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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /Mai /2009 16:42

D’après le travail de Pierre Garraud.

 

Pierre Garraud a mené une enquête approfondie autour d’un thème populaire : le coq et ses représentations.


 Il en a tiré un livret de 50 pages. Il a bien voulu nous en confier les épreuves et les illustrations. Les contraintes techniques du blog nous ont obligé à en modifier légèrement la mise en page. C’est pourquoi vous trouverez l’essentiel des photographies dans l’album « Histoires de  coqs » ( Clic ici ) . Nous espérons cependant n’avoir pas trop dénaturé le travail de l’auteur
. (La première partie de ce travail sur cette page: la suite page suivante.)

 

Chaque coq a sa personnalité

 

En photographiant les coqs de nos clochers, le téléobjectif permet d’apercevoir de nombreux détails.. .

Le coq  fait de cuivre, de zinc ou même de fer permet une certaine créativité.

 

Il existe dans le département un coq en plomb qui se trouve à la maison de retraite de Brienne le Château, information donnée par Maurice Renard de Creney qui a à son actif entre 40 et 50 réalisations sur la région.

 

Chaque coq a sa personnalité. La raison première est qu’autrefois les artisans qui savaient faire un coq étaient plus nombreux que de nos jours, mais il semble aussi que chacun d’eux, bien que ne disposant que d’un modèle s’efforçait à chaque réalisation d’apporter le détail qui en ferait une œuvre unique (Folklore de Champagne décembre 1984)

 

Parfois la ligne est sobre, assez stylisée, , ailleurs on se permet quelques rainures dans les plumes de la queue, la crête est bien dessinée ainsi que les barbillons presque toujours constitués de deux petites coquilles en forme de cuillères placées face à face, enfin on peut voir des coqs qui illustrent vraiment le coq de basse cour,  (voir les photos dans les pages suivantes)

 

On peut apercevoir également des détails,  quelquefois une croix dessinée sur la queue .

On y ajoute parfois le dessin d’une croix, si le prêtre en a fait la  demande,  l’indication de naissance de l’oiseau, date, nom de l’artisan, et toutes mentions que l’on trouve utiles.

 

 C’est le cas à Bouranton, Clérey, Géraudot, Lusigny etc…,

A Rouilly Sacey : inscription 1707.I.chat.tt

A Montsuzain descendu en 1975, inscription 1844 Louis Baste.

A  Vailly descendu en 1979 (Folklore de Champagne décembre 1984)

 

En grossissant la partie concernée on peut voir à :

-         Aubeterre 2001 Renard 10 Creney,

-         Fresnoy le Château 2001 Renard 10 Creney, 

-         Montmorency Beaufort 2006 ? Renard Creney,

-          Rouilly Sacey 1986 Renard Creney

Ce sont  quelques exemples des réalisations de cet artisan bien connu dans le département de l’Aube.

 

Un paratonnerre de temps en temps surmonte le coq  comme à Mesnil Sellières,  Ste Maure, Vailly, Creney,  Villy-le-Maréchal et d’autres…

 

Un des plus vieux coq de la région serait celui de Dierrey St Pierre,  réfectionné en 1969 et 1975, descendu en 1980, et qui porte une inscription datant de 1686 (information donnée  par M. Renard)  .

 

Coqs du canton de Piney.

 

Lors de la remise en place d’un nouveau coq sur un clocher toute la population du village est conviée à une cérémonie afin de commémorer cet événement, tous ces faits et détails nous montrent l’importance du coq dans le cœur de nos villages.

 

En ce qui concerne notre canton (Piney) des articles sont parus dans info canton de Piney, en voici quelques extraits

Bouy-Luxembourg.

 

En 1966 à Bouy-Luxembourg  un coq est remis sur le clocher de l’église, on peut voir  la photo de M.E. Debouy ancien maire, (1966 avant l’ascension) où l’on voit le coq avec un prêtre et deux autres personnes l’une d’elle tenant le coq dans sa main.

