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Histoire locale. Patrimoine

Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 17:35

La préfecture de l'Aube communique:

"   "Période de grands froids dans le département de l'Aube

Le dernier bulletin  édité par météo-France fait état d'un épisode de grand froid pour les jours et  nuits prochaines avec des températures ressenties pouvant atteindre -17°.

Au vu de ces prévisions, le niveau 2 du plan grand froid est déclenché.

Les maraudes du SAMU social sont intensifiées sur le territoire de l'agglomération troyenne.

Des places d'hébergement d'urgence  supplémentaires permettant l'accueil de personnes isolées en grande difficulté sont accessibles par le numéro d'urgence d'appel 115. Elle sont réparties sur les communes  de  l'agglomération troyenne, Chaource, Romilly, Piney.

Sur signalement de la gendarmerie ou du 115 un déplacement du SAMU social est possible sur d'autres communes du département.

Il vous est demandé durant cette période d'apporter une vigilance particulière à toute personne sans abri, mal logée  ou mal chauffée particulièrement à ceux qui résident en habitat précaire  ou en squatt.

Ces personnes doivent être contactées ou visitées.

Si certaines vous paraissent en danger vous devez prévenir les pompiers ou le SAMU qui apprécieront la nécessité de les hospitaliser.

Vous pouvez également utiliser le registre des personnes isolées ou vulnérables de votre commune  pour prendre de leur nouvelle et les aider à faire face à leur difficultés. 

Vous pouvez également décider de mettre à disposition de ces personnes un local chauffé  ( salle polyvalente, mairie …)  où il leur serait possible de se mettre à l'abri et de se réchauffer quelques heures par jour.  

J'appelle également votre attention sur la nécessité d'appeler l'attention des personnes qui utilisent  des chauffages d'appoint  sur  les risques d'intoxication au monoxyde de carbone :

-        les chauffages à combustion ne doivent pas être utilisés en continu

-        les aérations  ne doivent pas être bouchées malgré le froid

-        les groupes électrogènes doivent être placés à l'extérieur des habitations.

Si vous remarquez des personnes en difficulté n'hésitez pas à prévenir le 115.

Les services  de la DDCSPP (03 25 80 33 33) restent à votre disposition pour toute difficulté à laquelle vous seriez confrontés."

 

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Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 12:44

Lus et à lire…

 

L’escarboucle N°83  juin 2011.

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Le bulletin des Amis du Parc propose :

-  l’Editorial d’Armande Spilmann « Sécheresse ne zone humide. » en pleine actualité.

- Comment avoir une belle haie qui favorise la biodiversité (article de Fabrice Joachim)

- Les Briennois célèbres (première partie : les conquérants) par André Thiennot, membre de la Société académique de l’Aube.

- Un autre horizon…pour l’agriculture après la projection du film homonyme (compte rendu de Gérard le Berre)

- Villes et villages de l’Aube : présentation du livre de Jean Louis Peudon.

- « C’est bon pour la terre », à propos d’un article du N°76 de RCA

Plus les animations culturelles, les visites guidées et le programme des randonnées organisées par les Amis du Parc.

Il est rappelé que les numéros précédents sont consultables en ligne sur le site de l’Association :

http://amis-parc-foret-orient.fr

 

La roue en bois n° 107. Juillet 2011.

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Ce bulletin est édité par l’ASPRA ‘Association pour la sauvegarde du Patrimoine Rural et Artisanal. » qui gère l’Ecomusée de Brienne la Vieille. Il paraît régulièrement depuis octobre 1983 et publie chaque trimestre des témoignages, des articles historiques ou techniques.

Dans le numéro de juillet :

Le mot du Président Gérard piat (qui a succédé récemment à Germain Vautrin)

La CARB de Brienne le Château (Coopérative agricole)

Un épisode historique à Brienne la Vieille en 1814.

« Au Lapin agile »

Qualité et richesse du fumier. (Il s’agit du fertilisant et non d’un personnage)

Les sœurs dominicaines des campagnes à Brienne.

