Avec les Amis du Parc.
Les Amis du Parc naturel de la Forêt d’Orient proposent chaque saison un
programme de visites guidées de villages.
Notre chef lieu de canton avait autrefois donné lieu à plusieurs
initiatives. Ce mois de juillet, M. Thiennot, membre de la Société Académique de l’Aube, bien connu dans la commune, a accepté de reprendre le
flambeau. Nous l’avons suivi avec empressement, non sans avoir au préalable lu les ouvrages qu’il édite lui-même et dont on peut recommander la découverte :
- Piney, reportage photo de deux gamines.
- Chers parents. (Lettres d’un appelé en Algérie)
- Le cahier (Souvenirs d’enfance de Georgette Voulminot.)
- La petite fille en vert (…et en vers. NDLR) repris
dans Histoire contées et libres rimes.
- Les marmites de Verdun (souvenirs de Louis Voulminot)
- Si Piney m’était conté.
(Pour commander
andretieno@cegetel.net )
Présenter un bourg comme Piney n’est pas une mince affaire. Les conducteurs et
passagers des milliers de véhicules qui le traversent jour et nuit ignorent tout ou presque de la vie qui s’y mène, d’un passé prestigieux, d’un
patrimoine modeste mais unique. On se reportera utilement aux habituels ouvrages de référence et à la collection des bulletins cantonaux pour
connaître les événements marquants de l’histoire communale. (Bulletin INFO du canton, depuis 1979 *)
André Thiennot pour sa part, présentait le fruit de ses recherches dans son
dernier ouvrage « Si Piney m’était conté ». C’est une partie de cette promenade qu’il nous proposait de faire avec lui sous un soleil radieux.
Le rendez-vous était donné sous la halle « la plus grande halle en bois de
l’Aube » nous apprend notre guide. De là, nous seront présentés au long des rues et des ruelles, la généalogie des Ducs de Luxembourg-Piney, les divers styles de construction, des anecdotes
issues de souvenirs personnels, des métiers d’autrefois, sans oublier naturellement l’origine et le développement de ce qui fut longtemps une des entreprises nationales de fabrication de jouets
en peluche. L’ouvrage « L’ours de mon père » conte cette aventure industrielle qui mêla ingéniosité et ténacité au service d’une noble
cause : celle des tout petits et de leur « nounours » ou « ninin » !
La Halle de Piney.
C’était une « halle de droicts de
foire et marchés » (« Si Piney m’était conté ». p 77) accueillant quatre foires par an et un marché hebdomadaire le mardi. Le Duc percevait les droits de « mesurage, hallage, place en terre, estallage, et autres… ». La configuration actuelle évoque peu une "grange" susceptible de stocker les redevances
en nature. On peut comparer son architecture à celle reconstituée auprès du moulin de Dosches, considérée elle comme « grange à dîmes » (impôt ecclésiastique en nature). (clic
ici ) Néanmoins, les images antérieures à la restauration, visibles sur les anciennes cartes postales montrent une disposition
différente.
Alice Thomas en avait fait la description de la Halle de Piney dans l’Escarboucle n°77 (consultable en ligne) : 13 m de haut, 34 m de long et 884 m2. Elle est classée
depuis 1930, mais on ne l’a redécouverte en son état originel que récemment (1997). Elle abritait auparavant divers locaux sur la moitié de sa superficie. M Thiennot étudie l’histoire de la halle
et évoque ses souvenirs dans son livre. Marc Thillerot y a donné ses premiers cours en tant qu’instituteur. Pour ma part, j’ai le souvenir de réunions « au coin du poêle », de débats
électoraux, de chaudes soirées de dépouillement aux soirs de scrutins. A côté se trouvait le matériel du centre de secours. Désormais la vue est dégagée sur les sept travées qui en constituent la
longueur, tandis que vue de front, sa silhouette évoque une nef et ses bas-côtés.
