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La (les) liste (s) de candidatures pour les élections de délégués de parents au Conseil d’école seront closes le 27 septembre au soir. Les rares inscrits s’inquiètent et aimeraient bien être rejoints par d’autres ! Ils lancent donc un appel et nous demandent de le relayer ce que nous faisons bien volontiers.
Qu’on nous pardonne d’y ajouter notre grain de sel….
L’école : une communauté éducative.
Rappelons que le Conseil d’école rassemble les enseignants, les délégués des parents, les maires ou leurs représentants, les délégués de l’éducation nationale, le personnel communal intervenant ans l’école, les auxiliaires de vie scolaire. L’inspecteur départemental est membre de droit. C’est donc un lieu d’échanges privilégié.
Les réunions ont lieu en général une fois par trimestre.
Rôle consultatif mais important.
Certes, le Conseil d’école a un rôle essentiellement consultatif. Les enseignants restent naturellement maîtres de leur pédagogie et les élus locaux ont seuls la légitimité pour prendre les décisions. Cependant, l’expérience montre que la parole des uns et des autres est écoutée, même s’il existe parfois des incompréhensions.
Le Conseil d’école est consulté sur des questions essentielles par exemple l’organisation des services et activités périscolaires ou le projet d’école qui organise les actions pédagogiques pour une durée de trois ans.
Lieu d’échanges, il permet aux uns d’exprimer les attentes des familles, aux autres de transmettre les informations sur les réglementations ou les obligations légales inhérentes à leurs fonctions. Il vaut mieux que les questions qui se posent ici ou là soient exprimées au grand jour et puissent recevoir des réponses claires, même si quelquefois, et c’est normal, l’unanimité ne se fait pas.
Les écoles communales : l’avenir des enfants.
On le sait, les premières années scolaires jouent un rôle très important dans la vie des enfants. Pour leur réussite ou la détermination de leurs choix d’adultes, l’attitude des familles vis-à-vis de l’école et les relations qu’elles entretiennent avec les enseignants jouent un rôle essentiel. L’engagement des parents auprès de leurs enfants dans leur éducation va de soi et l’école intervient largement, ne serait-ce qu’en termes d’emploi du temps. L’image qu’ont les enfants de l’école – et par conséquent leur attitude - est largement influencée par le comportement de leur famille. Il existe sur ce sujet des études statistiques nombreuses et convergentes.
« Nous vivons une époque troublée… »
Certes, la situation actuelle, les déclarations médiatiques à l’emporte pièce, les polémiques parfois, peuvent décourager ou troubler les plus motivés. Cependant, la plupart des parents et des enfants attendent beaucoup de l’école. Créer autour d’elle, dans nos villages, un environnement favorable ne peut qu’aider à dépasser des moments difficiles. Et l’engagement de chacun peut y contribuer.
Ne pas perdre de vue l’essentiel.
Lorsque les Conseils d’école ont été institués (fin des années 70 : le RPI n’existait pas encore), les avis étaient très partagés : certains enseignants craignaient la perturbation qu’introduiraient les parents dans leur pratique. Les élus y voyaient un lieu de revendications permanentes. Des parents n’en voyaient pas l’utilité. Toutes les craintes se sont révélées fondées ! Et malgré cela, le dialogue au fil des ans s’est maintenu et amélioré. Certes la vie de nos villages permet un contact et des liens directs et souvent amicaux entre enseignants et familles pour tout ce qui relève des cas individuels. Mais les questions plus larges d’organisation, d’équipement, d’animation, demandent une autre forme de relations. C’est justement le but du conseil d’école.
Participer pour progresser.
Au début des années 80, une grande consultation eut lieu. Parents, enseignants, élus, et même délégués des enfants furent associés à un vaste de projet de réforme. Je me souviens des discussions passionnées autour de propositions diverses, des réunions régulières de groupes de travail, dans les classes et même chez des particuliers. Des compte rendus détaillés des propositions locales furent transmis et synthétisés. De ce débat national sortirent quelques principes qui sont toujours en vigueur quoique naturellement contestés ici ou là : les modalités d’évaluation des élèves, l’organisation en cycles d’études…etc. Avant que l’expression fût galvaudée, c’était de la « démocratie participative ».
Aujourd’hui, nous pouvons avoir l’impression d’être à des années lumières de cette époque : parents et enseignants apprennent les « réformes » durant le journal télévisé. Pourtant rien n’empêche chacun « de se mêler de ce qui le regarde. ». L’expérience prouve que des institutions délaissées disparaissent. Autrefois par exemple, les salariés votaient pour élire leurs représentants aux caisses de sécurité sociale. Petit à petit l’abstention à ces élections devint très importante. Il fut décidé par le gouvernement d’alors de supprimer purement et simplement ce droit démocratique. Peut-on dire que ce fut un progrès ?
L’école vue par les familles (sondage SNUipp-CSA)
Les résultats d’un sondage récent montrent une évolution importante de l’opinion publique à l’égard de l’école maternelle et primaire depuis un an. Les sentiments de dévaluation de l’école et dévalorisation de l’image des enseignants s’accentuent. Ces « impressions » exprimées par les personnes interrogées ne s’appuient évidemment pas sur une réalité objective : Qu’y a-t-il de changé depuis un an dans le fonctionnement des écoles ou la capacité des enseignants ? Les réformes annoncées à grand fracas ne sont pas encore entrées en vigueur. La seule explication est l’entreprise obstinée de dénigrement du système éducatif et de ses personnels, menée par les autorités les plus hautes de l’état et mise en image jour après jour.