Discipline et autorité à l’école. (à la mode d’autrefois)

 Si Brienne  nous était conté, à propos d’une exposition annoncée du 8 au 16 octobre à l’Hôtel de Ville de Brienne. (initiative des Amis du livre)

Pour tous renseignements sur l’ASPRA : courriel : eco.musee@laposte.net

 

Un feuillet annonce par ailleurs une journée spéciale

Démonstration  de savoir et savoir faire

A l’écomusée de Brienne la Vieille

Le dimanche 24 juillet de 14 h à 18 h.

Artisans tourneurs, charpentiers, sculpteurs sur bois.

Exposition de peinture : trois peintres locaux.

Dédicace du livre de Jean Marc Livet de 15 à 17 h

( « Brienne le Château et Brienne la Vieille », mémoire en images)

Vente de produits du terroir et d’objets décorés.

 

Et naturellement visite guidée des salles d’exposition. Le tout pour 3 € par adulte (gratuit pour les moins de 14 ans)

Les cahiers briennois. N° 4.

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Edités par l’Association de sauvegarde du Patrimoine de Brienne le Château. (ASPB)

Ce numéro traite de « Brienne-le-Château. Période médiévale, les croisades. » Par jean Pierre Beurton, , Jean Bristielle, Colette Bennani et Raoul Chaume. 90 pages avec de belles illustrations et de précieuses recherches portant notamment sur :

L’histoire de Brienne (origines et période de 950à 1386.

Le château féodal de Brienne avec plans.

Les Briennois en croisade et l’histoire des principaux Comtes de Brienne.

Cette revue est malheureusement peu distribuée. Elle est en vente à la Librairie champenoise à Brienne-le-Château.

Librairie Champenoise
98 rue de l'Ecole Militaire
10500 Brienne le Château

téléphone : 03 25 92 82 11
fax : 03 25 92 97 78



Horaires d'ouverture

mardi au samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 19h.

L’ASPB peut se joindre au 03 25  27 86 22. Pavillon de la grille d’Honneur du Château de Brienne.

3 Avenue de Bauffremont.

10500 Brienne le Château.

 

 

 

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Dimanche 22 août 2010 7 22 /08 /Août /2010 18:15

Avec les Amis du Parc.

Les Amis du Parc naturel de la Forêt d’Orient proposent chaque saison un programme de visites guidées de villages.

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 Notre chef lieu de canton avait autrefois donné lieu à plusieurs initiatives. Ce mois de juillet, M. Thiennot, membre de la Société Académique de l’Aube,  bien connu dans la commune, a accepté de reprendre le flambeau. Nous l’avons suivi avec empressement, non sans avoir au préalable lu les ouvrages qu’il édite lui-même et dont on peut recommander la découverte :

-         Piney, reportage photo de deux gamines.

-         Chers parents. (Lettres d’un appelé en Algérie)

-         Le cahier (Souvenirs d’enfance de Georgette Voulminot.)

-         La petite fille en vert (…et en vers. NDLR) repris dans Histoire contées et libres rimes.

-         Les marmites de Verdun (souvenirs de Louis Voulminot)

-          Si Piney m’était conté.

 (Pour commander andretieno@cegetel.net )

Présenter un bourg comme Piney n’est pas une mince affaire. Les conducteurs et passagers des milliers de véhicules qui le traversent jour et nuit  ignorent tout ou presque de la vie qui s’y mène, d’un passé prestigieux, d’un patrimoine modeste mais unique.  On se reportera utilement aux habituels ouvrages de référence et à la collection des bulletins cantonaux pour connaître les événements marquants de l’histoire communale. (Bulletin INFO du canton, depuis 1979 *)

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André Thiennot pour sa part, présentait le fruit de ses recherches dans son dernier ouvrage « Si Piney m’était conté ». C’est une partie de cette promenade qu’il nous proposait de faire avec lui sous un soleil radieux.

Le rendez-vous était donné sous la halle « la plus grande halle en bois de l’Aube » nous apprend notre guide. De là, nous seront présentés au long des rues et des ruelles, la généalogie des Ducs de Luxembourg-Piney, les divers styles de construction, des anecdotes issues de souvenirs personnels, des métiers d’autrefois, sans oublier naturellement l’origine et le développement de ce qui fut longtemps une des entreprises nationales de fabrication de jouets en peluche. L’ouvrage « L’ours de mon père » conte cette  aventure industrielle qui mêla ingéniosité et ténacité au service d’une noble cause : celle des tout petits et de leur « nounours » ou « ninin » !

