Un avenir pour
la Bourse du travail ?
Le grand escalier menant à la Salle J Jaurès.
Nous avons lu dans la presse un certain nombre d’informations concernant
la Bourse du Travail. La question de l’avenir de ce bâtiment est posée depuis longtemps. Elle n’est pas mince, puisque, après s’être attaqué à
la Place de
la Libération (parking et projet de construction d’un bâtiment pour le Conseil général), les responsables locaux envisagent de remodeler l’autre extrémité de la rue Emile Zola. Cet axe n’a pas de chance. Il fut doté au 19ème siècle de deux constructions « jumelles » qui ne firent pas l’unanimité. La grande Halle « aux grains » ou « aux blés », édifiée à partir de 1837 ( architecte Pierre Gauthier) située face à l’actuelle Préfecture fut détruite en 1896.
La Halle aux tissus, ou Halle à la bonneterie construite en 1835 (architecte Portret) ne fut guère appréciée à l’origine. « Une grande vilaine halle au blé, toute blanche, dans le chétif goût officiel d’à présent » dira Victor Hugo.
Annonce d'une exposition (col. personnelle)
C’est « …un quadrilatère de pierre d’Etrochey de style classique, dont la façade principale est animée par les voûtes en plein cintre des baies et de l’entrée. Celle-ci était surmontée d’une marquise de fer supprimée en 1889. La toiture en zinc comprend deux parties dont une formant lanterneau sur la partie centrale du bâtiment, avec sept baies à la base, permettant d’éclairer le premier étage. La charpente était en bois à l’origine… »
Dans : http://www.crdp-reims.fr/cddp10/ressources/mediatheque/dossiers/pia/default.htm
La Bourse et le monument des Bienfaiteurs (collection personnelle)
« Ce n’est pas un monument, mais son utilité et la vulgarité de ses destinations l’en dispensent… » écrivait A. Aufauvre en 1860. « …froide l’hiver, tiède l’été… » ajoutera beaucoup plus tard René Jourdheuille. ( Cités par J Lefèvre dans «
la Dépêche de l’Aube » n°861 )
Congrès de la CGT: avril 1971
« Une tache…une verrue… » affirme même un internaute
On aura compris que la bataille n’est pas de même nature que le « siège d’Adnot » ! Le parcours Bourse du travail – Préfecture aura été si souvent , et si longtemps arpenté par des milliers de semelles qu’il y règne, même par temps calme, une atmosphère particulière. (récemment voir -> ici )Aussi peut-on envisager la question de plusieurs points de vue.
- Les environs de
la Place Jean Jaurès ont leur histoire. Elle mérite d’être connue.
- Le bâtiment lui-même a évolué. Son nom et sa destination aussi.
- Depuis 1905, il abrite une part déterminante des activités syndicales. Sa dimension historique et symbolique est donc importante.
- Le projet de la municipalité ne peut être isolé de ces considérations.
Nous n’avons pas la prétention de traiter l’ensemble de ces sujets. De nombreuses études érudites existent. « Petit potins 10 » se bornera à apporter quelques éléments d’information au lecteur pressé et les liens ou références utiles pour aller plus loin.
La Place J Jaurès. (collection personnelle)
Pour changer, commençons par la fin…
Manifestation contre le CPE
et d'autres images > ici
- Suite à la réunion du Conseil municipal de Troyes, le journal local ( 3 février 2006) titre « Le nouveau visage de
la Bourse ». L’architecte Bernard Reichen, Jean François Favre (Alterea), associés à François Peiffer et Michel Serval, présentent leur projet. La façade actuelle conserverait , dans ses grandes lignes, son aspect actuel. L’appellation Bourse du Travail serait remplacée par « Passage Saint Nicolas ». Une extension ouvrirait un accès direct sur le Boulevard Victor Hugo. L’ensemble serait voué au commerce. Des images de synthèse présentent une sympathique ambiance estivale : parasols et nombreux promeneurs décontractés….
- Moins festive est la sommation transmise aux actuels occupants d’avoir à vider les lieux au plus tard en juin (article du 23 mars). Il s’agit de
la CGT , de l’UNRPA (Union nationale des retraités et personnes âgées) de
la CNL (Confédération nationale du logement) de
la FNATH (Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés). Une « Maison des syndicats » est promise, mais ne sera pas prête avant fin 2008. Il s’agirait d’un aménagement d’une partie de l’ancienne caserne Beurnonville. En attendant, des locaux provisoires sont proposés par la municipalité. Le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne satisfont pas les intéressés.