L’agencement des bois suscite toujours étonnement et admiration pour le
savoir faire de charpentiers capables de réaliser ce miracle d’équilibre des forces et des tensions, d’allier la légèreté de la structure et l’élégance du dessin avec comme but ultime le soutien
d’une toiture immense, effilée dont on devine cependant la charge. Combien de tonnes ?
Et ce pour une longue traversée des siècles puisqu’elle est datée du début du
17ème. N’a-t-elle pas abrité les bagages de l’Empereur en 1814, résisté au grand incendie de 1921, et même à la débâcle de 1940, à la déroute de l’armée nazie en 1944.
La maison des « Luxembourg »
De la Halle, on ne peut que remarquer la maison des Ducs de Luxembourg Piney. La
bâtisse – classée - a fière allure et mêle harmonieusement le colombage, la brique et la craie : trois matériaux de base pour les constructions
locales. On devine une belle galerie de bois au-dessus de la cour intérieure. L’édifice a fait l’objet aussi d’une remise en état. Une carte postale du début du XXème siècle nous le
montre recouvert de ce crépi gris uniforme qui fut dit-on imposé au temps où l’on craignait – à juste titre- les incendies dévastateurs. Si l’explication est la bonne, on sait que la méthode ne
fut guère efficace.
François de
Luxembourg en fit l’achat en 1607, mais selon toutes probabilités n’y résida pas. Il avait son
château à Pougy et sa résidence à Paris. Je vous laisse découvrir dans le livre d’André Thiennot le fruit de recherches méticuleuses sur la généalogie des Ducs et les rapports qui existent entre
notre Duché de Luxembourg- Piney, le Grand Duché de Luxembourg et le Palais du même nom à Paris. On peut aussi consulter le site du PNRFO et l’article de M. Thiennot dans l’Escarboucle n°79 de
juin 2010.
Le « Duché Pairie »
couvrait 5000 hectares de forêts et d’étangs qui rapportaient 50 000 livres par an à notre Duc. C’était un personnage. M Thiennot a sélectionné la reproduction d’un tableau représentant le
bal donné au Louvre à l’occasion du mariage du Duc Anne de Joyeuse avec Marguerite de Lorraine-Vaudémont en présence d’Henri III (18 septembre 1581)
Le Duc François Ier de Luxembourg-Piney y côtoie le Duc de
Guise. Après la mort de Joyeuse (bataille de Coutras contre les protestants 1587) Marguerite se remariera avec François Ier de Luxembourg. On retrouvera le Duc le 27 juin 1590 aux côté
de son frère le Comte de Brienne dans l’armée royale qui attaque les ligueurs à Bar sur Seine.
Le fameux Maréchal de
Luxembourg (François Henri de Montmorency-Luxembourg
Duc de Piney) aura une existence tumultueuse. Proche de Condé il connaîtra les disgrâces, l’exil et pour finir la gloire. Il sera surnommé le « tapissier de Notre Dame » en raison du
nombre de drapeaux pris à l’ennemi d’alors et suspendus dans la cathédrale. (Guerre de la Ligue d’Augsbourg 1688- 1694)
Le dernier des Ducs
de l’ancien régime n’est pas moins remarquable. Anne-Charles de Montmorency-Luxembourg. Outre son rôle dans la
franc-maçonnerie, présida les 270 députés de la noblesse lors des Etats généraux de 1789. Il avait été élu par la noblesse du Poitou (Sénéchaussée de Poitiers). Il fut de ceux qui s’opposèrent
farouchement à la réunion des trois ordres (noblesse-clergé-tiers état) et au vote « par tête ». L’audience du 7 juin, en présence de Louis XVI examina la demande du tiers état
qui réclamait l’égalité:
« La noblesse, dit-il, forte de sa
considération, de ses immenses richesses et des talents de plusieurs de ses membres, est sûre de jouer un rôle dans l'assemblée nationale, où elle sera reçue avec transport. Mais quelles suites cette réunion peut avoir pour le trône! L'opinion publique et les droits de »la nation
décernent à ses représentants une telle puissance, que l'autorité royale elle-même demeure comme nulle en sa présence. Ce pouvoir sans bornes existe
dans les états-généraux ; mais leur division en plusieurs chambres enchaîne leur action et conserve la vôtre. Réunis en une seule, ils ne connaissent
plus de maître : divisés en trois, ils sont vos sujets. Le déficit des finances, l'insubordination de l'armée, abattent votre conseil; mais, Sire, il vous reste encore votre fidèle noblesse. Elle
a le choix de partager avec ses co-députés le pouvoir suprême, ou de mourir pour défendre votre prérogative : son choix ne sera pas douteux; elle
mourra, mais en mourant elle frappera de nullité les opérations d'une assemblée incomplète, puisqu'un tiers de ses membres aura été livré à la fureur
du peuple ou au fer des assassins. »
Le 10 juin Sieyès demanda au clergé et à la noblesse de s’unir au tiers état.
