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Début mai se tenait le 38ème salon des peintres du Nogentais au Pavillon Henri IV. Plus de trente exposants autour de l’invité d’honneur, Bernard Haltel accompagné d’ Emile Camus spécialiste du vitrail.
Le Nogentais occupe une place originale dans le département. De Troyes on descend la Seine et l’on devine déjà Paris. Selon son humeur on associe à la ville l’image de ses équipements
industriels : les établissements Soufflet, la centrale nucléaire, bientôt sans doute la liaison à grand gabarit pour le transport fluvial, et un jour peut-être une ligne de chemin de fer
électrifiée. L’obstination de Pierre Mathieu et des partisans du chemin de fer viendra peut-être à bout de la conjuration de Saint Glinglin et de
Sainte Rita !
On peut préférer évoquer le passé architectural et artistique, objet on le sait de choix politiques ambitieux et parfois contestés.
Voir à ce propos :
http://www.musee-nogent-sur-seine.fr/pdf/doc_part.pdf
et
http://lespritdequipe.blogspot.com/
Sous le regard de Gabrielle d’Estrées ?
Le Pavillon Henri IV relève de la seconde ambition nogentaise. Lieu d’exposition étroit mais prestigieux, l’édifice aurait abrité occasionnellement les amours d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrées.
http://pagesperso-orange.fr/foure-bouchon-histoire/seigneurs/damerval/famille_damerval.htm
D’autres sources font état d’un simple séjour. Les spécialistes hésitent sur la date du bâtiment: XVIème ? XVII
ème ? Le pavillon aurait fait partie du couvent des Capucins fondé en 1663.
Situé en bord de Seine et sur la route de Villenauxe, il aurait servi de lieu de stockage, céréales, foin, vin ou bois, ce qui est moins romantique. Pour l’exposition, le patronage de la
belle Gabrielle, quoique légère de mœurs, sera plus gracieux. Les peintres en ont fait de délicieux portraits. Le « bon roi Henri » lui témoigna sa flamme en des termes plus que
chaleureux :
« À Gabrielle d’Estrées
(vers
la fin de l’année 1594. Il l’a connue alors qu’elle avait 17 ans. Il en avait 20 de plus)
Je vous écris, mes chers amours, des pieds de votre peinture que j’adore seulement pour ce qu’elle est faite pour vous, non qu’elle vous ressemble. J’en puis être juge compétent, vous ayant peinte en toute perfection dans mon âme, dans mon cœur, dans mes yeux.
Henry. »
Dévotion qui n’était pas unanime. L’impertinence alors n’était pas mesurée !
« Au Roi :
Cette putain qui ne vous aime
Que de gauche et pour le profit
Est si putain que le temps même
Putassait le jour qu'on la fit.”
***
“Ce grand Henri qui voulait être
L'effroi de l'Espagnol hautain
Maintenant fuit devant un prêtre
Et suit le cul d'une putain.”
Inspirations vagabondes.
La présidente de l’Association, Maryse Mahdjoub, accueillit les nombreux visiteurs en compagnie de G. Ancelin, Maire de Nogent, du responsable à la culture Ludovic Chanzy, et de l’invité d’honneur Bernard Haltel dont les toiles ornaient la petite salle du rez-de-chaussée. Peintre reconnu, Bernard Haltel maîtrise les techniques du pastel, de l’aquarelle et présentés à Nogent des paysages exécutés au spalter, mélange de gouache et d’acrylique travaillés avec des brosses de différentes tailles.
La vivacité et la sureté du geste apparaissent ainsi dans l’éclat des couleurs pures. Le peintre établit un parallèle entre son travail et la composition musicale : rythme, harmonie et résonnances. « La peinture, comme la musique, permet de libérer son auteur de toutes les peines ; elle guérit de tous les maux, elle dévoile ce qui était caché au plus profond de l’âme » On n’oubliera pas l’inspiration religieuse qui marque nombre de ses productions antérieures. Portraitiste, il évoque avec émotion son travail auprès des enfants.
Les 130 toiles exposées envahissent les escaliers et les étages. La diversité des styles et des inspirations est la règle. Il y a des bouquets, des animaux, des paysages. Les portraits féminins
de Geneviève Funes accompagnent l’ascension vers les chambres hautes et les pastels de Sylvie Deschemin.
Marie Christine Denes traite avec vigueur les écorces et la sombre clarté des sous-bois.
Dominique Malizia vagabonde entre « Neige et feu » sur les rives lumineuses « Entre Conflans et Esclavolle. »
Retour au rez-de-chaussée après la cohue du vin d’honneur. On y retrouve avec plaisir les toiles d’Angélina Richard, l’éclat de « La belle vie », la douceur des rivages, la caresse des
eaux vives, l’horizon vert d’un « Fond de lac » tourmenté.
Christophe Drobert, qui partage le même mur, navigue dans d’autres espaces. Artiste peintre diplômé des Beaux arts de Troyes, il a notamment participé à l’élaboration des personnages et des décors des « Contrées homériques ». Les toiles ici présentées évoquent des univers improbables ou la baleine croise une fée funambule dans un gouffre urbain vertigineux (« Up and down »)
Pierre Nicolas décortique des figures rouges, signes sanglants ou idéogrammes étranges superposés.
On terminera avec Bernard Hazouard qui se présente comme peintre « paralléliste ». Son « Khontrol mental universel » (1) évoque un labyrinthe monstrueux aux parois vivantes, repaire de fantasmes écrasants. L’apparence est trompeuse et l’on cherche derrière la toile, en plissant les yeux l’évocation secrète d’ « Andy Warhol. ». Par bonheur, l’artiste a construit un site élaboré. Allez vous y perdre : vous ne serez pas déçus du voyage !
(1) Avec quelques années de différence on retrouve semble-t-il une inspiration proche du « Réajustement Annuel Traumato- Psychologique. RATP » cher à l’écrivain Pat’O Duvic (Patrice Duvic), qui fut aussi directeur de la collection Science fiction chez Presse Pocket.
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