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La cérémonie du 11 novembre a revêtu cette année une signification particulière.
Date anniversaire d’abord puisque 90 ans se sont écoulés depuis l’armistice. Commémoration remarquable aussi du fait qu’il ne reste plus, en France de survivant du conflit. La mémoire vivante, sa transmission orale s’est éteinte. Place aux récits, à l’écrit, aux historiens.
Cette double circonstance explique peut-être en partie le regain d’intérêt manifesté par les habitants puisqu’ils furent notablement plus nombreux à se déplacer pour les cérémonies traditionnellement organisées par la commune. Ressent-on d’avantage l’intérêt de perpétuer un souvenir en l’absence des témoins directs des événements ?
Le recul historique permet aussi de considérer avec plus d’objectivité des événements longtemps occultés. Le Président de la République a notamment à Verdun fait référence aux divers mouvements d’insoumission qui affectèrent les troupes en ligne. La mémoire des « fusillés pour l’exemple » ne peut plus être ignorée, de même que la répression des mutineries.
A Mesnil-Sellières la cérémonie a été marquée par la lecture de lettres écrites par les enfants de l’ école, à l’initiative de l’institutrice Corinne Boutiot.
SOUVENIRS…
Le petit journal scolaire daté du 1er décembre 1980 et intitulé « Concerto » donnait un compte rendu des cérémonies du 11 novembre dans les communes du RPI. En voici la teneur.
Le onze novembre 1980 à Dosches.
( par Alice Marrel. Voir photo de classe ici)
Mardi, je suis allée à la célébration du 11 novembre à Dosches. Tous les gens se sont rassemblés devant le monument aux morts. Puis le Maire a demandé qui voulait porter la gerbe. A 10 h 30 le défilé a commencé. Arrivés au cimetière, nous avons observé une minute de silence pour repenser aux morts pour la France. Ma sœur parlait : elle réclamait de la musique ! En redescendant vers le monument aux morts, les pompiers ont joué une marche. Le maire a lu les noms des victimes de la guerre :
Gravelle François ; Isambert Marcel ; Pape Jean marie ; Mathis Ernest ; menuel Théodule ; Misel Ernest ; Roy Ernest ; Thomas Marcel ; Tisserand Camille ; Auguste Raymond ; Bigeard André ; Bigeard Numa ; Colliard Joseph ; Deguy Paul ; Cropat Gabriel ; Desplanches Fernand ; Desplanches Ludovic ; Deschassine Emile ; Couvignon Fernand.
Onze novembre à Géraudot
(Catherine Cruciani, Céline Gressé, Nathalie Dauphin et Franck Bonnemain)
Mardi, les habitants, les enfants, les pompiers ont fêté le 11 novembre dans la commune de géraudot.
Tout le monde est arrivé. La place grouille de monde. Monsieur le Maire donne la gerbe à ma camarade. La femme du Maire remet à chaque fille un bouquet qu’elles déposeront sur les tombes. Derrière les enfants, les pompiers se mettent en rang. Le commandant dit : « Droite ! »…Les grandes personnes se rangent derrière les pompiers. On entend : « Marche ! », et le défilé se dirige vers le cimetière.
Nous sommes partis de la place à onze heures. Les enfants marchaient devant. Nous avons avancé jusqu’au cimetière. Les petits bavardaient. Le garde champêtre les a disputés. Certains se tiraient la langue, d’autres jouaient. Au cimetière les filles ont fait le tour des tombes accompagnées du Maire qui disait le nom des morts. Les garde champêtre mettait les fleurs et un pompier répondait « Mort pour la France ».
Puis nous somes allés au monument aux morts. Les enfants se sont mis en rang devant et les musiciens se sont rangés derrière eux. Les habitants étaient de l’autre côté de la route. Le Maire et son adjoint étaient à côté du monument. Le Maire disait les noms des morts et un pompier répondait « Mort pour la France. » Le maire a demandé une minute de silence, puis les musiciens ont joué de la musique.
Victimes de la guerre à Géraudot :
Bot Emile ; Caillaud Emile ; Colfort Fernand ; Collier Eugène ; Demet Fernand ; Desrat Désiré ; Jeanne Lucien ; Lassaigne Jules ; Parmentier Albert ; Petit Sevestre André ; Soulier Pierre.