Les nobles « libéraux » comme La Fayette accepteront et constitueront la première « Assemblée nationale ». Louis XVI fera fermer le lieu de réunion. Les députés occuperont alors la salle du jeu de Paume (20 juin). On connaît la suite.
A sa manière, le Duc de Piney avait vu juste. Il démissionna au mois d’août
(avant ou après la fameuse nuit du 4 ?) émigra à Londres en 1791 (après ou avant Varennes ?) et mourra en exil à Lisbonne en 1803.
Son itinéraire le mènera à l’armée
des Princes avec son fils Charles Emmanuel Sigismond né en 1774 qui fut son aide de camp (campagne de 1792 contre la France de la monarchie
constitutionnelle) Il y était accompagné d’une partie de la noblesse poitevine. (3ème compagnie française de Luxembourg, coalition du Poitou.) Lors du procès de Louis XVI, son nom
apparaît dans l’état des sommes payées par la monarchie aux troupes adverses. « Montmorency-Luxembourg dit le Duc de Luxembourg, de Piney
… »
Après la déroute et la dissolution
des armées émigrées, la noblesse exilée se mit au service de diverses puissances européennes. Le Duc choisit le Portugal alors allié de l’Angleterre. Son fils devint colonel du régiment de Cavalerie d’Evora dans la campagne de 1801 (« Campagne des oranges »). Il revint auprès de Louis XVIII durant la
Restauration et accompagna la fuite du roi à Gand durant les Cent jours. Il occupa ensuite la fonction d’ambassadeur au Brésil ce qui l’éloigna un peu plus des terres de ses ancêtres. Il n’était
pas marié.
(Histoire généalogique et héraldique
des pairs de France: ...Volume 8. Par Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles)
Entre temps, comme tous les biens des émigrés, les possessions des Luxembourg à
Piney avaient été confisquées et vendues comme « biens nationaux. Ce fut le cas de la Halle et de la maison.
L’histoire n’a pas voulu que les Piney- Luxembourg bénéficient de la
reconstitution du Grand Duché (1815), ni que notre canton devint un paradis fiscal.
Par contre, une autre famille Pinoise renoua, grâce à la République, avec le
Palais du Luxembourg devenu siège du Sénat.
Au-dessus de la halle un ensemble de maisons attend la démolition. Notre guide y
a des souvenirs personnels que je vous laisse, là aussi le soin de découvrir dans ses écrits. Vous y apprendrez où est né le fameux « ours » de Piney !
L’espace dégagé serait sensé
accueillir un parking. (Qu’on me corrige si c’est inexact) Le photographe et le visiteur espèrent que la perspective ne sera pas trop
affectée.
Notre Dame des Ormes.
Le groupe quitte la place par la rue Hautefeuille et la Rue Raymond Briet. On
débouche sur le CD 960 qui porte ici le nom de « Rue de La Chapelle. » On aperçoit en effet en direction de Troyes la Chapelle Notre dame
des Ormes. L’horaire ne nous permet pas d’y aller voir de plus près. M Jacques Patenôtre en avait fait la description dans le bulletin paroissial (n°30 juin 2006).
