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L’actualité du canton, c’est l’annonce de la fermeture de l’école maternelle de Villehardouin (Commune de Val d’Auzon) et d’une classe élémentaire : Montangon.
Ecole
maternelle à Villehardoin.
La circonscription de Bar sur Aube dont dépendent ces écoles subira de nombreuses fermetures de classes. La presse locale a
fait état notamment de celle de Vendeuvre : école Pierre et Marie Curie où une pétition aurait obtenu 150 signatures. Fermetures aussi à Bar sur
Aube (Varennes- Maternelle ; Bureau élémentaire).
L'école de Montangon.
Le Briennois est également durement touché : Maternelle Pasteur, Brienne la Vieille,… . La liste n’est pas exhaustive. Les décisions sont
officielles après la réunion du CDEN (Conseil Départemental de
l'Education Nationale) reporté au 24 mars du fait de la grève du 23 mars.
Dans la manifestation du 23
mars...
Le sort de l’école de Montangon est depuis longtemps en question. Elle accueille cette année 19 élèves du CP au CM1. Les élèves de CM2 sont scolarisés à Piney. Les effectifs des années suivantes
seraient de 20 (en 2010-2011), 16 (en 2011-2012 et en 2012-2013), 15 (en 2013-2014). L’école maternelle quant à elle scolarise 16 enfants dans toutes
ses sections. Elle serait susceptible d’en accueillir 18 (en 2010-2011), 20 en (2011-2012), et 16 les deux années suivantes. Ces données se basent sur les enfants existants
actuellement.
La commune de Val d’Auzon a
jusqu’ici réussi à conserver ces deux écoles, après la fermeture de la classe d’Auzon-les-Marais il y a une trentaine d’années. Issue de la fusion de
trois villages – Auzon-les-Marais, Villehardouin et Montangon- réalisée en 1972. La commune de Val d’Auzon compte près de 400 habitants.

Autrefois, l'école d'Auzon-les-Marais....
Trois dimensions sont à prendre en considération sur cette question :
- La position de l’éducation nationale.
- Les perspectives d’organisation du tissu scolaire sur le territoire de la Communauté de communes.
- Le souhait des populations et naturellement celui des parents d’élèves.
Ecole ou « jardin d’éveil » ?
Pour l’éducation nationale, depuis plusieurs années, les enfants de moins de trois ans ne sont plus comptabilisés dans les effectifs, même s’ils sont effectivement présents dans
les classes. C’est le cas à l’école de Villehardouin qui a des élèves de « très petite section ». En les retirant de la statistique, l’effectif de la classe tombe alors au-dessous de la
limite considérée comme minimale par le ministère (12 élèves semble-t-il. Où est le « bon temps de la grille Guichard » qui fixait à neuf le seuil de fermeture des classes
uniques !)
L’avenir des « tout petits » est tracé par la secrétaire d’Etat à la famille, Mme Nadine Morano. Il
ne dépendrait plus de l’Education nationale. Les « Jardins d’éveil » promis seront des structures d’accueil dépendant des collectivités locales, animées par des personnels non
enseignants, et financées en partie par les familles. Ils seraient susceptibles de remplacer l’école maternelle pour certaines tranches d’âge. Le modèle s’inspire ouvertement de la situation
existant dans certains pays d’Europe qui ne possèdent pas d’écoles maternelles. L’enseignement catholique est très intéressé par cette nouvelle institution qui lui permettrait ensuite de
revendiquer une place plus importante dans la scolarisation des élèves. On y reviendra à propos de la prise de position des DDEN ( Délégués départementaux de l’Education nationale ) lors de
l’Assemblée générale du 24 mars. La loi Carle déjà votée aggravera le financement des institutions confessionnelles par l’impôt !
On sait que les opinions sur la scolarisation précoce des enfants sont diverses. Cependant, toutes les études menées sur la question ont montré l’avantage qu’en retirent les enfants pour leur
scolarité future. Tenant compte de cette réalité, des efforts avaient été faits dans les années 80, pour améliorer l’accueil des jeunes enfants, notamment dans les « zones
prioritaires » avec l’objectif de réduire autant que possible les inégalités socioculturelles.
Aujourd’hui, la scolarisation régresse. L’objectif principal étant devenu la réduction du nombre d’enseignants (Réduction des recrutements, non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite). La « garde » des enfants serait à l’avenir assurée par des structures locales moins exigeantes en termes de formation et de rémunération. La laïcité ne serait plus garantie.
Quelles écoles dans nos cantons ?