Le 11 novembre à Mesnil-Sellières
(Reportage réalisé par Florent Thévenin, Gilles Fournier, Sophie Blick et Valentin Chérain)
A Mesnil-Sellières, l’anniversaire de l’armistice se célèbre le 1er novembre, en même temps que la Toussaint. Vers trois heureset demie, tous les habitants sont venus dans la cour de l’école. Un ancien conseiller nous a demandé si nous voulions porter les gerbes de fleurs pour les déposer sur les tombes des anciens combattants. Mes camarades et moi nous sommes allés à la Mairie pour prendre les bouquets. Il fallait aussi des garçons car il n’y avait pas assez de filles. Ensuite nous sommes descendus au monument. La petite troupe de musiciens jouait une marche funèbre. Le Maire a lu son discours et a cité les noms des anciens combattants. Il a demandé une minute de silence. Les porteurs de drapeaux, les musiciens et les pompiers étaient en tête. Nous sommes partis au cimetière. Les enfants qui portaient les gerbes se sont mis devant les tombes marquées par des petits drapeaux tricolores. Le Maire et un conseiller venaient pour déposer les gerbes. A quatre heures et demie, certains sont repartis à pied et les autres en voiture parce qu’il faisait froid.
Victimes de la guerre à Mesnil-Sellières :
1914 : Berthelin hector ; Tisserand maurice ; Lebeut Adolphe ; Baudoin Lucien ; Poirier Ivan ; Bazin Lucien .
1915 : Crenez Charles ; Bouclier Henri ; Poulet George.
1916 : Delacour Henri ; Husson Louis ; Misel Gabriel.
1917 : Crenez Henri.
1918 : Malvernat Roger ; Gublin Léonce ; Guillard Henri.
1919 : Méniselle André.
Discours prononcé par M le Maire de Mesnil-Sellières.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
« Honneur à nos grands morts qui nous ont fait cette victoire : »Ainsi s’exprimait Clémenceau devant la Chambre des Députés le 11 novembre 1918. La guerre était terminée : 62 ans déjà.
Inclinons-nous devant ce monument en signe de reconnaissance devant ces héroïques vistimes dont le sacrifice nous a permis de demeurer Français. En donnant leur vie pour préserver la nôtre, ils ont rêvé pour nous d’une paix éternelle et universelle. La guerre ne résout rien. Il faut clamer bien haut qu’une prochaine tuerie ne rendrait les hommes solidaires que dans la mort. Et maintenant, la vraie, la grande cause à servir, c’est celle de la réconciliation humaine.
Le 18 mai 1937, les écoliers du Pays de Galles s’adressaient aux enfants du monde entier : « A travers les continents, par-dessus les mers, la jeunesse appelle la jeunesse à vivre pour la paix. Crions au monde entier qu’il le faut ! ».
Deux ans plus tard pourtant éclatait la seconde guerre mondiale.
Et aujourd’hui, le monde vit dans la crainte d’une nouvelle guerre mondiale, et cetteguerre par les moyens mis en œuvre risquerait bien cette fois d’être la « Der des der ». Soyons vigilants. L’antisémitisme ressurgit. La violence appelle la violence. Persuadons nous que chaque peuple a le droit de choisir librement son mode de vie et se doit de respecter celui des autres. Je vous invite à observer une minute de silence en mémoire de tous nos disparus, puis nous nous rendrons au cimetière pour nous recueillir sur la tombe de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie. »
Le 11 novembre à Rouilly-Sacey.
(Reportage deFabrice brechbuhl, Christelle Parjouet, David Jacquard ; Frédéric Jacquard ; Jean François Serisier ; Alexandra Prieur ; Yannick Mailly ; Franck Rollet.)
Mardi à 11 heures, les enfants des écoles et les parents vont à l’école. Une femme distribue des fleurs aux filles. Les pompiers arrivent et nous allons nous ranger dans la cour de l’école. Ensuite nous partons au monument. Quand nous sommes arrivés, les filles sont allées poser des fleurs sur le monument. Les pompiers jouent de la musique. Ensuite nous allons au cimetière. Trois pompiers baissent les drapeaux sur les tombes des soldats morts pour la France. Les filles déposent des fleurs. Puis, nous allons au vin d’honneur au café du village.
Victimes de la guerre à Rouilly-Sacey :
1914 : Tambour Louis, Beaudoin Lucien ; Mollereau Lucien ; Tisserand Maxime.
1915 : Daubier Albert ; Voisin Maurice ; Dupont Marcel.
1917 : Dorgert Ernest.
1918 : Finance Henri ; Collinet Camille ; Dumas Maurice.
Le onze novembre.
Le onze novembre est en cendres
Car les gens l’ont oublié.
On peut le déchirer
En petits morceaux
De papier.
Eh oui !
Il est bien triste
Le onze novembre.
Yannick Mailly. 10 ans
( Note de la rédaction : naturellement ce pessimisme n’engage que son auteur ! )
Nos villages pendant la guerre de 1914.
( Enquête de Alice Marrel, Gilles Fournier ; Sophie Blick ; Valentin Chérain ; Florent Thévenin)
Le 17 janvier 1917, le 154ème régiment d’infanterie est venu se cantonner à Dosches et à Mesnil-Sellières. Les soldats dormaient dans les granges et les greniers. Les officiers logeaient dans les maisons. Les soldats s’entrainaient avant de monter au front. Il y avait un champ de tir à « La Garenne ». Il y avait un quai d’embarquement à la gare de Rouilly-Géraudot. La fanfare emmenait les renforts prendre le train. Il passait des traions tous les quarts d’heures, jour et nuit. Certains menaient les renforts au front. Les autres ramenaient les blessés.