- Elue municipale, Anna Zajac est intervenue régulièrement pour rappeler la mémoire ouvrière dont le lieu est porteur et insister sur le maintien de son caractère propre. Régine Rodrigues, au nom de
la CGT évoque les « heures de gloire du stade troyen et les combats de boxe, les réveillons et les bals populaires…On veut que cette mémoire ouvrière reste » insiste-t-elle. Le syndicat Force ouvrière rappelle la fondation des Bourses du Travail (colloque du 14 juin). «
La Dépêche de l’Aube » publie depuis son numéro 859 (10 mars 2006) une série d’articles et de témoignages. « L’Autre Monde », blog écologiste aubois a pris position. Le site « Auboisementcorrect » a également abordé la question ( Voir les liens ci-contre). Enfin, un « collectif » s’est constitué qui refuse de voir disparaître « l’histoire et la mémoire de la Bourse du travail ». ( pour tout renseignement Anna Zajac. 03 25 74 86 61 ; anna.zajac@wanadoo.fr )
- Au-delà de la sensibilité particulière attachée au lieu, se pose aussi la question de la place et de la reconnaissance de l’activité syndicale dans cette ville. Certains connaissent les conditions précaires dans lesquels vivent les diverses organisations syndicales. On peut s’interroger sur les projets de la municipalité à cet égard. L’actuel bâtiment comprenait une vaste salle pouvant servir à la fois aux réunions, aux expositions et aux spectacles. Qu’en sera-t-il demain ?
Une Bourse du Travail, c’est quoi ?
L’histoire du syndicalisme français commence…par son interdiction ! La célèbre loi Le Chapellier (juin 1791) prohibe toute association entre gens de même métier. Après une courte parenthèse (février 1848- novembre 1849) cette interdiction est reconduite. Le droit de « coalition » et de grève ne sera reconnu théoriquement qu’ en mai 1864. Les « chambres syndicales » commencent à se développer à la fin du second Empire et les premières fédérations se constituent au début de la 3ème république. C’est la loi du 21 mars 1884 qui donne une base légale aux unions ouvrières.
Tandis que la fédération de métier ou d’industrie réunit les syndicats d’une même profession existant dans des lieux différents,
la Bourse du Travail réunit les syndicats d’un même lieu, mais de professions différentes.
La première idée de Bourse du travail apparaît à Paris durant
la Révolution ( rapport de Corcelles ; 2 mars 1790) mais ce projet n’eut pas de suite. En 1843, M de Molinari émit l’idée de créer des Bourses du travail analogues aux Bourses des valeurs, dans lesquelles se feraient les offres et les demandes de travail. Adolphe Leullier présente en 1845 un projet similaire qu’il appelle « Bureau central des ouvriers ». En 1875, une demande est faite au conseil municipal de Paris pour l’établissement d’une « Bourse du Travail , ou au moins d’un refuge clos et couvert afin d’abriter les nombreux groupes d’ouvriers qui se réunissent chaque matin pour l’embauchage des travaux du port et autres… ». Le 3 février 1887, le conseil municipal de Paris remettait aux syndicats l’immeuble de la rue JJ Rousseau auquel s’ajoutera celui de la rue du Château d’eau (1892). Dans son « Histoire des Bourses du Travail » Pelloutier remarque que des unions locales s’étaient constituées dans d’autres localités avant 1886. Il s’en crée 75 entre 1900 et 1910. Le Congrès de Saint-Étienne (7 & 8 février 1892) met en place
la Fédération des Bourses du travail, alors en rivalité avec
la Fédération Nationale des Syndicats. En 1902, la fédération comptera 83 Bourses fédérées regroupant 1 112 syndicats. Son secrétaire était Fernand Pelloutier, né à Paris le 1er octobre 1867, il suit ses études chez les frères des écoles chrétiennes puis à Saint-Nazaire. Journaliste, il crée « l’Ouest républicain, côtoie Vaillant, Guesde, Landrin. Il fonde à Saint-Nazaire une section du Parti Ouvrier Français. Il publie en 1900, «
La Vie ouvrière en France ». Il meurt à 33 ans , le 13 mars 1901.
