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Mercredi 30 novembre 2005

 

 

Je reçois ce texte non signé apparemment en multi diffusion : « Petits potins » a décidé de le mettre en ligne bien que sa source  soit inconnue. Ce type de propagande est assez répandu et la méthode employée plus que douteuse.

 

« Restez calmes en lisant ce qui suit : SNCF
Recettes annuelles : 9 milliards d'euros
Budget annuel : 18 milliards d'euros
Subvention annuelle de l'état : 12 milliards d'euros soit un Crédit Lyonnais
tous les deux ans avec nos impôts !
Financement des retraites : 14 milliards toujours avec nos impôts
Dette à financer : 2 milliards)

 

Situation d'un conducteur de TGV :
=> Salaire : de 2 200 euros net en début de carrière (2 smics) a 3 200 € (4 880 € net conducteur TGV) en fin de carrière. => Plus :- prime de fin d'année,- prime de travail (restons calme),- prime de parcours,- prime de TGV,- prime de charbon (vous lisez bien),- gratification de vacances (restons calme),- gratification annuelle d'exploitation,
- indemnités pour heures supplémentaires,- allocation de déplacements (non imposable) etc.
Horaire de travail : 25 heures par semaine (vive les 35 heures)
Pour un conducteur TGV de 40 ans le salaire net Annuel toutes primes et avantages confondus s'élève a 75 000 € (source vie du rail 2002) (là vous pleurez !!!)
Retraite à 50 ans (quand la France entière doit travailler jusqu'a 60 ans)
Soins : gratuits (sur leur temps de travail) auprès d'un des 15.900 établissements de soins agrées ou ils sont couverts à.. 100 %
Attendez … ce n’est pas fini !!! Autres privilèges : gratuité des transports pour les agents et leur famille,
C.E. très généreux, ET L'EMPLOI A VIE... ET ILS OSENT SE METTRE EN GREVE ET PRENDRE LES USAGERS (le mot client n'existe pas a la SNCF ) EN OTAGE …ET ON LAISSE FAIRE...
Encore quelques petites dernières pour vous achever !
Pour les sédentaires qui n'avaient droit à aucune prime, la SNCF leur a créé la "prime d'absence de prime" !!! (texto !)
La SNCF représente 1% des emplois en France mais ses salariés cumulent 20% des jours de grève effectués en France
Faites suivre ce message à un maximum de gens autour de vous qui empruntent la SNCF régulièrement pour ne plus jamais entendre à chaque grève un " usager " à la radio dire : "Ils ont sûrement raison de faire grève... "

 

 

 

 

On constatera à la lecture que :

 

1°/ Certaines «données » ( à vérifier http://lesfinances.sncf.com ) visent la gestion de la SNCF , donc sa direction et indirectement le gouvernement. Il n’est pas impossible que certaines des questions que ces chiffres soulèvent aient un rapport avec les motifs de la grève.

 

2°/ La question des salaires. Naturellement des vérifications s’imposent. Les chiffres les plus fantaisistes ont circulé ici ou là. Quoiqu’il en soit, il n’est pas équitable de prendre pour exemple le cas des mécaniciens les plus qualifiés en fin de carrière. Je suppose que les agents chargés de conduire le fret ou les TER sont plus nombreux que ceux dont il est question ici ! En outre n’est-il pas légitime que la compétence et la responsabilité soient rémunérées ? Combien de vies dépendent de la vigilance d’un mécanicien ?

 

3°/ Les primes. Tous les salariés savent que les primes (conditions d’attribution ? montant ?) sont généralement attribuées par l’employeur qui refuse une réelle augmentation de salaire et souhaite calmer un conflit latent ou déclaré. La baisse du pouvoir d’achat, constante depuis plusieurs années touche  salariés et retraités. Faites vos comptes et demandez vous s’il n’est pas légitime de revendiquer. Un petit passage à la pompe devrait débloquer les imaginations défaillantes…

 

4°/ Soins et retraites. L’auteur semble croire que les agents de la SNCF sont fonctionnaires. ( « Avec nos impôts… »). Il n’en est rien naturellement. Les agents de la SNCF , comme tous les salariés, cotisent pour leur retraite,  et si leurs soins sont mieux couverts que ceux d’autres catégories, c’est qu’ils bénéficient d’une couverture mutualiste pour laquelle ils paient également.

 

5°/ Œuvres sociales, comité d’entreprise. Comme beaucoup de grandes sociétés, la SNCF bénéficie des œuvres d’un Comité d’entreprise (mise en place de cette institution au lendemain de la libération). Longtemps, les entreprises publiques (nationalisées) ont fait figure de modèle en ce domaine. Une part des bénéfices était en effet consacrée à l’amélioration des conditions de vie des salariés et de leurs familles. La gestion par les représentants élus des salariés étant une garantie non négligeable.

 

Dans la période actuelle, imprégnée de conceptions « libérales », c'est-à-dire capitalistes, certains agissent pour que les bénéfices soient  reversés aux actionnaires, au détriment des salariés (C’est le but essentiel des privatisations). Il s’agit bien entendu d’un choix de société. Chaque citoyen peut influer sur ces orientations (On peut voter, se syndiquer, adhérer à un parti ou à l’association de son choix, participer aux débats démocratiques!)