L’organisation des écoles en milieu rural ou rurbain évolue.
Dans l’Aube, 433 communes dont 428 ont moins de 10 000 habitants et 234 ont au moins une école publique
293 communes sont organisées en regroupement pédagogique intercommunal (RPI)
(55 RPI dispersés, 12 concentrés) – source Inspection académique http://www.ac-reims.fr/ia10/?Reperes-2010-l-Education-dans-l
Répertoire des écoles publiques :
http://www.ac-reims.fr/ia10/?Repertoire-des-ecoles-publiques
Certaines communautés de communes ont déjà acquis la « compétence scolaire » en complément de la gestion du
« périscolaire ». Depuis les lois Ferry (fin 19ème siècle), chaque commune a l’obligation légale d’entretenir une école publique (laïque et obligatoire). Depuis les années
70, l’affaissement démographique dans les villages a amené la formation de « regroupements pédagogiques » (RPI) dispersés, comme le nôtre, ou « concentrés »
Lors d’une rencontre en début d’année, Mme Massin, Inspectrice de circonscription, avait insisté sur la nécessité d’une réflexion sur le futur de l’organisation scolaire. La possibilité d’un
« retrait de poste » (comprenez fermeture de classe) avait été soulignée.
Les élus locaux ont conscience des problèmes posés, même si les situations des communes sont diverses. Déjà, dans les années 90, l’Inspecteur départemental (M. Demagny) plaidait pour la
constitution de plusieurs « pôles » scolaires, afin d’éviter à terme une centralisation excessive au chef lieu de canton.
C'était l'école d'Assencières... La plupart des enfants (pas ceux de la photo!) sont actuellement scolarisés à Luyères.
Les conditions actuelles de la vie des écoles plaident en faveur d’initiatives nouvelles : aménagement et entretien des locaux, équipement en
matériels en particulier informatique, conditions d’apprentissage des enfants qui requièrent de plus en plus le travail en équipe et la « mutualisation des moyens ».
La communauté de communes gère actuellement les activités périscolaires (garderies, cantines, activités estivales). Il pourrait en être de même pour les écoles à condition que les conseils
municipaux l’acceptent. Il faut savoir que dorénavant, l’état ne subventionnera plus les aménagements scolaires qui ne seraient pas intégrés dans des
communautés de communes. Ce qui rendra quasiment impossible toute initiative communale isolée (amélioration des locaux, constructions.) On peut déplorer la méthode. Il n’en reste pas moins
qu’elle ne laisse guère d’alternative. Une décision des élus locaux s’imposera dans les mois qui viennent.
Qu’en pensent les usagers ?
De nombreuses manifestations et pétitions ont été lancées contre les fermetures de classe. Parents, enseignants, étudiants étaient en nombre dans la manifestation du 23 mars. Un « collectif des parents de Val d’Auzon en colère » a recueilli 150 signatures pour une population de 391 habitants. Les reproches des parents se concentraient sur l’absence de concertation :
« Cette éventuelle décision est contestable sur la forme : aucune concertation n’a eu lieu avec les parents, ni les parents délégués, ni les associations, ni la commune (hormis un simple courrier en date du 18 décembre 2009 adressé au maire) le tout étant annoncé comme quasi définitif la veille des vacances scolaires de février, hasard du calendrier ?... Si la proposition de fermeture des écoles de Val d’Auzon était définitive, nous ne pourrions que dénoncer une politique de l’éducation nationale semblant privilégier une rentabilité économique sans tenir compte du bien être des enfants, d’instaurer un système de quotas privilégiant les suppressions de postes d’enseignants et de regarder l’évolution des effectifs à court terme… »
Le texte pose en outre une question de portée plus générale :
« Comment combattre l’échec scolaire en alourdissant dès la maternelle
les classes avec 30 élèves »
Symboliquement, les parents ont "occupé" l'école maternlle le 23 mars.
De toute évidence, nombre d’habitants sont attachés à une « école de proximité » et de qualité. La question des effectifs et des moyens alloués à l’école par l’état est décisive. Les
communes tentent de concilier des impératifs parfois contradictoires pour ce qui les concerne : conserver des ensembles scolaires de dimension raisonnable, organiser au mieux l’accueil et
les déplacements des enfants, permettre le développement d’un fonctionnement de l’école adapté aux besoins actuels.
Les efforts à fournir sont importants et demandent du temps. On peut regretter que l’Inspection académique, après avoir invité en début d’année les partenaires à une réflexion sur l’évolution des
structures locales ait tranché dans le vif quatre mois plus tard !
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