« La chapelle cimetèriale Notre
Dame des Ormes de Piney a été édifiée au XVIème siècle et parée au XIXème d’un décor de style néogothique. Elle doit son nom à
une plantation d’ormes qui jadis l’entourait ; parait-il que lors d’un incendie seule une vierge en bois ne brûla pas, mais nous n’avons trouvé aucun document. Au moment de sa fondation,
Notre Dame des Ormes fut un lieu de pèlerinage…. » L’auteur donne ensuite une description détaillée
de l’intérieur de la Chapelle. La porte de façade s’accompagne de « deux petites fenêtres carrées et grillées, percées à hauteur d’homme pour
faciliter la vue à l’intérieur de la chapelle ; ces ouvertures étaient destinées aux pèlerins de passage… ». On y honorait « Notre Dame de Pitié » nous apprend M Thiennot
qui se souvient d’une « Vierge noire »… celle qui n’aurait pas brûlé, mais aurait tout de même un peu roussi ? (Sur les « vierges noires » voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Vierge_noire )
De loin on remarque la fine silhouette élégante et la flèche élancée du clocher.
Elle marque la sortie de Piney lorsqu’on se dirige vers Troyes, la limite après laquelle les « 2000 camions qui traversent Piney chaque semaine » peuvent à nouveau appuyer sur le
champignon, s’élancer sur le CD960, et pour les conducteurs croyants demander au passage la protection du ciel.
Les façades de la rue souffrent de cet excès de circulation et sans doute du
découragement des propriétaires. « On s’arrêtera aussi, juste une seconde, pour admirer les restes de ce qui a été la plus belle façade d’écailles
de châtaigniers de Piney… et qui n’en finit pas de mourir…Elle avait – et en conserve les restes- de très jolis motifs dessinés par les écailles elles-mêmes. Son auvent était garni de plaques de
métal taillées en écailles… » commente notre guide. L’auvent est éventré et ne survivra guère.
Tout près une restauration de maison à colombage mérite le coup d’œil. Le
restaurant « La Flambée » qui connut ses heures de gloire, ne semble pas devoir renaître.
Les Roises.
Nous continuons par la rue Basse et la rue des Roises. Le toponyme est fréquent.
Il désigne les lieux -trous d’eau ou mares- où l’on mettait à « rouir » le chanvre, opération qui consiste à laisser tremper les tiges de
manière à détacher les filasses en dissolvant la matière collante qui les attachait. Plus l’eau était froide, plus le rouissage était rapide. Ce qui était de l’intérêt de tous car ce
pourrissement dégageait une forte odeur (dégagement de méthane et d’hydrogène sulfureux). L’encyclopédie Diderot rapporte que les « rotheurs » font mourir le poisson. « Ainsi,
la défense de rouir des chanvres dans les rivières & dans les eaux courantes, même particulières, fait partie du droit public de la France. Ce droit n’abandonne pour le rouissement des
chanvres que les eaux mortes, ou celles qui étant tirées d’une rivière ou eau courante se perdent dans des terrains plus bas, & ne retournent plus à la rivière, ou s’y rendent par un circuit,
dont la longueur leur donne le tems de déposer les sucs dangereux dont elles se sont chargées par leur séjour dans la roise… » .
Ce doit bien être le cas à Piney, qui ne connaît que maigres rus divagants et terres humides... L’eau était là et une mare enclose en est témoin. Il y avait aussi nous dit
M Thiennot un lavoir. Il y avait deux cordiers en tilleul à Piney. M Clément et M. Guyot. M. Daunay leur a consacré un recueil (n°56 de Folklore de Champagne.1977). Certaines notices situent leur
activité milieu XIX ème. C’est excessif. M Thiennot a bien connu M. Clément, l’un des deux artisans, et je me souviens avoir visité
l’atelier d’Aimé Guyot, le second cordier, encore bien vivant dans les années 70 du XXème siècle ! Comme l’indiquent les sites
spécialisés, l’atelier était de plein air, tout en longueur. « Mémé Guyot » comme on l’appelait familièrement était représentatif de ces générations industrieuses, humanistes
et engagées. On ne craignait pas alors d’affirmer en campagne des idées progressistes. Des cultivateurs lisaient « La Terre »,
« L’Humanité » et des travailleurs indépendants surent résister à la vague poujadiste des années 1956.
