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CARNAVAL DANS LA NEIGE !
Samedi matin, pour la première fois de mémoire d’écolier(e) et de maître(esse) d’école, la cavalcade des enfants dans le village s’est déroulée dans un paysage enneigé.
Au Moyen-Âge déjà, la fête était accompagnée de défilés de chars en fleurs ou en papier. Une légende, que nos amis Québécois ont retenue, évoque une dame costumée d’une grande robe, avec la tête couverte, et qui laissait des friandises aux enfants. Certains accrochaient même leurs bas de laine à l’extérieur pour que la « Mi-carême » les remplisse de bonbons ! la vieille Mi-carême pouvait aussi punir les enfants turbulents, et certains racontaient qu’elle amenait parfois… des bébés !
Cette fête permettait d’échapper pour une journée aux rigueurs du jeun. Les enfants se déguisaient et allaient de maison en maison réclamer des friandises, car ce jour là seulement, il était permis de manger des bonbons. Les adultes faisaient de même le lendemain, se déguisant et essayant de ne pas être reconnus de leurs voisins. La fête était accompagnée de musique, de banquets et de joie.
Au milieu des années 1970, les enfants se rendaient de porte en porte et recevaient des habitants confiseries et menue monnaie. Chacun avait sa boîte qui s’emplissait de « pièces jaunes », 5, 10 ou 20 centimes d’alors. Occasion d’écouler les fonds de porte- monnaie, à une époque où l’épouse du Président de la République n’avait pas encore eu l’idée d’en faire une cause nationale.
Compte tenu du climat et des vacances scolaires, la date correspondait plus ou moins à la Mi-carême ( Moitié de la période de jeun –carême- ordonnée jadis.)
Les bandes s’égayaient, après la classe, et collectaient pour leur compte. En partie pour des raisons de sécurité, il fut décidé d’encadrer cette coutume et de l’intégrer au temps scolaire, le produit de la collecte étant affecté à la Coopérative scolaire. Les bonbons et gâteaux étaient partagés. Autrefois, les poulaillers étant nombreux, et les volailles non confinées, on récoltait beaucoup d’oeufs. Les petits prenaient grand soin de les ramener entiers jusqu’à l’école. Lorsque c’était possible, on faisait des crêpes.
Le village s’est agrandi, et depuis plusieurs années, il fallut séparer la classe en plusieurs groupes. Cette année, le samedi 4 mars fut un grand jour. La campagne était couverte de neige, et les déguisements des enfants disparaissaient sous les blousons et les bonnets. Les 27 écoliers de cours moyens , accompagnés de Corinne Boutiot , leur institutrice, et de parents volontaires ont visité chaque habitant.
Comme de coutume, la générosité des maillotin(e)s était au rendez-vous, et c’est en traînant paniers remplis de cadeaux et boîtes sonnantes que la petite troupe regagna l’école en fin de matinée.
Les crêpes avaient été préparées à l’avance pour réchauffer les mains et remplir les estomacs. Carnaval sous la neige ! On s’en souviendra !
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