Moulin de Dosches : l’aventure continue.

Voir les autres articles et les photos ici et là, et puis encore là et là
A la fin du mois de septembre dernier, grande agitation dans les terriers ! Des engins monstrueux arrivaient à Dosches. Objectif : mettre en place les éléments du moulin à vent patiemment construit dans l’atelier du « faubourg ».

Plusieurs articles ont rendu hommage aux concepteurs, aux compagnons et aux jeunes qui ont travaillé là. Le bulletin cantonal 2002 donnait des indications sur l’esprit du projet : « Valoriser le patrimoine artisanal départemental par la construction d’un moulin à vent du 18ème siècle et de la maison du meunier… la construction de cet ouvrage se fera sur la commune de Dosches…elle sera un atout touristique, dans un environnement qui reçoit actuellement des visiteurs amoureux de la nature et des loisirs d’eau…Sur le site, dans la maison du meunier , sera fabriqué à l’ancienne, le pain et les viennoiseries qui seront vendus sur place… ». Le bulletin INFO 2003 apportait les précisions suivantes : « Transmettre le savoir faire, acquérir des compétences nouvelles, permettre l’insertion sociale…Cet ouvrage sera utilisé pour répondre au besoin de formation de personnel qualifié…Ce projet a une vocation pédagogique…Nous voulons éveiller des vocations à travers la valorisation du patrimoine dans un environnement naturel grandeur nature…. ».

En 2005, « Formation Plus » précisait : « Depuis le 24 septembre 2004, 16 personnes ont intégré une première action au 40 rue des Bûchettes, pour une durée de 6 mois… L’équipe pédagogique de Formation Plus, organisme troyen de formation …est constituée d’un formateur technique et d’une formatrice généraliste, appuyée par une coordinatrice de projet. L’Association des Moulins à Vent met à disposition un chef de chantier…. ».

L’association – Les Moulins à Vent Champenois- Ruelle du pré Naudet.10270 Lusigny sur Barse » - précise dans son dépliant : « La reconstruction du moulin de Dosches a réussi à allier la valorisation du bâti ancien à une formation d’apprentissage et d’orientation pour de jeunes adultes en difficulté dans leur parcours professionnels. Grâce à un partenariat avec la CAPEB et l’organisme de formation « Formation Plus », l’Association des Moulins à Vent Champenois a pu offrir à près d’une centaine de jeunes, une formation aux métiers manuels, mais surtout la possibilité de réintégrer le monde professionnel… ».

Grue, tracteur et plateforme étaient en place, devant une foule de curieux, membres de l’association « Le moulin de Dosches », voisins et enfants de l’école toute proche. Sans oublier naturellement l’indispensable participation des concepteurs du projet.

Les moulins de Dosches ne se trouvaient pas à cet emplacement : le principal se dressait après le lieu dit « Grand Cernay » en direction de Laubressel (à gauche dans le virage). Il dominait Champigny. Un autre moulin était à Rosson. ( INFO 1999. Article Dosches). De même, la disposition initiale envisagée a été légèrement modifiée sans être dénaturée.

Il faut savoir qu’il n’existait plus de traces de plans ou d’indications sur les techniques de fabrication des moulins champenois. S’il paraît acquis que la forme « sur pivot » était largement dominante, l’originalité régionale restait à reconstituer. C’est en s’appuyant sur son expérience, sur des sources iconographiques peu nombreuses, qu’Erwin Schriever et ses compagnons ont pu mener à bien ce chantier. « L’Association Régionale des Amis des Moulins Nord Pas de Calais » donnait pour sa part quelques précisions sur les particularités d’une telle entreprise :
"Le moulin de Valmy a été refait à partir des éléments de celui d’Attiches… Avant l’époque contemporaine, il n’existait aucune grande école d’enseignement spécialisé et l’apprentissage se faisait d’homme à homme, par tradition orale. Depuis longtemps, le charpentier de moulin constituait la forme la plus achevée du technicien. Habile à travailler le bois, et accessoirement le métal, il assurait la réalisation de tous les travaux de quelque envergure que ce soit, et l’entretien des machines et des ouvrages d’art. Point de croquis à l’échelle, de calcul compliqué pour déterminer le diamètre du rouet, l’inclinaison à donner aux ailes ; tout cela se fait par une véritable intuition, résultat d’observation et de remarques des aïeux, charpentiers eux aussi. Une autre qualité indispensable à ces hommes , c’était la vigueur physique : toutes les pièces du moulin , d’un poids énorme, exigeaient pour être maniées, une force musculaire considérable. Ils étaient évidemment aidés de chèvres, de palans et de treuils ; mais même munis de ces outils, il leur fallait déployer de gros efforts. L’expérience accumulée se transmettait de génération en génération, bien souvent de père en fils. On a connu en Flandre, de véritables dynasties de charpentiers de moulins…qui ont laissé de nombreuses traces encore visibles avec les inscriptions sur les pièces maîtresses des moulins… Avec Lucien Lanoot, décédé en 1947, Lucien Rousseau la même année, Eugène Roos en 1952, et Géry Demeerseman en 1972, s’éteignit la race des charpentiers de moulins traditionnels de Flandre française… » ( « Découvrez nos moulins ». 1978 .Jean Bruggeman)
C’est dire l’importance et l’enjeu de la construction réalisée ici.
Depuis plusieurs semaines, les maçons s’affairaient sur le site définitif afin de préparer la plateforme et les plots de maçonnerie destinés à recevoir les huit piliers supportant le pivot. Ce sera le premier élément soigneusement calé. Opération délicate, la grue devra ensuite amener la cage contenant le rouet et l’arbre de transmission dans l’axe exact du pivot. La toiture viendra couronner le tout.


L’avenir est également précisé dans la brochure de l’Association :
"Dès la fin de l’été 2006, le moulin reconstruit sera implanté… sur les hauteurs du village de Dosches. Par la suite, une maison de meunier et une grange du 15ème siècle compléteront le site. Vous pourrez découvrir la vie traditionnelle champenoise, les activités autour du moulin à travers des expositions et déguster des produits régionaux… »
Un étape spectaculaire vient d’être franchie. La tour, actuellement immobile, domine la côte de Dosches. La façade « au vent » est couverte d’essentes. La « queue » solidement arrimée grâce à l’échelle d’accès n’attend plus que les bras vigoureux capables de virer cette masse impressionnante. Fin novembre, les ailes devraient compléter l’édifice. Restera à terminer le mécanisme, à hisser les meules ( comment vont-ils faire ?) . Qui sera le meunier , et qui le « bailâne » (traduction dans Lou Champaignat n°22). Notre moulin saura-t-il évoquer les chimères , être « de ces brasseurs de vent trapus qui, avec le déclin du jour, se travestissent en épouvantables géants ? »
...et pour ceux qui souhaitent soutenir l'association, voici les coordonnées.


Remerciements à toutes les personnes qui ont bien voulu prêter leurs photos.
ajouter un commentaire commentaires (1) créer un trackback recommander









