Informez. Critiquez. Commentez.
Cliquez sur la catégorie de votre choix:
¤Actualités. Associations locales.
¤Services.Météo.
¤ Sports.
" Si vous trouvez que l'éducation coûte trop cher, essayez l'ignorance" ( Abraham Lincoln)
La nouvelle qui nous est transmise ne sera peut-être pas très mobilisatrice pour l’habitant de nos villages. Le « Palais de la découverte » a longtemps fait partie des visites inévitables dans une vie d’écolier et d’étudiant. Les jeunes de la région parisienne bien sûr, mais aussi ceux de province guidés par des professeurs motivés. Il y eut même certaines années des démonstrations scientifiques « décentralisées ». Des petits Troyens purent ainsi assister en direct à des expériences commentées dans les halls de la Foire de Champagne.
L’affaire n’est donc pas anodine. Certes les informations à notre disposition sont complexes et moins médiatiques que la question de l’ouverture des hypermarchés le dimanche … Cependant, le fait que Philippe Adnot ait planché sur le sujet nous le rend plus proche… Le texte, les articles et les liens suivants permettront à ceux qui le souhaitent de se faire une opinion.. et éventuellement, de signer la pétition.
PetitsPotins.10
Bonsoir à tous
Le Palais de la Découverte est une merveille qui donna à des générations de jeunes le goût des sciences. Le Palais de la Découverte est en grand péril car le gouvernement s'apprête à le faire disparaître. Les décisions vont être prises cette semaine. Un dernier appel est lancé afin d'essayer de le sauver. Aidez-nous, avant qu'il ne soit trop tard, en faisant circuler l'information auprès de vos amis et collègues et en appelant à signer une pétition.
http://www.sauvonslepalaisdeladecouverte.fr/
Bien cordialement
Fabienne Miramand.
Sauvons le Palais de la Découverte !
Le Palais de la Découverte semble menacé de disparition par des projets gouvernementaux.
Ce serait une grave atteinte contre la pensée, contre la connaissance, contre la culture.
Nous perdrions un lieu unique où chacun prend plaisir à interroger le monde et remettre en cause son savoir.
« Où sommes nous dans l’Univers ? Qu’est-ce qui fait trembler la Terre ? Comment la vie y est-elle devenue possible ? En quoi les défauts de la matière peuvent-ils être utiles ? D’ou vient le vertige, pourquoi est-ce que je ne suis pas toujours d’accord avec moi-même ? Pourquoi le yaourt intéresse-t-il des chercheurs ? Nos larmes sont-elles fabriquées à partir de notre sang ? Pourquoi l’araignée ne reste pas collée à sa toile ? Comment éviter d’être pris à son propre piège ? Et plus de moins, ça fait quoi ? … »
Le public est en contact direct avec la science en marche. Chaque jour, des centaines d’expériences, des dizaines d’exposés sont présentés par des médiateurs scientifiques qui invitent chacun à poser un regard neuf sur le monde qui l’entoure.
Permanentes ou temporaires, les expositions posent des questions, incitent à la réflexion , suscitent les vocations.
L’émotion est grande de voir chaque jour ces milliers de visiteurs (600 000 par an), l’émerveillement des petits et des grands, leur enthousiasme à comprendre et à raisonner, même chez ceux qui s’étaient crus « allergiques aux sciences » ; plaisir des questions vertigineuses, des réponses sidérantes. Respect de l’esprit qui s’interroge.
Les regards sont beaux au Palais, parce qu’ils s’étonnent. Et qu’au Palais on prend ça au sérieux.
Que l’on soit scientifique, littéraire, artiste, quelle que soit la forme de créativité ou d’engagement dans le monde, le Palais ouvre des voies, jette des ponts entre les savoirs, les expériences, les intuitions. Nul besoin de connaissances approfondies pour ressortir en se sentant plus intelligent, plus curieux, plus humain.
Le Palais est aussi un grand incubateur de vocations scientifiques.
Plus de la moitié des scientifiques franciliens, dont certains prix Nobel, disent y avoir trouvé leur vocation, dans l’émerveillement de visites enfantines.
La France manque cruellement de scientifiques et d’ingénieurs, tout le monde le sait. Ce serait une totale absurdité de détruire un lieu créateur de tant de motivation chez les jeunes.
Le Palais est enraciné dans une idée visionnaire.
Il a été créé pendant le Front Populaire par Jean Perrin, prix Nobel de physique pour ses travaux sur l’atome, à l’époque où, ministre du Front Populaire, il créa aussi le CNRS.
