainement les habitants à une
rencontre « jeux de société ». Les dessins étant exposés, chacun put en apprécier la diversité et l’originalité.
Après les remerciements du Maire aux conseillers vinrent le vin pétillant et les galettes, occasion de
rencontres, de conversations, d’échanges entre habitants. Un moment précieux dans la vie du village. Les hasards du calendrier font que la réunion précède de peu une avalanche d’assemblées
générales associatives : comité des fêtes, gymnastique volontaire, association familiale… etc. Nombre d’occasions sont ainsi données à celles et ceux qui veulent confirmer l’image de
Mesnil-Sellières - « village qui bouge » selon le slogan connu – de s’impliquer dans la vie communale.
Les autres photos dans l'album: actualités 2008. (ici)
*Remarque annexe : l’expression « chef de
l’ Etat » remonte à une période détestable de notre histoire, la république ayant été supprimée au profit d’un soi-disant « Etat français » ( 1940-1944)
Un matin, sur France Inter, une journaliste gagnée par la grâce présidentielle parlait du
« chef de la commune » pour évoquer un maire !!
Dans une émission de grande écoute, sur le service public,
une chroniqueuse connue s’obstina à qualifier l’Espagne de République alors qu’il s’agit évidemment d’une monarchie. Le Président lui-même, emporté par l’esprit polémique durant sa conférence de
presse a confondu le principe monarchique avec l’hérédité de la charge !
Jean Pierre Chevènement en son temps avait voulu renforcer
l’enseignement et la formation civique à l’école. On apprend que de Ryad, capitale de l’Arabie, le « chef de l’Etat » a dénié aux instituteurs leur qualité à le faire, préférant
semble-t-il l’enseignement religieux des « valeurs ». Nos maîtres savaient autrefois le « poids des mots » et s’attachaient à en transmettre le sens. Il semble qu’un recyclage
général soit nécessaire !)
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