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Les incidents graves survenus à Paris au prétexte d’une pièce de théâtre et d’une publication de caricature soulignent s’il en était besoin, la nécessité de maintenir, promouvoir et défendre la laïcité, c'est-à-dire rappelons-le, la séparation stricte entre le domaine public relevant de la loi républicaine, et les croyances ou pratiques religieuses.
Manifestation intégriste contre une pièce de théâtre.
« Certains hommes croient en un dieu ; d’autres en plusieurs ; d’autres encore sont athées ou agnostiques. Tous ont à vivre ensemble. Cette vie commune…doit assurer à chacun et la liberté de conscience, qui exclut toute contrainte religieuse ou idéologique, et l’égalité de droit, incompatible avec la valorisation privilégiée d’une croyance. La puissance publique promeut le bien commun. Elle devra donc être neutre sur le plan confessionnel et développer, par l’instruction, l’exercice autonome du jugement. Afin que tous apprennent à vivre leurs convictions sans fanatisme ni intolérance….La laïcité n’est pas de l’ordre d’une option spirituelle particulière, mais constitue une condition de la possibilité fondamentale de la vie publique. On ne saurait en conséquence la renégocier sans cesse,…au gré des fluctuations du paysage religieux et des rapports de forces qui les sous-tendent. »
Henri Pena-Ruiz « Qu’est-ce que la laïcité. » Folio actuel.
Il ne s’agit naturellement pas d’assimiler l’ensemble des croyants à des pratiques provocatrices. Fort heureusement, la majorité des catholiques et des musulmans – pour ne citer que les obédiences les plus répandues en France - vivent leur foi pacifiquement et dans le respect des lois. (1)
Cependant il faut être attentif à certains phénomènes.
Des exceptions jusqu’ici pratiquées…
Comme toute conquête humaine, la liberté est fille de l’histoire. Aussi le statut dérogatoire de l’Alsace-Lorraine est-il maintenu, terre de concordat (2) où il n’est pas interdit de vous demander officiellement quelle est votre religion. Les clergés y sont rémunérés par la République et les écoles soumises en partie à la division cléricale. Dans l’ouest de la France (Bretagne, Vendée) le respect de la laïcité est encore un combat, certaines communes refusant l’instauration de l’école publique ou favorisant outrageusement un culte.
Depuis les lois Debré (1959), les écoles catholiques n’ont cessé de revendiquer plus de droits :
- Loi Goulard – député du Morbihan- 2002 : « Lorsque l'école privée est la seule institution éducative présente sur le territoire d'une commune, il est clair que le respect du principe constitutionnel ne peut avoir pour effet de limiter les concours apportés par la collectivité à l'enseignement privé. ». A la place de « privé » il faut lire naturellement école catholique ou diocésaine. ( Pour information 60 communes du Morbihan n’ont pas d’école publique ! )
- Plus récemment, sous l’ère Sarkozy, la loi Carle (2009) oblige les communes à financer la scolarité d’élèves d’écoles catholiques. La presse locale nous a informé des revendications du diocèse de l’Aube qui voit au-delà des frais de scolarité, les investissements nécessaires selon lui à son développement. La plupart des communes ont refusé ce dictat, mais le principe d’une soi-disant « parité » a été néanmoins validé. Il convient de noter que l’Association des Maires de France (présidence UMP) a accepté ce principe contrairement à l’Association des Maires ruraux.
Une évolution inquiétante.
Chacun se souvient des déclarations insultantes du Président de la République à l’égard des enseignants des écoles républicaines et des non croyants devant Benoît XVI et face au roi d’Arabie ! L’actualité plus récente doit éveiller l’attention des croyants et des non croyants face à des tentatives manifestes d’instrumentalisation des religions à des fins politiciennes.
La Toussaint est une fête chrétienne, familiale et privée. Les anciens maillotins se souviennent sans doute qu’en des temps reculés, cette fête était célébrée officiellement et confondue avec la commémoration du 11 novembre. Cet état de fait datait de la seconde guerre mondiale : la célébration du 11 novembre étant interdite par l’occupant allemand vaincu en 1918, nombre de communes instaurèrent un hommage aux « poilus » le jour de la Toussaint. L’habitude se maintint longtemps à Mesnil-Sellières.
Aujourd’hui, la Toussaint est redevenue ce qu’elle doit être, et la commémoration de l’armistice aussi. Aussi avons-nous été surpris d’apprendre que le député maire de Brienne- le-Château avait renoué avec une pratique née lors des années noires de l’occupation et ce en présence des autorités militaires en principe laïques ! Coïncidence ou contagion, les communes de St Parres aux Tertres, de Villechétif ont également opté pour la fête religieuse. (Libération 5 /11/2011). A Villechétif, le premier magistrat, M. Charigot a déposé une gerbe offerte par la municipalité devant la « grande croix du cimetière » violant ainsi d’un coup, deux lois républicaines !… Passons sur le fait que les cimetières, comme tous les autres lieux publics devraient être des lieux neutres et de ce fait libres de toute obédience (3) Il arrive que l’histoire et la tradition expliquent la présence de tels symboles, ce qui est le cas notamment dans notre commune (4). Mais il serait dangereux que de tels comportements se généralisent, ouvrant la voie à d’innombrables revendications communautaristes.
Un œcuménisme de combat…
La presse nous apprend également que les responsables des principaux cultes se réunissent régulièrement dans l’Aube comme ailleurs sans doute. Cela ne peut que réjouir les esprits pacifiques tant ces questions ont été et restent dans le monde à l’origine ou prétexte à d’interminables massacres. Nous sommes sensibles aux appels à la paix et à la concorde si souvent renouvelés – ce qui suffit à prouver que la chose ne va pas de soi ! Néanmoins, nous avons lieu d’être inquiets lorsqu’on lit que les religieux réunis le 27 octobre à Troyes prônent une « vraie laïcité », ce qui, on en conviendra, sort quelque peu de leur domaine de compétence ! Nos ancêtres républicains n’ont heureusement pas attendu l’avis des églises pour en définir les contours. Plus récemment, selon la presse, un certain « frère Jean Claude » lors d’une nouvelle session œcuménique dénonce à la fois : « l’islamisme, perversion de l’islam, la montée des intolérances religieuses, l’indifférence religieuse et l’athéisme méprisant… »
L’amalgame ne manque pas de saveur. En même temps cela ne rassure pas l’indifférent ni l’athée tout court, qui généralement ne revendique rien, ne demande ni carré spécial pour être enseveli ni cérémonial public pour ses fêtes familiales, ni bâtiment à lui seul réservé. Il ne veut, l’indifférent ou l’athée, que le respect et l’assurance de ne pas être enrôlé contre son gré.
L’escroquerie Le Peniste…
Les troupes de choc du GUD (Extrême droite) à Paris.
Dernier avatar de la « reconquête spirituelle », Mme Le Pen se présente en protectrice de la laïcité ! L’observateur, même peu informé se sera fait répéter le message ! Les liens de la famille Le Pen, père et fille avec le catholicisme intégriste sont de notoriété publique et le projet scolaire du FN prône ouvertement la privatisation de l’école républicaine (« chèque scolaire » ou « chèque éducation » chers aux libéraux depuis Milton Friedman).
Tout le monde a compris (sauf apparemment Mme Elisabeth Badinter) que la laïcité de Mme Le Pen visait uniquement les musulmans réels ou supposés. Nous savons bien qu’il y a des partisans de la laïcité à droite comme à gauche, un peu plus à gauche pour être tout à fait équitable. Pour ce qui est de l’extrême droite, Bernard Antony, membre fondateur du FN, président de l'AGRIF. (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne.) est venu en donner une version à Troyes sous l’égide du CARED (Comité d’action pour l’état de droit) en présence de l’adjoint au maire de Troyes Jacky Morin. « L'Agrif est le syndicat des Français qui défend tous les chrétiens » a déclaré M. Antony.
Personnellement, je suis assez heureux de ne pas être concerné.
(1) Rappelons une enquête récente concernant les croyances reconnues par les Français : pour simplifier 1/3 affirment croire en dieu toutes religions confondues et en moyenne 10% de ceux là pratiquent effectivement ; 1/3 restent perplexes ; 1/3 se déclarent athées.
(2) Concordat : système instauré sous le Premier empire et maintenu en Alsace Lorraine, territoire occupé par l’Allemagne (1870-1918) lors du vote de la loi de séparation des églises et de l’Etat.(1905). La république française a renoncé à faire appliquer la loi commune après la défaite allemande par crainte des tendances autonomistes alsaciennes et pour « solder » un certain nombre de conflits avec une église catholique encore marquée par l’opposition au régime démocratique.
(3) Le principe de neutralité des cimetières résulte de trois lois adoptées dans les débuts de la IIIe République.
La loi du 14 novembre 1881 a ainsi abrogé l'article 15 du décret du 23 prairial an XII, qui imposait aux communes d'affecter une partie du cimetière ou de créer un cimetière spécialement affecté à chaque culte, et interdit tout regroupement par confession sous la forme d'une séparation matérielle du reste du cimetière.
Celle du 5 avril 1884 a ensuite soumis le maire à une obligation de neutralité dans l'exercice de son pouvoir de police des funérailles et des cimetières.
Enfin, l'article 28 de la loi du 9 décembre 1905 a affirmé le principe de neutralité des parties publiques des cimetières, en interdisant « d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement que ce soit, à l'exception des édifices servant aux cultes, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »
Ces dispositions, dont certaines figurent désormais aux articles L. 2213-7 et L. 2213-9 du code général des collectivités territoriales, emportent également interdiction de créer ou d'agrandir un cimetière confessionnel existant42(*).
Elles trouvent leur justification dans la nécessité de respecter la liberté des croyances et des convictions en assurant la neutralité des lieux d'inhumation ouverts à toutes les confessions. Aristide Briand déclarait ainsi en juin 1905 qu'« un cimetière est un endroit collectif sur lequel tous les habitants d'une commune ont des droits : les protestants, les israélites ou libres penseurs comme les catholiques.»
(4) On considère généralement que notre croix de cimetière marque symboliquement la trace de l’ancienne église de Sellières aujourd’hui disparue
Une des banderolles brandies par les intégristes.
Union sacrée? Le même jour intégristes catholiques et musulmans à Paris.
Voir ci-dessous la déclaration de l’UFAL.
Les intégrismes religieux unis contre la liberté d’expression :
c’est en France que ça se passe !
Par l'UFAL
Mercredi 2 novembre 2011
Fanatisés par leur conception particulière de la religion, des intégristes catholiques s’en sont pris à la liberté de création et de représentation théâtrale (Sur le concept du visage du fils de Dieu, de Romeo Castellucci au Théâtre de la Ville), causant de graves troubles à l’ordre public. Si les précédents ne manquent pas (attentat de 1988 contre un cinéma projetant La dernière tentation du Christ de Martin Scorsese, saccage récent de l’œuvre Piss Christ d’Andres Serrano), le plus étonnant cette fois est le soutien apporté par un contingent d’intégristes musulmans dont les propos confus sont rapportés sur le site islamenfrance.fr. C’est par ailleurs sur ce site qu’a été publié le 31 octobre un appel « pour rigoler » à brûler Charlie Hebdo.
Un pas de plus vient d’être franchi avec l’incendie criminel qui a détruit les locaux de cet hebdomadaire. Le fanatisme révélé à l’époque des caricatures du prophète par les menaces et le procès fait au directeur de Charlie Hebdo n’a fait que croître.
Ces graves atteintes à la liberté d’expression démontrent qu’il ne doit pas y avoir de tolérance pour l’intolérance dans notre République laïque.
Pour l’UFAL, qui avait en 2007, à l’occasion des Rencontres Laïques Internationales, soutenu Charlie Hebdo traîné en justice, il ne s’agit pas seulement d’atteintes à la liberté d’expression, mais de menaces pour l’ensemble des libertés publiques. Seule la laïcité garantit que les expressions religieuses ne puissent plus devenir synonymes d’oppression des autres formes de pensée, ni des libertés d’autrui. La loi du 9 décembre 1905 a ainsi placé en tête de son article premier le principe de la liberté de conscience, c’est-à-dire le droit de croire, ou ne pas croire, de douter, ou de refuser de se prononcer en la matière. C’est pourquoi nous souhaitons que les articles 1er et 2 de la loi de 1905 soient intégrés à la Constitution française et que la date anniversaire du 9 décembre devienne une fête reconnue, non par simple devoir de mémoire mais comme impératif démocratique pour l’avenir.