Pour la technique on peut consulter :
http://corderie.wifeo.com/corderie.php
Et pour l’historique antique (et maritime) :
http://www.l-encre-de-mer.fr/IMG/pdf/polycop_fils_et_cordes_2009.pdf
Si l’on voyage un peu, je me permets de recommander la visite de la corderie royale de Rochefort (près La Rochelle)
Je cite M Thiennot :
« Jusqu’avant la guerre (et juste un peu après pour que je le voie faire) le cordier travaillait principalement l’écorce de tilleul. En mai juin, quand la sève circule encore entre le bois
et l’écorce, il passait ses journées en forêt à écorcer les perches. Les longues estafilades d’écorces fagotées en bottes restaient à sécher jusqu’en juillet-août puis étaient mises à rouir dans
le gué …jusqu’à ce que la partie dure de l’écorce se délite et laisse apparaître la fibre douce au toucher de la forêt d’Orient. Après un second sèchage, il pouvait commencer à
corder… ».
Par rapport à la corde de chanvre, le tilleul avait la propriété de résister mieux à la putréfaction d’où le surnom donné de « corde de puits » ou ses usages
dans la marine.
Cette partie basse de Piney est en Champagne humide. La Rue du Stade s’appelait « Rue aux vaches ». On y a implanté les écoles, le collège, la maison de retraite
et des pavillons. N’y voyez nulle nostalgie. Le COSEC permet nombre d’activités sportives et le collège assure une formation de qualité ainsi qu’en
témoignent les résultats du Brevet cette année. Mais évidemment le monde change, et devant les anciens ateliers de l’usine Thiennot reconvertis en partie dans la production de sacs plastique
biodégradables, on peut méditer… Le jouet traditionnel a disparu comme les magasins qui en assuraient la distribution. La production internationale et la concentration des circuits commerciaux
(centrales d’achat des grandes surfaces) ont provoqué un déclin sans doute irrémédiable dans le monde actuel. Le consommateur n’est pas totalement innocent. On peut lire pour plus de détails « L’Ours de mon père » (op déjà cité)
L’église Saint Martin.
On ne peut que recommander la visite de l’intérieur de l’église de Piney, tant l’extérieur est austère. Thérèse Prod’Homme dans le bulletin paroissial de mars 2006 (n°29)
nous en donne l’explication :
« L’édifice datait du XVI ème siècle, et fut tributaire, comme tant de constructions en pierre de craie de nos régions, des attaques du temps. Il menaçait
ruine, on fut obligé en 1877 de démolir chœur et transept…Faute de ressources suffisantes, ,la nef ancienne ne fut pas reprise, mais tronquée dans sa largeur, et les deux travées avec bas côtés
furent en plusieurs étapes rabaissées et complètement plafonnées… »
L’auteure donne l’explication d’une curiosité visible :
«C’est donc deux murs extérieurs isolés qui séparent l’ancienne construction du nouveau transept chœur sanctuaire, tandis qu’à l’extérieur demeurent apparents
les arcs prévus pour les collatéraux et croisillons… »
La dédicace à Martin, évêque de Tours au IV ème siècle est banale. Jean René Prod’Homme dans INFO 1980 écrit que
« près de 4 000 église paroissiales françaises (lui) sont dédiées… » tout en remarquant que ce patronyme est le plus fréquemment
porté, comme dit le proverbe.
Chaque enfant ayant fréquenté le catéchisme autrefois connaissait la « légende dorée » du militaire romain
partageant en deux son manteau (la doublure selon certaines sources)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_de_Tours
Berthold Brecht dans « Mère courage » en a fait un hymne…
«
…ça nous a rien donné d'être du ben bon monde, à part de la misère, surtout en hiver,
Le bon Saint-Martin, qui
aimait la Vierge,
Support' point la
misère.