La Halle de Piney.

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C’était une « halle de droicts de foire et marchés » (« Si Piney m’était conté ». p 77) accueillant quatre foires par an et un marché hebdomadaire le mardi. Le Duc percevait les droits de « mesurage, hallage, place en terre, estallage, et autres… ». La configuration actuelle évoque peu une "grange" susceptible de stocker les redevances en nature. On peut comparer son architecture à celle reconstituée auprès du moulin de Dosches, considérée elle comme « grange à dîmes » (impôt ecclésiastique en nature).  (clic ici ) Néanmoins, les images antérieures à la restauration, visibles sur les anciennes cartes postales montrent une disposition différente.930700 piney halle357

Alice Thomas en avait fait la description de la Halle de Piney dans  l’Escarboucle n°77 (consultable en ligne) : 13 m de haut, 34 m  de long et 884 m2. Elle est classée depuis 1930, mais on ne l’a redécouverte en son état originel que récemment (1997). Elle abritait auparavant divers locaux sur la moitié de sa superficie. M Thiennot étudie l’histoire de la halle et évoque ses souvenirs dans son livre. Marc Thillerot y a donné ses premiers cours en tant qu’instituteur. Pour ma part, j’ai le souvenir de réunions « au coin du poêle », de débats électoraux, de chaudes soirées de dépouillement aux soirs de scrutins. A côté se trouvait le matériel du centre de secours. Désormais la vue est dégagée sur les sept travées qui en constituent la longueur, tandis que vue de front, sa silhouette évoque une nef et ses bas-côtés.

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 L’agencement des bois suscite toujours étonnement et admiration pour le savoir faire de charpentiers capables de réaliser ce miracle d’équilibre des forces et des tensions, d’allier la légèreté de la structure et l’élégance du dessin avec comme but ultime le soutien d’une toiture immense, effilée dont on devine cependant la charge. Combien de tonnes ?

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Et ce pour une longue traversée des siècles puisqu’elle est datée du début du 17ème. N’a-t-elle pas abrité les bagages de l’Empereur en 1814, résisté au grand incendie de 1921, et même à la débâcle de 1940, à la déroute de l’armée nazie en 1944.

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La maison des « Luxembourg »

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De la Halle, on ne peut que remarquer la maison des Ducs de Luxembourg Piney. La bâtisse – classée -  a fière allure et mêle harmonieusement le colombage, la brique et la craie : trois matériaux de base pour les constructions locales. On devine une belle galerie de bois au-dessus de la cour intérieure. L’édifice a fait l’objet aussi d’une remise en état. Une carte postale du début du XXème siècle nous le montre recouvert de ce crépi gris uniforme qui fut dit-on imposé au temps où l’on craignait – à juste titre- les incendies dévastateurs. Si l’explication est la bonne, on sait que la méthode ne fut guère efficace.

François de Luxembourg en fit l’achat en 1607, mais selon toutes probabilités n’y résida pas. Il avait son château à Pougy et sa résidence à Paris. Je vous laisse découvrir dans le livre d’André Thiennot le fruit de recherches méticuleuses sur la généalogie des Ducs et les rapports qui existent entre notre Duché de Luxembourg- Piney, le Grand Duché de Luxembourg et le Palais du même nom à Paris. On peut aussi consulter le site du PNRFO et l’article de M. Thiennot dans l’Escarboucle n°79 de juin 2010.

Le « Duché Pairie »  couvrait 5000 hectares de forêts et d’étangs qui rapportaient 50 000 livres par an à notre Duc. C’était un personnage. M Thiennot a sélectionné la reproduction d’un tableau représentant le bal donné au Louvre à l’occasion du mariage du Duc Anne de Joyeuse avec Marguerite de Lorraine-Vaudémont en présence d’Henri III (18 septembre 1581)

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 Le Duc François Ier de Luxembourg-Piney y côtoie le Duc de Guise. Après la mort de Joyeuse (bataille de Coutras contre les protestants 1587) Marguerite se remariera avec François Ier de Luxembourg. On retrouvera le Duc le 27 juin 1590 aux côté de son frère le Comte de Brienne dans l’armée royale qui attaque les ligueurs à Bar sur Seine.

