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Randonnée à Courteranges.
Samedi 13 mai, l’Association des Amis du Parc naturel de
Malgré le temps gris, une soixantaine de personnes étaient présentes. Le départ avait lieu sur la place du village, face à un majestueux cèdre du Liban, datant de 1848 et planté là en tant qu’arbre de la liberté lors de l’avènement de la seconde république.
Les randonnées des Amis du Parc sont un moment privilégié de rencontre et de découverte. Le parcours est ponctué de lieux remarquables : cette fois, trois étapes sont au menu qui s’inscrivaient en partie dans le cadre de la « semaine du bois »: la héronnière de Courteranges, les chênes sauvegardés à Lusigny, et l’entreprise « Bois et nature » de M Serralunga à Courteranges.
Nous ne sommes malheureusement pas équipés d’un matériel performant pour photographier les hérons. On pourra voir les très belles photos réalisées sur d’autres sites par Pierre GARRAUD. La héronnière comprend une centaine de nids, juchés au sommet de grands chênes en bordure d’une zone humide. L’espace est préservé, grâce notamment à l’action de Jacques Loiseau . Il fut possible, tout en restant à distance respectable afin de ne pas trop déranger les volatiles, d’apercevoir un grand nid occupé par un couple et ses petits dont on entendait distinctement les appels. Pour en savoir plus sur le héron :
http://www.oiseaux.net/oiseaux/ciconiiformes/heron.cendre.html
http://www.oiseau-libre.net/Oiseaux/Especes/Heron_cendre.html
La marche nous emmène ensuite le long du canal de restitution du lac réservoir Seine, vers les deux chênes situés sur le territoire de la commune de Lusigny. Nous longeons une pâture en partie inondée et occupée par deux petits chevaux « konik polski » ( à propos de ces chevaux : http://www.epl.mancy.educagri.fr/konik/konik.htm )
Cet espace donne lieu à évaluation concernant l’évolution de la faune et de la flore. http://natura2000.environnement.gouv.fr/sites/FR2100290.html
Les deux chênes ont une histoire. Lors du remembrement affectant le finage de Lusigny, les Amis du Par cet leur Président d’alors, Jacques Loiseau, s’en portèrent acquéreurs. Le propriétaire avait l’intention de les faire abattre un jour afin les transformer en meubles de salle à manger pour sa fille. L’association en fit l’acquisition contre une somme représentant l’achat du bois nécessaire à ce projet ! L’âge des deux arbres vénérables n’est pas actuellement déterminé avec précision. Plus de deux siècles à coup sûr. L’un d’eux se trouve en bordure de la « fausse Barse » et l’autre dans une prairie humide. Ce second chêne est dit « chêne pommier » en raison de sa forme. Ayant poussé seul, sa ramure s’est étalée au lieu de monter, ce qui, de loin, lui donne vaguement la silhouette de l’ arbre fruitier . Ils sont destinés à subsister ainsi pour « les siècles des siècles », vivant leur vie de chêne , sous la bienveillante protection des Amis du Parc. ( Article de JL de
De retour à Courteranges, nous avons rendez-vous avec M Serralunga. Installé depuis peu dans cette commune, il dirige une entreprise de construction en fûts de pins , douglas ou mélèzes essentiellement. Maisons appelées « fustes » mot dérivé de la famille de fût (tronc) . La veille, à
Qu’est-ce qu’une fuste ? C’est une maison de bois, faite de troncs empilés. On a tous l’image de « ma cabane au Canada ». La technique en fait vient des régions froides d’Europe orientale. Les constructions américaines sont le résultat de la colonisation par les émigrants européens. M. Michon précisera que le Canada a été en grande partie peuplé à l’origine, par des Champenois et des Poitevins. Bon nombre venaient du Duché de Piney et du marquisat de Vendeuvre.