Il vit un pauvr' couché dans
neige
Et partagea avec lui sa
p'tit' couverte.
Tous deux fur'nt r'trouvés
morts de frette… »
Toujours est-il que le Saint Patron fut victime des rancunes féroces qu’avait suscitées le clergé sous l’ancien régime. Jean René Prod’Homme (INFO
1980 cité) a relaté les divers épisodes de l’histoire révolutionnaire à Piney. On peut y suivre les aléas subis par l’ancienne église et ses
desservants. Certains curés acceptent le nouveau régime constitutionnel (1790). D’autres s’exilent ou passent dans la clandestinité. La fermeture de l’église est décidée en 1793. Le culte y aura
cessé le 6 avril 1794. Le Conseil de commune demandera alors à l’administration de donner à l’église le titre de « Temple de la Raison et de la Liberté » Un cortège –une procession ? –
portera les bustes de Marat, Le pelletier et Barra jusqu’au nouveau Temple! Le Curé rallié de Villers le Brulé prononça un discours sur les bienfaits de « l’Être suprême ». Un panneau
portant l’inscription « Temple de la raison » aurait dû être placé au-dessus du chœur du nouveau Temple. Ce ne sera jamais réalisé. Qu’est devenu ce panneau ? Autre curiosité : en
1795, le culte d’obédience papale est célébré en alternance avec le culte constitutionnel, le même jour à des heures différentes!
La description de l’intérieur de l’église a été faite dans les opuscules cités. L’œuvre la plus remarquable, d’un point de vue profane, est le
tableau classé datant du XVII ème. Il est analysé en détail dans INFO 1999.
L’Avenue du Général De Gaulle.
Ancienne avenue de la Gare, c’est la plus longue du bourg. Proportionnée à la dimension du personnage selon M Thiennot! On aperçoit au loin la
gare de Piney, désaffectée aujourd’hui. Sur la place, une aire de stationnement a été aménagée pour les campings cars et elle accueille chaque année l’exposition des animaux de concours lors de
la foire cantonale.
La voie ferrée relie Troyes à Vitry-le-François. Marc Thillerot lui a consacré un article dans INFO 2010 (article Brevonnes). Elle a vu passer les
trains de voyageurs de 1886 à 1950. Sa mise en service a sonné le glas du service des diligences dont Gilbert Damain a rappelé l’épopée dans INFO 2002. L’ancien relai de poste se trouvait à
l’emplacement de la médiathèque actuelle, puis il fut transféré dans une ferme, pratiquement face au centre de secours.
La ligne de chemin de fer a elle aussi son histoire. D’intérêt militaire du fait du dépôt de Brienne, elle reste entretenue. Elle a vu passer de
1914 à 1918 des centaines de convois, poilus valides montant au front, trains sanitaires au retour. Durant la seconde guerre mondiale, elle fut l’objet d’une attention constante de l’occupant
nazi et des saboteurs de la résistance.
Face à la place de Piney et voisines de l’excellente boulangerie pâtisserie, deux maisons classées pour leur architecture. « Construites en pan de bois et torchis, toit à quatre pentes, la porte d’entrée protégée de la pluie par un avent… ». Les façades sont protégées par
des bardeaux de châtaignier pour l’une et d’ardoises pour l’autre. Elles sont « d’origine ». Une maison située Rue des Frères Hubert présente des caractéristiques
semblables.
Le retour près de la Halle permet d’évoquer le grand incendie de 1921 qui détruisit tout le centre de Piney et qui nous vaut indirectement la
présence de la longue bâtisse abritant Mairie, salle de spectacle et bureau de poste. (Voir INFO 1997). Les cartes postales antérieures nous donnent une idée du Piney d’avant le
sinistre.
Au fronton de la salle des fêtes, le lion couronné des Luxembourg et le sigle de la république....
On aura compris la richesse du patrimoine de notre bourg centre. Le groupe nombreux qui suivit la visite en aura été persuadé. Les lectures conseillées complèteront les informations,
en attendant les contributions d’autres auteurs locaux, car les ressources ne manquent pas.