Son ambition était de : « … répandre dans le public le goût de la culture scientifique, en même temps que les qualités de précision, de probité critique et de liberté de jugement que développe cette culture et qui sont utiles et précieuses à tout homme… »
Voilà, c’est ça le Palais : rendre accessible à chacun une pensée exigeante, sans rien nier de la complexité du monde.
Le savoir et la curiosité sont un bien, un trésor, un héritage.
Et on va le détruire ?
La vie ou la mort du Palais se jouent en ce moment
Les semaines à venir sont cruciales. Son sort se discute en ce moment entre le Ministère de la Culture, celui de la Recherche et l’Élysée, sur un fond extrêmement inquiétant : à plusieurs reprises, la menace de sa fermeture à court terme a été évoquée.
Les raisons mises en avant pour imposer à la hussarde une « évolution » du Palais de la Découverte, évolution qui pourrait être fatale, sont techniques en apparence : elles se réfèrent à la rationalisation des politiques publiques et à des contraintes d’organisation administrative. Elles n’intègrent en rien la particularité, la spécificité du Palais de la Découverte, ce contact unique entre la science et le public qu’il rend possible.
Nous demandons au gouvernement d’arrêter un processus qui semble mener droit au saccage.
Nous lui demandons prudence et respect pour cette institution et pour ce qu’elle représente. Nous lui demandons de mettre un terme à la politique du secret et des coups bas en ouvrant une discussion avec les représentants du monde scientifique et culturel, les sociétés savantes, les académies, les associations d’enseignants, afin de déterminer les meilleures conditions de développement de ce remarquable lieu de culture qu’est le Palais de la Découverte.
http://www.sauvonslepalaisdeladecouverte.fr/#sp1
Pour en savoir plus le rapport de Philippe Adnot:
http://www.senat.fr/rap/r06-354/r06-354.html
Le palais de la Découverte, victime de la réforme de l'Etat?
Par Jade Lindgaard
Published: 27/04/2008 - 11:12 dans Médiapart
Au nom de la réforme générale des politiques publiques, le palais de la Découverte et la Cité des sciences doivent être regroupés en une seule unité administrative. Cette réforme met en péril la spécificité d'un musée unique en France, créé sous le Front populaire pour offrir au grand public l'accès aux savoirs fondamentaux de la science. Un après-midi au palais de la Découverte, cela ressemble à une visite à une exposition universelle des savoirs : à ma droite, un amphi où on se fait expliquer l'électrostatique. A ma gauche, une médiatrice en champs magnétiques invitera dans quelques minutes un volontaire à monter à bord d'une machine à lévitation. En haut, on nourrit des termites qui supportent la lumière du jour. « Parcours d'un rat savant», «expérience à –193 °C», extraction d'ADN en direct, manège inertiel... Dans la même journée, près de 60 «exposés» – c'est le terme maison – forment le public familial du musée aux fondamentaux de la science.
Etablissement unique en France, dédié à la transmission des dernières découvertes de la recherche au grand public, il fut créé en 1937 sous le Front populaire par Jean Perrin, également fondateur du CNRS pour «répandre le goût de la culture scientifique, en même temps que les qualités de précision, de probité critique, et de liberté de jugement que développe cette culture». Sera-t-il la victime collatérale de la réforme générale des politiques publiques (RGPP) ? Le regroupement en cours avec la Cité des sciences et de l'industrie, décidé dans le cadre de la réforme de l'Etat, met en péril la spécificité de son fonctionnement. Cela passe en effet par un changement de statut aux lourdes conséquences. Aujourd'hui EPCSCP (établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel), le Palais va intégrer une structure commune avec la Cité des sciences de la Villette, qui va dissoudre les structures actuelles administratives des deux établissements (mais les deux sites sont maintenus). Les contours définitifs du projet de regroupement sont toujours officiellement en cours d'élaboration par un comité de pilotage interministériel, des groupes de travail thématiques et la société de conseil Capgemini. Mais en interne, il ne fait plus de doute que c'est la structure de l'Epic (établissement public à caractère industriel et commercial) qui devrait être choisie.
«On a vraiment l'impression que c'est joué d'avance», explique un responsable du Palais qui souhaite rester anonyme pour ne pas compromettre sa participation aux consultations en cours. « Tout va très vite et de manière un peu confuse, peut-être pour que ce soit une mesure de la RGPP rapidement mise en œuvre.»
