Partager l'article ! Visite de Lesmont, avec les "Amis du parc": Connaissez-vous Lesmont ? avec &laqu ...
Informez. Critiquez. Commentez.
Cliquez sur la catégorie de votre choix:
¤Actualités. Associations locales.
¤Services.Météo.
¤ Sports.
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
Connaissez-vous Lesmont ?
avec « l’Association des amis du Parc naturel régional de
Certains ont peut-être entendu parler des visites de villages organisées par « l’Association des amis du Parc …» Chaque mois, des guides bénévoles, et néanmoins compétents, font découvrir aux visiteurs les curiosités de leur commune. J’ai suivi celle de Lesmont, et je n’ai pas été déçu !
La visite, guidée par M Bourcier, ancien maire de la commune rassemblait une trentaine de personnes ( A peu près…je n’ai pas compté !). Rendez-vous était donné sous
http://www.crdp-reims.fr/rclvisu/fic_edit.asp?fETABL=7094
La plus ancienne construction remonterait au moyen âge. La fonction de ces édifices était d’abriter foires et marchés. Selon Annie Pincaut ( Escarboucle n°32. Automne 1998 ) « Elle abrita jusqu’au 19ème siècle une foire 5 fois par an et un marché une fois par semaine… ». Les bois de cette halle connurent une destinée capitale en 1814.
Sur les halles du Parc: http://www.pnr-foret-orient.fr/fr/halles.htm
Le 29 janvier 1814, Blücher croit Napoléon à Nogent ou à Arcis. Il s’avance sur la route de Troyes , franchit l’Aube à Lesmont et fait détruire le pont. Napoléon est sur ses arrières à Saint Dizier avec 30 000 hommes. Le 30 Napoléon fait reconstruire le pont en utilisant les bois de la halle qu’on a démontée. Il envoie le colonel Bénard prévenir Mortier qui est à Troyes. Blücher pourrait être pris à revers et anéanti. Malheureusement Bénard arrêté par l’ennemi à Assencières n’a pas le temps de détruire ses ordres. Blücher, aussitôt averti, fait demi tour et affronte Napoléon près de Brienne. ( bataille de
Le 1er février 1814, après la bataille de
Le pont fut rasé jusqu’à l’eau. Lorsqu’ arrive le Colonel Natouchinsky, chargé de la communication des armées ennemies, il ordonne la reconstruction du pont. Pour cela, il faut du bois. « Sur les 127 maisons du village, 60 sont détruites et 22 autres brûlées. » La halle ne sera remontée qu’en 1855. Elle fut reculée de
http://www.crdp-reims.fr/cddp10/ressources/mediatheque/dossiers/pan_bois/default.htm
De la halle à l’église, il n’y a qu’un pas. C’est un petit édifice surmonté d’une belle flèche élancée. La nef est précédée de deux travées latérales se terminant par des pignons. Le clocher est à la croisée de la première travée. L’église est dédiée à Saint Pierre es liens. La partie du transept est datée du 13ème siècle et le reste du 16ème. L’intérieur est remarquablement entretenu. Les ouvrages spécialisés donneront la description détaillée des oeuvres qui s’y trouvent. On hésite toujours à souligner leur qualité, le pillage des églises rurales étant devenu trop fréquent. Les dalles funéraires et leurs inscriptions ont été parfaitement décrites par Annie Pincaut. Un beau vitrail où dominent grisaille et jaune d’argent éclaire l’abside dont la peinture bleue étoilée a conservé toute la fraîcheur. Cependant, dès l’entrée, ce qui frappe avant tout, c’est l’harmonie des proportions et l’homogénéité du mobilier. Bancs, stalles, confessionnal, tribune et fonds baptismaux du même bois sont luisants de soins attentifs, de frottements répétés ou de longues et nombreuses méditations ! Les enfants, explorateurs inlassables essaient les cases du confessionnal :
« C’est pour enfermer ceux qui ne sont pas sages » me dit un petit qui a pris sans le vouloir la place du curé, alors que son frère découvre à genoux – comment faire autrement ?- la curieuse petite ouverture à croisillons encore bruissante de murmures secrets. On joue à rabattre alternativement le volet de bois, à gauche, à droite. « Bénissez moi mon père, car j’ai beaucoup pêché… »
La sortie réserve une surprise. Des maximes à demi effacées, mais parfaitement tracées ornent la pierre. « Au bas de ce mur est le corps de P.E. Perthuizot jurisconsulte demeurant à Lesmont. Il a fait construire sa maison au nord et planter d’arbres fruitiers la cour et les vergers qui en dépendent. Il a vécu jusqu’à 76 ans dans les agréments de la vie champêtre qui nous rapproche de la nature. Le surplus fut rempli de peines, d’ennuis et de souffrances qui l’ont confirmé dans le peu de cas qu’il faisait de son existence avant d’en avoir éprouvé tous les désagréments. Il n’aurait jamais voulu recommencer sa carrière avec les mêmes évènements en bien et en mal de la révolution de sa vie qu’il a quittée sans regret en rendant à la nature ce qu’elle lui a prêté à de trop gros intérêts… Il est mort le 26 septembre 1817.
Ne vous prévalez pas de votre santé gardez-vous d’en abuser car un rien peut la déranger. »
Monsieur Bourcier nous guide alors vers « La maison qui parle », devenue mairie, et appartenant jadis à ce probable disciple de Jean Jacques Rousseau. Une jeune fille court chercher la clé, car les visiteurs sont avides de découvrir le secret de ces murs bavards. En 1784, Edme Perthuisot, avocat au Parlement fait bâtie sa maison agrémentée d’un parc qui rejoint l’Aube. L’entrée, les piliers, les angles sont gravés de maximes en latin ou en français. « Homo nacitur ad laborem… La félicité de l’homme dépend moins de l’abondance que de l’opinion puisqu’il est heureux s’il croit l’être… Anne Colette Collet son épouse qu’il aimait, a fait son bonheur autant par la douceur de son caractère que par son indifférence… » Humour, sagesse antique teintée d’aigreur : « Parva sed apta » telle est la devise au dessus de l’entrée : « Petite, mais qui convient ». Un « Sam’ suffit » au 18ème siècle. Le propriétaire commente : « elle est proportionnée au nombre des vrais amis… » Perthuizot sans doute ne manqua pas de méditer les réflexions de Sénèque : « Aussi n’est ce point facile d’atteindre la vie heureuse ; on s’en éloigne d’autant plus qu’on s’y porte avec plus d’ardeur… »
Le parc, magnifiquement entretenu, semble porter témoignage du sage disparu. Les grands arbres qu’il a peut-être fait planter dominent la pelouse qui se perd dans les sables de la berge, en bordure de l’Aube. Au fond, domine un antique platane.
Au retour, la mairie ouvre ses portes et ses fenêtres, afin qu’on puisse admirer l’escalier intérieur et les moulures des plafonds. M Bourcier propose alors une découverte des voies romaines. Trois kilomètres dit-il…. Les voitures en cortège suivent la direction de Brienne le Château. Les voies romaines de Lesmont ont été bien étudiées par Raymond Tomasson (Président de
La promenade ayant quelque peu dispersé les visiteurs, les plus obstinés purent remercier et féliciter M Bourcier pour sa connaissance des lieux et sa gentillesse. On peut seulement regretter que ce circuit soit insuffisamment mis en valeur. Une brochure éditée par Annie Pincaut rappelle heureusement un projet de « sentier d’interprétation » Daté d’août 1999, sous la plume de Carole Mandelli (disponible à
D’autres visites de villages sont prévues. La prochaine à Laubressel le samedi 20 mai (15 h à l’église)
Commentaires