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Lundi 9 avril 2007 1 09 /04 /2007 17:01

Vous avez certainement pu voir depuis quelques années que des bâches sont mises en place sur des longueurs d’environ 150 à 200 mètres  le long de la route entre la Maison du Parc et le port de Mesnil St Père.

 

Ces dernières,  disposées à des endroits stratégiques évitent ainsi  que les batraciens traversent la route pour aller se reproduire, en effet près de 35000 à 40000 espèces sont ainsi comptabilisés en ces lieux, grenouilles, crapauds, tritons et parfois salamandres et bien entendu cela permet de réduire l’hécatombe due au passage des voitures.

 


Tous ces  batraciens tombent alors dans des seaux disposés de long des bâches et sont ainsi récupérés quotidiennement par du personnel du pavillon St Charles ainsi que de quelques bénévoles afin de les remettre de l’autre côté de la route

 

Voici quelques photos de ces batraciens et notamment une salamandre tachetée qui ne se voit pas souvent

 

Pierre Garraud.

 


(Les autres photos de Pierre Garraud dans l'album)


« La route des salamandres » 

 

Depuis la fin des années soixante, nos voisins Suisses et Allemands avaient pris conscience de la mortalité  des amphibiens liée au trafic routier. Les « crapauducs » étaient nés.  

Au printemps 1994, l’opération « 1000 défis pour ma planète. » initiée par le ministère de l’environnement (Michel Barnier à l’époque) avait permis la mise en place d’une action de protection des amphibiens et de sensibilisation du public. Les études préalables réalisées notamment par M. Thireau (articles dans le Courrier scientifique du PNRFO.1987.1988.1993) avaient  permis de mieux connaître les espèces concernées.


 Stéphane Bellenoue, Kristina Bertram et Mathias Petit publièrent en 1995 un article très complet sur le sujet . ( Courrier scientifique du PNRFO n°19)

En résumé, dix espèces d’Amphibiens peuvent être rencontrés dans le massif de la Forêt d’Orient. Ils mènent une vie partagée entre le milieu aquatique ( zone de reproduction ) et le milieu terrestre (zone d’hibernation et de chasse). Les migrations se déroulent au crépuscule, de début février à fin novembre selon les espèces. Malheureusement, le déplacement vital des petits animaux se trouve parfois croiser un axe routier.  «  Sur le terrain, nous avons observé le samedi 19 mars 1994 entre 20 h et 23 h, 48 salamandres qui traversaient la D 28. Pendant ces trois heures, 10 voitures sont passées provoquant la mort de 5 individus soit 10% » notent les auteurs.

Faute d’installation permanente, il fut alors décidé de mettre en place la technique de piégeage décrite par Pierre Garraud. Le matin – ou même la nuit lors des pics de migration- il faut « sortir les amphibiens du piège afin de les identifier, de les dénombrer et de le relâcher aussitôt de l’autre côté de la route afin qu’ils puissent continuer leur chemin dans l’humidité matinale… »

 

Projet de crapauduc

 

Dans l’Escarboucle n °54 Armande Spilman apportait les précisions suivantes :

 « Le site de la fontaine Colette est un des sites majeurs reconnus pour la migration des amphibiens. On y conduit chaque année l’action dite « la route des salamandres (FOL et PNRFO). Un projet d’aménagement définitif qui permettrait la libre circulation des amphibiens et de la faune associée (poissons, amphibiens , reptiles, voire mammifères) est actuellement à l’étude. Ce projet consisterait en un ouvrage hydraulique et routier sous l’actuel CD 43. Il serait construit en même temps que la vélovoie, le Conseil général étant maître d’ouvrage de l’ensemble des deux projets. L’intérêt pédagogique de la zone serait bien sûr maintenu, 30000 à 35 000 amphibiens traversent chaque année le CD 43 à cet endroit, sur une zone d’environ 500 m. »

..et dans le n° 62 (mars 2006) , les animateurs du CEPE (Pavillon St Charles ) en appelaient aux bénévoles :

« Pour la douzième année consécutive, l’opération de protection des batraciens appelée « Route des salamandres » est mise en place sur l’axe migratoire sensible de la Forêt d’Orient. Ainsi chaque année, quelques dizaines de milliers d’individus des  9  espèces présentes sur le site sont protégées du trafic routier. Ce système d’installation manuel reste provisoire, dans l’attente d’un aménagement routier durable pour le passage de la faune, de type crapauduc. De début février à mi mai, époque des migrations, les bénévoles sont les bienvenus pour le ramassage matinal. »

 

Dans son Blog « Aube nature »( http://www.aube-nature.com/photo_nature.php), Cédric Girard nous livre avec de superbes photographies, des informations et son sentiment sur le sujet :

 

« Un projet de "crapauduc" (passage sous la route) est à l'étude et devrait voir le jour dans quelques années... S'il trouve les financements nécessaires, car si son coût est celui d'un petit rond-point (100 à 150 000 € !) son "utilité publique" est toute relative aux yeux de beaucoup de décideurs !! »

http://blog.aube-nature.com/?p4

 

 

 

Par Petits potins_10 - Publié dans : Histoire locale. Patrimoine
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