Au moment où des inquiétudes se font jour sur le devenir des « révolutions arabes », sous l’effet d’intégristes cherchant à imposer l’emprise de la religion sur l’état, sur le droit civil, sur la situation des femmes et la liberté de pensée, sachons en France réaffirmer que le blasphème n’est pas un délit, et que seule la laïcité constitutionnelle garantit l’ensemble des libertés fondamentales
.
Intégristes musulmans : même combat ?
Et sachons aussi agir : l’UFAL appelle tous les mouvements laïques qui partagent les principes fondamentaux de la république à œuvrer ensemble pour promouvoir le principe de laïcité comme facteur d’émancipation individuelle et sociale, défendre la liberté d’expression et exiger que le gouvernement fasse respecter les libertés publiques garanties par la Constitution.
par l'UFAL
Union des FAmilles laïques
http://www.ufal.org
Durant trois jours, à la fin de la semaine dernière, les communistes
étaient appelés à voter pour choisir leur candidat à la future élection présidentielle. Les résultats de la consultation sont publiés et donnent un certain nombre d’indications utiles.
70,25% des adhérents à jour de leurs cotisations ont voté soit 48 631 personnes sur 69 227. Les bureaux de vote étaient ouverts dans les sections, les fédérations, et le vote par correspondance ou par Internet possible. Pour un parti dont les commentateurs « autorisés » annoncent la mort depuis plusieurs années, ce n’est pas si mal.
Le choix était fondé sur des orientations politiques clairement exposées et non sur des questions de personnes.

Jean Luc Mélanchon, incarnait le choix de l’ouverture et d’une dynamique de rassemblement à travers le Front de gauche. Ce vote signifiait aussi la remise en cause d’une conception uniquement centrée sur l’élection présidentielle puisqu’il inclut un accord pour les élections législatives.
André Chassaigne, issu du PCF, incarnait une autre vision du Front de gauche qu’il souhaitait plus proche des territoires et des gens, moins « médiatique », mais forcément moins ouverte politiquement.
Le troisième candidat, Dan Tran représentait ceux qui au sein du PCF refusaient l’alliance nouée avec les partenaires du Front de gauche, pour une candidature PCF. On nous pardonnera ces simplifications un peu caricaturales mais je pense assez proches des enjeux.
Les résultats.
- Dans l’Aube, le choix de Jean Luc Mélanchon a été ratifié par 63,13% des votants contre 33,33% à André Chassaigne et 3,54% à Dan Tran.
- Au niveau national, les résultats sont respectivement de 59,12% , 36,82% et 4,07%
Rappelons que la candidature s’appuie sur un programme partagé élaboré en commun par les forces politiques unies et les contributions individuelles. (Consultable en ligne : http://www.pcf.fr/7379. On peut y proposer et contester)

Le Front de Gauche rassemble désormais sur une même candidature le Parti de gauche (http://www.lepartidegauche.fr/) , la Gauche unitaire (issue du NPA) http://gauche-unitaire.fr/, la FASE http://lafederation.org/ et le PCF http://www.pcf.fr/ .
Il est ouvert à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent un renouveau de la gauche et des réponses fermes à la détérioration de la situation sociale, économique, culturelle et morale de notre pays.
Droits sociaux et partage des richesses
Une République solidaire et fraternelle
Convoquer l'assemblée constituante de la VIe République, le pouvoir au peuple
S'affranchir du carcan du traité de Lisbonne pour construire une autre Europe
Changer le cours de la mondialisation
Première réactions.
Conformément à une ligne politique ancrée depuis des lustres, les commentateurs « autorisés » ont ressassé le thème de la « division », comme s’il ne pouvait y avoir qu’une seule force politique à gauche dans ce pays. La vérité est que la gauche a toujours été diverse, que l’électrice, l’électeur ne peut se satisfaire d’un « bipartisme » n’apportant que des alternances molles sur fond d’austérité. Le premier tour de l’élection présidentielle - malgré les barrières érigées au fil du temps pour en accentuer les défauts- sert justement à exprimer des choix alternatifs. Faute de se voir offrir une réelle possibilité de changement, l’électrice, l’électeur se réfugie dans l’abstention ou un vote soi-disant « protestataire » dont on connaît l’odeur et la couleur. La responsabilité de la gauche est d’être La gauche, et non pas une version plus ou moins maquillée de la politique néolibérale imposée à l’Europe et à la France. C’est ce à quoi s’emploie le Front de gauche.
Vous avez dit « populisme » ?

Sitôt apparue, la nouvelle force politique à gauche s’est vue taxer de populisme. Certains parmi les soutiens médiatiques des pouvoirs en place ont même hâtivement rejeté « les extrêmes » qui selon eux se rejoignent, hors du champ républicain. La manœuvre est grossière et insultante. Le Front de gauche s’adresse au peuple : c’est bien le moins ! Est-il raisonnable pour cela de le comparer à ceux qui exploitent les peurs, montent en épingle chaque fait divers, attisent les divisions entre Français ? La « droite populaire » aile extrême de l’UMP flirte ouvertement avec une extrême droite hâtivement relookée. Il faut être aveugle et sourd pour ne pas voir l’opposition radicale qui existe entre ces tenants de l’ordre établi- autoritarisme et régression sociale – et le Front de Gauche qui appuie et soutient les revendications exprimées notamment par la Confédération européenne des syndicats, les principales organisations de salariés en France et les associations qui luttent contre les exclusions et la précarité. Le peuple oui, mais un peuple informé et acteur des changements. Ce peuple qui sait descendre dans la rue et qu’ on s’acharne en haut lieu à si mal compter parce qu’on imagine qu’il compte si peu.
La réaction du Parti de Gauche ici :
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/06/15/avec-mikis-theodorakis/
Sarkozy, Wauquiez : le retour du maurrassisme
Par l'UFAL
Vendredi 4 mars 2011
En attaquant la laïcité ainsi que les acquis sociaux du Conseil National de la Résistance, Nicolas Sarkozy s’est clairement inscrit dans une politique de démantèlement du modèle républicain.
Ce jeudi 3 mars 2011, alors qu’il était en visite au Puy-en-Velay, il a franchi le dernier pas en tenant les propos suivants: “La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture, c’est la France, la France que nous aimons, la France dont nous sommes fiers, la France qui a des racines.”
Nul ne saurait nier que l’histoire de France soit en partie liée à celle de la chrétienté. Nul ne saurait oublier, néanmoins, que la République s’est opposée, au cours de son histoire, à la volonté hégémonique de l’Église. Nul ne saurait oublier, non plus, que la République ne puise pas dans des racines mais se fonde sur des principes. Si les racines enferment un peuple dans une identité, les principes, quant à eux, ont une dimension universelle. En se réclamant de racines imaginaires, le président de la République alimente volontairement la confusion mais introduit, qui plus est, de la division au sein du peuple français. Il fait semblant d’ignorer que la République récuse toute conception ethnique du peuple : le citoyen ne saurait se définir en référence à un quelconque particularisme.
Les propos de Nicolas Sarkozy sont encore plus graves lorsqu’on les met en rapport avec ceux de Laurent Wauquiez “Dominique Strauss-Kahn, c’est Washington, Dominique Strauss-Kahn, c’est sûrement une très belle maison qui donne sur le Potomac. C’est pas la Haute-Loire et c’est pas ces racines-là [sic] “. Le ministre en charge des affaires européennes, agrégé d’histoire, ne peut ignorer la portée d’une telle rhétorique : opposer les “enracinés” aux “déracinés”, les français du terroir aux français “errants”, évoque les pages les plus redoutables de Charles Maurras. A l’heure où le gouvernement prétend lancer le débat sur la place de l’islam en France, à l’heure où ce même gouvernement affiche clairement sa volonté de remettre en question le principe de laïcité, cette opération de communication laisse présager le pire. Il est en effet à craindre qu’elle ne s’intègre dans une offensive anti-républicaine de grande envergure.
Nicolas Sarkozy joue avec le feu : d’une main, il détruit le modèle républicain tandis qu’il attise, de l’autre, le vieux démon du maurrassisme.
par l'UFAL
Union des FAmilles laïques
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poème d'une
enseignante
Monsieur Le Président, merci de lire ce
message:
Un p'tit bonheur sur une page,
Une douceur... pour l'Education Nationale.
Je le confie à la toile,
La grande toile du progrès,
Afin qu'il tisse les voiles...
De la solidarité,
Et qu'il rayonne aux ondes..
De l'humanité.
Je suis Professeur des Écoles
Dans un petit village de l'Eure,
Trois cents âmes y demeurent,
Et vingt-six élèves à l'école..
Une classe, dite « unique »,
Mais cinq cours, dits multiples...
Dans cette école une chance,
Un p'tit morceau de bonheur,
Qui s'écrit avec ces trois lettres :
Employée de la Vie Scolaire.. .
Pour l'Éducation Nationale,
Un p'tit bonheur, c'est pas banal,
Un léger baume sur le coeur
De cette Grande Dame
Un peu... bancale !
Notre bonheur, c'est Géraldine,
En silence elle participe
A la guérison d'la Grande Dame...
Elle est... une Valeur Ajoutée
HUMAINE rentabilité,
Et c'est du bonheur... assuré !
Dès le matin, elle s'active,
C'est sur le net qu'elle s'incline
Les courriers, les notes de service,
Toutes les infos de l'inspectrice,
Et celles de l'Académie....
Mes mots notés au brouillon,
Les compte-rendus de réunion,
Tapés, imprimés, photocopiés,
Enveloppés, adressés, timbrés,
Prêts à être distribués...
Encadrés, les
derniers dessins des CP,
Affichés, sinon... à quoi bon dessiner ?
Un CM vient montrer son texte sur le musée,
Elle l'aide à le recopier, à taper sur le
clavier..
Afin de ne pas gêner, le travail commencé,
Un autre enfant vient finir avec elle
l'exercice,
Elle
explique et décortique, redonne de l'énergie...
Rangée la bibliothèque,
Notés les livres prêtés,
Elle prépare la maquette,
La une du journal scolaire...
Ah! Notre petit journal
« Magique », ils l'ont appelé
Quel travail de fourmi,
J'y passerai......des nuits ?
Sonne la
récréation, une mi-temps pour souffler,
Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux
cafés,
Quelques chaudes gorgées, entre... deux conflits à
régler,
Des solutions à trouver, des mots à reformuler,
Une écorchure à soigner, une blessure à
consoler...
Et puis... c'est reparti !
Sur les chemins de la connaissance,
Vaincre ainsi sans cesse l'ignorance,
Avec labeur, effort, sérieux,
S'ouvrir l'esprit, être curieux.
Ne pas oublier l'insouciance,
De tous ces êtres en enfance,
La bonne blague !... On la mettra dans le
journal,
Les bons gags, et les rires, c'est vital !
Dans les pots
Les peintures sont bien préparées,
Quatre enfants sur un chevalet,
Deux à l'ordi pour recopier,
Les autres en dessin sur papier,
...Sans elle, jamais...
Ce ne serait si bien géré.
Le soir, coup de fil...
C'est Géraldine,
A sa voix, je perçois,
Une blessure qui abîme...
Écoute, me dit-elle... c'est à pleurer !
Du « Pôle Emploi » j'ai reçu...
un imprimé,
Dans quelques semaines, c'est marqué,
Votre contrat est terminé...
Ils me demandent ce que j'ai fait,
Pour trouver un futur emploi..
Sa voix se fêle... "J'ai..un emploi! »
Ils me demandent ce que j'ai fait,
pour me former, pour m'insérer,
Sa voix se gèle.... puis accélère: « Je... suis
formée,
depuis trois ans, j'me sens utile, insérée et c'est
varié,
pas bien payé, mais... j'veux rester ! »
Sa voix s'étrangle... c'est à pleurer...
Ils me demandent mes compétences
C'que j'ai acquis, que vais-je répondre ?
Il y a l'espace... d'UNE LIGNE
UNE LIGNE.... mais tu te rends compte !
J'ai honte, honte... il aurait fallu UNE PAGE
Au moins UNE PAGE pour répondre,
J'ai honte, honte... pour notre Grande Dame
Pour ceux qui l'ont créée, l'ont fait évoluer,
Qui a tant appris aux enfants,
Qui a tant encore à leur apprendre..
Et Géraldine ???
On n' lui dira même pas MERCI
Bien sûr, pas de parachute doré,
Et même pas d'indemnité
Ils lui précisent... Oh!..comme ils disent
D'étudier ses droits... pour... le R.M.I.
Elle a raison... c'est à pleurer...