(Info canton de Piney 1981)

 


Bouy-Luxembourg le coq avant son ascension en 1966

 

 

 

 

Bouy-Luxembourg le coq sur son clocher (photo P.Garraud 2009)

 

 

 

 

Piney.

 

La couverture et la charpente de Notre Dame des Ormes frappées par la foudre en 1984 ont besoin d’être réparées.

Notre Dame des Ormes retrouve son clocher (Info canton de Piney 1986)

« Le samedi 26 octobre 1985 par un temps plus que clément, une émouvante cérémonie créait l’animation autour de ce même lieu, pour la mise en place du coq, au sommet du clocher, concluant ainsi la restauration de l’édifice. M. Voix, Maire de Piney entouré de ses adjoints et conseillers municipaux, accueillait parmi ses administrés venus nombreux, M. Marsat, archiviste départemental, et l’abbé Bedu curé de la paroisse qui s’acquittèrent d’une mission  fort agréable : la bénédiction de ce volatile aux multiples symboles.

En fait quelle est la raison de cette mystérieuse coutume ? On ne saurait l’indiquer avec certitude !… Le coq fait d’abord songer à Saint-Pierre et la pénitence. Il rappelle  les assemblées des premiers chrétiens qui se rassemblaient au premier chant du coq. Il recommande la vigilance aux fidèles aux pasteurs qui doivent surveiller les troupeaux, tôt le matin et s’opposer à tout vent de doctrine, notamment celui de l’hérésie. D’autre part la civilisation agricole imposait de mettre une girouette au sommet des églises et des tours afin de prévoir le temps. Le coq animal domestique, s’y prêtait avec sa queue prenant bien le vent et le bec indiquant d’où il venait. »

Simone Deborde.

 

 

 

 

 

 

Photo ci-dessus le coq avant son ascension le 26otobre 1985, à Notre Dame des ormes

 

 

Mais en 1999 le coq est de nouveau touché cette fois ci à cause de la tempête. Dans sa chute il sera endommagé .

 

 

 

Coq de Notre Dame des Ormes fabriqué en 1984, endommagé par la tempête de 1999

 

 

 

En 2002 un autre coq sera remis sur le clocher, pour remplacer celui qui a été endommagé en 1999

 

Piney  Notre Dame des Ormes Le coq sur son clocher ( photo P.Garraud 2009)

 

Rouilly Sacey 

(Info canton de Piney 1988)

 

« Les coqs de nos clochers…. Sous l’égide des Amis du Parc de la Forêt d’Orient et de la commune de Rouilly Sacey, une exposition sur les coqs de nos clochers, se tiendra à l’église de Sacey, du 15 mai au 19 juin 1988. Nous ne doutons pas que cette « première » dans notre région suscitera l’intérêt et l’engouement de beaucoup d’entre nous. »

 

 

Dans ce même numéro on y trouve un texte dont je réduirai le contenu, mais qui concerne le coq sur le monument aux morts ; il est écrit :

«  Le dimanche 14 juin 1925 a eu lieu la cérémonie d’inauguration du monument élevé à la mémoire des soldats de la commune, morts pour la France.

Nous pouvons constater que, déjà à cette époque, entreprendre une réalisation n’était pas sans soulever de problèmes.

Pour l’anecdote nous vous rapportons ci-après, la délibération du conseil municipal du 2 juillet 1924 : « l’an mil neuf cent vingt quatre, le deux juillet, à seize heures, le conseil municipal de Rouilly-Sacey, dûment convoqué par M. le Maire, s’est assemblé au lieu ordinaire de ses séances etc….

 

Le conseil regrette que la commission d’études des monuments commémoratifs, en rejetant le projet en raison de « son manque d’esthétique », n’ai pas donné à ce sujet, la moindre explication .

Il constate qu’un projet identique (moins le coq gaulois) a été approuvé dans la commune de Bouy-Luxembourg. Le manque d’esthétique serait dû alors à l’addition du coq ?.