 

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Le fameux Maréchal de Luxembourg (François Henri de Montmorency-Luxembourg  Duc de Piney) aura une existence tumultueuse. Proche de Condé il connaîtra les disgrâces, l’exil et pour finir la gloire. Il sera surnommé le « tapissier de Notre Dame » en raison du nombre de drapeaux pris à l’ennemi d’alors et suspendus dans la cathédrale. (Guerre de la Ligue d’Augsbourg 1688- 1694)

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Le dernier des Ducs de l’ancien régime n’est pas moins remarquable. Anne-Charles de Montmorency-Luxembourg. Outre son rôle dans la franc-maçonnerie, présida les 270 députés de la noblesse lors des Etats généraux de 1789. Il avait été élu par la noblesse du Poitou (Sénéchaussée de Poitiers). Il fut de ceux qui s’opposèrent farouchement à la réunion des trois ordres (noblesse-clergé-tiers état) et au vote « par tête ». L’audience du 7 juin, en présence de Louis XVI  examina la demande du tiers état qui réclamait l’égalité:

«   La noblesse, dit-il, forte de sa considération, de ses immenses richesses et des talents de  plusieurs de ses membres, est sûre de jouer un rôle dans l'assemblée  nationale, où elle sera reçue avec transport. Mais quelles suites cette réunion peut avoir pour le trône! L'opinion publique et les droits de »la nation décernent à ses représentants une telle puissance, que l'autorité royale elle-même demeure comme nulle en sa présence. Ce  pouvoir sans bornes existe dans les états-généraux ; mais leur division  en plusieurs chambres enchaîne leur action et conserve la vôtre. Réunis en une seule, ils ne connaissent plus de maître : divisés en trois, ils sont vos sujets. Le déficit des finances, l'insubordination de l'armée, abattent votre conseil; mais, Sire, il vous reste encore votre fidèle noblesse. Elle a le choix de partager avec ses co-députés le  pouvoir suprême, ou de mourir pour défendre votre prérogative : son choix ne sera pas douteux; elle mourra, mais en mourant elle frappera de nullité les opérations d'une assemblée incomplète, puisqu'un  tiers de ses membres aura été livré à la fureur du peuple ou au fer  des assassins. »

 

Le 10 juin Sieyès demanda au clergé et à la noblesse de s’unir au tiers état. Les nobles « libéraux » comme La Fayette accepteront et constitueront la première « Assemblée nationale ». Louis XVI fera fermer le lieu de réunion. Les députés occuperont alors la  salle du jeu de Paume (20 juin). On connaît la suite.

A sa manière, le Duc de Piney avait vu juste. Il démissionna au mois d’août (avant ou après la fameuse nuit du 4 ?) émigra à Londres en 1791 (après ou avant Varennes ?) et mourra en exil à Lisbonne en 1803.

 Son itinéraire le mènera à l’armée des Princes avec son  fils Charles Emmanuel Sigismond né en 1774 qui fut son aide de camp (campagne de 1792 contre la France de la monarchie constitutionnelle) Il y était accompagné d’une partie de la noblesse poitevine. (3ème compagnie française de Luxembourg, coalition du Poitou.) Lors du procès de Louis XVI, son nom apparaît dans l’état des sommes payées par la monarchie aux troupes adverses. « Montmorency-Luxembourg dit le Duc de Luxembourg, de Piney … »

 Après la déroute et la dissolution des armées émigrées, la noblesse exilée se mit au service de diverses puissances européennes. Le Duc choisit le Portugal alors allié de l’Angleterre. Son fils  devint colonel du régiment de Cavalerie d’Evora dans la campagne de 1801 («  Campagne des oranges »). Il revint auprès de Louis XVIII durant la Restauration et accompagna la fuite du roi à Gand durant les Cent jours. Il occupa ensuite la fonction d’ambassadeur au Brésil ce qui l’éloigna un peu plus des terres de ses ancêtres. Il n’était pas marié.

