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A la fête à Neu-neu ! (*)
« Et que le bruit des sirènes soit
Pour les chevaux de bois … »
La fête patronale l’an dernier avait laissé un petit goût amer à cause du mauvais temps et d’une participation médiocre. La version 2007 devrait rassurer le comité des fêtes et encourager les forains à maintenir leur participation. Le bal du mercredi soir semble avoir connu une bonne ambiance, et nombre de familles se sont retrouvées le jeudi après-midi autour des manèges et dans la Salle polyvalente pour le traditionnel concert de l’ Eveil.
Manège roi et roi des manèges, le carrousel modernisé attire toujours les plus petits. Les anciens se souviennent des fêtes foraines que nous avons évoquées dans le bulletin Info 2007. Elles s’installaient alors dans le Bout d’en Bas, près de chez Robert Berthelin.
« J’aime la foire où pour trois sous
L’on peut se faire tourner la tête
Sur les manèges aux chevaux roux
Au son d’une musique bête… »
Jacques Brel.
Le « manège de chevaux de bois » est à coup sûr celui qui laisse l’empreinte la plus forte dans les mémoires. Les coursiers majestueux montaient et descendaient naseaux largement ouverts.
« Des purs sangs pour les pauvres gens
Voilà du plaisir pour un franc.. »
Renée Lebas.
On choisissait le blanc d’allure moins belliqueuse ou le noir plus farouche. La mère vous hissait sur la selle et le cœur battant on attendait le départ au son de l’orgue mécanique. « Tournez manège ! Roulez jeunesse ». Défilaient les visages des adultes et l’on tentait de capter à chaque tour le regard familier avide d’un bonheur offert. Certains enfants, plus craintifs pleuraient. On les déposait dans des carrosses rivés au plancher. Souvent les grands par jeu, enfourchaient le gros cochon rose, s’entassaient dans une nacelle propice aux rapprochements.
« Ah viens , viens ma Nenette
Faire un tour sur les chevaux de bois… »
( Ray Ventura et ses collégiens)
L’intention parfois était plus coquine et la jeunesse sourira peut-être avec pitié de ce temps lointain :
« Son ch’val montait, l’mien descendait.
Le vieux manège tournait comm’une bourrique
Le limonaire déversait sa musique
Et sans arrêt tous les deux on s’croisait.
Son ch’val montait
L’mien descendait.
Quand j’étais d’ssous j’reluquais ses jarr’tières
Quand j’étais d’ssus j’admirais sa crinière.
De d’ssus en d’ssous
Moi j’étais sans d’ssus d’ssous… »
( N.Marco/Ker-Avel. Pathé PG 517/ CPF 8329-21. Interprétée par Andrex. 1951)
Les balançoires ont disparu. C’étaient dans mon enfance , des sortes de barques suspendues que le forain freinait à l’aide d’une planche lorsqu’elles rasaient le gazon. On y poussait les filles parce qu’elles riaient plus fort. Une chansonnette d’autrefois célébra l’attraction (paroles de Jean Nohain et Musique de Mireille. 1950. Interprète Yves Montand ).
« Un' demoisell' sur un' balançoire
Se balançait à la fête un dimanche
Elle était belle et l'on pouvait voir
Ses jambes blanches sous son jupon noir... »
Il y avait depuis toujours, les tirs, les confiseries, les jeux d’adresse. La vraie « révolution » fut l’arrivée des autos tamponneuses ou autoskooter. L’invention semble provenir d’Allemagne, nation grande pourvoyeuse de manèges ! Elles auraient fait leur apparition à Düsseldorf en 1926.
(Pour en savoir plus sur l’inventeur :
http://www.parkothek.info/dossier.php?id=0052&page=002 )
Après le cheval, l’automobile. C’est logique. Il fallait aussi avoir la jambe un peu plus longue pour attraper la pédale qui mettait la machine en marche. Parfois grand frère ou grande sœur se dévouait pour embarquer le petit tout en le protégeant des chocs les plus rudes. On se faisait la chasse sur la piste, visant les maladroits, les empêtrés dans les mouvements du volant : ça tourne puis ça recule !
Chacun tentait de prendre de la vitesse avant de se jeter sur un autre véhicule. La réussite était totale lorsque la victime partait en vrille sans vous immobiliser. Car la durée du tour était limitée et il ne s’agissait pas de rester coincé dans un embouteillage.
Les champions, les vrais, pilotaient d’une main, assis négligemment sur le dossier, sûrs d’eux, évitant d’une légère rotation du volant les adversaires acharnés à leur tendre des pièges. Passer la partie sans être intercepté c’était la classe! A virevolter ainsi, on parvenait parfois à convaincre une fille : elles étaient là, sur le plancher bordant la piste, comme sur le banc du bal à faire tapisserie. Le fils du patron sautait de voiture en voiture , un pied sur la bande de caoutchouc pour ramasser les billets. C’était avant le système tirelire !
Rien n’a vraiment changé, sauf « le passant qui passe avant de trépasser» !
Pas de fête à Mesnil sans concert de « L’Eveil ».
Cette année encore à couvert, le temps étant incertain, mais avec une belle conviction. Le pupitre des trompettes a de vigoureuses recrues. Isabelle maîtrise à la perfection un cor d’harmonie.
Les jeunes filles animent avec charme les percussions. Et le, si l’on dire « petit nouveau » n’’est autre qu’un superbe hélicon de seconde main. Jupiter tonne à l’occasion ! Une recrue dit -on , fut à l’origine de l’investissement. Peut-être fan de Boby La Pointe (Paroles et musique) …
« N’en parlons plus mauvaise tête.
Tiens va donc voir la femme tronc.
Donn’lui des haricots d’moutoons.
- Non j’veux pas qu’la trompette.
Je veux jouer de l’Hélicon.
Pon pon pon pon…."
A la buvette on s’raconte des histoires. Pour les amis, pour les conquêtes. Pas de meilleures que celle que chantait Fréhel (Paroles de Charles Trenet)
« Je suis l’ fils de la femme poisson.
Ma tante était la femme à barbe.
Mon grand père était homme tronc
Mon frère est dompteur de lions ..Ha..ha !
Et mon cousin tient une maison
De plaisir près de Tarbes
Il en a deux près de Toulon
Où s’qu’on joue de l’accordéon… »
« Viens gosse de gosse, on va faire un tour ; viens faire la noce et tourner toujours » (Florelle) Nous n’avons pas répondu à l’invite. L’ombre venue les forains pliaient bagages.
« Toujours sur les routes
De chemin en chemin
Enfants de la balle
Amoureux du grand air
Nous avons nos tréteaux pour capitale
Pour clocher l’univers… »
( Vincent Scotto/ Marc Cab. R Vincy. H Alibert. Pathé PA 2327/CP 5961)
(*) L’expression fête à Neu-Neu vient d’un temps lointain. Toute allusion à l’actualité serait déplacée…
« Dès que les beaux jours reviennent
Dans les faubourgs ouvriers
A la fin de la semaine
On aime à s’égayer.
Par l’Avenue d’
On s’en allait autrefois
Sur la route illuminée
Du côté du Bois.
Pour les faubourgs
Ah quels beaux jours !
C’était Samedi, la fête à Neuilly !...
Viv’ment qu’a r’vienne la fête à Neu-Neu…»
( H Betti/ Maurice chevalier)
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