Au Congrès de Nice en 1901, la fédération des Bourses du Travail envisage sa fusion avec
la Confédération Générale du Travail (CGT) . Ce fut fait en 1902.
En application d’une loi du 14 mars 1904, les communes de plus de 10000 habitants durent créer un bureau de placement….qui avait son siège à
la Bourse du travail, Place de
la Bonneterie … La ville de Troyes reprit le 21 mai 1904 la disposition de
la Halle de
la Bonneterie , au moment où
la Fédération départementale des syndicats ouvriers demandait la création d’une Bourse du Travail. L’usage de celle-ci lui fut accordée le 11 février 1905, en même temps qu’aux sociétés de secours mutuel. Les travaux d’aménagement nécessaires étant effectués, les attributaires prennent possession des lieux en 1906.
La Bourse du Travail devint le siège de syndicats ouvriers unis dans
la Confédération Générale du travail (CGT) , raison pour laquelle cette organisation disposait toujours des locaux, à la différence d’autres syndicats créés plus tard, ou nés de scissions.
La Bourse du Travail était subventionnée par les villes et les départements. Troyes ne recevait que 2500 F de la municipalité et rien du département. ( contre 5000 F pour Dijon par exemple). Les services offerts étaient répartis entre la mutualité, l’enseignement, la propagande, la résistance. La mutualité comprenait le placement (emploi), le secours de chômage, le secours de route ( déplacements pour recherche d’emploi = viaticum), le secours en cas d’accident. En 1910 par exemple,
la Bourse de Troyes reçoit 1597 demandes d’emploi, 1698 offres ; 1101 sont satisfaites « à demeure » et 312 en « extra ». ( Source : Encyclopédie socialiste. Compère- Morel
Congrès de la CGT: avril 1971
Un lieu chargé d’histoire.
Manifestation du PSU dans les années 70
L’Histoire de
la Bourse du travail se confond avec celle du syndicalisme et des grandes luttes ouvrières. Dès les premières années du siècle on y fête le 1er mai : « … les ( ici>)manifestations du 1er mai se traduisirent en 1913 par une réunion à
la Bourse de 12 h 30 à 17 h 15, puis par le défilé traditionnel . Le 1er mai 1914,…. à 15 h une réunion à
la Bourse avec le concours d’Emile Clévy, réunit 300 personnes, chiffre qu’on retrouve à la réunion du soir à
la Halle de
la Bonneterie … »
Une réunion à la Bourse: au premier rang à gauche Maurice Camuset.
Vous pourrez lire dans «
la Dépêche de l’Aube » les témoignages et les souvenirs de Lucien Desfêtes, de René Jourdheuille, de Marcel Renaud et d’autres qui participèrent aux luttes syndicales dans le département. Les derniers mois ont vu les foules de manifestants se rassembler sur
la Place Jean Jaurès, contre le CPE. Beaucoup se souviennent encore des grandes manifestations de 1995, pour ne pas remonter à 1968. Outre les spectacles et les bals qu’évoque Jean Lefèvre dans le même journal, qui n’a en mémoire les congrès, les meetings électoraux, les réunions de comité de grève.
Fin des années 70: une assemblée du PCF.
Les plaques apposées sur la façade rappellent aussi le sacrifice des syndicalistes résistants. Des inscriptions à demi effacées rappellent l’œuvre sociale : « Permanence. Bureau de placement gratuit. » Dans « La mémoire de Troyes » (T2 p 178 ) de Claude Bérisé, on peut voir les photographies d’enfants bénéficiant des colonies de vacances à Zuydcoote (1913) ou à Landreville (1912). Une carte postale de 1919 montre les ouvriers et employés du textile en grève (p295). L’école ménagère agricole créée en 1911 y donnait des cours ( T1 p 200)
Election des "muses" (Collection personnelle)
Ainsi que l’ont souligné les représentant(e)s des organisations citées, et les orateurs des divers syndicats présents lors du dernier 1er mai, l’histoire de ce siècle là , de ces combats là, ne peut disparaître sous les enseignes de boutiques éphémères.
Un passé plus lointain.
