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Lundi 26 juin 2006 1 26 /06 /Juin /2006 17:45

Au CEPE du Parc de la Forêt d’Orient.  

(Centre d’étude et de pédagogie de l’environnement.)  

 

 Au début du mois de juin, « Petits potins-10 » a suivi les activités d’une classe primaire au CEPE du Parc naturel régional de la Forêt d’Orient. Voir ce qui s’y fait peut intéresser les curieux. Le projet pédagogique portait sur l’eau, idée bienvenue en ce territoire de Champagne humide.  

 Voici une sorte de petit journal en image.

 

 

 1er jour : le déplacement vers le centre Yvonne Martinot, lieu d’hébergement se fait en bicyclette. Une armada d’adultes assure la sécurité : parents agrées à vélo, voiture d’avertissement en tête de convoi, camionnette voiture balais comme sur le Tour de France ! Il fait beau et chaud. Accueillis par Myriam,  la responsable des groupes à Mesnil Saint Père, les enfants et leurs accompagnateurs prennent possession de leurs chambres avant le déjeuner.

 

 

 L’après-midi est consacrée à la découverte des sources, dans un secteur bordant la D 43, au lieu dit « la fontaine Colette ». En ce début juin, le niveau des lacs est particulièrement élevé et le groupe doit s’enfoncer dans la forêt pour trouver les fossés donnant naissance aux petits rus qui se jettent dans le lac.

Carte en main, les jeunes aventuriers ont pour mission de découvrir les sources. La feuille plastifiée peut aussi servir éventuellement d’éventail ou de chasse moustiques ! Un peu de théorie sous les arbres : l’animatrice fait préciser sur un panneau illustré les principales phases du cycle naturel de l’eau.

 Après un franchissement « périlleux » de fossé humide – on a entassé des branches mortes pour ne pas se mouiller les pieds ! – l’expédition parvient à identifier la source recherchée.

Grâce à une petite pelle de jardinage on sonde le terrain : la limite sable argile apparaît clairement. Etonnements à cause de la couleur verte des roches en cet endroit. Un enfant remarque la forte odeur de fer qui s’en dégage. Une partie du cycle est ainsi élucidée : pluie- ruissellement- infiltration et surgissement de l’eau au contact d’une couche imperméable. On malaxe les marnes vertes histoire de tester la consistance de la roche un peu trop sableuse pour faire de jolis cendriers !

 

 

 2ème jour. La matinée est consacrée à identifier le circuit de l’eau domestique dans le village, du Château d’eau à la station d’épuration. On repère les regards, les bouches à incendie, les grilles d’évacuation. «  Non l’eau du robinet ne vient pas du lac et n’y retourne pas ». « Non , l’eau « propre »  n’est pas obligatoirement potable. ». «  L’eau de pluie se mélange-t elle aux eaux usées ? »

Autant de notions précisées et illustrées sur le terrain. A midi, le soleil tape dur et les gourdes sont vides : paradoxe pour une journée sur l’eau ! heureusement le petit autocar joyeusement surnommé « La salamandre » vient à notre secours.   

 

 L’après-midi, retour aux eaux « naturelles » sur le site des étangs de La Loge aux Chèvres. La « digue » séparant l’étang de la Renouillère de l’Etang du Parc aux Pourceaux offre un lieu idéal d’observation ombragé. Les moustiques font la sieste. L’animateur connaît son métier. Historique des étangs, œuvre des hydrauliciens cisterciens, évolution et entretien, pêcheries, écosystème, aucun aspect n’est oublié.

Libellules et demoiselles nous rendent visite et donnent lieu à de nouvelles explications. Un terrier de blaireau, la toilette des grèbes huppés, un vol de cormorans sont autant de sujet passionnants.

L’œil rivé à la lunette d’observation, les enfants scrutent la rive lointaine, au-delà de la barrière fleurie des nénuphars. Un couple de cygne s’ébat dans l’ombre des grands arbres, feuillage argenté des saules luisant sous la masse sombre des vieux chênes.

 

 

 3ème jour. « La salamandre » nous conduit à la prise d’eau proche de Jessains. On y expliquera le fonctionnement des lacs réservoirs grâce à une maquette et à un panneau lumineux. Canal d’amenée, canal de restitution, niveaux des eaux s’allument ou s’éteignent à volonté. Nous apprenons avec surprise le prochain transfert de cette installation pédagogique dédiée au Lac Aube, à la « Maison des lacs » située sur les rives du réservoir Seine… Grâce au petit autocar du CEPE, nous visitons les diverses installations à partir de la prise d’eau.

 Exceptionnellement , le véhicule peut emprunter la digue réservée en temps normal à la vélovoie. La vanne du canal de restitution se dresse près de la digue de Radonvilliers, au-dessus d’une eau lisse comme un miroir. Le bronze du cercle d’eau scintille de gouttelettes. Les ronds de verre parsemant le gazon évoquent l’image des constellations visibles à l’équinoxe. Hélas, des vandales s’en sont pris aux sculptures mises en place sur la digue et à la table d’orientation.

 L’après-midi est consacrée à la fabrication de papier recyclé. La technique est au point. On déchire, on lacère , on malaxe la pâte avant de reconstituer des feuilles épaisses et grises que certains enfants agrémentent de fleurs séchées. 

 

 

 4ème jour. Les énergies renouvelables. Maquettes et schémas illustrent le propos. La panne plus ou moins lointaine mais prévisible de l’approvisionnement en énergies fossiles amène une réflexion d’autant plus nécessaire que les enfants présents en seront peut-être les acteurs- témoins involontaires.

 L’eau est toujours présente dans les esprits, même si le vent, le soleil et le bois complètent la panoplie de survie future. On fabrique un petit moulin à vent, ou bien une forme simplifiée d’éolienne agricole… Pourra-t-on la disposer sur le vélo pour le retour ?

 Heureusement, l’orage de la nuit a rafraîchi l’atmosphère et le convoi cycliste ne souffre pas trop dans les côtes dénudées de la Champagne crayeuse.

 

 

 Reste à la classe le travail d’exploitation des expériences accumulées. Naturellement, nous avons volontairement omis de parler des moments de détente, du grand massacre de balles de ping-pong, d’une bataille d’eau mémorable, de la soirée dansante, des répétitions en prévision de la fête scolaire, de la fabrication d’un tableau de nœuds marins pour la fête des pères, des délicieux repas préparés par la cuisine du centre et de la gentillesse du personnel. C’est fou ce qu’on peut faire en 4 jours. Et il y en a qui disent que ce sont des « vacances » !

 

 

  

Par Petits potins_10 - Publié dans : Le coin des jeunes
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