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Jeudi 13 novembre 2008 4 13 /11 /Nov /2008 17:50

 

Le nucléaire est partout : notre électricité, l’hôpital, diverses industries l’utilisent ou en dépendent.


La radioactivité : un phénomène naturel.

« L'exposition au rayonnement cosmique, annuelle et au niveau de la mer correspond à une dose de 0,27 mSv. L'exposition moyenne en France est d'environ 0,30 mSv.

Dans un pays comme la France, on estime l'exposition annuelle moyenne due au rayonnement tellurique aux environs de 0.50 mSv. Cette exposition peut être 4 fois supérieure dans les régions granitiques. 

Nous ingérons et inhalons des éléments radioactifs présents naturellement dans l'écorce terrestre ou produits par les rayonnements cosmiques. Ces éléments nous irradient alors de l’intérieur. La présence dans notre corps de tous ces éléments radioactifs d'origine naturelle induit une exposition moyenne d'environ 0.25 mSv par an.»

http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/intro.html

(Sur les unités de mesure utilisées et les relations avec la protection de personnes 

:
http://www.astrosurf.com/luxorion/radioactivite-mesure-protection-civile.htm


La radioactivité naturelle
est souvent évoquée lors des débats concernant l’industrie nucléaire, ne serait-ce que pour se faire une idée des ordres de grandeur en cause lorsqu’on évoque les contaminations.

 Par exemple : « La loi limite à 20 mSv (milli-Sievert)/an la dose maximale qu’un employé d’une installation nucléaire peut recevoir… Les bilans annuels sur les centres de stockage existants montrent que les doses maximales enregistrées pour le personnel restent très inférieures aux limites réglementaires (moins de 10% de la limite réglementaire

de 20 mSv/an). »

http://www.andra.fr/IMG/pdf/FAVL-Dossier-elus.pdf et http://www.andra.fr/IMG/pdf/FAVL-Brochure-grand-public.pdf

 

 

Craintes irrationnelles ?



Notre département, l’Aube est déjà bien pourvu en installations importantes : la centrale nucléaire de Nogent, les centres de stockage de :

-        Soulaines  (potentiel de 1 million de m3 de déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA) : le 200 000 m3 a été «  fêté » cette année !)


(
http://www.astrosurf.com/luxorion/radioactivite-mesure-protection-civile.htm)

 -   de Morvilliers (potentiel de 650 000 m3 de déchets à très faible activité TFA)

-        d’Epothémont.(Plateforme de transport des déchets TFA, FA, MA par la société Daher :

 http://www.villesurterre.com/images/stories/swf/daher-070601-1_2.swf

 

Selon la presse locale les élus de la commune auraient été informés de l’aménagement du site en « centre de tri et de reconditionnement le 26 août dernier.



 

La recherche d’un site pour les déchets « faiblement radioactifs » a relancé curiosités, débats et polémiques. Si l’ANDRA a lancé sa recherche dans plus de 3000 communes un peu partout en France, 184 ont reçu un dossier dans l’Aube. Parmi elles, les 25 du canton de Brienne le Château, 11 du canton de Piney, 14 du canton de Lusigny… La géologie de leur sous sol serait « potentiellement favorable » à un stockage sous terrain. Les déchets seraient enfouis entre 15 et 200 m de profondeur. La capacité de ce centre serait de 200000 m3 pour une durée de… milliers d’années. Les durées –vertigineuses- varient selon les sources : 10 000, 100 000 ans ?  ! (les détails du projet selon l’ANDRA :

http://www.andra.fr/interne.php3?id_article=1067&id_rubrique=180 )

 

Le calendrier a été déterminé :

-        juin 2008 appel à candidatures auprès des communes.

-        31 octobre : date limite de réponse.

-        2009-2010 : campagne d’investigation sur les sites et concertations locales.

-        Fin 2010 : délibération des communes pour confirmer les candidatures et proposition d’un site d’implantation.

-        2011-2013 : poursuite des études.

-        2013-2015 : instruction de la demande d’autorisation de création du stockage.

-        2015-2019. Construction.

 

La date du 31 octobre étant dépassée, on sait désormais que 10 communes auboises, par délibération des conseils municipaux, ont répondu favorablement sur les 184 sollicitées. Ce sont Saint-Léger-sous-Brienne, Brienne-le-Château,  Petit-Mesnil, Juzanvigny, Hampigny, Morvilliers, Pars-lès-Chavanges, Auxon, Radonvilliers et Epothémont. Trois d’entre elles (en caractère gras) font partie du Parc Naturel Régional de la Forêt d’Orient. Certaines en sont toutes proches, y compris celles qui sont déjà engagées dans le stockage.