(Histoire généalogique et héraldique des pairs de France: ...Volume 8. Par Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles)

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Entre temps, comme tous les biens des émigrés, les possessions des Luxembourg à Piney avaient été confisquées et vendues comme « biens nationaux. Ce fut le cas de la Halle et de la maison.

L’histoire n’a pas voulu que les Piney- Luxembourg bénéficient de la reconstitution du Grand Duché (1815), ni que notre canton devint un paradis fiscal.

Par contre, une autre famille Pinoise renoua, grâce à la République, avec le Palais du Luxembourg devenu siège du Sénat.

 

Au-dessus de la halle un ensemble de maisons attend la démolition. Notre guide y a des souvenirs personnels que je vous laisse, là aussi le soin de découvrir dans ses écrits. Vous y apprendrez où est né le fameux « ours » de Piney !

 L’espace dégagé serait sensé accueillir un parking. (Qu’on me corrige si c’est inexact)  Le photographe et le visiteur espèrent que la perspective ne sera pas trop affectée.

 

Notre Dame des Ormes.

Le groupe quitte la place par la rue Hautefeuille et la Rue Raymond Briet. On débouche sur le CD 960 qui porte ici le nom de « Rue de La Chapelle. » On aperçoit  en effet en direction de Troyes la Chapelle Notre dame des Ormes. L’horaire ne nous permet pas d’y aller voir de plus près. M Jacques Patenôtre en avait fait la description dans le bulletin paroissial (n°30 juin 2006).

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«  La chapelle cimetèriale Notre Dame des Ormes de Piney a été édifiée au XVIème siècle et parée au XIXème  d’un décor de style néogothique. Elle doit son nom à une plantation d’ormes qui jadis l’entourait ; parait-il que lors d’un incendie seule une vierge en bois ne brûla pas, mais nous n’avons trouvé aucun document. Au moment de sa fondation, Notre Dame des Ormes fut un lieu de pèlerinage…. » L’auteur donne ensuite une description détaillée de l’intérieur de la Chapelle. La porte de façade s’accompagne de « deux petites fenêtres carrées et grillées, percées à hauteur d’homme pour faciliter la vue à l’intérieur de la chapelle ; ces ouvertures étaient destinées aux pèlerins de passage… ». On y honorait « Notre Dame de Pitié » nous apprend M Thiennot qui se souvient d’une « Vierge noire »… celle qui n’aurait pas brûlé, mais aurait tout de même un peu roussi ? (Sur les « vierges noires » voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Vierge_noire )

De loin on remarque la fine silhouette élégante et la flèche élancée du clocher. Elle marque la sortie de Piney lorsqu’on se dirige vers Troyes, la limite après laquelle les « 2000 camions qui traversent Piney chaque semaine » peuvent à nouveau appuyer sur le champignon, s’élancer sur le CD960, et pour les conducteurs croyants demander au passage la protection du ciel.

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Les façades de la rue souffrent de cet excès de circulation et sans doute du découragement des propriétaires. «  On s’arrêtera aussi, juste une seconde, pour admirer les restes de ce qui a été la plus belle façade d’écailles de châtaigniers de Piney… et qui n’en finit pas de mourir…Elle avait – et en conserve les restes- de très jolis motifs dessinés par les écailles elles-mêmes. Son auvent était garni de plaques de métal taillées en écailles… » commente notre guide. L’auvent est éventré et ne survivra guère.

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 Tout près une restauration de maison à colombage mérite le coup d’œil. Le restaurant « La Flambée » qui connut ses heures de gloire, ne semble pas devoir renaître.

Les Roises.