Alors qu'on demande chaque jour,
A nos élèves de dire « Bonjour »
De dire « Au revoir » et.... « Merci »
De s' respecter, d'être
poli
Comme vous dites, Monsieur Sarkozy...
Que vais-je dire, à la p'tite
fille,
Qui l'autre jour, près de moi, s'est assise,
Et, tout fièrement, m'a dit :
« Tu sais, Maîtresse, moi, quand j'serai
grande,
J'irai au collège, comme mon grand frère,
J'irai au lycée, j'passerai mon bac,
Et je ferai... comme Géraldine! »
Je sursaute... Mon cœur se serre...C'est à pleurer.
C. Picavet
Professeur des écoles
à l'école des Livres Magiques Saint-Grégoire du Vièvre (Eure)
En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina, Laurence, Elodie, à tous les Philippe, Sébastien, et bien d'autres
qui ont valorisé mon travail, et participé à la guérison d'la Grande Dame...qui est encore bien malade...
Je ne crois pas à la peur, je crois à la force et à la magie des
mots,
Et
pour garder notre bonheur, il suffirait de quelque Euros...
Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de formation, Jetterait son salarié, pour prendre un autre, recommencer
?Quel jardinier, quel paysan, brûlerait sa récolte mûre, après avoir semé, soigné ?
Je n'ai pas fumé la moquette
Je veux seulement que l'on arrête, De prendre les gens pour des
pions,
Qu'on arrête de tourner en rond !
Torpillé le « Chagrin d'école »En mille miettes de BONHEUR
!
En l'honneur de tous ces p'tits bonheurs..
INONDONS LE NET
les amis, les décideurs,
les chômeurs, les travailleurs,
les directeurs, les
inspecteurs,
employés et professeurs,
députés, ministres,
rmistes ou artistes,
>chanteurs, compositeurs, rappeurs, slameurs,
radios, journaux, télés,
et à tous ceux qui sont... parents... d'un enfant...
enfin à chaque être humain de ce pays
qui j'espère un jour dans sa vie,
a bénéficié d'un peu de bonheur,
de cette Valeur
Ajoutée
> HUMAINE rentabilité,
dans le giron de la Grande Dame.

P.S. : Ironie..... A la rentrée, c'est presque sûr
Notre petite école rurale
Sera dotée d'une Valeur Matérielle Ajoutée,
Des fonds ont été débloqués,
Huit ordinateurs et un tableau interactif
Nous serons à la pointe du progrès ! Et pour cela, je serai formée
!
Mais, qui m'aidera à installer, et à gérer, sans Valeur Humaine
Ajoutée ?
A LIRE, PUIS A TRANSMETTRE
merci
Ce n'est pas la 1ère fois que l'Éducation Nationale, autrement dit l'État, se déshonore !!
A faire
suivre le plus possible

Et en complément d’information…
Le
10 février prochain, le SNUipp appelle avec la FSU à une journée de grève et de manifestation partout en France pour l’avenir de l’école. En cause, le budget de l’Education nationale, qui, à coup
de milliers de suppressions de postes construit un projet éducatif préférant la réussite de quelques-uns à celui de la réussite de tous.
Ces coups de ciseaux ne peuvent qu’accentuer le phénomène français souligné par PISA d’aggravation des inégalités sociales à l’école.
Dans le primaire, ce sera 8 967 postes qui sont appelés à disparaître alors que plus de 8 000 élèves supplémentaires sont attendus à la rentrée : RASED, maternelles, remplacements, enseignants supplémentaires en éducation prioritaire, la chasse aux « gisements d’emplois » est ouverte. Et, si ça ne suffit pas, on suggère déjà d’augmenter les effectifs par classe, de fermer des classes ou de regrouper des écoles rurales. Le discours du ministre sur l’élargissement de l’enseignement des langues vivantes aux enfants de 3 ans confine à l’absurde alors qu’à ce jour la généralisation n’est pas achevée dans l’élémentaire et que près de 800 postes seront prélevés sur les intervenants en langues vivantes. Les directeurs d’école sont également les premières victimes de ces coupes aveugles. Dans de nombreux endroits, l’aide administrative à la direction d’école n’est pas renouvelée. Le temps de décharge accordé aux directeurs pour le fonctionnement de l’école est revu à la baisse.
Le budget de l’Education nationale se réduit comme peau de chagrin, mais cet âne n’est pas bien gras comme le souligne l’OCDE qui relève que l’investissement de la France dans le primaire est déjà de 15% inférieur à celui de la moyenne des pays membres de l’organisation.
Le moment n’est pas venu de se démobiliser. Le SNUipp s’est engagé dans une démarche unitaire pour construire la mobilisation la plus large. Aujourd’hui, c’est l’avenir de l’Ecole de la réussite de tous qui est remis en question. Le SNUipp demande l’abandon des suppressions de postes programmé à la rentrée prochaine. L’Education nationale a besoin d‘un budget porteur d’un projet de transformation de l’école. La maternelle, l’éducation prioritaire et la formation professionnelle des enseignants sont des leviers essentiels pour une meilleure réussite des élèves. Dans cette situation d’urgence, l’école ne peut attendre !
Paris, le 25 janvier 2011
On peut lire aussi…
Redonnons des couleurs à l’école
Communiqué de presse du SNUipp-FSU d’appel à la grève le 10
février
La carte de France des suppressions par département
RASED : le grignotage
Direction : la surcharge
Effectifs à la hausse
Tout ce qui n’est pas devant classe
La maternelle à 3 ans ?
Remplacements : à la baisse
Sur le site :
Au mois de juillet dernier, les parents d’enfants scolarisés ont appris qu’elles devraient désormais acquitter le paiement de la carte de transport. Nous avons tenté de rassembler quelques éléments d’appréciation sur cette remise en cause contestée par nombre de familles, par la principale association de parents d’élèves (FCPE) et par les élus communistes au Conseil général.
Justification de la gratuité.
Sur le site de la FCPE, on peut lire le rappel suivant :
« La gratuité ne
saurait être assimilée à une quelconque mesure d'aide sociale : la première répond à un principe constitutionnel qui donne accès à tous au service public d'éducation (livres, équipements
professionnels, transport scolaire, etc.), la seconde permet d'apporter un soutien financier complémentaire aux familles les plus démunies.
Selon la FCPE, la gratuité de l'Ecole publique s'impose dès lors que chaque citoyen, comme contribuable, a participé solidairement et proportionnellement à ses revenus à l'impôt pour les dépenses
d'éducation. »
Environ un tiers des départements français assuraient la gratuité totale, avant la réforme du financement des collectivités locales par le pouvoir UMP-NC. ( 25 départements à gratuité totale, moins de 30 € par an dans 10 autres départements.) Une grande majorité des départements assurent plus de 90% de la dépense.
Dans le département de l’Aube, la gratuité a accompagné et facilité la mise en place des regroupements pédagogiques intercommunaux en milieu rural (regroupement des écoles communales) ainsi que la scolarisation dans les collèges hors agglomération (scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans : ordonnance du 6 janvier 1959 effective pour tous à partir de 1967 et loi Haby qui crée le ‘’collège unique’’ dont la mise en place effective ne commence qu’en 1977. )
Le principe de la gratuité du transport scolaire dans l’Aube a été adopté en 1979. Le RPI Dosches ; Géraudot ; Mesnil-Sellières ; Rouilly-Sacey a été mis en place en 1980.
Les motifs invoqués par le Conseil général.
(Extraits du site du Conseil général)
« Cette décision fait partie des nombreuses mesures d’économies adoptées vendredi 9 juillet 2010 par le Conseil général de l’Aube dans le cadre de son plan de sauvegarde. »
On y apprend que :
« Comme l’ensemble des départements de France, le Conseil général de l’Aube est confronté à une situation impossible à tenir :
- HAUSSE DE SES DEPENSES OBLIGATOIRES : allocations APA (personnes âgées dépendantes), PCH (personnes handicapées) et RSA (parents isolés, personnes sans emploi ou tirant un revenu
limité de leur activité).
- STAGNATION DE SES RESSOURCES :
gel des recettes
provenant de l’Etat + quasi impossibilité de lever l’impôt (perte d’autonomie fiscale liée à la suppression de la taxe professionnelle et de la taxe d’habitation). »
La décision découle donc des décisions du gouvernement UMP-NC :
« Quelques
chiffres significatifs :
Différentiel entre dépenses
obligatoires et recettes d’Etat entre 2003 et 2009
- Augmentation des dépenses sociales obligatoires APA et RMI/RSA : + 44 M€
- Accroissement des recettes censées couvrir ces dépenses : + 26 M€
- Dépenses supplémentaires à la charge du département, car non couvertes par l’Etat : 18 M€. »
http://www.cg-aube.com/
Dans un premier temps, le président du Conseil général s’était élevé contre certains aspects de la désorganisation en cours des collectivités locales, à travers notamment l’assèchement des ressources. On sait que ces dispositions, voulues par le Président de la République AVANT LA CRISE puisqu’annoncées durant la campagne électorale, frappent aussi les régions. La volonté politique l’emporte largement sur les considérations financières : il s’agit de « re-centraliser » au détriment des structures intermédiaires, de restreindre la représentation des citoyens au profit de clientélismes captifs en étranglant les exécutifs locaux. La quasi-totalité des élus aubois soutenant l’action présidentielle, la fronde passagère du Conseil général ne pouvait être prise au sérieux.
L’idéologie libérale à l’oeuvre…
On revint donc bien vite aux fondamentaux : culpabiliser les familles. Le mot magique fut prononcé : « RES-PON-SA-BI-LI-SER ». Dans une société marchande où l’argent est censé commander les esprits et les cœurs, la formule signifie toujours : « Faire payer plus ». Rendre un service « gratuit », c’est à coup sûr donner de mauvaises habitudes et faire naître des idées dangereuses. Citation :
« Quand on est habitué à bénéficier d’un service gratuit…on oublie que c’’est soi-même ou son voisin qui finit par payer au travers de l’impôt » (P. Adnot)
Passons sur le mépris souverain qu’exprime ainsi cet « élu du peuple » pour les citoyens à qui il doit sa fonction. Relevons simplement la philosophie profonde qu’il manifeste : la gratuité de l’école par exemple, le système de santé ou de retraite solidaires seraient donc abusifs, le principe même de service public spoliateur. La contagion libérale et anglo-saxonne fait des ravages.
Arguties technocratiques…
« Un écart important existe entre le nombre d’inscrits et le nombre d’utilisateurs du transport scolaire… à tel point que certains cars circulent souvent à moitié vides.
Cela représente une charge inutile dans le budget du Conseil général. »
Les coupables du déficit départemental ne sont plus les élus qui décident ou acceptent l’asphyxie financière du département, mais quelques familles qui ne respectent pas les règles du jeu. Chacun sera tenté de repérer autour de soi les coupables ! On notera avec soin les heures de passage des cars « à moitié vides »…
Quelques élus, tout de même un peu gênés aux entournures ont proposé d’établir des tarifs en fonction du quotient familial (Marc Bret ex PS, Jean-Marc Massin - Vert, Daniel Lebeau- MRG). La majorité par la bouche du Président Adnot a refusé « parce qu’il faudrait créer des emplois pour traiter les dossiers » !
La FCPE rue dans les brancards…
La fédération de parents d’élèves a appelé dès le mois de septembre, au boycott de la décision. Des centaines de signatures ont été recueillies.
Voir la lettre ouverte ici :
http://www.kaiga.fr/fcpe10/lettre_ouverte.pdf
La FCPE souligne que « c’est une remise en cause de la gratuité de l’éducation nationale… » Les responsables soulignent que 12% des familles de l’Aube vivent en situation de pauvreté soit 13 000 familles ; le département compte 18 000 demandeurs d’emploi. « Si les parents n’ont pas les moyens de payer est-ce que leurs enfants ne pourront plus aller à l’école ? » a demandé Dominique Drot. Pour certaines familles, le montant à régler à la rentrée atteint 300 €…
Dans un tract largement distribué lors des récentes manifestations, la FCPE conteste l’accusation d’irresponsabilité des parents.
Si « surdimensionnement » il y a, pourquoi s’en aperçoit-on seulement après 20 ans de « mauvais fonctionnement » ?
