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Crée en 2001, l’Orchestre symphonique de l’Aube occupe une place de premier plan
dans la vie culturelle départementale. Chaque mois, Gilles Millière et ses musiciens offrent aux mélomanes de tous niveaux des œuvres variées de grande qualité.
Le volet pédagogique n’est pas négligé. Une information est largement diffusée pour inviter les plus jeunes aux concerts ; plus récemment
les élèves sont admis aux répétitions, en tant qu’auditeurs bien entendu.
Place de choix pour les scolaires
Le vendredi 12 décembre, les classes de CP (Rouilly-Sacey) et de CE1 (Dosches) du RPI sont donc allées voir et entendre les musiciens travailler. Le Centre culturel de La Chapelle Saint Luc leur était ouvert, avant les interprétations publiques, le soir même en ce lieu, le lendemain à Troyes et le dimanche à Nogent.
Rigueur et concentration.
Dès l’entrée dans la salle, chacun doit se taire. La répétition est commencée. Les instrumentistes sont en place, le chef indique les reprises, corrige, entraîne. Les enfants ouvrent grands leurs
yeux : le spectacle des instruments dans la lumière de la scène éclairée, les cuivres éclatants, les somptueux violoncelles, les gracieux violons attirent le regard et l’oreille. Et puis, il
y a ces gestes mesurés, incompréhensibles qui commandent des vagues de sons inlassablement recommencés. De la salle on n’entend pas le dialogue entre
le chef et les musiciens.
Le saxophoniste Claude Delangle est là. Soliste, il interviendra dans « Scaramouche »
de Darius Milhaud et « Le Seigneur des Anneaux. » de Johan de Meij.
Une audition préparée.
Les classes ont reçu au préalable un dossier pédagogique avec explication des œuvres, et CD d’accompagnement pour la reconnaissance des instruments et des morceaux interprétés.
La salle vit au rythme du travail musical. L’agitation naît doucement durant les interruptions et les mises au point, mais lorsque l’orchestre s’élance, le tout jeune public est emporté.
Les instruments en vedette.
Enfin vient le moment de la présentation : Gilles Millière interrompt la répétition se tourne vers la salle. Il invite tour à tour les percussions, les cuivres, les bois, la délicate flûte
traversière, le minuscule piccolo, et enfin les cordes, harpe superbe, violons, violoncelles et contrebasse à se lever. Les musiciens montrent ou
brandissent leurs instruments selon leur place sur la scène !
Chaque pupitre exécute un petit air approprié à la saison et à l’auditoire, répertoire allant de « Petit papa Noël » à « Vive le vent ». Gros succès !
Et la suite ?
On ignore ce qui se sera dit au retour en classe ou en famille. Une jeune accompagnatrice disait à la sortie qu’elle était plutôt du genre AC/DC habituellement… mais que là …enfin… Le rêve de l’institutrice serait d’emmener la classe ou moins une partie des élèves au « vrai concert », mais ça, c’est une autre affaire. L’affaire des familles en fait. Les privilégiés auront peut-être pu assister au concert : outre les œuvres déjà citées ils auront pu découvrir ou redécouvrir « La Strada » de Nino Rota, musique déchirante du film de Federico Fellini (1954) et les œuvres pleines de fantaisie de Leroy Anderson dont les titres sonnent comme un programme : « Plink, Plank, Plunk » (cordes seules sans archets !) ; « La machine à écrire » morceau connu grâce au sketch de Jerry Lewis (dans le film « Who’s minding the store » = Un chef de rayon explosif 1963)
Et enfin “The Waltzing Cat (Le chat valsant), vrai régal pour les musiciens comme
pour les auditeurs. A la fin l’orchestre aboie ! On aura compris que la programmation était adaptée à la période de fêtes prochaines : émotion, humour et fantaisie.
Gilles Millière : portrait.
Le journal local du dimanche (28 septembre 2008) a retracé sa carrière. Né à Troyes en 1952, il devint musicien à huit ans au sein de l’harmonie de Savières. Son père y était trompettiste. Un
trio naîtra avec ses deux frères Daniel et Gérard (Gilles au Trombone, instrument avec lequel il obtiendra le premier prix du conservatoire de Troyes en 1966, Daniel et Gérard, trompette et
cor.)
En 1969, il entre au conservatoire de Paris et obtient le premier prix de trombone au CNSM (Conservatoire national supérieur de musique) en 1971. Il deviendra alors trombone solo à l’Opéra de Paris. A partir de 1982 il est professeur au CNSM de Paris. Cependant, profondément attaché à son pays natal, il n’abandonnera jamais l’Aube. Il continuera de diriger l’harmonie de Savières à partir de 1975 puis prendra à partir de 1981 la direction de l’Orchestre d’harmonie de Troyes.
Lors de l’entrevue accordée au journal, il souligne l’importance de la période passée à l’Opéra : « C’est la période de ma vie où j’ai vraiment pris conscience de la grandeur de la musique et de la beauté privilégiée de mon métier… » .Il se souvient « de Rolph Liebermann, des grands chefs d’orchestres comme Karl Böhm, Georg Solti, Seiji Ozawa, Alain Lombard, Nello Santi… ». Mais sa grande fierté reste l’OSA : « C’était un vide dans le département et même alentour… On va entamer la huitième saison. L’OSA est maintenant connu dans toute la France… ». Et l’ambition est de toucher le plus large public : « Personne n’y est imperméable ou insensible… [À la musique] Il n’est pas besoin de connaissances spécifiques pour en ressentir les effets… L’ambiance du lieu où tout le monde est captivé, sous tension commune, produit une formidable émotion… »
Claude Delangle.
Il faut lire "le"soliste naturellement...
Concertiste, chercheur et pédagogue, Claude Delangle est l’invité de prestigieux orchestres européens, américains, australiens, japonais, chinois, et de chefs tels que Pierre Boulez, Miung-Wung
Chung, Peter Eötvös, David Robertson et Esa-Pekka Salonen. Il est également professeur au CNSM de Paris. Pour en savoir plus et l'écouter, la meilleure solution est d’aller sur son site ( On y
trouve notamment sa discographie) :
http://www.sax-delangle.com/biographie.html
Prochain concert.
23 janvier 20h30 à Sainte Savine. Le 24 ,18 h à Romilly et le 25 , 10h30 à Troyes (Théâtre de champagne ) Réservations Maison du Boulanger. Au programme :
Robert Schumann : 1ère symphonie, le Printemps.
Philip Glass : Compagnie.
Jacques Offenbach : Ouverture de la Grande Duchesse de Gerolstein
Amilcare Ponchielli : La Joconde. Danse des heures.
Du romantisme, de la musique d’aujourd’hui, et un « classique » de l’opérette.
Bonne année en musique.
Et pour patienter, concerts du nouvel an. A la télé c’est moins bien mais c’est mieux que rien : en direct de Vienne sur A2 ou de Berlin sur Mezzo.
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