Le conseil municipal ne saurait donc faire établir un autre projet. Il prend la décision suivante : 1er le projet précédemment établi est maintenu, sauf en ce qui concerne l’addition du coq gaulois, qui demeure réservé. Le monument sera érigé et inauguré dans ces conditions. »

 

 Dans Info du canton de ¨Piney 1987 on pouvait lire : «  Nul doute qu’un devoir sur le coq, emblème et symbole de la France, sera traité par nos CM1. On a vu quelques valeureuses personnes du village monter faire tourner le bel oiseau, pour un porte bonheur, dit-on, mais aussi pour apprécier le panorama. »

 

Voici l’histoire d’un coq, relevé dans « Folklore de Champagne » et qui s’accommode bien à notre village.

«  Chers Rouilletonnes et Rouilletons.

Le 21 septembre, 1986 sans tambour ni trompette, je suis venu prendre la place de mon prédécesseur. Il m’a prié de vous délivrer ce message :

Depuis de longues années de luttes et de victoires, du faîte de mon clocher, j’ai été le témoin de toutes vos joies, de toutes vos peines. En février 1963, après avoir été remis à neuf, j’avais fièrement regagné ma flèche, hélas ! je fus abattu par une tornade en février 1984, un coup dans l’aile et bien mal en point. Maintenant que ma pauvre carcasse va rentrer dans l’ombre, mais à côté de mes collègues Aubois, je ferai partie de la collection si appréciée de Maître Renard de Creney.

Un nouveau coq est né, sur un bloc de chêne il fut dessiné et façonné, d’une feuille de cuivre martelée, ajustée, soudée par les mains expertes de Maurice Renard,  le coq fut réalisé. Sous sa patte il y a une croix. Qu’elle soit légère et que chacun ait sa part de soleil sur cette terre. Donnez-vous la main, chers amis de Rouilly-Sacey et d’alentours, pour la paix, la joie, l’amour. »

 

 

 

 

 

 

Dosches

 

(Info canton de Piney 1991)

Donation de Mr Fredoux  Dosches le 8 Avril 1978.

 

« Monsieur le Maire,

 

Mon père mortellement blessé sur le champ de bataille au nord de la Belgique en 1917, fut enseveli avec ses compagnons et reçu une citation de la croix de guerre et une médaille militaire avec palmes.

C’est à titre personnel en qualité d’ancien combattant et de simple citoyen de la commune que j’ai l’honneur de m’adresser à vous, afin d’offrir au village de Dosches une parure pour le sommet du monument. En l’occurrence un coq en cuivre rouge repoussé réalisé par les ferronneries Max Champier à Troyes pour honorer les anciens poilus qui ont donné de leur personne.

Il pourrait être fixé sur le monument à la suite d’une cérémonie toute simple, avec la bénédiction de Mr l’Abbé et un parrainage d’anciens combattants. »

 

Le 11 Juillet 1978,le conseil municipal adopte le projet. Inauguration le 11 Novembre 1978,  60ème anniversaire de l’armistice.

 

« Le village de Dosches a honoré dimanche ses anciens combattants. Rassemblés à 10 H 30 près du monument le long cortège composé  de Mr Michel Godet Maire et de son conseil municipal, d’une délégation d’anciens combattants de la première arme française Rhin Danube et des habitants.

Mr Godet se tournant vers Mr Fredoux le remercia au nom de la municipalité et de toute la population pour le geste accompli.

Maintenant un coq gaulois symbole de notre pays et du souvenir domine le monument aux morts de Dosches.

Mercredi 10 Décembre 1980. Le monument est profané. Un individu tire un coup de fusil sur le coq. La commune le fit réparer rapidement.                                                          E. Perrot. »

 

Mesnil-Sellières

(Info canton de Piney 1995).

