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ELLE EST OÙ… LA RACAILLE ?
Il semblerait, au milieu des prétendants à l’Elysée, que le débat sur la sécurité soit déjà au cœur de la campagne des deux ténors Royal- Sarkozy, ou Sarkozy -Royal en fonction de la tendance affective de l’électeur.
Aurait-on retenu la leçon du premier tour d’avril 2002 qui a marquée tant d’esprits ? Ou l’extrême droite avait basé la quasi totalité de sa campagne sur ce sujet alors que Jospin et Chirac n’avaient qu’effleurer ce point !...
Il semblerait que la sécurité liée à la jeunesse soit le seul chapitre qui inquiète les candidats. D’autant que la fameuse loi sur la prévention de la délinquance va accoucher des deux hémicycles très prochainement et que les décrets entreront en vigueur avant même que les affiches des candidats ne soient encollées.
On est en droit d’être pessimiste en ce qui concerne notre jeunesse. Il y a trente trois ans, les ISES, Institut Spécialisé de l’Education Surveillée (maison de correction) fermaient leurs portes devant l’échec des méthodes éducatives basées sur la marginalisation et l’éloignement de mineurs délinquants au profit de l’assistance éducative en milieu ouvert, entendez par là en « milieu naturel », chez leurs parents. Un éducateur « suivait » ce jeune sur le plan scolaire ou l’insertion, de la santé et de l’éducation en étayant la « dure profession » des parents
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En arrière toute !
Devenu la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), l’éducation surveillée, sur de récentes commandes politiques, voient aujourd’hui ses missions orientées vers les enfermements avec les Centre Educatifs Fermés (CEF) comme à Lusigny-Sur-Barse, les quartiers mineurs (QM) dans les maisons d’arrêt comme à Chaumont (52) pour les incarcérés à titre préventif avant leur jugement ; ou les Etablissement Pénitentiaires pour Mineurs (EPM) dans lesquels les jeunes purgeront désormais leur condamnation comme à Meyzieu (69) près de Lyon. On revient en arrière pour appeler le « père fouettard », et surtout, pour tenter de rassurer l’électorat français.
En fait ce gouvernement monte des murs pour protéger la population de leur angoisse face à une délinquance beaucoup plus violente qu’il y a trente ans. Une délinquance qui a évolué avec son temps. Une délinquance de plus en plus jeune, avec le progrès comme les téléphones portables ou ce cannabis qui prospère de plus en plus tôt aux sorties des lycées et collèges alors que les « soixante-huitards » ne le côtoyaient qu’à la « fac ».
Il y a trente ans les jeunes commettaient leurs premiers délits répréhensibles vers 17 ou 18 ans actuellement l’âge est abaissé à 12 ou 13 ans pour les primo délinquants dans les établissements de la PJJ
Loin de moi l’idée de m’immiscer dans les méthodes éducatives. Mais comme le disait le juge pour enfants de Bobigny, Mr ROSSENVERG dans l’émission de RUQUIER « on n’est pas couché » samedi dernier : « Avant de monter des murs, il faudrait connaître la hauteur de la vague… et surtout donner les moyens humains et financiers à la PJJ pour ne pas être obliger de mettre en attente des mesures pénales ou d’assistances éducatives prononcées par les magistrats… ».
Force est de constater que depuis quatre ans les effectifs de cette toute petite administration qui compte à peine plus de 7.000 agents (dont 4500 éducateurs) n’ont augmenté que de 15 % alors que le nombre d’enquêtes sociales ou socio-éducatives, d’assistances éducatives, de placements éducatifs et de jugements au pénal ont été multiplié par deux.
Il convient également de constater un faible pourcentage d’augmentation des juges de la jeunesse (de 15 à 20 %) alors que le nombre de magistrats au Parquet a progressé de 45 % sur tout l’hexagone depuis cinq ans. Et on viendra nous dire que le répréhensif n’est pas une priorité. De qui se moque t-on ?
Des jeunes en souffrance.
Une chose est sûre, ces jeunes sont en souffrance dans leur banlieue. Là où le papa ne se lève pas pour partir au travail car il est au chômage. Là où l’économie souterraine des « deals » procure en trois jours l’équivalent d’un SMIC mensuel. Là où la seule distraction réside dans le feu d’une poubelle ou d’une voiture la nuit tombée. Là ou la précarité multiplie les déplacements des huissiers et les angoisses d’expulsion de familles sur la « déche ».
Face à cela le discours des éducateurs a bien peu de poids, même si dire et répéter c’est toujours éduquer, il arrive parfois qu’un jeune « accroche » à cette parole. Mais à quel prix !...Il doit parfois laisser sa famille pour s’éloigner de ses fréquentations. Il est souvent stigmatisé parce que là où il va pour s’extraire de sa « mouise » l’entourage lui pose des questions sur son histoire et ses parents.
Et au milieu de tout cela, l’éducateur arrivera à ses fins s’il parvient à créer du lien avec ce jeune. S’il reprend confiance dans l’adulte qui le guide et le conseille,. Il s’en sortira.
Par contre au fond de son cœur de délinquant, il ne créera aucun lien, n’aura aucune confiance et aucun conseil de ce politique qui le toise et l’enfonce. Qui lui supprime son droit de vote à sa majorité. Et qui lui montre aussi parfois le chemin de la délinquance faite… d’abus de biens sociaux, d’emplois fictifs et de détournements de fonds publiques.
Mais là, les chiffres ne sont pas publiés. Et de toute façon, faites leur confiance ce n’est pas l’argent qui fait « courir » le politique, non… non !!! Simplement le petit carré de papier recyclé que les français glisseront dans une boîte le 22 avril, 6 mai, 10 et 17 juin 2007, après qu’un élu ait prononcé « peut voter »…A croire que les fauteuils sont confortables tant ils sont convoités…
Elle est où, la racaille ?...Sûrement pas à côté des éducateurs de prévention, ils ont été balayés au fil des vingt six années de MITTERAND et de CHIRAC à l’Elysée.
Didier CHANEL
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