Quant aux cars « à moitié vides », la FCPE constate que le transporteur principal ne dispose que de cars d’au moins 50 places. « Sauf à faire l’acquisition d’une nouvelle flotte de bus (quel coût ?) les variations du nombre d’élèves transportés escomptés par la punition du paiement par tous du droit d’accès aux bus ne peuvent donner lieu à aucune économie de moyens… »
Contre propositions…
La presse locale du 9 octobre dernier rendait compte des contre propositions faites par Joë Triché et Marie Françoise Pautras (PCF) seuls élus au Conseil général à avoir voté contre la suppression de la gratuité.
- Prélèvement auprès des entreprises du département de 0,6% de la masse salariale comme c’est déjà le cas dans le périmètre du « grand Troyes »
- Réexamen des dépenses qui ne relèvent pas de la compétence du département.
- Saisine du Conseil constitutionnel pour non respect du principe de libre administration des collectivités locales comme l’ont fait 60 autres départements.
Le 8 octobre, « La Dépêche de l’Aube » titrait « Les enfants devront payer… La droite invente la gratuité payante… »
http://www.ladepechedelaube.org/article.php3?id_article=1500
Au niveau régional, un vœu déposé par Pierre Mathieu :
« Le coût du transport pèse de plus en plus lourd dans le budget des familles. Les départements comme les autres collectivités sont littéralement asphyxiés par la réduction des moyens financiers que leur attribue le gouvernement.
Dans ce contexte la remise en cause de la gratuité des transports scolaires, comme cela a été décidé par la droite départementale, porte atteinte au pouvoir d’achat des familles, aggrave encore les inégalités sociales et ne résout en rien le besoin d’une offre de transport adaptée pour les territoires et populations qui en sont aujourd’hui totalement dépourvus….. Après la proposition faite à Philippe Adnot d’étudier la mise en place d’un Syndicat Mixte, de type loi SRU, qui permettrait de trouver des moyens financiers nouveaux pour développer les services, sur proposition de Pierre Mathieu au nom du groupe communiste, la majorité du conseil régional de Champagne Ardenne a adopté un vœu demandant au gouvernement de traiter de manière équitable toutes les collectivités en généralisant le Versement Transport.
Aujourd’hui, seule l’Ile de France et les agglomérations responsables de transports, disposent de cette ressource alimentée par les entreprises de plus de 9 salariés.
Généraliser ce dispositif donnerait enfin aux régions et aux départements une ressource propre pour contribuer à l’équilibre de leur budget transport et répondre aux nouveaux besoins. La droite et le Front National se sont opposés à cette demande, pourtant nombre de leurs élus sur le territoire sont en attente d’aides concrètes et financières de la Région et du Département... Il est par ailleurs étonnant et pour tout dire assez incompréhensible que les élus d’Europe-Ecologie de notre région n’aient pas soutenu cette demande… dont l’unique objectif est de …favoriser les modes de déplacement alternatifs … donc de faire reculer significativement l’émission de Gaz à Effet de Serre... »
http://www.ladepechedelaube.org/article.php3?id_article=1512
(coloriage à télécharger pour occuper les enfants refusés)
Des chiffres à comparer :
La mesure prise par la majorité de droite du Conseil général représenterait une économie de 630 000 € auxquels s’ajoutent 110 000 € liés à la suppression de la bourse aux lycéens.
Au total 910 000 € seront pris dans les budgets familiaux.
Quelques chiffres permettent d’apprécier les choix faits par l’UMP-NC et ses alliés dans l’Aube : à chacun d’en tirer les conclusions.
5.6 Millions d’€ : rallonge votée le 18 octobre pour la construction de l’auditorium dont le coût s’élèverait à 27,4 millions(Dans le cadre de la construction du nouveau siège du Conseil général )
5 millions d’€ sur 5 ans
au groupe Soufflet.
5,6 millions d’€
supplémentaires pour le futur centre de congrès (+25% par rapport au budget initial annoncé)
Crédits affectés aux établissements d’enseignement supérieur privés :
791 356 €. A l’école de commerce.
550 000 € à l’UTT.
229 830 € pour l’école supérieure d’Arts appliqués.
Sans compter 214 000 € pour le centre universitaire de Troyes, établissement public relevant de la compétence de l’Etat.
L’ultimatum.
Une note d’information parvenue aux familles a fixé au 29 novembre la date à partir de laquelle les enfants devraient présenter leur carte pour accéder aux transports scolaires. Elle précise que la communauté de communes (pas plus que les communes) ne peuvent se substituer au Conseil général pour le financement des déplacements.
Naturellement, cette situation place les intervenants dans une position délicate. « Que faire des enfants qui n’ont pas leur carte à la date indiquée ? Doivent-ils être purement et simplement refoulés et qui a autorité pour le faire ?»
Les enseignant(e)s ne sont nullement responsables de la situation ainsi créée. Ils sont soumis à des règles strictes en ce qui concerne l’accueil des enfants (horaires à respecter, personnes à qui confier les enfants à la sortie des classes maternelles… etc.)
Les seules autorités compétentes sont le Conseil général, l’élu du canton, le syndicat qui gère le transport scolaire.
Les lecteurs de la presse locale ont pu lire, mardi 26 octobre dernier, dans les avis de décès, les phrases suivantes :
« M. Christian Branle, conseiller général, maire de Lusigny-sur-Barse, le conseil municipal, les anciens élus et le personnel communal ont la tristesse de vous faire part du décès de ….. Ils vous prient d’assister à la cérémonie religieuse qui sera célébrée … etc »
« Les présidents, les vice-présidents, les membres du Syndicat d’alimentation en eau potable des vallées de la Mogne, de la Seine et de la Barse …… vous prient d’assister à ses obsèques religieuses … »
« Le président, le bureau syndical, la directrice et les collaborateurs du Syndicat départemental d’énergie de l’Aube vous font part …. Les obsèques religieuses auront lieu …etc »
Ainsi, des élus : conseillers municipaux et conseillers généraux demandent, es qualité, à la population d’assister à une cérémonie religieuse.
Pourtant, tous savent qu’ils doivent, dans l’exercice de leurs fonctions républicaines, respecter la plus grande neutralité en matière religieuse. La loi de 1905 de « la séparation des églises et de l’état », loi laïque, est un fondement de la République Française. Elle garantit le libre exercice des confessions et elle sépare la vie civile de la vie religieuse. Ces élus contreviennent à cette loi. Certes, ils ne sont pas les seuls : chaque année, pour les cérémonies du 11 novembre, un certain nombre de maires invitent leurs concitoyens à assister à la cérémonie religieuse qui ouvre la journée de commémoration et cela depuis de nombreuses années. Certes, le Président de la République montre le mauvais exemple soit par ses paroles profondément anti-laïques et par son attitude envers le pape. N’est-il pas, dernièrement allé à Canossa en allant expliquer au pape la politique française vis-à-vis des Roms ?
Nous assistons, du haut en bas de l’appareil d’état, de la part d’élus de tous niveaux, à une attaque résolue et réfléchie contre le principe de laïcité qui, seul, permet la cohabitation de toutes les obédiences religieuses, politiques, culturelles, sans que l’une d’entre elles asservissent les autres. Attention, l’une de nos libertés fondamentales est en danger. Luttons contre cette réduction de la laïcité, luttons pour une laïcité entière, rénovée, élargie.
Noël Vimitch
et pour se documenter:
http://alainlevot.fr/anciensite/2009-11-26-conference-henri-pene-ruiz_4.mp3
(conférence d'Henri Peña Ruiz à Magny-les-Hameaux)
Quelques ouvrages d'Henri Peña Ruiz:
La loi de 1905 sur le site de l'Assemblée nationale: débats et textes.
http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/sommaire.asp

On peut voir également:
http://www.laicite-educateurs.org/article.php3?id_article=206
pour ce qui concerne les associations régies par la loi de 1901.
La QV communique:
Oui, ce sont entre autres des
paratonnerres et des cadavres de singes radioactifs qui vont être transportés dans les nouveaux bâtiments d’entreposage de déchets FA-VL (Faiblement Radioactif
et à Vie Longue),
dans le CSTFA de Morvilliers, dans l’Aube, près de Soulaines.
Vendredi 19 novembre, la municipalité de Morvilliers avait convié les seuls habitants du village, et les
représentants de la Communauté de Commune, à une présentation du projet d’entreposage des déchets FA-VL et MA-VL,
assurée par Bruno CAHEN (directeur industriel de l’ANDRA), et Patrick TORRES (directeur des Centres de Morvilliers et de Soulaines).
Une soixantaine d’administrés ont donc appris que, fin 2012, un bâtiment de 2000 m2 accueillera divers déchets : paratonnerres, détecteurs de fumée, réveils, montres, objets médicaux, fontaines radioactives, aiguilles de radium, etc... Une
sorte de vide-grenier “radioactif” présenté comme peu inquiétant, et auquel on a donc consacré beaucoup de temps, pour banaliser les activités de l’ANDRA...
La réalisation d’une chambre froide pour y entreposer des cadavres de singes radioactifs et autres animaux de laboratoire n’a pas inquiété l’auditoire. Pourvu qu’ils soient bien morts et qu’ils ne s’échappent pas dans le vignoble champenois voisin, ni dans les
champs de choucroute ! On a déjà des sangliers “tchernobylés” !
La Q.V. a immédiatement alerté la communication scientifique pour en savoir plus sur ces pratiques.
- Pourquoi nourrir des animaux avec de l’uranium ?
- Pourquoi les désaltérer avec de l’eau tritiée ?
- Pourquoi de telles expériences ?
L’expérimentation sur les grands singes ne sont-elles pas interdites ?
Et les résultats ont-ils été publiés ?
Une fois mort, les cadavres de singes deviendraient des déchets radioactifs ?
Merci aux spécialistes de nous communiquer ce qu’ils savent sur ces horreurs et sur cette chaîne du froid un peu spéciale..
Notez que récemment, on a lu pire : le “vol” d’organes sur des humains à Sellafield :
http://www.courrierinternational.com/article/2010/11/17/le-site-nucleaire-de-sellafield-au-coeur-d-un-scandale
A Morvilliers, les murs en béton seront d’épaisseur variable selon la nature des déchets.
Le bâtiment sera entouré d’une butte de terre pour éviter le rayonnement sur les travailleurs et les promeneurs !
Cet entreposage sera t’il de courte durée ?
Patrick Torres a confié que l’ANDRA avait bon espoir que pour 2012 on ait une solution pour le stockage des FA-VL,
et que, par ailleurs, le projet de Bure était très bien parti. Bure pourrait en 2025 être une solution pour ce type de déchets, mais ce serait une solution onéreuse. Mais il affirme que cette
solution existera et qu’elle sera définitive.
C’est l’occasion de communiquer cet appel à une action urgente
pour infléchir cette certitude :
http://www.villesurterre.com/images/stories/bure_101122_mail_campagne_nationale_enquetes.pdf
« Je ne suis pas
pro-ANDRA.. »
C’est la déclaration finale de Lionel HUARD, maire de Morvilliers, agacé par les questions d‘un militant.
Alors Lionel, qu’attends-tu pour démissionner et venir rejoindre les associations locales ?
L’ancien maire d’Auxon, en désaccord avec son conseil, avec ses administrés et avec tout le canton, avait choisi, lui, de démissionner :
http://www.dailymotion.com/video/xaed2f_fr3-auxon-na-plus-de-maire_news
A noter cette curieuse habitude de considérer que seuls les habitants de la commune sont concernés.
Qu’en pensent les habitants de la Chaise qui vivent à 500 m du CSTFA de Morvilliers.
Le bon air de la forêt du Bois de Chantecocq, l’eau des rivières et des nappes phréatiques ne concerneraient-ils pas tous les Briennois-Soulainois ?
Voire au-delà ?
Michel GUERITTE
Président de La Q.V.
Pour tous ceux qui n’ont pas pu assister à cette réunion : le résumé :
http://www.villesurterre.com/images/stories/morvilliers_101119_reunion_andra_resume.pdf
Bizarre : mi-octobre, L’Andra avait expliqué à un journaliste de france3 qu’il était trop tôt pour communiquer sur ce projet :
http://www.dailymotion.com/video/xf9z6i_civc-andra-morvilliers-entreposage_news
Sachez que, ce même vendredi soir, Yannick ROUSSELET (Greenpeace France) s’exprimait à Sainte-Savine.
Voir un extrait de son intervention, sur la gestion des déchets radioactifs :
http://www.dailymotion.com/video/xfqoh9_conference-yannick-rousselet-a-sainte-savine-aube_news
Enfin, dans la série l’Andra est un expert en communication,
notez la conférence “Futur Antérieur”
le 25 novembre à 20 h 30, à la Médiathèque Grand Troyes
Voir plaquette en pièce-jointe.
