Partager l'article ! Manifestations pour l’école.: 70% des enseigants des écoles étaient en grève le 20 octobre. 69% de grévistes le 20 no ...
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70% des enseigants des écoles étaient en grève le 20 octobre. 69% de grévistes le
20 novembre dans le premier degré , 55% dans le second degré. La pétition sauvons les RASED rassemble remise au ministère le 3 décembre a rassemblé plus de 230 000 signatures. Les actions
les plus diverses se multiplient : lycéens, étudiants des IUT, chercheurs du CNRS.
Les associations complémentaires de l’école publique ( animation des centres de loisirs, ligue de l’enseignement, OCCE…) voient leurs subventions
réduites de 25%, et la convention permettant la rémunération des personnels détachés doit prendre fin au 31 août 2009.
Au fil des mois et des déclarations gouvernementales, l’entreprise de démolition du service public d’éducation se révèle pour ce qu’elle est . Suppression de milliers d’emplois d’enseignants et réduction des recrutements, réduction des heures d’enseignements, remise en cause des structures d’aides spécialisées pour les enfants en difficulté (RASED), remise en cause de la scolarisation en maternelle (170 000 élèves concernés).
Des réformes ? Oui, mais pour améliorer !
Communiqués et commentaires « autorisés » dressent régulièrement un tableau catastrophique de l’école publique. Ils sont inspirés par des milieux rétrogrades proches du ministre de l’éducation. M Darcos lui-même ne craint pas de dénigrer systématiquement le travail des enseignant(e)s.
L’éducation nationale serait-elle cette vieille institution incapable de se réformer décrite dans la plupart des médias ? Balivernes ! Depuis des lustres, chaque ministre impose ses réformes sans souci d’évaluation. Certains, il est vrai se sont heurtés à des résistances et c’est fort heureux. Mais dans l’ensemble, les enseignant(e)s s’adaptent aux multiples modifications de programmes, de rythmes scolaires, d’instructions plus ou moins cohérentes.
Les résistances actuelles tiennent à la nature particulière de l’entreprise
voulue par le Président de la république et mise en œuvre par M Darcos. Il s’agit certes de réduire le budget de l’éducation nationale, mais au-delà se dessine le projet de calquer notre système
éducatif sur « ce qui se fait ailleurs » et plus particulièrement dans les pays anglo-saxons. La remise en cause du statut et de
l’indépendance pédagogique des enseignants est en ligne de mire de même que la laïcité ( voir article précédent sur l’article 89).
L’exemple de l’école maternelle.
Selon les penseurs du ministère, «
entre la crèche et l’école, « il existe une voie moyenne, celle des jardins d’éveil ». C’est en effet « ce qui se fait ailleurs » et qui faisait de l’école maternelle
française une heureuse exception. Le projet ne tient nul compte de toutes les études montrant l’influence positive de la scolarisation précoce sur l’avenir des enfants, notamment dans les milieux
les moins favorisés. Nadine Morano, secrétaire d’état à la famille dont on connaît le sens de la modération, souhaite mettre en place les « jardins d’éveil » pour l’accueil des enfants de deux ans dès la rentrée 2009. Malheureusement pour elle, le Conseil général de la Mayenne, dans un
premier temps volontaire pour adopter le dispositif a fait marche arrière après avoir fait ses comptes ! Si la dépense moyenne par enfant et par an est de 4 680 euros en maternelle,
elle atteint 7500 euros en crèche. Sur près de 12 milliards d’euros par an consacrés à la scolarisation des enfants en maternelle, 6 sont à la charge de l’Etat, 5 relèvent des communes, et 0,7
des familles. « Alors demain, avec les jardins d’éveil, qui paiera les frais ? » se demande-t-on au SNUIPP ? Les collectivités
locales sont étranglées par les transferts de charges imposés par l’Etat. Les familles paieront !
Ne nous y trompons pas. La question ne concerne pas que les plus petits ; Rapports et propositions issues des milieux gouvernementaux ont déjà envisagé de restreindre la scolarisation
au-delà. Comme d’habitude, il s’agit de faire avaler la potion à petites doses.
Des écoles primaires privatisées ?
Le projet de budget 2009 prévoit la mise en place dès le 1er janvier
2009 d’une « agence chargée des remplacements ». Un audit a été lancé auprès d’un cabinet privé portant sur la possibilité d’utiliser des vacataires. Il s’agirait de remplacer les
enseignant(e)s en congé de maladie ou de maternité ! Ces entreprises permettent de mieux comprendre l’insistance mise à faire accepter le « service minimum d’accueil » présenté
comme une réponse aux « grèves » alors qu’on envisage sérieusement de l’étendre à tous les cas d’absence.
