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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /2009 18:04

Voici la mésaventure qui est arrivée le 30 mars à Claude Marie VADROT, journaliste à Politis et chargé de cours à Paris 8.

 

"Je suis inquiet, très, très inquiet..."

Vendredi dernier, à titre de solidarité avec mes collègues  enseignants de l'Université de Paris 8 engagés, en tant que titulaires et chercheurs de l'Education Nationale, dans une opposition  difficile à Valérie Pécresse, j'ai décidé de tenir mon cours sur la  biodiversité et l'origine de la protection des espèces et des espaces, que je  donne habituellement dans les locaux du département de Géographie (où j'enseigne depuis 20 ans), dans l'espace du Jardin des Plantes  (Muséum National d'Histoire Naturelle), là où fut inventée la  protection de la nature. Une façon, avec ce « cours hors les murs », de faire  découvrir ces lieux aux étudiants et d'être solidaire avec la grogne  actuelle mais sans les pénaliser avant leurs partiels.

Mardi, arrivé à 14 h 30, avant les étudiants, j'ai eu la  surprise de  me voir interpeller dés l'entrée franchie par le chef du service de sécurité, tout en constatant que les deux portes du 36 rue Geoffroy Saint Hilaire était gardées par des vigiles...
« Monsieur Vadrot ?
- euh...oui
- Je suis chargé de vous signifier que l'accès du Jardin des  Plantes vous est interdit.
- Pourquoi ?
- Je n'ai pas à vous donner d'explication....
- Pouvez vous me remettre un papier me signifiant cette  interdiction ?
- Non, les manifestations sont interdites dans le Muséum.
- Il ne s'agit pas d'une manifestation, mais d'un cours en plein air, sans la moindre pancarte.
- C'est non ! »

Les étudiants, qui se baladent déjà dans le jardin, reviennent vers l'entrée, le lieu du rendez vous. Le cours se fait donc,  pendant une heure et demie, dans la rue, devant l'entrée du Muséum. Un  cours qui porte sur l'histoire du Muséum, l'histoire de la protection de la nature, sur Buffon. A la fin du cours, je demande à nouveau à entrer pour effectuer une visite commentée du jardin. Nouveau refus,  seuls les étudiants peuvent entrer, pas leur enseignant. Ils entrent et, je décide de tenter ma chance par une autre grille, rue de Buffon. Où je retrouve des membres du service de sécurité qui, possédant manifestement mon signalement, comme les premiers,  m'interdisent à nouveau l'entrée. Evidemment, je finis pas me fâcher et exige, sous peine de  bousculer les vigiles, la présence du Directeur de la surveillance du  Jardin des Plantes. Comme le scandale menace il finit par arriver. D'abord, parfaitement méprisant, il finit pas me réciter mon CV et le  contenu  de mon blog. Cela commence à ressembler à un procès politique, avec descriptions de mes opinions, faits et gestes. D'autres enseignants du département de Géographie, dont le Directeur Olivier Archambeau, président du Club des Explorateurs, Alain Bué et Christian Weiss, insistent et menacent d'un scandale. Le directeur de la Surveillance, qui me dit agir au nom du Directeur du Muséum (où je pensais être honorablement connu), commençant sans  doute à discerner le ridicule de sa situation, finit par nous faire   une proposition incroyable, du genre de celle que j'ai pu entendre autrefois, comme journaliste, en Union Soviétique :
« Ecoutez, si vous me promettez de ne pas parler de politique à vos étudiants et aux autres professeurs, je vous laisse entrer et  rejoindre les étudiants . »

Je promets et, évidemment, ne tiendrai pas cette promesse,  tant le propos est absurde. J'entre donc avec l'horrible certitude que, d'ordre du  directeur et probablement du ministère de l'Education Nationale, je viens  de faire l'objet d'une « interdiction politique ». Pour la première  fois de mon existence, en France.
Je n'ai réalisé que plus tard, après la fin de la visite se  terminant au labyrinthe du Jardin des Plantes, à quel point cet incident  était extra-ordinaire et révélateur d'un glissement angoissant de notre société. Rétrospectivement, j'ai eu peur, très peur... »

Claude-Marie Vadrot, journaliste à Politis et chargé de cours à Paris 8 souhaite diffuser largement ce  message.

 On en parle trop peu:
Pour compléter ce récit édifiant, rappelons que la "ronde des obstinés" continue à Paris. Apparemment, Mme Pécresse est trop préoccupée par la campagne électorale en région parisienne pour répondre aux universitaires...
1000 heures

 

Mille heures au compteur : la "ronde infinie des obstinés", menée par les enseignants-chercheurs mobilisés contre la réforme de l’université, tourne depuis un mois et demi sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris. La millième heure a été célébrée dimanche par 24 heures de concerts et discours.

Par Petits potins_10 - Publié dans : Libre parole
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