Quelques-unes – dont la nôtre-  ont refusé explicitement. D’autres n’ont pas fait connaitre leur avis. Selon un sondage réalisé sur le site de la presse locale 73% des internautes sont contre (sur un échantillon peu représentatif il est vrai...)

Les motivations du refus sont diverses et peuvent être regroupées en trois catégories :

-        Les conditions de la prise de décision. Le document envoyé aux communes par l’ANDRA met essentiellement en valeur  les retombées économiques.

 http://www.andra.fr/interne.php3?id_article=1071&id_rubrique=180


A partir de là, chaque conseil municipal (ou chaque maire) a procédé à sa façon : cela va de débats contradictoires avec intervention de « spécialistes » à la simple inscription en question diverse ! Face à de tels enjeux, une large information pluraliste des populations et leur consultation paraîtrait une condition minimale. En contrepoint du dossier de l’ANDRA on peut lire :


http://burestop.free.fr/spip/IMG/pdf/FAVLsynthese_elus_sept08.pdf

(Patience il est long à charger…)

 

-        Une défiance justifiée par des antécédents. Au-delà de positions pro ou anti nucléaires, les installations dangereuses ont trop fréquemment été entourées d’opacité. Des victimes de l’amiante aux pollutions industrielles graves sans oublier le fameux « nuage de Tchernobyl ». Le (la) citoyen(ne) sont donc fondés à se montrer réticents, curieux et critiques.

 

-        Le souci de préserver l’image d’un territoire. L’existence des centres de stockage actuels est irréversible. Il est légitime de s’interroger sur l’opportunité d’en augmenter l’impact. Concentrer les installations peut présenter des avantages pour les opérateurs (gestionnaires, transports) Il est difficile de croire que cela n’augmente pas également les risques. Qu’en sera-t-il des efforts considérables consentis par le département et la région pour favoriser le tourisme  et des productions agricoles de qualité. Quelle « communication » faudra-t-il mettre en œuvre pour compenser les effets dévastateurs d’une telle implantation ? Les gestionnaires de l’industrie nucléaire y voient naturellement l’occasion de banaliser leurs activités. Un label « Parc naturel » couvrant un stockage de déchets radioactifs serait sans doute apprécié !

 

Effet NIMBY ?

 Le débat sur le nucléaire s’en trouve réactivé.  Parfois de façon caricaturale. Les adversaires du projet seraient « des obscurantistes » tentés par des «  dérives sectaires » selon un élu en vue. A l’opposé on parle de « crime contre l’humanité » !

La question est vaste et avouons-le, dépasse nos compétences. Sur quelques idées au moins, un accord devrait pouvoir se faire :

 

-        L’industrie nucléaire (civile et militaire !) est dangereuse. Il ne suffit pas de dire qu’il faut « rompre avec cette idée négative de la filière nucléaire ». Les résidus, matériaux et équipements utilisés, les déchets représentent un danger réel que personne ne songe à nier. Aucune solution satisfaisante n’a été trouvée à ce jour pour les neutraliser. Le transport – en particulier sur route- expose l’ensemble des itinéraires à des risques non négligeables.

-       La production d’énergie nucléaire actuelle n’a pas d’alternative immédiate. Les divers scénarii régulièrement évoqués (énergies renouvelables, développement durable, économies  etc.)  devraient être privilégiés. Mais le « parc nucléaire » tel qu’il est ne va pas disparaître à brève échéance et même dans le cas d’un plan de  « sortie du nucléaire », la question des matières irradiées ne serait pas résolue et continuerait d’exiger des mesures de sûreté rigoureuses impliquant plusieurs générations. Cela suppose notamment le maintien d’un potentiel de connaissances, de pratiques et d’expertises. C’est même dans le cadre de la recherche scientifique qu’il sera peut-être possible de trouver des solutions.

-        La question actuelle est donc celle du contrôle, de la sûreté, de l’information. Des opposants à l’implantation d’un nouveau centre de stockage demandent la réalisation (et la publication)  d’études épidémiologiques, le respect des règles initiales impliquant l’absence de rejets et de pollutions et un contrôle par des organismes scientifiques indépendants. Les associations, les élus peuvent s’entourer de conseils afin de mener des débats argumentés. Pour résumer, c’est de contrôle démocratique qu’il s’agit. Des structures existent (CLI= commission locale d’information). La difficulté réside dans la connaissance de réalités complexes et la nécessité de confronter des sources d’informations diverses. On ne s’improvise pas expert dans ce domaine. Ajoutons que la maîtrise publique de la filière devrait s’imposer. Une inquiétude légitime réside dans l’opposition entre la recherche de profits à court terme (sous- traitance d’opérations sensibles par exemple) et les impératifs de sécurité.

" Plutôt nue que nucléaire" dit paraît-il l'inscription..