La loi NOME : il faut sortir du débat « clandestin » !
Provenance : http://www.poursavoir.fr/accueil.php
Depuis début juin 2010, les parlementaires ont entre les mains l’avenir du service public de l’électricité.
Les 27, 28 et 29 septembre derniers, le Sénat a adopté le projet de loi Nome (la Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité), concoctée par le gouvernement.
Celle-ci revient en deuxième lecture le 17 novembre à l’Assemblée Nationale.
Le projet est tellement insensé qu’aucun débat contradictoire n’a pu avoir lieu. Qu’il s’agisse de Députés, de Sénateurs, de dirigeants de l’UMP, aucun n’a osé affronter
le débat et défendre ses arguments dans des rencontres publiques.
Ils veulent aller vite avec un débat « clandestin ». Ils persévèrent : le 17 novembre la loi doit être votée !
Rappelons en le principe : constatant que la concurrence ne fonctionne pas - plus de 96 % des Français restent fidèles à l’opérateur historique (EDF) -, le Gouvernement a décidé de la créer… artificiellement.
Si la loi passe, à partir du 1er janvier 2011, les fournisseurs d‘électricités vont se voir offrir un quart de la production nucléaire, dont les Français ont payé l’infrastructure de production dans leurs factures, ceci pour réaliser des profits, au seul bénéfice de leurs actionnaires. C’est un vol organisé !
Du jamais vu : obliger une entreprise, dans le monde de la concurrence libre et non faussée, à céder une partie de ses atouts à des concurrents qui produisent peu ou pas du tout d’électricité.
Trois points cruciaux sont en question :
• Point n°
1 : les
tarifs
Les tarifs vont mathématiquement augmenter puisqu’il est reconnu que la concurrence ne peut s’exercer parce qu’ils sont trop bas. Quelque soit le prix de
rachat, tous les fournisseurs chercheront à faire une marge. Des chiffres circulent déjà et les fournisseurs de tous bords se frottent les mains attendant impatiemment la sortie de la loi.
Cela touchera lourdement tous les usagers et risque de porter un coup supplémentaire au secteur industriel, déjà mal en point, quand on sait que le prix de l’électricité est un facteur important
de localisation industrielle.
Déjà certains industriels annoncent que, dans ce cas de figure, ils préféreront transférer leurs usines dans des pays qui leur permettent une stabilité et une visibilité à long terme à un tarif
intéressant, comme le Canada ou les Etats-Unis, voir d’autres pays d’Europe.
L’originalité de la France dans cette affaire, c’est d’accepter d’auto saborder son avantage compétitif, son système électrique.
• Point n°
2 : les
investissements
Les fournisseurs profiteront de la manne nucléaire sans aucun investissement. On a vu ce que cela a donné il y a plusieurs années en Californie avec la grande
panne électrique. Là-bas comme ailleurs, l’Etat s’est réapproprié le secteur. Quant à nous, nous privatisons à tour de bras !
• Point n°
3 : la clause de
destination
La loi stipule que les fournisseurs accédant à la « rente nucléaire » devront justifier d’un portefeuille de clients équivalent sur le territoire
national.
Tout le monde sait pertinemment que cette clause ne tient pas juridiquement, et qu’au moment opportun elle sera remise en cause et permettra à n’importe quel fournisseur d’aller spéculer partout
en Europe.
Va-t-on finir par réaliser que la concurrence sur un produit qui ne se stocke pas et se transporte mal est une aberration ?
Le résultat de ce mauvais compromis risque de mettre à mal, non pas l’entreprise EDF mais toute l’organisation du secteur électrique.
La CGT des Mines et de l’Energie vous propose de ne pas laisser banaliser le débat à l’Assemblée nationale le 17 novembre prochain, de continuer à vous opposer à ce projet en signant la pétition en ligne et en réclamant des explications auprès de vos sénateurs qui ont voté la loi et de vos députés.
Sans entrer dans la querelle des chiffres qui a fait les beaux jours des commentateurs décidés à parler de tout sauf de l’essentiel, disons qu’il y avait encore beaucoup de monde dans les rues de Troyes samedi dernier,
La presse a vu entre 1500 et 2000 manifestants à Troyes.
L’article de « Libération Champagne » :
« Malgré des chiffres en baisse rassemblant le noyau dur, l'intersyndicale ne désarme pas et annonce de nouvelles actions pour la fin du mois
« Nous avons gagné la bataille de l'opinion » a conclu Daniel Puigmal le secrétaire départemental de l'UNSA au nom de l'intersyndicale à l'issue de la manifestation hier à
Troyes. Mille cinq cents personnes ont défilé pour la huitième fois depuis la rentrée de septembre contre la réforme des retraites, mille quatre cents selon la police. C’est moitié moins que le
28 octobre. Appuyés sur une canne, en fauteuil roulant tiré par le chien et poussé par une amie, armée d’une poêle sur laquelle on tape son dépit de voir la retraite à 60 ans remisée au rayon des
souvenirs, ceux qui sont venus défiler hier matin formaient le noyau dur. Qu’importe les chiffres pour les syndicats, « Plus des deux tiers de nos concitoyens pensent comme nous que cette réforme
est injuste » a souligné Daniel Puigmal en évoquant les sondages. « J’ai peur. Ils ne vont plus arrêter maintenant. La prochaine réforme c’est sur la protection sociale » s’alarme Françoise, la
cégétiste.
La manifestation devait s’achever devant les grilles de la préfecture. Mais une demi-compagnie de CRS, soit une quarantaine d’hommes en guise de comité d’accueil a décidé les syndicats à changer
leur parcours pour arriver place de la mairie. « Le roi Sarko n’étant pas là aujourd’hui, les manants ont le droit de rentrer dans la ville » expliquait avec aigreur Daniel Puigmal…
L’intersyndicale a pris date pour la semaine du 22 au 26 novembre. « Pas forcément une manifestation mais une journée d’action. Il faut passer à autre chose » considère Claude Didier de la
CFDT.
Et celui de « l’Est Eclair »
« Encore 2 000 personnes dans les rues de Troyes
Sur un itinéraire raccourci, la manifestation a de nouveau mobilisé les Troyens contre les retraites
« Oui, il faut une réforme pour garantir notre système de retraite par répartition, mais non, nous ne voulons toujours pas de celle-là car elle est marquée du sceau de
l’injustice et de l’inégalité », expliquait, hier matin, Daniel Puigmal, de l’UNSA Aube, au nom de l’intersyndicale, à la fin de la manifestation organisée contre la loi sur les retraites. À ses
côtés, ils étaient encore 1 400 selon les services de police (renseignements généraux) et 2 000 selon les syndicats.
Une participation jugée dans la moyenne pour un samedi matin par certains syndicats, mais décroissante pour Force ouvrière : « La désaffection de ce matin montre le manque d’efficacité de ce
genre de rendez-vous. Il faut désormais passer à autre chose et nous réclamons encore plus, maintenant qu’avant, un appel unitaire à la grève interprofessionnelle pour demander le retrait pur et
simple de cette loi », indiquait Hervé Charpentier, secrétaire départemental de FO.
Pour l’occasion, le parcours de la manifestation avait été raccourci par rapport aux rendez-vous précédents, et la préfecture, renforcée par un important dispositif de sécurité, soigneusement
évitée.
Même si le texte n’a pas été retiré, dans les rangs, les manifestants positivaient. « En nous mobilisant comme nous l’avons fait depuis des mois, nous avons gagné la bataille de l’opinion »,
ajoutait Daniel Puigmal. Sentiment partagé par René Ernst, du SNES FSU, syndicat d’enseignants : « Nous n’avons pas réussi à faire reculer Sarkozy, mais cette mobilisation restera longtemps
dans nos mémoires, au moins jusqu’à 2012. »
Les confédérations nationales se réuniront lundi, en fin d’après-midi, pour voir quelles sont les suites à donner au mouvement de protestation.
Ce sera ensuite au tour des unions départementales de décider de ce qu’elles feront, mais au vu de la participation encore importante de samedi, il semble certain qu’elles n’ont pas dit leur
dernier mot et que des opérations spécifiques vont avoir lieu. »
Passer à autre chose ?
Les salariés et les retraités qui vont avoir à subir la loi de l’UMP-NC ne demanderaient pas mieux : une autre réforme et vite ! Après sept journées nationales d’action et plusieurs semaines de grève pour certains il est naturel de reprendre souffle.
Mais l’opinion publique, qui a eu le temps d’entendre et de confronter les arguments des uns et des autres, reste majoritairement opposée à la loi Sarkozy. « La question des retraites restera dans le paysage » a déclaré François Chérèque. « La CGT ira jusqu’au bout » a dit Bernard Thibault en ajoutant « Toutes (les lois) sont révisables en permanence. Le gouvernement en donne la preuve lui-même puisqu’il a révisé par cinq fois les lois sur la sécurité. Le mouvement social entre dans une nouvelle séquence qui ne peut pas être celle du renoncement. Certains poussent à des alternatives qui consistent soit à se donner rendez-vous aux élections présidentielles, soit à prendre pour argent comptant le rendez-vous de 2013 fixé par le gouvernement pour remettre à plat le système de retraite. Le problème, c’est que la loi va s’appliquer rapidement… La colère face au passage en force du gouvernement s’exprime fortement dans le mouvement social. Elle explique pourquoi 70% des Français soutiennent le mouvement. La représentation politique ne peut assurer une réelle démocratie si elle impose des choix de société en ne tolérant pas que d’autres acteurs s’expriment, dont les acteurs syndicaux… Toucher aux retraites, c’est s’attaquer à un des piliers fondamentaux du contrat social. On ne peut pas prétendre chambouler un des piliers de la protection sociale en ricanant à la face des représentants des salariés… Pour nous l’échéance principale est celle du 1er juillet 2011 à partir de laquelle les mesures que nous contestons entreront en application. D’ici là, nous avons largement la possibilité de créer le rapport de forces nécessaire pour obtenir l’ouverture de négociations… » (L’Humanité. 6 novembre)
Le leurre de 2013.
Un amendement issu de l’UMP prévoit « une remise à plat du système » en 2013. Sous entendu, si la majorité actuelle gagne les élections en 2012… C’est dire la confiance du parti présidentiel dans sa propre loi de régression !
Si l’on a bien compris, il s’agirait alors de faire pire. Voici l’opinion du syndicat « Solidaires » (tract)
« Le Sénat vient d’adopter le projet de loi sur les retraites. Non content de bafouer ainsi nos concitoyens qui y sont massivement hostiles, le Sénat y a ajouté en catimini, en pleine nuit, un amendement prévoyant de « réfléchir » en 2013 à « une réforme systémique » du système de retraite, c’est-à-dire à la mise en place d’une réforme par points ou par comptes notionnels. Alors que le gouvernement ne cesse de nous répéter que sa présente réforme devrait résoudre le problème des retraites, il en prépare déjà une autre. Quel aveu !
Dans un système par points ou par comptes notionnels, le calcul de la retraite ne se fait pas sur les meilleures années mais sur l’ensemble de la carrière, ce qui aboutit automatiquement à une baisse du niveau des pensions. Un système par points permet aussi de faire baisser le montant des pensions en jouant sur la valeur du point. Un système à comptes notionnels introduit de plus l’espérance de vie dans le calcul de la pension. Plus l’espérance de vie augmente, plus la pension baisse.
Enfin, ces systèmes ne sont pas construits pour intégrer les mécanismes de solidarité mis en place pour corriger certaines inégalités, notamment envers les personnes, essentiellement des femmes, assurant des responsabilités familiales. Le Conseil d’orientation des retraites (COR), dans son rapport de janvier 2010, avait d’ailleurs indiqué que, non seulement, ces systèmes étaient incapables de répondre aux problèmes démographiques, mais que leur mise en place provoquerait une baisse de 20 % du niveau des pensions.
Enfin, il s’agit d’une individualisation de la retraite poussée au maximum, chacun pouvant, théoriquement, partir à l’âge qu’il veut à condition d’en payer le prix. Sous le vocable du libre choix se cache une aggravation considérable des inégalités. Les salariés les moins bien payés auront tendance à vouloir travailler plus longtemps pour avoir une meilleure retraite. Ils auront ainsi une double peine, des petits salaires et une durée de retraite encore plus courte… à moins que le patronat, comme c’est le cas aujourd’hui, continue de se débarrasser des salariés âgés bien avant 60 ans. De tels projets constitueraient donc une régression sociale qui prolongerait celle que le gouvernement actuel tente d’imposer aux salariés. Une raison de plus de le mettre en échec. »
Certaines organisations syndicales et des formations politiques autres que l’UMP sont tentées par de tels dispositifs. Il vaut mieux être prévenu !
