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La foule des grands jours a envahi les villes de France, de la plus
petite à la capitale. Nombre de manifestants étaient en grève, à l’appel de tous les syndicats. Vous l’avez vu, beaucoup l’ont vécu. 5000 personnes à
Troyes: ce n'est pas rien!
Les motifs étaient clairs et exposés dans la plateforme revendicative largement diffusée par les syndicats. Il semble que les représentants de l’UMP n’aient pas lu le texte. Les commentateurs
médiatiques non plus ! C’est pourtant la base commune d’action.
Les résultats des entrevues qui auront lieu on l’espère dans les jours qui viennent devront être appréciés en fonction des termes de cette plateforme commune. Il n’est donc pas inutile de la
relire (même si c’est un peu long, mais il nous a semblé utile de publier le texte intégral)
Déclaration
commune
Propositions
et revendications des organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA
lundi
5 janvier 2009
La crise économique
amplifiée par la crise financière internationale touche durement une grande partie des salariés dans leurs emplois et leurs revenus. Alors qu'ils n'en sont en rien responsables, les salariés,
demandeurs d'emploi et retraités, sont les premières victimes de cette crise. Elle menace l'avenir des jeunes, met à mal la cohésion sociale et les solidarités ; elle accroît les inégalités et
les risques de précarité.
Les seules lois du marché ne peuvent régler tous les problèmes.
Face à cette situation et considérant qu'il est de leur responsabilité d'agir en commun, en particulier lors de la journée du 29 janvier, pour obtenir des mesures favorables aux salariés, les
organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA ont décidé d'interpeller les entreprises, le patronat et l'Etat.
Surmonter
la crise implique des mesures urgentes en faveur de l'emploi, des rémunérations et des politiques publiques intégrées dans une politique de relance économique.
1 –
Donner la priorité
au maintien des emplois
dans un contexte de crise économique
De nombreuses entreprises mettent la pression sur les sous-traitants et fournisseurs faisant supporter à leurs salariés blocages de rémunérations et pertes d'emplois. Par ailleurs, des salariés
sont contraints à des durées du travail élevées, tandis que les salariés temporaires, en intérim ou en CDD, sont les premiers à faire les frais des baisses d'activité. Des entreprises utilisent
la crise pour opérer des restructurations tout en maintenant la rémunération de leurs actionnaires.
C'est intolérable et inadmissible.
Les entreprises confrontées aux baisses d'activité utilisent des mesures de sauvegarde d'emplois comme le chômage partiel, les jours de RTT ou de congés... Toutes ces mesures doivent être
négociées dans l'objectif de préserver l'emploi et les salaires. Les
aides publiques doivent aussi y être conditionnées.
Les
entreprises doivent améliorer l'indemnisation du chômage partiel et tous les salariés doivent pouvoir en bénéficier.
Ces périodes de baisse d'activité doivent être utilisées pour développer la formation professionnelle et renforcer les compétences des salariés.
Dans toutes les entreprises, quelle que soit leur situation, c'est notamment en investissant dans la formation et le travail qualifiant et en réduisant la précarité que la performance sera
assurée.
Dans la fonction et les entreprises publiques, il est indispensable de répondre aux besoins de notre société et de la population et de leur attribuer les moyens nécessaires.
Dès
2009, le gouvernement doit renoncer aux 30.000 suppressions de postes. Il faut abandonner une politique aveugle de suppression d'emplois et penser autrement l'évolution des services publics dont
la qualité et l'emploi constituent une question centrale.
La
situation des salariés précaires du public appelle des mesures de justice sociale.
Politiques
salariales
: améliorer le pouvoir d'achat, réduire les inégalités
Les exigences des actionnaires ont conduit, dans beaucoup d'entreprises, à l'accroissement des inégalités. Elles se sont aussi traduites par une redistribution des richesses privilégiant le
versement de dividendes au détriment des salaires et de l'investissement.
Dans les branches, les entreprises, les fonctions publiques, les
négociations salariales doivent assurer au moins un maintien du pouvoir d'achat et une réduction des inégalités.
Les allégements de cotisations sociales doivent être conditionnés à la conclusion d'accords salariaux
3-
Orienter la relance économique vers l'emploi et le pouvoir d'achat.
Il est de la responsabilité de l'Etat et de l'Union Européenne de décider de politiques d'interventions publiques coordonnée favorisant une relance économique. Celles-ci doivent viser à la fois
:
Une
relance par la consommation
en améliorant le pouvoir d'achat, en priorité des revenus les plus modestes parmi lesquels de nombreux salariés, demandeurs d'emploi, retraités et bénéficiaires de minima sociaux.