Les partisans de la transformation de
la Bourse du Travail en centre ou passage commercial, n’ont pas manqué de faire observer que la première destination du bâtiment serait respectée. En effet, la place et les constructions environnantes existaient naturellement avant le début du 20ème siècle !
Au 12ème siècle on accédait on accédait à la place, dite du « marché des meules » par la droite de l’église Saint Nicolas , (« Porta versus Cellam. Porte aux Mystres) non loin de
la Vicomté. Le plan du 13ème siècle indique
la Place du « marché à blé » derrière le Beffroi. (« Vie en Champagne ». La formation de Troyes. Avril 1969 &Une ville fortifiée n°389 . Juillet août 1988) Dans le « bourg marchand », la place se situe à l’extrémité de la rue de l’épicerie et s’élargit vers la porte du Beffroy (direction Sens) et vers la « Celle », direction Auxerre. Le rôle de
la Vicomté était de percevoir les droits et péages aux entrées de la ville. (Press’Troyes. Juillet 1985)
Au 16ème siècle la ville possédait essentiellement deux espaces où la population avait pris l’habitude de se rassembler :
la Place Saint Pierre et
la Place du Marché à Blé. Nicolas Pithou précise que cette partie de la ville était la plus habitée et la plus riche. Il note que le « marché au bled » est une fort belle et grande place… » … Il s’y tenait la louée de
la Saint Jean pour les bergers et les charretiers….C’est aussi la place des exécutions publiques et le même chroniqueur signale le supplice de ses coreligionnaires huguenots . Théophile Boutiot affirme qu’une fête populaire fut donnée au mois d’août 1588 pour célébrer le passage de la ville de Troyes au parti de
la Ligue (parti catholique durant les guerres de religion). .Ancienne place des exécutions capitales, pilori, potences et échafaud s’y sont dressés sinistrement au cours des siècles. …Puis, de
la Révolution à la monarchie de Juillet , elle était le lieu des exécutions des arrêts criminels. « La pauvre Louise Fleuriot y vit trancher sa belle jeunesse. » écrit Grosley. …« Un enfant m’a conduit au Vieux marché , qu’ils appellent maintenant
la Halle au blé. C’est une place triangulaire ajustée à l’extrémité d’une longue rue comme le fer d’une pertuisane au bout de la hampe ; cette forme triangulaire évoque l’idée hideuse du couperet, et j’ai observé que le hasard l’a donnée à plusieurs places fatales. La place du Vieux Marché est en pente, pavée de grès comme les rues de Paris, égayée de boutiques, entourée d’anciennes maisons à pignons pointus et à toits en abat-vent , obstruée en son milieu par une grande vieille baraque en bois d’un aspect horrible, à l’un des côtés de laquelle s’appuies un vieux puits banal orné de cannelures torses. C’est devant cette baraque qu’on a dressé l’échafaud de Claude Gueux, et qu’on le dresse encore pour d’autres, chaque fois que la loi commet ses meurtres à Troyes… » écrira Victor Hugo lors de son enquête sur le procès de Claude Gueux, condamné à mort en 1832 et qui aurait servi de modèle au Jean Valjean des Misérables. ( Certaines sources indiquent que Claude Gueux aurait été exécuté à Tours et non à Troyes… ?) Selon une anecdote, les exécutions publiques cessèrent après qu’un enfant fut tombé d’un échafaudage proche pour mieux voir la mise à mort ! Cela se passait avant 1850. Alors, un square minuscule qu’ombrageaient une douzaine d’arbres et que clôturait une palissade en bois occupait la place. Le jardin public perdit sa clôture et une partie de sa surface lorsqu’il fut décidé d’installer deux voies de croisement des tramways… On le supprima en 1891…
Troyes, capitale de la bonneterie…
Le bas de la place (Collection personnelle)
« La nécessité de trouver des débouchés à une industrie en pleine expansion, amène le Conseil municipal de Troyes à décider en 1837 la création d’une halle de
la Bonneterie , installée à la partie supérieure d’une place qui devient
la Place de
la Bonneterie. Elle est divisée en magasins loués à divers fabricants des arrondissements de Troyes, Nogent sur Seine et Arcis sur Aube. Les jours de vente sont fixés aux jeudis, vendredi et samedi de chaque semaine ; à sa création cette halle destinée aux toiles et à la bonneterie ne fut plus occupée que par cette dernière industrie dès 1838. La dispersion des transactions, l’instabilité des marchés rendaient indispensables un tel établissement. .. » Les artisans et les façonniers, très nombreux dans la campagne auboise, venaient y vendre leur production deux fois par semaine. Ils disposaient de 65 comptoirs dans 16 salles au rez-de-chaussée, autour de la salle des pas perdus et de 4 salles à l’entresol.