Un mensonge cent fois répété reste un mensonge…
Au lendemain de la dernière manifestation, les ministres en mission dans les médias (complaisants) ont pratiqué ce qu’ils appellent la « pédagogie » sarkozyte, qui consiste à répéter inlassablement les mêmes arguments. Puisqu’on se pique de « pédagogie » dans les hautes sphères, on plaint les élèves qui seraient obligés de subir pareils professeurs. Rien ne surprendra plus venant de Nadine Morano. François Baroin lui-même a tenu à jouer sa partition: Il a fait avec conviction sur une chaîne de télévision nationale, le coup de la démographie et celui du maintien des pensions par répartition.
Pour le maintien des pensions et de leur montant, chacun a pu faire ses calculs et nous avons reproduit dans un précédent article les simulations publiées par le journal « Le Monde » qui démentent sans appel les promesses de l’UMP.
Apparemment, l’épouvantail démographique n’a pas perdu toutes ses guenilles. Pour ceux qui doutent encore voici la démonstration de Bernard Treper. (Economiste. Secteur santé, protection social de l’UFAL, Union des familles laïques) :
Extraits :
« …Cet argument de la démographie plein de « bon sens » ne résiste pas à l’analyse. …, c’est un argument qui rappelle les oiseaux de mauvais augure d’après 1945 qui prévoyaient la famine parce que la nouvelle société diminuait fortement le nombre de paysans avec un grand accroissement du nombre de bouches à nourrir. On sait aujourd’hui qu’avec 2,8% de paysans en France, on n’a pas de problème de nourriture car la production totale et la répartition de cette production est satisfaisante pour nourrir la population.
…Tous s’appuient sur les chiffres produits par le Conseil d’orientation des retraites (COR). ..Le COR dit que la richesse a doublé dans les 40 années qui viennent de s’écouler et qu’en 2050, la richesse sera 90% plus importante qu’aujourd’hui.
Donc si la richesse est aujourd’hui 100, elle sera de 190 en 2050. Le COR dit qu’aujourd’hui, nous sommes dans une répartition actifs retraités de
10 actifs pour 6 retraités et qu’en 2050, nous serons 10 actifs pour 9 retraités.
Donc la richesse par habitant passe d’un multiple de 100/16 = 6,25 au même multiple de 190/19 = 10. Ce qui veut dire que pour une richesse qui augmentera de 90%, la richesse potentielle par
salarié progressera de 60%.en moyenne.
Il n’y a donc pas de problème démographique.
Mais
pour que cette augmentation de richesse potentielle puisse se transformer en augmentation de richesse effective, il faut combattre d’autres dogmes dont les dogmes de l’intangibilité de la
répartition des richesses et de la non-possibilité d’augmentation des cotisations dites patronales.
C’est bien la question de la répartition des richesses créées par le travail qui se pose :
« Si on se réfère aux chiffres de la Commission européenne, le différentiel de la répartition des richesses (les économistes parlent de la déformation de la valeur ajoutée) entre salaires et cotisations sociales d’une part et profits d’autre part a bougé de 9,3 points de PIB depuis 28 ans au détriment des premiers.
En euros 2010, on peut dire, avec un PIB 2010 de l’ordre de 2000 milliards d’euros, que si aujourd’hui le curseur était placé comme en 1982, nous aurions dans le camp du salaire un différentiel de plus de 180 milliards d’euros …cette somme est partie gonfler les dividendes des actionnaires et le financement des économies parallèles via les paradis fiscaux vu que l’investissement des entreprises n’a pas augmenté dans la période. »
L’article intégral ici :
Et maintenant…
Déclaration commune des organisations syndicales
CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA
Le mouvement social est légitime et conforté
Les organisations syndicales décident de poursuivre la mobilisation dans l’unité en faisant du 23 novembre 2010 une journée nationale interprofessionnelle de mobilisation par des actions multiformes.
Après plusieurs semaines de mobilisation et malgré les moyens déployés par le gouvernement pour tenter d’accréditer l’idée que « la page retraite » est tournée, ce sont 1,2 million de salariés qui ont manifesté le 6 novembre dans 243 villes contre cette réforme des retraites injuste et inefficace. Nous étions plus de 2000 à Troyes !
Si chacun a conscience que la loi sur les retraites est susceptible d’être promulguée dans les prochains jours, l’heure n’est pas à la résignation. Les organisations syndicales continueront d’agir pour la réduction des inégalités, une véritable reconnaissance de la pénibilité et d’autres alternatives pour le financement du système de retraites par répartition. Elles réaffirment leur attachement au maintien de l’âge légal de départ en retraite à 60 ans et de l’âge du taux plein à 65 ans.
Elles constatent que la situation économique et sociale reste très dégradée et toujours préoccupante pour les salariés, les retraités, les chômeurs et les jeunes qui subissent toujours durement les conséquences d’une crise qui dure.
Les organisations syndicales considèrent que la mobilisation d’un niveau exceptionnel depuis plusieurs mois a mis en lumière l’insatisfaction criante des salariés et leurs revendications en matière d’emploi, de salaires, de conditions de travail, d’inégalité entre les femmes et les hommes, de fiscalité et de partage des richesses. Elles décident d’approfondir leurs analyses et propositions sur ces questions afin d’interpeller le gouvernement et le patronat.
Les organisations syndicales décident de poursuivre la mobilisation dans l’unité en faisant du 23 novembre une journée nationale interprofessionnelle de mobilisation par des actions multiformes. Ces actions doivent répondre aux préoccupations des salariés et permettre la participation du plus grand nombre. Elles demandent aux organisations territoriales et professionnelles d’en préciser les modalités (rassemblements, manifestations, meetings, arrêts de travail…).
Des initiatives dans les territoires et les entreprises sont déjà prévues. Les organisations syndicales veilleront à assurer leurs réussites.
Les organisations syndicales s’engagent dès à présent à participer activement à la journée d’action Européenne du 15 décembre pour s’opposer aux plans d’austérité qui se multiplient en Europe.
Les organisations se reverront le 29 novembre 2010.
Le 8 novembre 2010
à lire aussi:
http://patricklehyaric.net/2010/11/10/la-modernite-d%e2%80%99un-mouvement-qui-porte-loin/
L’intersyndicale Auboise se réunit le 9 novembre à 17 H 30 pour organiser cette journée. Nous vous tiendrons informés des modalités d’actions.
Le pouvoir et les commentateurs agréés font semblant de croire que l’adoption de la loi Sarkozy-Fillon-Woerth sur les retraites par le parlement met un point final au débat. Naturellement, il n’en est rien.
- D’une part, comme l’a rappelé Bernard Thibault, parce que le processus parlementaire n’est pas terminé, même si les députés et les sénateurs UMP/NC ont obéi comme un seul homme aux injonctions de l’Elysée. La loi ne sera effective qu’après sa promulgation par Sarkozy. La formalité n’est pas anodine. Un recul est encore possible. Dans le cas contraire les responsabilités seront toutes bien établies, et comme l’ont affiché les manifestants sur les murs de l’Hôtel de Ville de Troyes, nous saurons nous souvenir des auteurs et des complices de ces mauvais coups.
- D’autre part parce que la loi votée ne résout ni la question du financement, ni la question des pensions. Elle n’aura pour résultat à court terme que de faire baisser le niveau des revenus des futurs retraités comme les lois précédentes déjà mises au point par Balladur et Fillon. Et il faudra remettre ça après 2012, au plus tard vers 2018, si l’on en croit les augures.
- Enfin, parce que les appétits du patronat ne sont qu’imparfaitement satisfaits, ce que n’a pas dissimulé Mme Parisot étrangement réapparue dans le débat pour le compte du MEDEF.
Diversion…
A cet égard, nous avons assisté à un curieux dialogue entre la Présidente du Medef et François Chérèque, détournant la question des retraites au profit de « négociations futures sur l’emploi des jeunes et des seniors ». D’aucuns y ont vu une nouvelle étape et une « porte de sortie honorable » pour tous. Faut-il rappeler qu’en 2003 le patronat avait proposé une « négociation sur la pénibilité ». Que cette perspective avait amené certains à arrêter le mouvement de protestation contre la loi Fillon, et que dix ans plus tard ces « négociations » n’ont débouché sur rien !
En fait de prise en compte de la pénibilité, la nouvelle loi supprime cette notion et la remplace par la constatation médicales d’un handicap ! Pour plus de sécurité- côté patronal- elle met fin à la relative indépendance de la médecine du travail ! (Ce que réclamait mot pour mot le MEDEF !)
Il faudrait être singulièrement naïf pour croire que dans les circonstances actuelles, le MEDEF pourrait modifier en quoi que ce soit sa politique de précarisation générale du salariat, condition selon l’oligarchie régnante de la « compétitivité des entreprises », c'est-à-dire de l’accumulation financière sans frein.
Et perspectives…
Les députés communistes ont opportunément mis en lumière les activités du frère du Président. Pour ces gens là, la baisse provoquée des pensions « par répartition » prépare un avenir radieux aux fonds de pension. Le salarié moyen ayant fait ses calculs en viendrait naturellement à la conclusion qu’il faut confier une part de ses économies aux financiers, dans l’espoir d’un « complément de retraite ». La cuisante expérience vécue par nos amis anglo-saxons du fait de la crise semble déjà oubliée. Des voix se font entendre pour mettre en place en 2013 « une réforme systémique » des retraites c'est-à-dire la fin de la retraite par répartition. M. Sarkozy frère, dans le cadre de son activité professionnelle compte bien en tirer profit.
Chacun aura compris que ces heureuses ambitions situent les échéances après l’élection présidentielle ! Si Nicolas est battu, la famille n’aura pas tout perdu…
La lutte syndicale, dans la durée…
La CGT, la FSU et d’autres soulignent à juste titre, qu’il ne s’agit pas d’attendre 2012. Car d’ici là, les salariés subiront les effets de la régression Sarkozyte. De plus, nul ne peut prédire ce que sera la configuration sociale et politique dans deux ou trois ans. En tout état de cause, l’action syndicale, dans sa permanence et sa durée garantit que les exigences sociales ne passeront pas aux oubliettes, quels que soient les gouvernants à venir. Il a fallu des dizaines d’années pour obtenir la limitation de la journée de travail à 8 heures. Des dizaines d’années aussi pour une retraite à peu près décente à 60 ans. La loi Sarkozy sera remise en cause quelle que soit l’issue du mouvement actuel.
Il vaudrait mieux évidemment gagner du temps en obtenant qu’elle soit retirée et que de vraies négociations s’engagent. Quant à l’échéance 2012, il n’est pas interdit de s’y préparer, notamment
en participant aux réflexions en cours pour qu’une victoire éventuelle de la gauche n’apporte pas de nouvelles désillusions.
Comme on marche sur deux jambes, l’action syndicale et l’engagement politique se conjuguent. Dès les élections cantonales l’an prochain, les « UMPistes » locaux pourront être sanctionnés. Pour leur soutien à la mauvaise loi Sarkozy et aussi pour bien d’autres motifs sur lesquels nous reviendrons.
Un nouveau front populaire ? …
On travaille, autour du Front de gauche, à une nouvelle alternative. Le Parti communiste est partie prenante. Voici le texte d’un appel daté du 22 octobre :
APPEL DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS -Déterminés pour gagner ! (extraits)
Nous sommes plusieurs millions dans tout le pays à nous mobiliser contre le projet gouvernemental des retraites, plusieurs millions à exiger son abandon et l'ouverture d'un véritable débat sur une réforme alternative garantissant la retraite à 60 ans, à taux plein.
La lutte est massive et populaire : 3 Français sur 4 la soutiennent et condamnent le refus de négocier du gouvernement. 71% des français rejettent ce projet injuste socialement et inefficace économiquement, un vrai recul de société. Le président et son gouvernement méprisent les attentes populaires et traitent la jeunesse en ennemie!
De cette société-là, on ne veut pas !
Nous avons tous fait nos comptes ! Le recul de l'âge légal de départ à la retraite, l'allongement de la durée de cotisation, c'est vouloir diminuer le montant de nos pensions et ouvrir la porte à la capitalisation. Cette attaque en prépare d’autres contre la sécurité sociale et les services publics. Ensemble, nous sommes des millions à rejeter la société ultralibérale, modelée par Sarkozy et sa majorité : une société autoritaire et antisociale, aux ordres du MEDEF et des marchés financiers. Et c’est d’autant plus intolérable que des centaines de milliards d’euros de fonds publics ont été dépensés sans contrepartie, depuis le début de la crise financière, pour sauver les banques et les dividendes.