Nous continuons par la rue Basse et la rue des Roises. Le toponyme est fréquent. Il désigne les lieux  -trous d’eau ou mares- où l’on mettait à « rouir » le chanvre, opération qui consiste à laisser tremper les tiges de manière à détacher les filasses en dissolvant la matière collante qui les attachait. Plus l’eau était froide, plus le rouissage était rapide. Ce qui était de l’intérêt de tous car ce pourrissement dégageait une forte odeur (dégagement de méthane et d’hydrogène sulfureux). L’encyclopédie Diderot rapporte que les « rotheurs » font mourir le poisson. « Ainsi, la défense de rouir des chanvres dans les rivières & dans les eaux courantes, même particulières, fait partie du droit public de la France. Ce droit n’abandonne pour le rouissement des chanvres que les eaux mortes, ou celles qui étant tirées d’une rivière ou eau courante se perdent dans des terrains plus bas, & ne retournent plus à la rivière, ou s’y rendent par un circuit, dont la longueur leur donne le tems de déposer les sucs dangereux dont elles se sont chargées par leur séjour dans la roise… » .

Ce doit bien être le cas à Piney, qui ne connaît que maigres rus divagants et terres humides... L’eau était là et une mare enclose en est témoin. Il y avait aussi nous dit M Thiennot un lavoir. Il y avait deux cordiers en tilleul à Piney. M Clément et M. Guyot. M. Daunay leur a consacré un recueil (n°56 de Folklore de Champagne.1977). Certaines notices situent leur activité milieu XIX ème.  C’est excessif. M Thiennot a bien connu M. Clément, l’un des deux artisans, et je me souviens avoir visité l’atelier d’Aimé Guyot, le second cordier, encore bien vivant dans les années 70 du XXème siècle ! Comme l’indiquent les sites spécialisés, l’atelier était de plein air, tout en longueur. « Mémé Guyot » comme on l’appelait familièrement était représentatif de ces générations industrieuses, humanistes  et engagées. On ne craignait pas alors d’affirmer en campagne des idées progressistes. Des cultivateurs lisaient « La Terre », « L’Humanité »  et des travailleurs indépendants surent résister à la vague poujadiste des années 1956.

Pour la technique on peut consulter :

http://corderie.wifeo.com/corderie.php

 Et pour l’historique antique (et maritime) :

 

http://www.l-encre-de-mer.fr/IMG/pdf/polycop_fils_et_cordes_2009.pdf

Si l’on voyage un peu, je me permets de recommander la visite de la corderie royale de Rochefort (près La Rochelle)

Je cite M Thiennot :

« Jusqu’avant la guerre (et juste un peu après pour que je le voie faire) le cordier travaillait principalement l’écorce de tilleul. En mai juin, quand la sève circule encore entre le bois et l’écorce, il passait ses journées en forêt à écorcer les perches. Les longues estafilades d’écorces fagotées en bottes restaient à sécher jusqu’en juillet-août puis étaient mises à rouir dans le gué …jusqu’à ce que la partie dure de l’écorce se délite et laisse apparaître la fibre douce au toucher de la forêt d’Orient. Après un second sèchage, il pouvait commencer à corder… ».

Par rapport à la corde de chanvre, le tilleul avait la propriété de résister mieux à la putréfaction d’où le surnom donné de « corde de puits » ou ses usages dans la marine.

Cette partie basse de Piney est en Champagne humide. La Rue du Stade s’appelait « Rue aux vaches ». On y a implanté les écoles, le collège, la maison de retraite et des  pavillons. N’y voyez nulle nostalgie. Le COSEC permet nombre d’activités sportives et le collège assure une formation de qualité ainsi qu’en témoignent les résultats du Brevet cette année. Mais évidemment le monde change, et devant les anciens ateliers de l’usine Thiennot reconvertis en partie dans la production de sacs plastique biodégradables, on peut méditer… Le jouet traditionnel a disparu comme les magasins qui en assuraient la distribution. La production internationale et la concentration des circuits commerciaux (centrales d’achat des grandes surfaces) ont provoqué un déclin sans doute irrémédiable dans le monde actuel. Le consommateur n’est pas totalement innocent.  On peut lire pour plus de détails « L’Ours de mon père » (op déjà cité)

L’église Saint Martin.

