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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 17:04

 

Dimanche 19 avril, c’est « l’Eveil » qui passe :

 « Fanfare au matin, préviens tes voisins. »


La tournée des « membres honoraires » a pu avoir lieu cette année encore associant le plus ancien des musiciens en activité et les derniers arrivés. Cuivres et percussions,  l’harmonie matinale et printanière a parcouru le village. Ce n’est pas tout à fait l’ouverture de la saison, car il y a déjà eu le carnaval de Creney, mais tout de même l’annonce des festivités locales bien connues, entre Foire de Piney et fête patronale, sans oublier la « Fête de la musique » exceptionnelle cette année, puisqu’associée au feu d’artifice du 20 juin.


 
On nous excusera de faire encore une fois un retour en arrière. En août  1982, un article paru dans Libération Champagne et signé Francis Tabouret, titrait : « Sonnez trompettes ! L’Eveil a 60 ans. »

En voici l’essentiel :

«  Une véritable institution. Depuis soixante ans qu’elle existe « L’Eveil », la fanfare de trompettes de cavalerie de mesnil-Sellières, n’a cessé d’influencer la vie du village. Et personne aujourd’hui dans ce petit bourg de 300 habitants n’ose imaginer sa disparition. Pas plus les anciens comme Félix Delacour, le président d’honneur, André Tisserant, le vétéran et voisin de Dosches, Guy Renard, le Directeur, que les jeunes racines comme Isabelle et Laurence.

Au total ils sont 35 musiciens. Pratiquement tous trompettistes de père en fils. Trente cinq âgés de 13 à 76 ans  passionnés par la musique et la vie en association. Ils viennent de Mesnil-Sellières, mais aussi de Dosches, de Rouilly-Sacey, d’Assencières et de Luyères.

De mai au 14 juillet on les entend dans toute la région : aux fêtes patronales, à la foire commerciale de Piney, mais parfois également à Vitry-le-François ou Avallon…

« Avec les travaux des champs, explique Guy Renard nous sommes obligés de limiter nos sorties, sans quoi… »

Sans quoi, l’Eveil donnerait facilement le double de concerts. Le succès des Trompettes de mesnil-Sellières ? Il est dû surtout à la qualité de la fanfare qui a déjà obtenu de nombreux prix et au bon esprit qui règne au sein de l’association.

Crée par une bande de copains réunis autour de Louis Pitié le 20 janvier 1922, L’Eveil a toujours rassemblé des amis… Des amis qui après les répétitions se retrouvent pour parler de leur travail, pour fêter leur patronne Sainte Cécile ou encore pour voyager.

« Mais attention, ajoute Félix Delacour, jamais de politique pendant la musique… »


Le reste de la page consacré au village permet de comparer la situation d’alors, si récente et si différente à la fois :

« Mesnil-Sellières : « De père en fils à la terre, au conseil municipal et à la fanfare.

« Pour joindre le « bout d’en bas » au « bout d’en haut » il faut parcourir deux kilomètres, emprunter une belle route bordée de tilleuls, croiser les trois mares, la Chapelle Sainte Croix et la mairie école.

Rien de plus facile ! Chaque jour des dizaines de touristes venus du nord pénètrent dans le parc naturel de la Forêt d’Orient par cette porte.

Et chaque jour, depuis que le lac existe Mesnil-Sellières les regarde passer mais plus par obligation que par curiosité.

Car ici, le village, c’est d’abord la rue. La rue qui file sur Dosches et Géraudot, celle qui donne accès à toutes les maisons construites le long de son tracé ; la rue enfin qui donne l’impression de tout découvrir d’un seul trait.

Mais l’impression seulement…

En fait, on s’aperçoit très vite que cette rue nous trompe. Pour en savoir plus sur Mesnil-Sellières il faut prendre les chemins de traverse qui coupent au cordeau les champs de maïs et de betteraves, en direction de Villechétif. Il faut les prendre pour tomber sur le cimetière et découvrir enfin les véritables origines du village : quand Mesnil et Sellières existaient vraiment.

Illusion parfaite : on se croit à Mesnil-Sellières, en fait on visite Mesnil et son unique rue. Et l’autre alors ?

Inutile de chercher Sellières : la terre et le temps en ont effacé les traces. Seuls subsistent ce cimetière et quelques souvenirs encore bien ancrés dans les mémoires les plus âgées.

Ainsi Félix Delacour se souvient encore de l’église Saint Laurent dont il ne reste aujourd’hui qu’une pelouse d’herbe rase au milieu des tombes.

« Elle a dû être démolie raconte-t-il, lorsque j’avais quatorze ans. C’était en 1926. »

Quant au village, sa disparition serait bien plus lointaine…


De Père en fils…

 Il est clair que Sellières a été victime de sa position, toute proche de Troyes. Et une position qui en fait aujourd’hui encore un lieu de passage à la fois sur l’axe routier Troyes Nancy et sur celui qui conduit au Lac de la Forêt d’Orient.

Résultat de cette position géographique : Mesnil-Sellières ne voit du tourisme que les voitures des vacanciers défiler entre ses maisons à pan de bois et du reste du Parc Naturel que les collines du Haut de la Garenne.

Isolé ? Pas vraiment. Simplement à l’écart. Avec le temps les 330 habitants qui vivent ici ont en effet appris à se débrouiller par eux-mêmes, à s’entraider. Et cet esprit coopératif souffle à mesnil-Sellières depuis le début du siècle. Après avoir fondé dès 1909 une coopérative de boulangerie, un syndicat communal de battage, la coopérative laiterie de Troyes et celle de blé à Onjon, les agriculteurs continuent aujourd’hui encore à travailler ensemble. Ils sont actuellement une vingtaine au village à se partager le finage. Fils de paysans ils ont succédé à leur père.

« A Mesnil-Sellières explique le maire Gilbert Haber, c’est une vieille tradition : on est de père en fils à la terre, au conseil municipal et à la fanfare de trompettes de cavalerie… »

Petite exception : Gilbert Haber n’a pas trouvé de remplaçant quand il a quitté la boulangerie. Du coup Mesnil-Sellières n’a pu conserver qu’un commerce : l’Hôtel restaurant « La clef des champs » situé à l’entrée du pays. C’est le lieu de rencontre du village. C’est là notamment qu’à la prochaine Sainte Cécile, les musiciens de l’Eveil fêteront le 60ème anniversaire de leur fanfare. Il y aura Félix Delacour, le président d’honneur, Fernand Gillot le vice- président d’honneur, Gilbert Haber le président, Jean Thévenin et Robert Chenevotot les deux vice-présidents, Guy Renard le Directeur, Jean Chanteloube le chef, André Tisserant le sous chef, le secrétaire Michel Berthelin, le trésorier André Clément et la plupart des 35 membres… Autant dire le village dans sa quasi-totalité. Comme disent chacun de leur côté Félix Delacour, Gilbert Haber et Guy Renard : « Nous sommes avec l’Eveil, un peu tous de la même famille… »



 
Plusieurs photographies illustraient l’article : l’une d’elle était ainsi légendée : « Le pays aux trois mares »… Chacun pourra se divertir à noter les évolutions et les similitudes entre notre village de 2009 et celui de 1982 vu par un journaliste Troyen. Quoiqu’il en soit, l’Eveil continue, et on l’espère pour longtemps, sous la Direction de Didier Renard. Vous avez dit « de père en fils ? »

 

 

Par Petits potins_10 - Publié dans : Actualités. Associations locales
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