« De vraies retraites et de vrais emplois pour toutes et tous ! »
Nous sommes des millions dans la mobilisation à avoir pleinement conscience qu'il faut dès maintenant s'attaquer aux inégalités sociales, de carrière, d'emplois et de salaires, et à la précarité qui fragilisent de plus en plus d'entre nous, femmes et jeunes travailleurs en premier lieu.
Les parlementaires communistes, républicains et citoyens s’opposent avec détermination au projet Sarkozy-Woerth. Ils défendent une autre logique de financement des retraites qui pérennise le système solidaire des retraites par répartition, la retraite à 60 ans à taux plein avec une carrière complète. Ils proposent :
o de développer l’emploi et les salaires : base du financement du système par répartition.
o De faire cotiser les revenus financiers des entreprises et des banques au même niveau que les salariés.
o de moduler le taux de la cotisation sociale patronale pour favoriser l'emploi, les qualifications et les salaires.
o de mettre fin aux exonérations de cotisations patronales.
Même si la loi est votée, la mobilisation peut imposer son retrait, comme Jacques Chirac y a été contraint pour le CPE en 2006.
Nous voulons gagner !
Le Parti Communiste Français appelle à amplifier la mobilisation dans l’unité la plus large syndicale et politique, à participer massivement aux journées d’action du 28 octobre, 6 novembre et à apporter la solidarité de luttes et financière aux grévistes et aux entreprises occupées.
Dés la semaine prochaine, il appelle tous les élus de gauche et progressistes du pays à se rendre à l'Élysée et aux Préfectures en province, pour refuser la promulgation d’une loi illégitime, minoritaire, votée en force par des parlements, abaissés par Nicolas Sarkozy à de simples chambres d’enregistrement.
La mobilisation populaire sur les retraites et contre la politique antisociale de l'UMP est en train de tout changer. Deux projets de société s'affrontent : celui d’une protection sociale large à tous les âges de la vie et de services publics étendus contre celui de l'insécurité sociale permanente ; celui de la solidarité, de la coopération et du vivre ensemble contre celui de la mise en concurrence et de l'individualisme ; celui du travail libéré, du temps de vivre, de se cultiver et de s’adonner à des activités sociales choisies contre celui de toutes les aliénations, toutes les exploitations, toutes les dominations.
Formuler un projet collectif.
Le temps est venu de formuler un projet collectif qui puisse ouvrir la voie à une ère nouvelle démocratique, poli tique et sociale pour notre pays. La gauche est souvent rassemblée contre la droite mais elle n’est pas unie sur les contenus et les conditions du changement tant attendu. Nous avons besoin d’une véritable alternative de changement pour de nouveaux choix de société, pour de nouveaux droits pour les individus et les peuples. Partout, en Europe des manifestations de plus en plus unitaires vont dans ce sens en portant des exigences de ruptures avec les orientations actuelles de l’Union Européenne.
Oui, nous sommes plusieurs millions déterminés à résister, à mettre la politique de Nicolas Sarkozy en échec, à vouloir sa défaite et celle de sa majorité dans la rue et dans les urnes. Pour cela, nous voulons construire dès maintenant les changements politiques qui permettront à la gauche de rompre avec les logiques libérales que prônent le Medef, la Commission européenne ou encore le FMI, pour de nouvelles logiques de justice et d’efficacité sociale.
Un pacte d’union populaire.
La construction d’un projet collectif de gauche à la hauteur des attentes ne va pas de soi ! A nous de nous en mêler ! Nous qui sommes si nombreux à nous être emparés de la mobilisation sociale, nous qui souhaitons un vrai change ment de société, engageons-nous avec la même détermination dans le débat sur les transformations radicales dont la France et l’Europe ont besoin et que la gauche devra réaliser si elle veut battre durablement la droite. »
Comment le faire : En devenant acteur du débat politique ! C'est à vous, à nous ensemble, de dire : « Voilà ce que la gauche devra faire :
o la gauche, c'est la retraite à 60 ans, à taux plein.
o la gauche, c'est la création d’un pôle public bancaire et financier pour une utilisation des profits, des fonds publics et du crédit qui servent à développer les humains et non la spéculation.
o la gauche, c'est l’interdiction des licenciements et la sécurisation de l’emploi et de la formation.
o la gauche, c'est l'augmentation des salaires et pas celle des dividendes.
o la gauche c’est l’abrogation des lois dites « sécuritaires », de Besson et Hortefeux.
o la gauche c’est donner la parole et des pouvoirs aux citoyens dans l’entreprise, dans la cité.
o la gauche, c’est l’attachement à la commune, au département, à la région, à leur liberté d’action et de coopération, à leurs services publics locaux.
o la gauche c’est une autre politique européenne et une union refondée.
o la gauche, c'est remettre l'humain et l'avenir de la planète au cœur de la société
Nous ne voulons plus d'une gauche qui renonce à ces objectifs-là !
C’est le sens du programme populaire et partagé que le Parti communiste français et les forces du Front de Gauche entendent construire, au cœur des mobilisations, au cœur d’une union populaire pour satisfaire les besoins humains en prenant l’argent là où il est !
Contre le pacte de l'argent qu'ils ont scellé en 2007 au Fouquet's, le temps est venu de construire, ensemble, un pacte d'union populaire !
C’est une partie de la réponse à l’UMP et à Sarkozy. Fillon, premier ministre en sursis a répété sur les ondes les mêmes slogans, les mêmes contrevérités qu’il y a six mois. Le Président de la république, son gouvernement, son parti et ses élus, en refusant toute négociation cherchent l’affrontement et espèrent en tirer un bénéfice politicien.
Les manifestants, samedi avaient bien raison de scander :
« Gaillard, Adnot
Godillots
Dhuicq, Baroin, Menuel, Mathis
Complices »
Pour les lecteurs non Aubois, ce sont les élus du parti gouvernemental – sénateurs et députés - qui actuellement votent une loi que 70% des Français rejettent.
Certains ergotent sur le nombre de manifestants, ironisent sur l’intervention des jeunes –forcément pas sérieux ou manipulés- prennent de grands airs pour répéter que le coup de force Sarkozyte est inévitable, tentent d’effrayer avec un déficit dont on s’efforce de nous faire oublier l’origine.
La réponse était samedi dans les conversations, sur les pancartes, sur les tracts distribués. Chaque jour apporte de meilleures raisons pour refuser cette réforme là.
Le Journal « Le Monde » - qui par ailleurs prône à peu de chose près les solutions gouvernementales- a publié des calculs sur le mode AVANT-APRES. Et voilà ce que cela donne :
« Pour un cadre ayant fait des études, rien ne change », « L’ouvrier ayant débuté jeune est le grand perdant. » ; « Une mère qui a commencé tardivement paie le prix fort. »
L’ouvrier – le journal l’a baptisé Serge- aurait commencé de travailler à 20 ans. C’est une simulation naturellement. A 60 ans, actuellement sa retraite serait de 860 euros net par mois. S’il part à 62 ans actuellement, il toucherait 927 euros net par mois. A 62 ans après la réforme Sarkozy-Woerth-Fillon, il n’aura que 878 euros net par mois. Sa retraite est inférieure à celle qu’il aurait pu toucher en partant à 62 ans à législation inchangée.
La mère de trois enfants, elle dans une situation moyenne aurait 413 euros par mois ! Si elle attend 65 ans (a-t-elle vraiment le choix ?) elle aura 795 euros. Après la réforme elle devra attendre 67 ans pour toucher 844 euros net.
Pas concernés ?
Les conseillers en communication élyséens et les ministres en sursis ont tenté de culpabiliser les opposants à une réforme dont le seul objectif est de faire payer la crise financière (les fameuses caisses vides) aux seuls salariés. Notons qu’ils le disent eux-mêmes puisqu’ils expliquent le revirement de Sarkozy par la crise de 2008. Avant, le Président avait promis de ne pas toucher aux 60 ans. Après il jure que « les mesures d’âge sont vitales ».
Vous aurez peut-être remarqué que la question démographique a pratiquement disparu des écrans à partir du moment où elle a été mise en relation avec les gains de productivité et les profits réalisés.
Ils ont dit d’abord que les retraités n’avaient pas à manifester puisqu’ils sont déjà retraités ! Elémentaire ! Sauf que les dits retraités payent lourdement la réforme Fillon de 2003 : baisse continue du pouvoir d’achat des pensions. Accessoirement, beaucoup pensent aussi à leurs enfants et à leurs petits enfants.
Ils ont dit aussi que les bénéficiaires des régimes spéciaux (RATP, SNCF, EDF et GDF) n’étaient pas concernés, leur sort ayant été réglé en 2007. Les intéressés savent parfaitement que pour eux, le relèvement des mesures d’âge interviendra à partir de 2017. On a peu évoqué les régimes spéciaux des exploitants agricoles, artisans, commerçants qui de fait se font peu entendre : pour eux le relèvement de 60 à 62 ans aura lieu en 2018 et le passage de 65 à 67 ans en 2023. Ce sont donc les générations nées après 1956 qui subiront de plein fouet les modifications prévues.
Ils ont dit que le problème des femmes était résolu par un amendement qui concerne les mères de trois enfants nées entre 1951 et 1955 ! Or l’écart moyen entre les retraites des femmes et celles des hommes est de 40%.
30%, c’est la part des femmes salariées qui partent à 65 ans.
8/10, c’est la part des femmes parmi les retraités pauvres.
L’écart de salaire entre les femmes et les hommes est en moyenne de 27%
Le minimum vieillesse perçu par de nombreuses femmes est de 677 €.
Les mesures actuellement soumises au vote de nos parlementaires vont aggraver cette situation.
Ils ont dit que les jeunes n’avaient pas à manifester. Est-ce irresponsable de penser à son avenir ? Ne cotiseront-ils pas dès leur premier bulletin de salaire et le décompte des trimestres ne sera-t-il pas dès lors engagé ? On aura apprécié les moues dédaigneuses de commentateurs patentés : « Moi à leur âge, je pensais à tout autre chose qu’à la retraite… » et « admirez ma réussite » pouvait-on lire sur leurs visages…
La réalité est qu’une grande partie du problème de financement des retraites et de la protection sociale vient du sous emploi des jeunes et des seniors, ce qui place ces deux catégories dans une situation de solidarité tout à fait concrète.
Ils n’ont pas eu à manifester…
Ils n’ont pas eu à manifester ni à négocier ceux qui bénéficient du bouclier fiscal, de la remise en cause de l’impôt sur les grandes fortunes. 173 milliards d’euros de cadeaux fiscaux octroyés aux grandes entreprises (révélés par le Conseil des prélèvements obligatoires), le refus de taxer les revenus financiers n’ont pas donné lieu à défilés. Tout cela a été gracieusement accordé au détriment de la justice et de l’intérêt général.
Indécence supplémentaire, les bénéficiaires de ces détournements légaux exercent un chantage à la fraude et à l’évasion fiscale. C’est l’éternel « syndrome de Coblence » qui saisit en France, les classes privilégiées lorsque s’exprime l’aspiration à plus de justice. (1)
Et c’est le premier ministre qui taxe d’escroquerie les propositions alternatives !
On n’attend pas 2012.
Les partis politiques ont leur calendrier, mais le mouvement actuel est initié par l’intersyndicale et c’est avec les syndicats que le pouvoir doit négocier une remise à plat de la réforme des retraites. Le plus tôt sera le mieux.
Eric Woerth, dont la parole a été sérieusement dévaluée, réaffirme contre toute évidence qu’il y a eu négociation.
Tous les syndicats, y compris les plus « modérés » le démentent. La méthode Sarkozyte est incompréhensible si l’on s’en tient à la nécessité de résoudre la question du financement des retraites.
Les organisations syndicales de salariés (ce qui exclut le MEDEF) ont fait preuve de réalisme et de responsabilité.
L’obstination du pouvoir, la volonté de pousser au pourrissement et à des affrontements démontre que ses buts sont ailleurs.
La droite Sarkozyte et le MEDEF veulent aller plus loin, briser les résistances pour imposer d’autres reculs sociaux.
La majorité des Français(e)s l’a compris et c’est pourquoi les défenseurs de la santé, de la mutualité sont aussi dans ce mouvement. C’est pourquoi également le refus va continuer de s’exprimer. Le temps qu’il faudra.
Qu’en pensent les Maires ?