Les salariés d'un EPCSCP appartiennent à la fonction publique, contrairement à ceux d'un EPIC, qui relèvent du droit privé. L'Epic est «la structure la plus judicieuse», reconnaît un membre du cabinet de Christine Albanel au ministère de la Culture, car «c'est une comptabilité privée, les statuts du personnel sont de droit privé, et c'est déjà celle de la Cité des sciences, qui est la plus grosse structure des deux établissements».
Problème : le statut d'EPCSCP, qui est celui de la plupart des universités, permet aux étudiants inscrits en thèse de réaliser leurs stages au palais de la Découverte. Une politique d'accueil qu'interdit le statut d'Epic. Le lien organique qui unissait le palais de la Découverte au monde de la recherche devrait disparaître. «C'est très handicapant car ce système permet au Palais de savoir directement ce qui se passe dans le monde de la recherche», explique Gilbert Heitz, délégué syndical Sgen-CFDT, «or la mission du Palais est de montrer la science en train de se faire».
Symétriquement, tant qu'elle travaille pour un EPCSCP, l'équipe du Palais peut bénéficier de « charges de service» lui ouvrant l'accès des laboratoires de recherche. Une mobilité que ne permet plus le statut d'Epic. Une conférence budgétaire sur le regroupement doit se tenir le 13 mai. Le nouvel établissement sera créé début 2009.
Inquiétudes sur les conditions de travail à la Cité des sciences
«Comprendre la science, ça ne prend pas cinq minutes»
«La structure en Epic n'a jamais empêché la Cité des sciences d'accueillir les chercheurs», temporise un membre du cabinet de Christine Albanel, dirigé par Jean-François Hébert, l'ancien président de la Cité des sciences. Mais «les liens de la Cité des sciences avec les scientifiques n'ont rien à voir avec ceux que tisse le Palais», conteste Christian Liénard, délégué syndical CFDT à la Cité des sciences,
et concepteur d'exposition spécialisé en biologie végétale. «A la Cité, ce sont des liens de prestation de service : pour les grosses expositions, un comité scientifique se met en place. On leur envoie les textes et ils nous disent s'il y a des erreurs, ou des gros oublis: on leur demande de valider les expos. On n'a pas du tout ce que fait le Palais: des étudiants-chercheurs qui construisent une collaboration permanente en venant physiquement au Palais et en se confrontant au public.»
Surtout que l'époque n'est pas au libre partage des fonctionnaires : les mises à disposition d'enseignants à la Cité (notamment pour encadrer les animations de la Cité des enfants) sont désormais terminées. Sur les 43 postes, 22 ne seront pas renouvelés en septembre prochain, et les 21 autres en septembre de l'année suivante. L'intégration de la Cité des sciences au monde de l'enseignement s'étiole elle aussi. Environ 200 personnes travaillent pour le palais de la Découverte – contre à peu près 1000 pour la Cité des sciences. Que vont devenir ces salariés ? «Ce qui se profile, c'est qu'ils auront à choisir entre rester fonctionnaires et ne plus travailler au Palais ou continuer à y travailler mais ne plus être fonctionnaires», explique un responsable, qui s'étonne : «Economiquement, juridiquement et socialement, le scénario de l'Epic ne se justifie pas plus que d'autres. A masse salariale constante,les employés ne coûteront pas moins cher en droit privé qu'en droit public. Mais quand a été évoquée l'hypothèse du maintien de l'EPCSCP, on nous a répondu qu'en termes d'effet d'annonce, on ne pouvait pas créer d'emplois publics.»
Les unités juridique, administrative, financière et le service du personnel du Palais pourraient être regroupés sur le site de la Villette, où de nouveaux aménagements de bureaux sont à l'étude. «Ceux qui accepteront d'intégrer l'Epic pourraient gagner en salaire mais perdre substantiellement sur les retraites, analyse Christian Liénard, mais ceux qui le refuseront risquent d'avoir du mal à trouver à Paris un travail équivalent.»