 

6°/ « Ils osent faire la grève »… Eh oui ! La grève est un droit depuis plus d’un siècle dans ce pays. Ce droit est même inscrit dans la constitution. Les arguments qu’on oppose aux grévistes de toutes catégories sont toujours les mêmes. A en croire certains, seuls les chômeurs ou les retraités auraient le droit de faire grève ! Certes, les grèves des transports sont plus « visibles » que d’autres. Les enjeux aussi sont importants. Service public ou entreprises privées ?  Telle était bien la question dans ce conflit. On peut comprendre que les cheminots aient une opinion la dessus et aient envie de la faire connaître.

 

7°/ Vocabulaire. L’emploi systématique de certaines expressions n’est pas neutre. Ainsi  dire que les grévistes « prennent en otage » est une façon de sous entendre que la grève est un crime – comme la prise d’otage justement ! Or la grève est un droit.

 

Le terme « usager » est en effet approprié aux « services publics ». Il sous entend que le service rendu est reconnu comme nécessaire (électricité, transport, poste, santé, enseignement …Eau, ah non , pas l’eau ! Pourquoi au fait ?) L’usager n’acquitte pas la totalité du coût du service rendu. La collectivité estime à juste titre qu’une certaine égalité d’accès à ces services est légitime. Les services « marchands » emploient le terme de « client », qui suppose une autre relation « au produit ». Depuis plusieurs années, ce que semble ignorer l’auteur, la direction de la SNCF a remplacé le mot « usager » par le mot « client ».

 

 

 

Pour connaître l’opinion des cheminots :

 

http://www.cheminotcgt.fr  site des cheminots CGT

 

http://www.sudrail.org/   site des cheminots du syndicat SUD Rail

 

 

http://site.fgaac.org/  site de la Fédération générale autonome des agents de conduite

 

 

 

 

Et voici un autre point de vue…

 

 

 

 

SNCF/INTOX ANTIGREVE

 

les cheminots ont raison !

 

Devant la puissance
du mouvement engagé par
les cheminots, les opposants
à la grève ont accusé le coup, soufflant le chaud et le froid,
ne sachant pas exactement
sur quel pied danser.

 

Alors que le président de la République est lui-même monté au créneau pour affirmer que l’entreprise “ est et restera publique ”, que la direction concède de premiers reculs, comme quoi l’affaire mérite d’être prise au sérieux, l’UMP lançait sur internet un sondage pour limiter le droit de grève.

 

La plupart des médias écrits et audiovi­suels, alignés sur la propagande de la direction et du pouvoir, ont attaqué le mouvement sur le registre de l’intox anti-grève. À les écouter, cette grève n’avait aucun objet, ne serait qu’un “ coup de force ” de la CGT. Ce tir de barrage a légitimement provoqué des réactions de colère dans les AG de che­minots. Cela rappelle le rouleau com­presseur médiatique lors du référendum.

 

De qui se moque-t-on ? Ainsi les problè­mes soulevés par les cheminots n’existe­raient pas. ? Soyons sérieux. Qui peut prétendre sans sombrer dans le ridicule que la privatisation des entreprises publi­ques dans ce pays est un “ non sujet ” ? La SNCM vient d’être privatisée. Les salariés de la RTM luttent contre la livraison progressive au privé du tram­way marseillais. 15% du capital d’EDF est mis en Bourse, peu après l’entrée de GDF. Idem pour les autoroutes. Le con­grès des maires de France s’inquiète de la disparition des services publics en zone rurale. L’explosion de la banlieue montre aussi la pénurie de services publics dans ces zones urbaines. Et la SNCF serait indemne de toute menace ? À qui veut-on faire croire ces sornettes ?

 

En matière de réseau ferré, toutes les directives européennes organisent l’ou­verture au privé du trafic ferroviaire, le fret d’abord, le trafic voyageurs ensuite. Toutes les réorganisations de l’entre­prise visent à préparer la SNCF à cette emprise élargie des logiques libérales. Cette libéralisation a déjà ouvert la voie aux premiers trains privés de la Connex en Lorraine. La Connex , ce géant du privé qui est aussi maître d’œuvre de la SNCM. Mais à part ça, donc, la privatisa­tion est un non-sujet ?!

 

Ne racontons pas d’histoire, les syndi­cats de cheminots alertent. Ils ont mille fois raison. Et puisque le chef de l’État et le ministre affirment, sous la pression de la grève, qu’il n’est pas question de privatisation, il faut passer aux travaux pratiques et prendre les mesures qui empêcheront concrètement le privé de faire sont lit dans le fossé béant entre les promesses et les actes. Les cheminots ne demandent pas autre chose. Passer aux actes ! Leur plate-forme revendicative détaille les points sur lesquels ils atten­dent des engagements. Plutôt que de la caricaturer ou de la taire, les médias feraient œuvre utile en la faisant connaî­tre et en organisant le débat public.

 

Sinon à quoi sert de se prendre la tête entre les mains quand la banlieue brûle pour ensuite recommencer, comme si de rien n’était, le train-train des commen­taires anti-grèves, anti-syndicats, anti-salariés du public, anti-empêcheurs de tourner en rond. Ce ne sont pas des mots qui menacent la SNCF , encore moins la grève, ce sont les filialisations, l’aligne­ment des gestions sur les critères du privé, le déficit d’emplois, la faiblesse des salaires.

 

Les cheminots demandent une vraie négociation. Le meilleur moyen de faire rouler les trains, c’est de les prendre au sérieux n

 

 

( Information du PCF)

 

 

http://www.ladepechedelaube.org/

 

 

 Naturellement, tout lecteur ayant une opinion ou une information peut donner son commentaire ou transmettre un article à Gele-berre@wanadoo.fr.

Vive le débat!

par Petits potins_10 publié dans : Libre parole
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