La situation est telle que de dangereux agitateurs, des Inspecteurs de l’éducation nationale s’émeuvent : « … cette mesure [concernant les remplacements] s’inscrit dans la dynamique d’affaiblissement de la qualité du service public d’éducation. A l’instar de ce qui se passe pour les emplois de RASED, les choix opérés engagent la suppression de postes statutaires et la disparition d’emplois qui contribuent à instaurer du lien social professionnel au-delà de l’unité établissement scolaire. Ce faisant, il s’agit aussi de faire adopter au service public le modèle de gestion du secteur privé…. Il y a là un eprocédure problématique au regard des attentes de la Nation en matière de qualité et de continuité du service public de l’éducation nationale. L’instauration d’un contingent professionnel formé et responsable de titulaires remplaçants avait constitué en son temps un progrès notable pour notre système. Détruire ce contingent ou l’affaiblir ne peut évidemment pas contribuer à son amélioration…. » (Communiqué du SNPI-FSU)
On notera accessoirement que le système des vacataires recrutés au niveau bac est
déjà mis en œuvre en … Nouvelle calédonie !
L’école, comme une entreprise privée ?
C’est le vieux rêve des « libéraux », tenants de l’autoritarisme en politique et du laisser faire économique. Le projet UMP de création d’établissements publics d’enseignement primaire (EPEP) prépare cette mutation « historique ».
De quoi s’agit-il ? Obligatoire pour les écoles de 15 classes ou plus, la nouvelle struture sera dotée d’un conseil d’administration où les enseignants seront minoritaires ( 3 élus sur 13 !) . Le Président de ce conseil ne sera pas un enseignant, c'est-à-dire que l’école sera dirigée par un maire, un parent d’élève … Les écoles de 13 classes pourront être concernées si les élus le décident ! En milieu rural, l’organisme pourrait regrouper un ensemble de sites décentralisés, par exemple toutes les écoles du canton, pour arriver à la taille critique ! Ces EPEP auraient une autonomie financière ( entretien des locaux, projets pédagogiques, salaires des personnels à statut local, recrutement des vacataires… ). Les communautés de communes par exemple, pourraient décider de se doter de la compétence scolaire comme elles se dotent de la compétence « petite enfance ». Pour ceux qui connaissent l’histoire de l’école en France, ce serait revenir à un statut très ancien qui plaçait les enseignants sous la coupe des autorités locales – le curé jadis, puis le maire - avec toutes les dérives qui peuvent en découler.
Les conseils d’écoles disparaîtront au profit de ce conseil d’administration. La
direction « pédagogique » reviendra à un Directeur, nouvel échelon hiérarchique nommé par l’Inspection (hors mouvement), doté d’un pouvoir de notation.
Face aux menaces :
Des mouvements divers s’organisent. Lors des élections professionnelles qui
viennent d’avoir lieu, la participation a été en hausse. Le SNUIPP-FSU déjà majoritaire renforce sa représentativité. C’est une réponse au ministre qui dénigre systématiquement les organisations
syndicales.
Des appels et des pétitions circulent notamment pour l’école maternelle. Celle de l’AGEEM par exemple:
« Vous tous qui avez des
enfants en bas-âge, des enfants qui sont ados, des enfants qui ont eux-mêmes des enfants maintenant, vous savez combien l'école maternelle est un lieu vital d'épanouissement
et d'éducation pour les premières années de la vie. Tous les pays étrangers, qui n'ont pour structures de petite enfance que des "Jardins d'enfants", garderies municipales
ou privées, nous envient notre école maternelle où la pédagogie est adaptée à l'enfant dès la petite section.
Or pour des raisons
d'économies budgétaires, le gouvernement français menace de supprimer les petites et moyennes sections des écoles maternelles au profit de garderies municipales ou privées, où les
enfants seraient sous la garde de personnels titulaires du CAP petite Enfance (2 ans après le BEPC) et non plus encadrés par des enseignants qualifiés (5 ans après le
BAC). Ainsi on sacrifie les plus jeunes et ensuite on criera à l'échec scolaire et social ! Alors pour défendre *l'école maternelle française publique, laïque et gratuite pour
tous*, signez la pétition mise en ligne par l'Association Générale des Enseignants des Ecoles Maternelles (AGEEM) que vous trouverez à l'adresse
suivante :
http://marnesia.free.fr/phpPetitions/index.php?petition=2*
"Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez
l'ignorance."
Abraham Lincoln
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