 

Un mardi du mois d’avril 1993, au secrétariat de mairie, Mr. Gendre infirmier à St André-les-Vergers, et domicilié à Mesnil-Sellières est venu expliquer qu’une de ses patientes, Melle Sellier souhaitait offrir un don à une commune à la seule condition que cette somme d’argent soit utilisée pour une église. Après quelques discussions, Mr. Gendre laissait entendre que cette somme pourrait atteindre peut-être 100.000F.etc….

 

Restauration du clocher.

 

Début février l’entreprise Degouy couvre l’échafaudage et commence son travail.

Pendant plus d’un mois à part une interruption de quelques jours à partir du 21 février 1994 où neige et verglas rendaient le travail sur échafaudage trop dangereux les couvreurs procèdent au démontage de l’ancienne couverture, à la réalisation de la nouvelle, à l’installation d’un paratonnerre et aussi à la préparation du support d’un nouveau coq. Celui-ci étant offert gracieusement par l’entreprise Degouy etc….

 

Vers le 10 mars M. Degouy indique que les travaux de restauration du clocher sont terminés et qu’il souhaitait poser le coq avant de démonter l’échafaudage. En raison de son planning de travail il propose la date du 19 Mars et suivant la tradition, le coq neuf sera présenté le matin dans toutes les maisons du village par les ouvriers de l’entreprise.

Le conseil municipal émet un avis favorable pour organiser  une cérémonie lors de la pose du coq le Samedi 19 Mars 1994 à 15 Heures avec la présence de Mr l’abbé Barbier, de Melle Sellier la généreuse donatrice qui a permis la restauration du clocher de l’église, de Mr Voix Conseiller Général, des pompiers, des habitants du village, et des représentants des différentes entreprises ayant réalisé ces travaux …

 

 

           De gauche à droite Melle Sellier (la généreuse donatrice), l’Abbé Barbier, Pierre Gillot (Maire de Mesnil-Sellières, et un ouvrier tenant le coq (photo P.Gillot)

 

 

 

Cérémonie à l’église (photo P.Gillot Maire )

 

 

 

 

 

Les artisans, et les deux coqs : le nouveau et l’ancien, (à signaler que l’ancien coq à cette époque n’avait plus de queue et l’on peut remarquer que  sur cette photo, elle est présente aurait-elle été retrouvée sur le toit ?, car comme on peut le constater la personne qui tient l’ancien coq semble maintenir la queue avec sa main gauche (photo P.Gillot)

 

 

 

 

Au cours ce cette journée un aperçu du défilé des pompiers de Mesnil-Sellières (photo P.Gillot)

 

 

 

Mesnil-Sellières le coq sur son clocher (photo P.Garraud 2008)

 

 

GERAUDOT.

(Info du canton de Piney 2001)

 

« Les pérégrinations du  coq de notre clocher.

C’est à l’occasion de la tempête du siècle le 26/12/1999 vers 8 H 45, que notre coq profita de vents favorables pour prendre un envol qu’il termina dans un crash dont nous pensions qu’il ne se remettrait jamais.

Un tel jugement ne prenait pas en compte l’aptitude de Mr Christophe Petitjean, qui proposa à la commune de le restaurer gracieusement. La reconstitution de notre gallinacé  fut un travail délicat, car la chute avait été rude et le travail de reconstruction laborieux.

Sa restauration terminée, notre coq fut présenté aux habitants par Christophe et ses camarades à l’occasion d’une tournée le 3 Septembre 2000 au cours de laquelle ils reçurent un accueil cordial.

La remise en place en haut du clocher eut lieu le 9 Septembre 2000 après que l’abbé Barbier ait donné sa bénédiction. Cette intervention inhabituelle au sommet de notre clocher fut suivie par les Géraudois venus très nombreux en cette circonstance…

G Jaillant

 

 

 

Géraudot le coq sur son clocher (photo P.Garraud 2008)

 (à suivre   ici: histoire de coqs (2): Girouettes et symboles.)
Par Petits potins_10 - Publié dans : Expressions artistiques
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