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Tordons le cou à une formulation fausse : le 8 mai n’est pas la commémoration de l’armistice de 1945, pour la bonne raison qu’il n’y en eut pas : l’Allemagne nazie a capitulé sans condition. Cette année, à Mesnil-Sellières, plusieurs anciens combattants présents incarnaient la diversité des engagements qui firent de la dernière guerre mondiale un enjeu de civilisation ; Georges Briet, engagé de la première heure dans l’aviation, M. Mermet engagé volontaire dans la résistance locale et qui arborait son brassard FFI, Robert Berthelin, plus jeune, qui participa aux derniers combats pour la libération. D’autres anciens, présents ou empêchés par leur état de santé connurent le travail obligatoire en Allemagne (STO).
Dans la dépêche de l’Aube, Jean Lefèvre rappelle « le martyrologue aubois » : les 53 fusillés de Creney dont Marcel Cholier de Piney, victimes des Allemands mais aussi de Français supplétifs de la Gestapo. (Cf. :« Le temps des massacres. » Roger Bruge. C 15 ) , 62 habitants de Buchères, hommes femmes et enfants, les 20 otages de Clairvaux dont Maurice Romagon, 85 personnes tuées à Troyes entre 1940 et 1944 certains condamnés à mort pour faits de résistance, les 19 résistants de Montgueux fusillés les 10 février et 8 juin 1944, les 13 victimes de Précy Saint Martin, les pendus de Lévigny, les 4 otages de Saint Benoît, les 13 otages de Montreuil sur Barse et les 24 de Mesnil-Saint-Père, les assassinats de Bar sur Seine accompagnés de viols et de pillages, les fusillés de Chauffour-les-Bailly, de Bourguignons, de Courtenot, Chappes, Villemoyenne … La liste est interminable (« La dépêche de l’Aube » . n° 973 du 16 mai ). En 1995, le Département de l’Aube publiait une brochure intitulée « Guide des lieux de mémoire de la seconde guerre mondiale dans l’Aube » recensant les plaques et monuments. Un dépliant du secrétariat d’Etat aux anciens combattants en avait proposé la carte sous le titre « Les chemins du souvenir. ». On y constate que peu de lieux furent épargnés.
La célébration du 8 mai est donc plus que jamais d’actualité, contrairement à la tentation de certains
qui voudraient la noyer dans une confuse « journée de l’Europe » où mêler les mémoires de divers conflits. La seconde guerre mondiale a sa spécificité : les alliés, Anglais,
Soviétiques, Etasuniens, Canadiens et Français combattants ne voulaient pas seulement chasser l’ennemi du territoire. Il fallait aussi vaincre le système nazi, raciste et criminel, ses
auxiliaires en France et ses alliés ailleurs.

On honore aussi à cette occasion l’engagement volontaire, l’héroïsme de ceux qui choisirent de résister, et dont le combat pour beaucoup d’entre eux, ne se séparait pas alors de l’aspiration à
une société plus juste. « Il y a toujours des enfants à instruire et des adultes à convaincre. Certains enseignants l’ont compris depuis longtemps
qui font participer les écoliers aux cérémonies du Huit mai et invitent les populations à réfléchir » conclut jean Lefèvre.

A Mesnil-Sellières, la mémoire ne s’éteint pas. A en juger par les photos publiées sur leur site Internet, nos amis de Géraudot ont tenu cette année à donner un éclat particulier à la
cérémonie.
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