Une
politique de développement de logement social
à la hauteur de l'urgence, un encadrement des loyers et un accès au crédit dans des conditions excluant les taux usuraires.
Une
protection sociale (santé, retraite...) dans un cadre collectif et solidaire
Des
investissements ciblés,
en particulier en matière d'infrastructures, d'équipements publics et de services publics, en favorisant la recherche, le développement, l'éducation et la formation.
Les investissements publics et privés doivent notamment être orientés en faveur d'une
économie du développement durable
mettant en œuvre les principes adoptés au Grenelle de l'Environnement.
Toute aide accordée à une entreprise doit être ciblée et faire l'objet de contreparties. Elle doit être conditionnée à des exigences sociales, en particulier en matière d'emploi. Elle doit faire
l'objet d'une information et d'un avis préalable des élus représentant les salariés. Dans le cas spécifique du secteur bancaire, l'utilisation
des aides publiques doit donner lieu à un contrôle direct par l'Etat.
4 –
Préserver et améliorer les garanties collectives
Les conditions de vie et de travail pour les salariés des secteurs privé et public, passent par l'amélioration du cadre collectif. C'est pourquoi il faut :
-
abroger les dispositifs légaux qui ont conduit à remettre en cause la réduction du temps de travail
- retirer la proposition de loi sur le travail du dimanche.
- respecter le dialogue social sur tous les projets et propositions de loi qui touchent à la réglementation du travail.
face
à la révision générale des politiques publiques (RGPP), mettre en oeuvre des réformes porteuses de progrès social
5 –
Réglementer la sphère financière internationale
Cette réglementation doit mettre un terme à la spéculation, aux paradis fiscaux, à l'opacité du système financier international et encadrer les mouvements de capitaux.
L'Union
européenne doit être au premier plan pour l'exiger.
Il faut aussi imposer le respect des droits fondamentaux et sociaux et des normes internationales de l'OIT dans tous les échanges internationaux.
L'aide publique au développement doit être maintenue et améliorer. C'est ce que demande le mouvement syndical international
Le 5 janvier 2009
La
manifestation bloquée des deux côtés du canal avant la Préfecture. Trop de monde!
« Jeudi noir » ?
Ignorance, paresse intellectuelle, ou volonté de nuire, chaque journée d’action
syndicale appelle des expressions stéréotypées et naturellement péjoratives. Ainsi l’expression « jeudi noir ». Son origine n’a rien à voir avec le syndicalisme, puisque « Black
Monday » est resté dans l’histoire comme le jour du krach de 1929. Des banquiers paraît-il se seraient alors jetés par les fenêtres des immeubles. Ils ne bénéficiaient pas encore de
parachutes (dorés) ! Mardi noir, vendredi noir… Pourtant, il y a longtemps que les salariés d’EDF ne coupent plus le courant !
Usagers, clients, enfants « …pris en otage »
La prise d’otage est un acte criminel. Assimiler une action syndicale à un crime
c’est justifier par avance la répression. La tendance à la criminalisation de toute contestation est d’ailleurs flagrante et traduit une grave dérive confirmée par d’autres mesures d’atteinte aux
libertés.
« Un cri de colère ?»
Les soutiens du pouvoir, ministres, élus, commentateurs autorisés à parler, semblaient réglés sur la même longueur d’onde : des argumentaires formatés auraient-ils été diffusés ? En résumé le discours est le suivant :
- « Les gens manifestent contre la crise et pas contre le gouvernement. On les comprend (compassion), mais on n’y peut rien». La plateforme syndicale pose justement la question de l’action gouvernementale !
- « C’est une journée fourretout qui mélange toutes les revendications
corporatistes ». (Certains distraits qui n’avaient pas lu les dernières instructions officielles tentaient encore d’opposer public –privé, malgré la
présence de nombreux salariés du privé.)
· « Nous avons entendu votre cri de colère »…mais maintenant rentrez à la maison, le gouvernement s’occupe de tout (Mille mesures contre la crise ! Vous
vous rendez compte ?). Malgré vous, on « maintient le cap »
· « Le service minimum a bien fonctionné. » Sous entendu, c’est une victoire gouvernementale contre les grévistes. Peut-on dire comme le Président que
« personne ne s’est aperçu qu’il y avait grève ? »
Le mépris présidentiel.
Des « informations » savamment distillée ont fait état de conciliabules entre le Président et ses conseillers personnels. Le Président a fait savoir qu’il recevrait les « tous les syndicats durant le mois » de février et il convoque sa télévision et ses présentateurs pour jeudi soir.
La manière est délicate ! Nous l’avons entendu à l’occasion de sa tournée de vœux quasiment insulter scientifiques et chercheurs en direct.
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