Voici quelques réponses significatives :
- 78% des français pensent que l’école maternelle fonctionne bien (baisse de 6% en un an) et 10% pensent qu’elle fonctionne très bien (- 5%). Fait révélateur, l’indice de satisfaction est de 87% pour l’ensemble des parents d’élèves, et de 94% pour les parents d’enfants scolarisés en maternelle. Conclusion : ceux qui pensent que l’école fonctionne moins bien ne sont pas ses utilisateurs directs. Ce sont des téléspectateurs assidus !
- Même constat pour l’école primaire : 65% des Français trouvent qu’elle fonctionne bien (-6% en un an) et 6% très bien (- 3%). Les parents d’élèves en ont une opinion favorable à 76%.
Le métier d’enseignant n’est guère considéré :
- 34% des interrogés pensent que le métier d’enseignant est valorisé aux yeux de la société (moins 10% en un an !). 61% pensent que c’est un métier plutôt dévalorisé contre 45% en 2007 (+16%). C’est l’avis de 67 à 68% des parents d’élèves de maternelle et primaire. Les parents d’élèves de collège et de lycée ont une opinion plus positive : 55% seulement.
Et les réformes ?
40% des personnes interrogées trouvent que les réformes annoncées vont dans le bon sens. 41% des parents d’élèves les approuvent, contre 43%. Sans surprise, la modification des rythmes scolaires (samedi matin) est approuvée (50% contre 38%) et les parents d’élèves en sont satisfaits (61% en maternelle ; 60% en primaire).
C’est de façon évidente « l’arbre qui cache la forêt. ». Cette modification à la hussarde, que la plupart des spécialistes déplorent, satisfait évidemment les familles et nombre d’enseignants pour des raisons de confort. Elle dissimule la diminution de fait des heures d’enseignement et la remise en cause des structures spécialisées d’aide aux enfants en difficulté (voir ci-dessous).
De la même façon, la « mise en place du service minimum d’accueil » présentée comme un dispositif antigrève a reçu une approbation massive des familles. Peu de gens ont vu que ce service minimum devrait s’appliquer aussi au remplacement des maîtres absents pour d’autres motifs ! « En cas de grève ou d’absence non remplacée des professeurs, les écoliers se verront systématiquement offrir un service d’accueil. Il ne s’agit pas là d’un service minimum au sens propre du terme, puisque celui-ci supposerait que des enseignements soient délivrés…. » (Sénat. 26 juin 2008)
A la place d’un enseignant formé et affecté aux remplacements, un employé municipal chargé de « garder » les enfants…. « le code de l’action sociale et des familles n’exige pas de qualification spécifique, ni n’impose de normes en termes d’encadrement, tant que l’accueil ne dépasse pas quatorze jours. » (M Darcos devant les sénateurs. 26 juin 2008)
Par contre, la lutte contre l’échec scolaire va dans le mauvais sens pour 51% des Français (55% des parents ; 63% des parents de maternelle).
Et encore, les personnes interrogées n’avaient pas entendu les déclarations de Luc Ferry expliquant pourquoi la suppression du samedi matin allait permettre de faire des économies : les 2 h de soutien par semaine devraient permettre à terme selon lui de supprimer les RASED – réseaux d’aide aux enfants en difficulté- soit une économie de 8000 postes ! (déclaration sur RTL) ! Décision catastrophique si elle devait prendre effet !
Vis-à-vis des enseignants 54% pensent que le gouvernement va dans la mauvaise direction (55% des parents d’élèves ; 58% en maternelle ; 62% en primaire). 68% pensent que la réduction des effectifs aura un effet négatif sur les élèves (9% pensent que cela aura un effet positif !). Le pourcentage monte à 77% chez les parents d’élèves.
Les objectifs selon les familles.
Afin de sortir du seul débat sur le budget, les questions ont été posées aux Français sur les objectifs :
Transmettre des connaissances : 65% (+11 points). 72% pour les parents
Permettre l’épanouissement des enfants : 45%.( pour les parents 52%)
Transmettre le « goût de l’effort » : 35% (-7%)
Former de futurs citoyens : 28% (-2%)
Contribuer à réduire les différences sociales : 20% (-2%)
Enfin, une quasi unanimité existe pour demander un enseignement complet : histoire géographie (92%) ; éducation civique et morale (91%) ; éducation physique et sportive (89%) ; éducation scientifique (81%) ; éducation artistique (68%).
Les Français ne sont donc pas favorables à la formule du « lire-écrire-compter » comme seul objectif de l’école, slogan réducteur issu des cercles dirigeants Certaines réformes visent notamment à supprimer les recrutements dans les disciplines dites secondaires! Le ministre a clairement dit que ces enseignements (artistiques par exemple) pourraient désormais être dispensés hors de l’école, dans des structures locales, par des non enseignants (donc financées par les familles ou/et les collectivités locales) !
Les objectifs du gouvernement.
Une déclaration de M. Darcos devant une commission sénatoriale, largement diffusée, a parfois été considérée comme une « bourde ».
Ce n’est nullement le cas. La retransmission complète de la séance montre que le président de la commission approuve les déclarations du ministre et qu’il s’agit bien de justifier une
modification profonde du fonctionnement de l’école maternelle. Outre le caractère volontairement insultant des propos, le fait que le ministre fait mine d’ignorer qu’on « ne change pas les
couches » à l’école maternelle puisque les enfants doivent être « propres » pour y être admis, il convient de se souvenir de déclarations publiques faites durant la
campagne électorale : une obligation scolaire étendue à la dernière année de l’école maternelle, mais en revanche une formule plus proche du « jardin d’enfants » avant, avec là
aussi , un encadrement relevant des collectivités locales. Transfert de compétence, de coûts et suppression massive de postes éducation nationale. La « bourde » de M Darcos ne
nous fait pas rire.
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