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Il était admis autrefois que l’observation
de la nature permettait, avec méthode, d’accéder à la connaissance. On appelait ça des leçons de choses.
L’actualité fournit quelques exemples à méditer.
- Pier Import ferme à La Chapelle Saint Luc : les 6 salariés sont en grève. Ils ne toucheraient que 2/10ème du mois de salaire par année d’ancienneté : 1000 € pour un plein temps avec 5 ans d’ancienneté. (Les salariés – syndiqués CGT- réclament entre 5000 et 11 000 € chacun). Au siège, à Villepinte, deux dirigeants ont été retenus pour que des négociations soient menées. Quarante cinq magasins sont concernés.
- 42 licenciements sont annoncés chez Temex (composants électroniques) : le site de Pont Sainte Marie sera touché (97 personnes y travaillent dont 40% ont plus de 45 ans et 5,5% au moins 55 ans)
- A Saint André les Vergers (journal du 4 février), le Maire – de droite- estime que sa commune sera privée de 290 000 € de recettes suite aux désorganisations en cours (suppression de la taxe professionnelle non compensée, incertitude concernant des dotations d’état remises en cause). Comme la plupart des communes mises dans la même situation on se refuse à y augmenter les taux d’imposition. Néanmoins le coût du service des ordures ménagères augmentera de 5,5%. Le centre communal d’action social verra son budget augmenter de 30 000 € « pour tenir compte de la dégradation des conditions économiques »
- La Fédération des parents d’élèves (FCPE) fait savoir que 16 classes et 36 postes
d’enseignants seront supprimés en collège en 2010-2011. Rien à voir avec la démographie puisque le nombre d’élèves diminue de …quatre ! Dans les écoles primaires 6 postes sont crées pour un
supplément de 160 élèves. Mais la suppression de la formation des enseignants décidée par l’UMP va priver les écoles de remplaçants (les élèves
enseignants de l’IUFM assuraient des remplacements de stages ou de services. Ce ne sera plus le cas). « On ne sait toujours pas si les treize postes
occupés par les stagiaires seront renouvelés ou supprimés » explique Béatrice Bergeron (journal du
4 février)
Les informations nationales, très encadrées on le sait, présentent les choses à leur façon :
- Gros titre un jour sur l’absentéisme des professeurs (à la veille d’un mouvement revendicatif national). Une écoute attentive montre qu’en fait c’est le manque de postes d’enseignants qui provoque les disfonctionnements du système éducatif. Le budget 2010 prévoit la suppression de 16 000 emplois pour l’éducation nationale. Plus de 100 000 emplois publics ont été retirés depuis 2007. (source SNUIPP-FSU). A titre d’information le nombre d’élèves dans le premier degré (public) est passé de 5 744 500 en 2006 à 5 746 100 en 2009 (+ 1600)
A un autre niveau, les financements accordés à l’Université et dont fait largement état Valérie Pécresse sont essentiellement destinés à des aménagements de locaux - certes indispensables – alors que le nombre de créations de postes qui était de 1000 en 2007 est devenu négatif en 2009 ( - 450) ( Source ministère). Autre sujet d’actualité, la proposition d’imposer aux grandes écoles un quota d’élèves « boursiers ». L’Ecole supérieure de commerce de Troyes qui en accueille 25% serait concernée. Afin d’apprécier l’audace de la mesure il est bon de savoir que les frais de scolarité se montent à 7 000 € par an. Un élève boursier cité dans la presse, touche 310 € par mois au titre des bourses. Heureusement, il a pu bénéficier d’une aide de la région de 2000 € pour un séjour à l’étranger.
- Une actualité chasse l’autre : un « rapport » fait état de la « maltraitance à l’hôpital »… Il est immédiatement suivi de nombreux reportages qui confirment ce phénomène. Il faut tendre un peu l’oreille pour apprendre que le personnel est en sous effectif chronique et alerte depuis longtemps les pouvoirs publics. Les exemples de « maltraitances » révélés par les reportages sont dus à ce sous effectif. Le terme a été soigneusement choisi pour culpabiliser le personnel Il est vrai que les avertissements – manifestations, grèves – sont tournés en dérision par la présidence, sa cour et ses relais locaux.
Les services publics (poste, éducation, santé, transports, police, justice…) sont
dans le collimateur. Ce matin, nous apprenons qu’une directive de la Poste impose au facteur (à la factrice) de Mesnil-Sellières de ne plus prendre
les plis à domicile. La pratique était certes informelle mais rendait bien des services en milieu rural. Désormais, pour les envois importants
direction l’unique bureau de poste du canton, à Piney (Jusqu’à quand ?). La distribution, elle est centralisée à Lavau. Anonymat, rentabilité, productivité. Un diaporama circule sur le net
qui rappelle les conséquences de la privatisation de la poste dans les autres pays européens. Attendrons-nous qu’il soit trop tard ?
Un désordre soigneusement entretenu…
Au plus fort de la crise, les gouvernants, y compris le Président lui-même, reconnaissaient voire exagéraient, le rôle bénéfique du système français comme amortisseur social. M. Sarkozy et ses ministres ont annoncé la fin de la crise ! Intoxiqués par leur propre propagande les voilà repartis à l’assaut : la désorganisation des services publics, des collectivités territoriales sont de nouveau à l’ordre du jour et le capitalisme financier, fustigé dans les discours récents redevient l’horizon indépassable de la pensée dominante. La mise en pièces annoncée du système de retraites est l’occasion d’une « pédagogie » obsédante. Objectif : la résignation du plus grand nombre, la réduction de fait du niveau des pensions et l’encouragement aux systèmes de « capitalisation ».
Divers mouvements sociaux ont été engagés depuis le début de l’année. Derniers en date : les polices municipales et les pompiers professionnels ! Le mois de mars est un mois électoral. « Les seuls combats perdus d'avance sont ceux qu’on ne mène pas. » dit un vieux proverbe…
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