On peut comprendre alors le fameux effet NIMBY (Not In My Back Yard = pas dans mon jardin). Mais il serait trop facile de réduire à un simple égoïsme l’ensemble des questions posées. Leur ampleur dépasse naturellement le cadre d’une seule commune.

Quelques milliers d’années plus tard…

Les amateurs de science fiction connaissent bien le thème d’une contamination durable subie dans un avenir éloigné par des populations ayant perdu les connaissances de notre époque. Le simple « refroidissement » de certaines installations reporte leur démantèlement à la génération suivante. Pour certaines catégories de matériaux irradiés la durée est de trois siècles. Louis XIV au moins nous a laissé Versailles ! Lorsqu’on évoque une durée de dix mille ans, un bref coup d’œil en arrière nous rappelle que nos ancêtres ne savaient pas encore écrire ! Au-delà, nous en sommes encore aux hypothèses… Qui peut assurer sérieusement que la sécurité et la mémoire de sites potentiellement dangereux sera maintenue ?  Hervé Nifenecker (CNRS) explique que les déchets nucléaires – contrairement aux déchets chimiques- disparaissent avec le temps : « qui dit grande durée de vie dit faible taux de désintégration. Par exemple l’iode 129 qui a une période de 15 millions d’années est 700 millions de fois moins radioactif que l’iode 131 dont la période n’est que de huit jours et qui a été responsable des cancers de la thyroïde de Tchernobyl …» Selon cette analyse, même en cas de détérioration des lieux de stockage en site géologique profond, les délais seraient tels que les éléments radioactifs auraient perdu leur nocivité. (Voir AFIS- Pseudo Science n°280. Janvier 2008.
 http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article842 )

Cependant, on apprend qu’aux Etats Unis notamment, des équipes s’emploient à trouver des moyens de communiquer à nos lointains descendants les lieux et les dangers de nos dépôts. Dans le cas où ils n’auraient plus la chance de pouvoir lire nos mises en garde ni les dossiers  des agences de communication spécialisées. L’écrit n’est pas sûr. L’image est trompeuse. Le support est dégradable. Certains ont proposé des mégalithes, d’autres des sortes de pyramides… Il est rassurant de savoir que les archéologues du futur auront du travail. En espérant qu’une quelconque « pierre de rosette » traînera par là !

 

Annexe. Quelques adresses pour s’informer (en plus de celles qui figurent ci-dessus). A vous de vous faire une idée. Et si vous le souhaitez d’échanger vos commentaires…

Le rapport de la CRIIRAD sur Soulaines :

http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/soulaines/rapportcriirad.pdf

Site de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, gérée par le ministère de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire et le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. Site d'actualités officielles.
www.asn.gouv.frCogema

Le site du principal groupe d'extraction d'uranium, et de traitement des déchets. A lire avec du recul.
www.cogema.frCogema à La Hague

Site de Cogema dédié au site du Cotentin. A voir pour les webcam qui filment en direct les endroits stratégiques -et polémiques- du site. Visibilité ou manipulation ?
www.cogemalahague.fr

La Direction pour la Sûreté des Installations Nucléaires a pour mission le respect de la réglementation, notamment en terme de transport des déchets. Assez bref, mais fourni en contact.
www.industrie.gouv.fr/contacts/nucl/sc_dsin.htm Greenpeace

L'organisation internationale de protection de l'environnement donne quelques informations sur le transport des déchets, l'usine de la Hague et les bavures écologiques. L'organisation est à l'origine d'un mouvement anti-nucléaire.
www.greenpeace.fr

ForPro.Le groupement pour la recherche en formations géologiques profondes a été mis en place par l'ANDRA pour étudier la possibilité du stockage en profondeur. Site très technique de recherches.
www.forpro.org/ L'IPSN

L'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire est un organisme responsable de la maîtrise des risques nucléaires (impact sur l'homme et l'environnement). Site très bien illustré.
www.irsn.fr

- Par ici la sortie ... du nucléaire :

http://www.sortirdunucleaire.org

- La France nucleaire : matieres et sites : un ouvrage de reference sur les differents sites nucleaires.- 1997, 250 pages, collection esprit frappeur
- Tout nucleaire, une exception française, PERLINE, 95 pages, collection esprit frappeur
- Le nucleaire et la lampe à pétrole, collection Esprit frappeur
-Sortir du nucleaire, c'est possible avant la catastrophe , BELBEOCH, collection Esprit frappeur

-CRIIRAD : (http://www.criirad.com/)

 (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité.)


-Info Nucléaire :  http://www.multimania.com/mat66/


-Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l'Ouest(A C R O) : Laboratoire indépendant d'analyse de la radioactivité - Centre d'information et de documentation (http://www.globenet.org/acro/)


- Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits (CDRPC) : http://www.obsarm.org/.

Pour information, une vidéo "engagée":

 

 

       
Par Petits potins_10 - Publié dans : Libre parole
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