Quelles sont les économies escomptées du regroupement ? «Elles ne sont pas chiffrées à ce stade » explique-t-on au cabinet Albanel. «De toute façon, les économies n'interviennent jamais la première année mais dans celles qui suivent. Quand on a un seul établissement, on peut faire des économies d'échelle sur les équipes administratives et établir une meilleure synergie.» C'est-à-dire supprimer les installations qui doublonnent, comme les planétariums que l'on trouve sur les deux sites? «Ce n'est pas tranché, mais c'est une question qui se pose», répond la direction du ministère de la Culture. Après avoir envisagé de déménager le Palais en région, ou d'en intégrer les exposés les plus significatifs à la Villette, c'est désormais un partage des tâches regroupant les expositions itinérantes au Palais qui est envisagé. Un membre de l'équipe du Palais, qui s'est vu dire qu'il risquait de perdre son poste s'il parlait aux journalistes, explique : «Ce qui nous fait peur, c'est qu'ils veulent penser les activités culturelles après l'organisation administrative. La réflexion ne porte que sur les modalités du regroupement. C'est une méthode aberrante.» Dans la lettre aux personnels du Palais et de la Cité envoyée le 18 mars par les deux ministres, il est écrit que «le projet scientifique et culturel sera abordé dans un second temps, une fois le nouvel opérateur créé».
Du côté du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, l'autre tutelle du Palais, un membre du cabinet indique que «la RGPP, ce n'est pas que dépenser moins, c'est dépenser mieux. Le regroupement des établissements a été décidé pour harmoniser la programmation des expos et mutualiser un certain nombre de fonctions». Mais un responsable du Palais s'inquiète : «Chez nous, le public peut rester assis une heure devant un exposé. Ce n'est pas rentable. Mais comprendre la
science, ça ne prend pas 5 minutes ! La culture de la Cité est tournée vers le flux et le résultat. Nous sommes dans la culture de l'oral et de l'échange. Si on a besoin d'une heure pour faire comprendre une réaction nucléaire, on la prend. Le risque, c'est qu'on doive faire venir plus de gens, et raccourcir les exposés.»
Sollicité par Mediapart, le directeur du palais de la Découverte, Jack Guichard, lui-même un ancien de la Cité des sciences, s'abrite derrière le devoir de réserve, et renvoie vers les délégués du personnel. «Si ce regroupement ne se fait pas, on est mort. Mais s'il se fait, est-ce qu'on survit ?» Regrouper les deux établissements n'était pas le schéma initial. L'hypothèse de la suppression pure et simple du Palais a été envisagée. Au point qu'il en reste une trace dans un document de travail confidentiel de Capgemini que Mediapart s'est procuré, qui rappelle «les principes» du débat : le regroupement «est la seule chance de ne pas fermer le Palais à court terme». Et la note de cadrage envoyée le 11 mars aux directeurs du Palais et de la Cité par les deux ministères de tutelle s'écarte du discours officiel en décrivant «un nouvel établissement au sein duquel seront fusionnés les deux opérateurs actuels».
Le 27 mars dernier, une réunion s'est tenue entre le directeur adjoint du cabinet de Valérie Pécresse, Jean-Philippe de Saint-Martin, sa conseillère sociale Dominique Marchand, et les délégués syndicaux du Palais. «Saint-Martin nous a dit que si le Palais traînait des pieds pour le regroupement, il pourrait être supprimé», relate Gilbert Heitz, délégué Sgen-cfdt. Une menace aujourd'hui écartée par les directions des ministères, mais qui a bien été envisagée. «Si ce regroupement ne se fait pas, on est mort. Mais s'il se fait, est-ce qu'on survit ?» ironise un membre du Palais. Certaines salles du musée datent de 1937. En juin 2007, un rapport du sénateur Philippe Adnot, rédigé au nom de la commission des Finances, rappelait à quel point l'établissement, avec un budget annuel d'environ 15 millions d'euros, pour 600 à 700.000 visiteurs par an, avait été financièrement sous-doté. Normes de sécurité défaillantes, manque d'équipement pour accueillir le public qui se restaure de sandwichs en s'asseyant sur les marches conduisant aux étages, entretien
insuffisant des machines. La CFDT évalue à 80 millions d'euros les besoins de financement d'une relance du lieu. En juillet 2007, la direction du Palais avait élaboré un vaste projet de rénovation muséologique. Une ambition qui semble désormais caduque. …La difficulté de l'enquête a été la confrontation à l'ambiance très tendue au sein du palais de la Découverte, dont les salariés n'osent parler en leur nom propre, et où certains ont même reçu des pressions directes pour ne pas s'adresser aux journalistes. Dans ce type de situation, le rôle des syndicats est important car leurs représentants sont les seuls membres du personnel prêts à s'exprimer et à être cités en leur nom, car ils sont protégés par le droit du travail.
Au secours! Ils veulent rétrécir mon Palais de la découverte...
Par Pierre Vandeginste Sur le site « Rue 89 »
http://www.rue89.com/2008/04/26/au-secours-ils-veulent-retrecir-mon-palais-de-la-decouverte
Commentaires