Les Allemands sont venus jusqu’à Arcis sur Aube, et du village on entendait le bruit de la bataille.
Des prisonniers allemands coupaient des sapins dans les bois d’Assencières et de Luyères pour faire des sapes. Un monsieur nous a raconté qu’à Arcis sur Aube, des brasseurs faisaient des signaux aux Allemands pour diriger leurs tirs à l’aide de leur grande cheminée. Mais un jour, au lieu de bombarder le terrain d’aviation, les Allamands, malchance, ont bombardé leurs prisonniers.
Les soldats étaeint équipés de fusils Lebel, de baïonnettes et de mitrailleuses. Ils utilisaient aussi des grenades. Il y a eu de nombreuses victimes.
Un soldat a été tué à l’exercice dans la carrière de Dosches. Il s’appelait Lamorlette. Le mari de Mme Yvonne a été blessé par balle, puis il a été tué par les gaz en 1918. L’arrère grand-père de Catherine, qui était artilleur a eu les tympans déchirés par le bruit des canons.
Les habitants avaient du mal à man,ger car la nourriture était rationnée à la fin de la guerre. Il fallait aller chercher des cartes à la mairie pour l’alimentation. L’armée réquisitionnait les chevaux des agriculteurs. On s’éclairait à la lampe à pétrole mais le pétrole aussi était rationné. Même les vélos étaient réquisitionnés. Les jeunes devaient travailler dans les champs pour remplacer les hommes mobilisés. A Mesnil-Sellières, il y avait un théâtre pour distraire les soldats. Il se tenait dans une grange… cela s’appelait le Foyer du soldat… »
En 1982, pour un concours organisé par le crédit agricole, un de nos anciens aujourd’hui disparu, rédigeait un texte de souvenirs personnels concernant le cantonnement du 154ème d’Infanterie au village.
Ce récit fournit en partie la base d’un journal spécial de la Coopérative scolaire en 1984. En voici une copie :
Troupe en garnison dans mon village en 1917-1918-1919.
Par Félix Delacour.
« J’allais bientôt avoir 6 ans, je me rappelle très bien qu’il faisait très froid le 17 janvier 1917 quand le 154ème régiment d’infanterie (dit le 15-4) arriva à Mesnil-Sellières musique en tête. Je le vois encore déboucher en haut du pays sur la route de Dosches. C’était impressionnant, les tambours avec les mêmes mouvements de baguettes, les clairons faisant le moulinet, la fanfare, les gradés, le capitaine à cheval et toute la troupe marchant impeccablement. Après la revue effectuée par les officiers, les p’tits soldats par sections puis par escouades furent dirigés dans leur cantonnement respectif. Chez les voisins c’était le mess des officiers, à la ferme près de la mare du haut la clique s’est installée, de l’autre côté de la rue, la musique était casernée dans lune écurie aux chevaux. C’était des portes à deux battants où sur le panneau du haut un musicien artiste avait dessiné avec ressemblance des jeunes gens du pays, le trombonne avec son instrument et la bonne de la maison. Au fond de la cour, la grange était réservée pour le foyer du soldat. Chez nous les poilus ont élu domicile dans le grenier au-dessus de l’écurie. Les lits à pied de chalis furent installés avec au dessus les planches à paquetages comme dans une vraie chambrée de caserne avec le poêle au milieu de la pièce. Je les entends encore dégringoler les escaliers quatre à quatre quand le clairon sonnait l’appel ou le piquet d’incendie. Sous le manège de la batterie était le magasin d’habillement et dans un petit hangar à bois, ils ont installé les fourneaux pour faire la cuisine. Ils ne venaient pas pour un jour, ils étaient là pour le repos et pour l’instruction en attendant de permuter pour remonter en ligne, le front n’étant qu’à une quarantaine de kilomètres. A la Belle Epine c’étaient les pionniers ils allaient tous les jours creuser des tranchées et faire des abris, poser les fils de fer barbelés dans les sapins situés à une demi heure de marche ( le nom de la tranchée est resté dans ce coin de territoire sur Assencières) Une petite maison près de la mare du milieu abritait le poste de garde, en face dans le local de pompes c’était la prison, je vois encore près des portes la sentinelle de garde dans la guérite. N’oublions pas le médecin major et ses infirmiers qui ont aménagé une maison en hôpital pour soigner les blessés et les malades.