En fait , les grains ont continué à se vendre à cet endroit, en même temps que la production bonnetière. A la fin du siècle dernier, la halle servait de marché au grain le samedi, et de marché au blé le vendredi (Prieux) Le plan réalisé par le cadastre en 1839 porte encore la mention « Place du Marché à Blé » et désigne le tout nouveau bâtiment de
la Bourse sous le terme assez vague de « Halle aux Marchandises » ( Sources : « Economie et vie ouvrière. » André Colomès et « Troyes de 1789 à nos jours » A. Beury )
« Sur le journal "L'industriel de Troyes 1853 " paraît le compte rendu hebdomadaire du marché du textile.
7 septembre 1853
Depuis 15 jours, la position des affaires à la halle est toujours la même. On signale encore la présence d'acheteurs étrangers. La semaine dernière, on remarquait encore un assez grand nombre de marchands colporteurs appartenant presque tous au département de
la Haute Marne. Les tricots et les autres articles d'hiver se maintiennent aux prix cotés dans les premiers marchés du mois écoulé....
16 octobre 1853
...... la fabrication des articles d'été est en pleine activité.... les petits bas de laine et les mitaines se sont bien enlevés. Les mitaines se sont maintenues à un prix assez élevé, les petits bas ont fléchi de 0,50 en septembre. On demande des bas écrus dans les prix intermédiaires de 9fr à 15 fr. ...
Elle sera utilisée comme lieu de rencontre des ouvriers lors des grèves, des meetings s'y tiendront , on y distribuera des vivres lors des grandes grèves dès 1900. »
( http://www.mediatheque-agglo-troyes.fr/bmtroyes/_/bonneterie/Pages/bourse_du_travail.htm )
Le passage de la bonneterie dans sa phase industrielle fait lentement décliner l'activité de la halle. Les négociants ne peuvent plus rivaliser avec les firmes industrielles qui possèdent des services de commercialisation directe et contrôlent les travailleurs à domicile. Les 109 fabricants de 1859 ne sont plus que 24 en 1904. Elle sera utilisée comme lieu de rencontre des ouvriers lors des grèves, des meetings s'y tiendront , on y distribuera des vivres lors des grandes grèves dès 1900. »
http://www.crdp-reims.fr/cddp10/ressources/mediatheque/dossiers/pia/default.htm
Un monument disparu…
(Collection personnelle)
Les photographies du début du siècle nous montrent un monument occupant une place importante sur la place : il s’agit du « Monument des bienfaiteurs ». Inauguré en 1900, il fut imaginé par l’architecte municipal Vermot, afin d’honorer la mémoire de personnalités particulièrement généreuses envers leur cité. A cette époque, les familles fortunées n’hésitaient pas à participer à la prospérité de la ville. Les noms de Joseph Brissonnet, de Désiré Argence et de Joseph Audiffred ne sont peut-être pas totalement oubliés. André Beury (ouvrage cité. Tome 4 p 92) donne des indications précises. Abîmé pendant l'occupation, il fut détruit après la dernière guerre.
Cassandre, sur le site « Auboisementcorrect », rappelle que l’idée d’un véritable musée de la bonneterie, de son histoire technique et sociale trotte dans de nombreuses têtes depuis longtemps…. Cela nuirait-il au commerce ? Quand au passage de Victor Hugo (le Boulevard) à Jean Jaurès (la place) , on pourrait peut-être imaginer un autre nom que Saint Nicolas malgré le riche patrimoine discrètement dissimulé dans l’ église voisine et la bienveillance supposée du personnage pour les petits enfants . Entre parenthèses, pour notre part, nous ne verrions pas d’inconvénient à ce que cet édifice bénéficiât à l’occasion d’un léger toilettage extérieur…!
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