Les plus anciennes constructions de ce type sont attestées dès la préhistoire. En France, on en trouve les traces sur un axe sud-ouest nord est (jusqu’aux Vosges) et dans les Alpes. L’ancienne fabrication comportait un calfatage de mousse ou de laine de mouton, afin d’assurer l’étanchéité. Ceux qui ont vu le film « Le dernier trappeur » en ont une idée précise. Les « fustes » actuelles sont conçues de telle manière que les troncs joignent parfaitement, l’élément supérieur étant creusé pour « s’emboîter » sur son support. Une gorge ménagée par le fustier permet cependant d’ajouter une « bourre » de laine, d’isolant à base de fibres naturelles (chanvre) pour améliorer l’isolation si nécessaire. L’ajustage se fait par encoches profondes atteignant le coeur du bois et ménageant les espaces indispensables aux mouvements naturels du bois. Les plans s’adaptent à toutes sortes de styles et d’espaces habitables. La couverture peut être de bois ou « végétale » (« toitures prairies » comme sur le Palais omnisports de Paris Bercy ! et bientôt sans doute sur le nouvel observatoire ornithologique du Parc )
Est-ce solide ? La « fuste » repose sur des plots de chêne ou de pierre. Les murs ne sont pas en contact direct avec le sol. Le poids de la construction assure sa stabilité : le bois pèse L’entretien est minime : les troncs sont écorcés à la main de façon à ménager le cambium (partie du bois située sous l’écorce et le liber ). Le choix des essences a son importance. Par les micro fentes, les larves de capricornes pourraient atteindre l’aubier, mais le duramen avec ces « bois de cœur » ne peut être touché. Un traitement de surface permet d’éviter cet inconvénient. L’équarrissage à la main évite de mettre l’aubier à nu. C’est la partie du bois qui est sujette aux apparitions de champignons. L’aspect du bois doit être préservé : ni peinture , ni teinture. On laisse vieillir naturellement. Lors de la tempête de 1999, un arbre est tombé sur une « fuste », raconte M Serralunga. C’est l’arbre qui a cassé ! L’incendie n’est pas plus à redouter que dans n’importe quelle maison individuelle. Le bois en masse, comme c’est le cas ici, se consume à la vitesse de
Combien ça coûte ? La question comporte deux aspects. Le coût « social », et le « coût individuel »
- socialement, la construction en bois est rentable.
- Le coût individuel est comparable à celui d’un pavillon, à dimensions égales. L’économie portera sur l’entretien, le chauffage (excellente isolation) l’aménagement intérieur (ni papier ni peintures), la durée. Il faut compter une année pour le gros œuvre.
Lors de la conférence, l’assistance s’était longuement interrogée sur la possibilité d’implanter de telles constructions dans notre région accoutumée certes à l’utilisation du bois, mais d’une autre façon. L’aspect extérieur des « fustes » peut paraître insolite, dans un cadre accoutumé au colombage champenois. Cependant, il faut bien constater que les constructions récentes, pavillonnaires pour la plupart, dérogent elles aussi largement aux règles traditionnelle. La sagesse et le bon sens devraient permettre d’ouvrir plus largement la voie à la diversité. Selon l’expression même de M Serralunga, la fuste a vocation « champêtre ». Son aspect n’a rien à voir avec le chalet montagnard comme on pourrait le craindre.
Sur le chantier, chacun put apprécier l’art du constructeur qui réalise seul l’ouvrage (avec l’aide d’une grue tout de même !) Une table et les bases d’un « sauna » de jardin servent actuellement de pièces de démonstration. Une aire décapée s’apprête à recevoir la première « fuste » dont les troncs préparés attendent leur mise en place.
Armande Spilmann a longuement développé le sujet dans « l’Escarboucle » ( n°62. 20 mars 2006. 4€. Disponible à
Pour en savoir plus : http://www.bois-apprivoise.com/frame.htm http://www.lesboisbruts.com/accueil.htm Prochaine randonnée des Amis du Parc- PNRFO : « Balade au crépuscule » Vendredi 23 juin. Départ à 18 h Maison du Parc.
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