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Samedi 2 décembre 2006 6 02 /12 /Déc /2006 16:17

Pour « l’Eveil », souffler c’est  jouer…

 

 

 Samedi 25 novembre, la salle des fêtes était comble pour le concert donné par la batterie fanfare « l’Eveil ». Auparavant, les anciens avaient été honorés par le dépôt d’une gerbe sous la plaque  dédiée à Louis Pitié, fondateur de la société, et les plus jeunes avaient reçu récompenses et diplômes mérités. 

Sous la direction de Didier Renard, « L’Eveil » produisit un programme varié et représentatif de ses qualités musicales .

 

 

 Eclat et solennité ouvraient la représentation avec « La marche des mousquetaires noirs », d’après JB Lulli. Il est écrit que les officiers du régiment du Roy, issus des mousquetaires auraient demandé cette adaptation de la « Marche pour le régiment du Roy » d’où le nom de l’œuvre.  Giovanni Battista Lulli, né à Florence en 1632 était devenu violoniste et danseur au service de louis XIV en 1653, puis compositeur de la musique instrumentale du Roy en 1654. Naturalisé en 1661, il francisera alors son nom pour devenir Jean Baptiste Lully. Auteur de nombreuses comédies ballets (avec Molière : L’amour médecin 1665 ; Le Bourgeois gentilhomme 1665 par exemple) il compose également des marches militaires. On lui attribue généralement l’initiative de regrouper les cuivres au sein de l’orchestre, ce qui serait à l’origine des fanfares actuelles. L’adaptation présentée par l’Eveil était signée Louis Prod’homme, adjudant chef, trompette major de la fanfare de la cavalerie de la Garde républicaine de 1911 à 1927.

 

 

 « Badinage » , interprété ensuite est une composition original de Jacques Devo (ou Devogel 1926-1995), dirigeant de la « Musique de l’air » et à l’origine de nombreuses partitions de batterie fanfare. Ce ton « badin » n’a rien d’une plaisanterie comme on pourrait le croire. Il s’agit en fait d’un mouvement de danse de rythme binaire, « gai et léger » remontant au 16ème siècle.

 

 

 « Nouvelle vague » , également signé Jacques Devo illustre l’une des sources d’inspiration du compositeur fortement imprégné de musiques sud américaines. « Nouvelle vague » est l’un des grands mouvements cinématographiques français de la seconde moitié du 20ème siècle. C’est également le titre d’un « tube » de Richard Anthony. Il s’agit plus vraisemblablement ici de la traduction du célèbre rythme brésilien : la « Bossa nova ». Genre musical apparu dans les années 1950, la Bossa nova est décrite comme un mélange de samba et de jazz. On sait la part que prit Henri S alv ador dans sa création. Jacques Devogel, adopta pourtant pour ce titre le rythme du charleston !

 

 

  Corso niçois »  est une marche pour clairons, trompettes et batterie, composée par Félix Pierre Loup et Jules Decamps. Le « corso » (un corso , des corsi) est un défilé de chars carnavalesques. Fanfares et musiques accompagnent traditionnellement les festivités niçoises, mais nous savons aussi que « l’Eveil » ne boude jamais l’occasion de se manifester lors du carnaval de Creney. Les auteurs ont peut-être été aussi inspirés par le festival international de musique militaire qui a lieu à Nice tous les deux ou trois ans, en septembre.

 

 

  « l’Eveil » offre à d’autres musiciens la possibilité de s’exprimer  durant le concert. Cette année, c’est l’une de ses membres, Noémie, qui abandonna les percussions pour la guitare. 

 

 Noémie chante et s’accompagne. Elle a appris seule et montre déjà une belle assurance dans l’interprétation des morceaux   qu’elle a choisis : 

-         « Big black horse and the cherry tree » de KT Tunstall avec le fameuxwoohood’une pub connue. “Hey lady, will you marry me? “ interpelle le cheval dans le rêve de la jeune écossaise d’origine chinoise…  

-         “Une seule vie “ de Gerald de Palmas extrait de son album « Marcher dans le sable »  

« Il faut que quelqu’un m’aide 

A trouver le remède… »

 La première partie du spectacle s’achève avec une suite d’airs pour clairons et percussions.

 

 

 « Tu m’fais marcher » de Richard Regel et David Bruley, un titre approprié aux défilés. Richard regel dirige l’orchestre départemental des sapeurs pompiers des Yvelines. D’origine alsacienne, il fut clairon trompettiste à la musique de l’air de Dijon. David Bruley est un percussionniste connu exerçant à l’ Ecole Nationale de Musique de Dôle. 