Les articles du bulletin INFO :
2010. Les poupées de mon père. A Thiennot.
- Un Pinois dans la
guerre (G. Brigot)
2009 Souvenirs d’enfance. Alain Thévenin.
-
Les incidences financières de la guerre de 1870. Serge Cayrel.
2008- Fête nationale du 14 juillet à Piney. (Historique) Serge
Cayrel.
2007- La Rue Leclainche
inaugurée.
2005- Cartes
souvenirs.
-
De père en fils. (Générations de commerçants et artisans)
-
Les conseils municipaux depuis 40 ans.
2004- Cartes souvenirs.
-
Centre de secours de Piney : 20 ans déjà. (Emmanuel Brelet)
2002- Le collège des Roises : 20 ans déjà. (RH)
-
Nos aïeux et la bonne chère (Henri Deborde.)
-
Les diligences à Piney. (Gilbert Damain.)
2001- La crèche de Brantigny. Alain Thévenin.
-
Les Amis des clochers de Piney. JM Van Houtte.
-
Piney au 19ème siècle : Pendant la guerre de 1870-1871. ( Henri, André
Deborde)
2000 – Un siècle d’Histoire. (Henri, André Deborde)
-
Chronique d’un facteur il y a quelque temps. (Souvenirs
d’Antoinette…)
-
Piney qui étais-tu : début 1931 (Pierre Thiennot.)
1999 – La symbolique du grand tableau de l’église de Piney… (Sylvain
Michon )
-
Souvenirs d’enfance à Piney. 1921-1932.
(André Billy)
-
Le football à Piney. 1938-1998. (Jean Michel Prutscher.)
1997- Piney et le grand incendie de 1921. (Jean Michel
Musso.)
1995- Descendance exotique des anciens seigneurs de Piney. (Jacques
Bernot)
1994- Piney au moment de la révolution. (Georges
Doiseau.)
1992- Il y a cent ans..Le château de Brantigny. (Jacques
Bernot)
1991- Les cosaques à Piney (Jacques Marnat)
-
Fontaine je boirais bien de ton eau… (Emile Liger)
1990- La halle de Piney (Emile Liger)
-
A propos de Piney ( J-L Sausey)… notes sur la seigneurie de Piney
1989- Notes sur l’Abbaye de Larrivour et origines de Piney (J-L
Sausey)
-
Les cahiers de doléances de Piney en 1789 (M-A Vigier)
1988- Il nous manquera (article consacré à M André Stévenin,
sellier-tapissier)
par M-A Vigier.
-
Souvenir d’un jeune aubois de 90 ans ou le train de mon enfance. ( Gaston
Festuot)
1986- Sports et baignades à Piney en 1944. ( Serge
Cayrel.)
1985- Une œuvre d’art peu connue. (…sur le tableau de l’église St
Martin)
La restauration de l’église de Brantigny. (Simone Deborde)
1984- Classement
d’archives civiles et religieuses pour servir à l’histoire de
Piney et ses hameaux. (Jean René
Prod’homme.)
1983- Ces lieux-dits qui nous sont familiers. (Fermes et écarts à
Piney) par
Désiré Thévenin.
1982- Une tuile témoin du passé (Jean Yves Soret )
1981- Le Doyer-en-Brantigny ou comment Piney est devenue une
grande
commune. (Jean René Prod’Homme.)
-
Les gagnages en Forêt d’Orient. (Désiré
Thévenin)
1980- Documents historiques et biographiques sur les anciennes
Paroisses de
Piney. (Jean René Prod’Homme)
-
En souvenir de mes camarades (souvenir de guerre de Roland Jossinet.)
1979- Notice historique sur la commune de Piney. (Dominique
Voix.)
-
En feuilletant quelques pages d’un ancien registre des délibérations du Conseil
municipal de Piney ( Marcel Soret)
Patrimoine
monumental religieux rattaché au canton de Piney. (Jean René Prod’Homme. Illustrations de Mireille Payen et
René Héraud)