Revenons au Foyer du soldat. En haut des grandes portes était écrit en tresses de lierre : « Vive la France » et sur la petite « Foyer » avec un grand F peint en vert on en voit encore aujourd’hui la trace. Toute la grange était propre, les poteaux et les poutres étaient drapés en bleu blanc rouge avec de la verdure. Quel beau décor ! Sur le plancher de la batterie, la scène de théâtre, les coulisses avec portes d’où sortaient les comédiens. Le troupier avec son képi bosselé, sa ceinture de flanelle rouge, son mouchoir bariolé qui sortait de sa poche, quel comique ce sergent Loyé, il n’était pas le seul pour jouer des petites pièces de théâtre, quelques chansons sentimentales, surtout du comique, quelques titres : « En écoutant les p’tits oiseaux. » « Je prends ma valise. » ; « J’ai un chien qui gueule tout le temps. » ; « En voyant l’costaud que j’étais. » ; « J’ai la rate qui s’dilate. »
Ils étaient très applaudis, c’était des as. Il y avait aussi les trapézistes qui jusqu’en haut de la grange faisaient des exercices volants comme au cirque, l’un se tenant par les jarrets et tenant un trapèze dans ses dents sur lequel un autre soldat faisait des mouvements dangereux, pendant ce numéro toute la salle était silencieuse. A la fin du spectacle toute la troupe en chœur chantait « La Madelon. ». Les gamins ne se faisaient pas tirer l’oreille pour boire l’huile de foie de morue, sinon pas de théâtre. Le temps passait. Nous avions un domestique d’une cinquantaine d’années, il n’était pas patient avec les soldats alors au 1er avril, les cuisiniers lui ont envoyé une carte postale qui représentait un ours, en bas de la gravure était écrit « Connais-toi toi-même » Je les verrai toujours ; ils étaient cachés derrière les poulaillers pour guetter l’effet produit, vous pensez bien que le pépère fut surpris, se demandant bien qui avait fait cette blague. Il n’a pas eu longtemps à chercher, car, les cuistots, le cher Guivi en tête sortirent de leur cachette en faisant des gestes avec les bras sautillants en criant « Hi ! Hi !HI ! ». Notre commis eut vite fait de prendre le grand fouet qui était sur la charrue au milieu de la cour et de courir après ces jeunes marmitons qui se sauvaient chacun de leur côté ; quand il rentra à la maison pour déjeuner, il nous montra la carte et se mit à rire avec nous ; c’était un brave homme.
Arriva le 14 juillet 1919 les soldats l’ont organisé comme jamais n’en ai vu depuis ; la veille grande retraite aux flambeaux, des fusées lumineuses furent envoyées dans le ciel, c’était merveilleux toutes ces jolies petites étoiles brillantes, ils lancèrent aussi des petits parachutes en soie que les jeunes gens du pays devaient rapporter pour avoir un prix. Le jour de cette fête populaire, dès le matin réveil en fanfare par la musique du 15-4. L’après midi, les distractions se déroulèrent dans le grand parc de la ferme, au centre du village : couse à pied pour les jeunes gens, ciseaux pour les jeunes filles, le mât de cocagne graissé à point, la poêle bien noircie avec la pièce de monnaie qu’il fallait prendre avec la langue, la gerle (1) d’eau disposée en équilibre ( 2 soldats tiraient une voiture à bras sur laquelle un de leur camarade avait pris place ; celui-ci avec une perche devait taper juste dans la cible en bas du récipient, bien visé le poilu se retrouvait tout trempé, beaucoup d’autres jeux comme la course en sac etc. Les dimanche matin, la messe était célébrée à la chapelle Saint Croix par un prêtre qui était lieutenant, elle était parfaitement servie par un soldat avec les enfants de chœur.
Parfois le dimanche après-midi, la population se joignait aux hommes de troupe pour applaudir la fanfare qui exécutait les meilleurs morceaux de son répertoire au cour d’un grand concert dans la cour de l’école. Les gosses coiffés d’un petit calot militaire étaient autour des musiciens, heureux de les entendre jouer et de voir leur chef qui dirigeait avec compétence et sérieux.
C’est avec un peu de regret qu’un beau jour nous avons vu le régiment repartir en ordre comme à l’arrivée, pour une direction inconnue. »
La maison qui abritait le foyer du soldat dont il est question, existe encore. Elle se trouve Grande Rue au n° 73 .
(1) A propos de la "gerle", notre correspondante spéciale au Québec, Irène, une amie lectrice lointaine nous donne les renseignements suivants: "J'ai lu les souvenirs de Félix Delacour : un point d'interrogation se trouve après le mot "gerle". Alors, bien sûr, Miss Marple est allée aux nouvelles et j'ai appris ce qu'était une gerle : un récipient dans lequel on fabrique le fromage (une sorte de cuve) : http://www.cantalpassion.com/bonal.htm Je me coucherai plus instruite ce soir ;-)))"
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