« Le Rigaudon d’honneur », composé à l’époque napoléonienne, dont le titre est inspiré par une danse provençale très populaire au 19ème siècle. C’est un mouvement vif et gai à deux temps. 

« Le Rigaudon » et la « Diane », sonneries règlementaires de clairon et de trompette avec batterie de tambour. Ces trompettes ne sont pas celles du jugement dernier :  

« On entendra dans les airs la trompette,
Les morts revivront, les vivants mourront,
Et la Musique dissoudra le ciel. »

                                                                 "Hail bright Cecilia",  texte de Dryden,  1687  

 Au contraire. L’air entraînant était censé marquer le réveil des soldats en campagne. « Diane » vient du latin « diem », et évoque le lever du jour. Un hymne à « l’Eveil » en quelque sorte…

 " La diane chantait dans les cours des casernes » (Baudelaire)  

Reprise du concert après l’entracte.  

 

 « Brésilia » , samba pour grande formation de batterie fanfare, c'est-à-dire l’ensemble des pupitres. : trompettes de cavalerie, cors, trompette basse, clairon, clairon basse, contrebasse et instruments de percussions. L’œuvre a été composée par André Telman, un compositeurs engagé dans l’enseignement et la direction musicale en Charente maritime, notamment à la tête de la batterie fanfare « Vents marins » et au conservatoire de Rochefort sur mer où il enseigne la trompette.

 

 

 Cette remise en train dynamique introduisait  sur scène la jeune classe, à savoir « l’Eveil musical » animé par Didier Renard et Corinne Boutiot. Une trentaine d’enfants répartis en plusieurs groupes selon leur niveau et leur âge participent chaque semaine aux activités proposées.

Corinne Boutiot et Didier Renard et leurs élèves donnèrent une démonstration de leur savoir faire : jeux de rythmes adaptés aux plus petits, « If only », exercice de souffle et de rythme sur une seule note à la flûte à bec , « Roockie », « Métropolis » et « Funky Stuff » pour les plus expérimentés ; interprétation plus complexe pour percussions, flûte à bec et voix  intitulée « La minute de Rap ».

La concentration et la maîtrise des enfants ont largement impressionné les auditeurs. Il convient de noter que certains musiciens n’avaient que deux mois de pratique du solfège. La méthode employée associe  la maîtrise de la lecture musicale à la pratique d’instruments. Visiblement, le « pas à pas » porte ses fruits.

 

 

Nouvelle entrée en scène pour Noémie.  

 

 La jeune guitariste interprète « Tomorrow » d’Avril Lavigne,  chanteuse canadienne née en 1984 et souvent présentée comme « l’anti Britney Spears » 

“I don’t know how I’ll feel 

Tomorrow, tomorrow…  

Tomorrow it may change…”

 

 « Mon cœur, mon amour » d’Anaïs, parodiant gentiment de pauvres dialogues amoureux et leur niaiserie sucrée susurrée grâce aux indispensables portables.  

 Dernier message, « Cendrillon » de Téléphone (1982 de JL Aubert et Bertignac)  

«Le prince charmant a foutu le camp  

Avec la belle au Bois dormant… »  

Le choix d’un répertoire n’a rien d’innocent comme on le voit et l’ Eveil devait se montrer à l’unisson en terminant par un Paso doble de Jacques Devo : « Pepita » :

 

 

 «  Pepita je me rappelle ! 

Oh le doux passé vainqueur  

Tout le passé pêle-mêle  

Revient à flots dans mon cœur »  

                                   ( Victor Hugo) 

 

C’est avec « CFBF », partition dédiée à la Confédération française des batteries fanfares  par Jacques Devogel et Robert Goutte, que devait se terminer ce concert de la Sainte Cécile. Le président Pierre Gillot félicita l’ensemble des participants et le public venu nombreux. Il salua particulièrement la longévité de la Société de musique maillotine, souhaitant qu’il soit possible d’en célébrer le centenaire…en 2022 ! La présentation de « L’Eveil musical », « pépinière de notre futur jardin… » lui paraissant à cet égard de bon augure. Les applaudissements nourris amenaient naturellement un « bis » attendu, avant que les musiciens et leurs amis ne prennent possession des lieux pour une fête prolongée.

 

 

  

Par Petits potins_10 - Publié dans : Expressions artistiques
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