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Pour la troisième année consécutive, l’association de parents et les enseignants
avaient fait le pari de présenter le spectacle de fin d’année en plein air, dans la cour de l’école de Mesnil-Sellières.

La décision s’avéra judicieuse puisque le soleil une fois de plus était au rendez-vous. Dès la vielle au soir les adultes s’affairaient au montage des stands. Sophie Makowiak, qui préside
l’association depuis sa création (sauf erreur de notre part), avait su mobiliser les énergies. Les enseignantes de leur côté avaient préparé avec soin et dans la discrétion les danses et les
chants qui devaient animer la matinée.

Les familles étaient venues en masse et la cour semblait tout à coup bien petite pour tout ce monde. Un espace délimité par des balles de paille servirait de scène, les stands bâchés de toile de
fond, et les marches de l’Espace maillotin de balcon. Olivier Jacquinet, maire de la commune et Vice président du SIVOS salua l’assistance aux côtés de Sophie Makowiak.

Aucun thème particulier n’avait guidé la programmation, mais un effort remarquable avait été fourni pour les costumes et la mise en scène.

Les grands des cours moyens étaient chargés de « l’ouverture ». Au signal de Corinne, les petits groupes traversaient la foule et venaient se placer face au public, les coups sourds des
grosses percussions répondant aux signaux aigus du sifflet. Chaque groupe apportait sa touche sonore, maracas et instruments bricolés, créant une ambiance à la fois dansante et dramatique :
où étions-nous ? Qu’annonçaient ces rythmes ? Serait-ce l’Afrique ou l’Amérique du sud ? Les îles ou les Indiens ?

Ce fut un peu de tout ça. Les tout petits avec Lysiane se firent écureuils et noisettes. Les élèves de Valérie dansaient l’Afrique, ses maigres victuailles et ses costumes chamarrés. On était
Incas à Géraudot et sioux à la grande section de maternelle. La classe de Catherine nous ramenait en Europe avec un cercle circassien vivement et joyeusement exécuté. La classe de Corinne termina
par des chants et, retour d’Angleterre oblige, se fit bilingue.

Une improvisation soigneusement préparée suivit : Emma préposée habituelle aux annonces solennelles appela les enseignantes à montrer leurs talents et bientôt rejointes par la classe
entière, Corinne et Annick entonnèrent l’air célèbre des Pink Floyd dans « The Wall » version moderne de «… les cahiers au feu la
maîtresse au milieu ! »

“We don't need no education
We dont need no thought control
No dark sarcasm in the classroom
Teachers leave them kids alone
Hey ! Teachers ! Leave them kids alone !
All in all it's just another brick in the wall.
All in all you're just another brick in the wall.
We don't need no education
We dont need no thought control
No dark sarcasm in the classroom
Teachers leave them kids alone
Hey ! Teachers ! Leave them kids alone !
All in all it's just another brick in the wall.
All in all you're just another brick in the wall.”
Tous les enfants réunis terminèrent la prestation scolaire par un chant commun.

Jeux divers attendaient ensuite les enfants et la restauration était également prévue. C’est le moment attendu des conversations entre familiers de l’école et des félicitations aux
enseignantes.

On ne soupçonne pas toujours que danses et chansons reflètent le travail d’une année. Rythme, coordination, coopération, plaisirs partagés en musique, créations plastiques autour des
costumes et d’éléments de décor, tout contribue aux apprentissages.

L’image d’écoliers transpirant sur des exercices rébarbatifs centrés sur de soi-disant « fondamentaux » est une mauvaise caricature de l’enseignement. La création, l’imagination, la
mise en confiance, l’ouverture d’esprit sont de puissants moteurs qu’ignorent bien des commentateurs ou même des responsables de haut niveau.

Croire qu’on peut réduire la place des enseignements artistiques pour mieux atteindre l’objectif du «lire-écrire-compter », est hélas une erreur largement répandue.

Selon une formule célèbre, et pour rester dans l’ambiance britannique: “Education is not the filling of a pail, but the
lighting of a fire." (« Enseigner, ce n’est pas remplir un vase, c’est
allumer un feu ». W.B.Yeats. 1865-1939).

Les vacances approchant, il n’est peut-être pas inutile non plus d’entendre le conseil d’un spécialiste des rythmes de l’enfant, le professeur Hubert Montagner : « Les vacances, c’est fait pour se reposer. Il faut laisser tranquilles les enfants qui sont souvent épuisés en fin d’année scolaire, surtout ceux qui ont des
difficultés. »

Viendra ensuite l’heure des comptes. Le bénéfice n’est certes pas la motivation principale des festivités scolaires.

Néanmoins, l’association des parents dont il faut saluer la persévérance et l’engagement, contribue au financement de la coopérative scolaire,
favorise ainsi l’ouverture au monde lors des sorties et des rencontres diverses.
Merci à David pour une partie des photos. Voir l'album ici.
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