Alors que se déroulait la manifestation samedi, l’Association des Maires de l’Aube siégeait à l’Hôtel de Ville autour du ministre du Budget, M. Baroin.
Les portes étaient soigneusement closes et le bon peuple massé sous les fenêtres ignorera tout de ce qui s’est dit là.
Les conseillers généraux et régionaux communistes étaient dans la manifestation.
Au début du débat au Sénat, les élus du groupe CRC-SPG ont rejoint les manifestants à l’extérieur.
Apparemment l’idée n’est pas venue aux aubois…
(Pour le compte rendu des débats au sénat : http://www.groupe-crc.org/Chronique-d-une-bataille-parlementaire-10.html
Et mardi 19 à nouveau manifestation, 13 h 30 rue
de la République à Troyes.
(1) Coblence ou se réfugia une partie de l’aristocratie en 1789. L’entente tacite entre M. Thiers et l’occupant prussien contre la Commune de Paris. Le fameux « plutôt Hitler que le Front Populaire » en 1936.
Ce sont les chiffres publiés par la presse locale qui souligne l’entrée en scène des jeunes venus des principaux établissements de l’agglomération.
Les esprits les plus chagrins ont dû reconnaître une mobilisation plus massive que lors des précédentes journées, y compris celle du 23 septembre. La police elle-même le confirme. Bar sur Aube a vu défiler 350 manifestants, Romilly 800.
Les organisations syndicales ont dénombré plus de trois millions cinq cent mille manifestants dans toute la France.
Les ministres, en service commandé dans les médias n’ont pas cherché à minimiser l’importance de la contestation qui ne faiblit pas depuis plusieurs mois.
De ces discours pathétiques on ne retiendra que l’obstination provocatrice. La machine de propagande s’est enrayée.
Plus de 70% des français sont opposés à cette réforme là.
Dans les officines de l’Elysée on confond pédagogie et rabâchage. Rabâchons donc aussi :
- Non, cette réforme n’est pas juste. Les salariés et parmi eux les plus modestes en feront les frais.
- Non, le vieillissement – fort heureux et tout à fait relatif en ce qui concerne la France – n’est pas la cause des déficits.
- Les « caisses sont vides » nous dit-on ! L’actualité rappelle chaque jour les profits exorbitants, l’écart croissant des situations sociales. Non, toutes les caisses ne sont pas vides.
- Affirmer qu’il n’y a pas d’autre réforme possible est un pur mensonge. Syndicats et partis d’opposition ont mis à la disposition de tous d’autres solutions.
- Non le passage en force Sarkozyte n’est pas fatal. Il n’est pas de loi qui ne se corrige un jour. Aucun des droits sociaux existant dans ce pays n’a été octroyé de plein gré par la droite et le patronat. Tous en leur temps ont paru scandaleux aux nantis, qu’il s’agisse de la durée du travail (y compris le travail des enfants), des congés payés ou des cotisations sociales qu’ils appellent des « charges ».
Menaces et diversions…
Le jour même de la grève, une radio paraît-il fort écoutée et jouissant d’une réputation « d’impertinence » ( sic ) lance un sondage auprès de ses auditeurs : « Etes-vous pour la limitation du droit de grève ? ».
Ministres et sous-ministres se répandent sur les ondes pour dénoncer la participation des jeunes aux manifestations. Sur des registres variables :
- méprisant : « Quoi ? A votre âge vous pensez déjà à la retraite ? »
- paternel : « Il faut mettre en garde les familles sur les dangers que courent les jeunes dans la rue… »
- menaçant : « Appeler les jeunes à manifester est irresponsable »
- faussement naïf : « Les jeunes devraient manifester contre les manifestants car cette réforme est faite pour eux » (Signé Rama Yade !)
Mme Parisot, jusque là fort discrète, affirme que « l’image de la France » est atteinte par les manifestations, argument aussitôt repris par les commentateurs patentés qui n’ont pas vu les mouvements sociaux en Grèce, la grève générale en Espagne, la manifestation des syndicats européens à Bruxelles, la participation de syndicalistes belges aux cortèges de la région Lilloise, et qui ont oublié les manifestations et grèves qui ont accompagné en Allemagne la mise à mal du « modèle Rhénan »
Il manquait une caution internationale à ce concert : elle est venue du FMI, organisme qui s’emploie à faire payer la spéculation financière aux peuples, notamment en Europe.
Le mouvement syndical s’est exprimé clairement : la recherche d’une solution durable et juste à la question des retraites est une action de longue haleine.
Quelle que soit l’issue de l’étape actuelle et malgré le blocage gouvernemental les revendications resteront posées.
Il faudra bien qu’un jour le patronat et le pouvoir négocient. Le plus tôt serait le mieux. Les candidats potentiels à de futurs mandats électifs seraient bien inspirés de prendre la mesure des exigences exprimées ces derniers mois.
Cependant, nul ne sous-estime la capacité manœuvrière et le cynisme du pouvoir politique et patronal.
L’unité préservée dans l’intersyndicale a permis de déjouer les provocations. Si blocage ou violence il devait y avoir, chacun saurait à qui en attribuer la responsabilité.
Nouvelles manifestations les 16 et le 19 octobre…
MANIFESTATION
SAMEDI 16 OCTOBRE
10h00 rue de la République
TROYES
- Pour préserver et améliorer le régime des retraites par répartition,
- Maintenir l’âge de départ à 60 et 65 ans sans décote,
- Ne pas allonger la durée de cotisations,
- Permettre le départ avant 60 ans pour les salariés dont les conditions de travail ont une incidence sur leur espérance de vie,
- Garantir le code de pensions civiles et militaires,
- Ne pas diminuer le niveau des pensions.
Tout n’est pas joué, nous pouvons les faire reculer !
Ordre des organisations dans le cortège
UNSA CFDT CFTC CGC CGT FSU SUD Ensuite FO les associations et partis politiques
16 et 19 octobre : amplifier les mobilisations
COMMUNIQUE DES ORGANISATIONS CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA
Les mobilisations du 12 octobre ont été de très haut niveau avec une participation aux manifestations en forte hausse par rapport aux journées précédentes.
La participation des jeunes reflète, au-delà de la question des retraites, leur inquiétude quant à leur avenir et à la situation de l’emploi.
Cette quatrième journée d’action depuis début septembre contre le projet de réforme des retraites que veut imposer le gouvernement confirme l’opposition
grandissante des salariés, soutenus par l’opinion publique, à une réforme injuste et inefficace qui aggrave les inégalités sans assurer la pérennité des retraites par répartition.
Le gouvernement et les parlementaires ne peuvent ni mépriser ni ignorer les exigences exprimées par les salariés et les organisations syndicales.
Les organisations syndicales CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA appellent à participer massivement aux manifestations du samedi 16 octobre.
Elles décident d’une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations le mardi 19 octobre, veille du vote au Sénat sur l’ensemble de la loi.
Pour amplifier la mobilisation et réussir les journées du 16 et 19 octobre, elles appellent l’ensemble de leurs organisations dans les territoires, les entreprises
et les administrations à poursuivre les initiatives unitaires. Elles se reverront le 21 octobre.
Les organisations syndicales demandent aux sénateurs de ne pas adopter cette réforme injuste.
Paris, le 14 octobre 2010
.
S’est ouvert au Sénat l’examen du projet de casse de la retraite à 60 ans. Petit retour en arrière. Nous sommes le 2 mai 2007, quatre jours avant le second tour de l’élection présidentielle. Interrogé sur une radio périphérique sur le fait de savoir s’il allait satisfaire à la demande de Laurence Parisot d’augmenter l’âge de la retraite jusqu’à 63 ans et demi, Nicolas Sarkozy répond sur un ton tranchant : «Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français. Je n’ai donc pas de mandat pour faire cela.» Trois ans plus tard, nous pouvons donc constater ce qu’il en est et comprendre pourquoi la patronne des patrons est si discrète. Ses vœux sont pleinement exaucés par le projet en cours. Jadis, naguère, un général de Gaulle disait que la politique de la France ne se menait pas à la Corbeille. Les temps ont bien changé.
Autre changement, et plus récent celui-là : la profondeur du mécontentement populaire, exprimé avec une vigueur inégalée … Des millions de manifestants dans la rue aux sondages, tout le montre : la réforme Sarkozy-Woerth-Fillon est rejetée par le pays. Le pouvoir a refusé de mettre en débat d’autres solutions pour financer les retraites par répartition. C’est donc que tel n’est pas son but. Il multiplie les mensonges, c’est donc qu’il sait ne pas pouvoir emporter l’adhésion des Français sur les vraies raisons qui le meuvent. Depuis plusieurs jours, et jusqu’à la prestation dominicale du premier ministre sur une télévision privée, ses représentants s’obstinent à prétendre que les manifestants ne comprennent rien ou, comme le déclarait … le président du Sénat, que « le pays s’interroge encore ». C’est dire combien ce pouvoir est à bout d’arguments.
Lorsque l’on est à bout d’arguments, reste la provocation, puisque les petites manœuvres de division n’ont pas fonctionné depuis sept mois maintenant que les syndicats ont appelé les salariés à unir leurs efforts dans cette bataille. Le gouvernement et sa majorité ont choisi l’épreuve de force…
Les huit jours à venir, le gouvernement va devoir choisir : ou bien il ouvre de vraies négociations, écoute les propositions des différentes organisations syndicales et en tient compte ; ou bien il va, par son arrogance et son intransigeance, encourager un mouvement dont il sous-estime l’ampleur. La balle est dans son camp. Historiquement, on sait ce que sont devenues, face à la montée d’une contestation irrésistible, les « réformes » dont les partisans gouvernementaux estimaient qu’elles étaient fatales, nécessaires et devaient faire l’objet de « plus de pédagogie ».
Face à l’agression en cours, jeunes et seniors, salariés de toutes conditions ou sans-travail, hommes et femmes, avec leurs syndicats réunis, n’ont aucune raison de relâcher leurs efforts de mobilisation. Ce combat est juste et d’avenir.
Parti Communiste français.
Pour suivre le débat au Sénat :
http://groupe-crc.org/Chronique-d-une-bataille-parlementaire-9.html
Une autre réflexion sur le mouvement social en cours :
http://www.ufal.info/education-populaire/reflexions-sur-le-mouvement-social-actuel/1877
Les organisations syndicales et de nombreux mouvements associatifs et politiques appellent à nouveau à manifester le mardi 12 octobre. A Troyes le rendez-vous est fixé Rue de la République à 13 h 30.
Après les manifestations du 2 octobre qui ont a rassemblé environ 3 millions de personnes dans toute la France, le ministre du travail, appliquant les consignes de l’Elysée ne fait que se répéter et refuse toujours la négociation.
Le premier ministre s’appuie sur son « expérience » de 2003 pour affirmer que le refus du gouvernement est justifié. Il parie clairement sur le pourrissement du mouvement, faute d’avoir pu, comme alors, diviser le front syndical.
Un mouvement réussi.
Comme de coutume, les Sarkozytes et leurs soutiens dans la presse et au parlement, tentent de minimiser la portée des manifestations.
On ne reviendra pas sur les comptages depuis toujours fantaisistes du ministère de l’intérieur.
S’il est difficile d’évaluer l’ampleur d’un cortège et le nombre exact de participants, on peut sans peine constater l’affluence, la durée des défilés, l’implantation totalement inédite sur le territoire.
A cet égard, l’image de quelques dizaines de manifestants banderoles au vent sur l’Ile d’Ouessant ou celle de cette petite ville du sud-est dont la moitié des habitants étaient dans la rue devrait faire réfléchir.
Le renouvellement constant des participants a sans doute également nourri quelques fiches des Renseignements généraux.
Si le nombre total varie peu d’une manifestation à l’autre, les habitués ont constaté la diversité des publics : les cortèges ne se ressemblent pas, ils s’additionnent.
Samedi 2 octobre, c’était le jour des familles et des employés de petites entreprises ou de services dans lesquels on le sait, le droit de grève relève souvent du suicide professionnel.
Le 12 on continue…
Le débat parlementaire n’est pas terminé. On peut en suivre les principaux moments ici.
Des initiatives variées montrent que l’impatience gagne dans le pays. Depuis le début, le gouvernement et le « chef de l’état » recherchent l’épreuve de force. Ils étudient l’état de l’opinion qu’elle s’exprime par la grève, dans la rue ou dans les sondages.
Tout a été fait pour tromper les Français : campagnes coûteuses de propagande dans les médias, comparaisons fallacieuses avec l’étrange