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On ne peut que recommander la visite de l’intérieur de l’église de Piney, tant l’extérieur est austère. Thérèse Prod’Homme dans le bulletin paroissial de mars 2006 (n°29) nous en donne l’explication :

« L’édifice datait du XVI ème siècle, et fut tributaire, comme tant de constructions en pierre de craie de nos régions, des attaques du temps. Il menaçait ruine, on fut obligé en 1877 de démolir chœur et transept…Faute de ressources suffisantes, ,la nef ancienne ne fut pas reprise, mais tronquée dans sa largeur, et les deux travées avec bas côtés furent en plusieurs étapes rabaissées et complètement plafonnées… »

L’auteure donne l’explication d’une curiosité visible :

«C’est donc deux murs extérieurs isolés qui séparent l’ancienne construction du nouveau transept chœur sanctuaire, tandis qu’à l’extérieur demeurent apparents les arcs prévus pour les collatéraux et croisillons… »

La dédicace à Martin,  évêque de Tours au IV ème siècle est banale. Jean René Prod’Homme dans INFO 1980 écrit que « près de 4 000 église paroissiales françaises (lui) sont dédiées… » tout en remarquant que ce patronyme est le plus fréquemment porté, comme dit le proverbe.

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 Chaque enfant ayant fréquenté le catéchisme autrefois connaissait la « légende dorée » du militaire romain partageant en deux son manteau (la doublure selon certaines sources)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_de_Tours

Berthold Brecht dans « Mère courage » en a fait un hymne…

«  …ça nous a rien donné d'être du ben bon monde, à part de la misère, surtout en hiver,

                        Le bon Saint-Martin, qui aimait la Vierge,

                        Support' point la misère.

                        Il vit un pauvr' couché dans neige

                        Et partagea avec lui sa p'tit' couverte.

                        Tous deux fur'nt r'trouvés morts de frette… » 

Toujours est-il que le Saint Patron fut victime des rancunes féroces qu’avait suscitées le clergé sous l’ancien régime. Jean René Prod’Homme (INFO 1980 cité)  a relaté les divers épisodes de l’histoire révolutionnaire à Piney. On peut y suivre les aléas subis par l’ancienne église et ses desservants. Certains curés acceptent le nouveau régime constitutionnel (1790). D’autres s’exilent ou passent dans la clandestinité. La fermeture de l’église est décidée en 1793. Le culte y aura cessé le 6 avril 1794. Le Conseil de commune demandera alors à l’administration de donner à l’église le titre de « Temple de la Raison et de la Liberté » Un cortège –une procession ? – portera les bustes de Marat, Le pelletier et Barra jusqu’au nouveau Temple! Le Curé rallié de Villers le Brulé prononça un discours sur les bienfaits de « l’Être suprême ». Un panneau portant l’inscription « Temple de la raison » aurait dû être placé au-dessus du chœur du nouveau Temple. Ce ne sera jamais réalisé. Qu’est devenu ce panneau ? Autre curiosité : en 1795, le culte d’obédience papale est célébré en alternance avec le culte constitutionnel, le même jour à des heures différentes!

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La description de l’intérieur de l’église a été faite dans les opuscules cités. L’œuvre la plus remarquable, d’un point de vue profane, est le tableau classé datant du XVII ème. Il est analysé en détail dans INFO 1999.

L’Avenue du Général De Gaulle.

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Ancienne avenue de la Gare, c’est la plus longue du bourg. Proportionnée à la dimension du personnage selon M Thiennot! On aperçoit au loin la gare de Piney, désaffectée aujourd’hui. Sur la place, une aire de stationnement a été aménagée pour les campings cars et elle accueille chaque année l’exposition des animaux de concours lors de la foire cantonale.

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La voie ferrée relie Troyes à Vitry-le-François. Marc Thillerot lui a consacré un article dans INFO 2010 (article Brevonnes). Elle a vu passer les trains de voyageurs de 1886 à 1950. Sa mise en service a sonné le glas du service des diligences dont Gilbert Damain a rappelé l’épopée dans INFO 2002. L’ancien relai de poste se trouvait à l’emplacement de la médiathèque actuelle, puis il fut transféré dans une ferme, pratiquement face au centre de secours.

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La ligne de chemin de fer a elle aussi son histoire. D’intérêt militaire du fait du dépôt de Brienne, elle reste entretenue. Elle a vu passer de 1914 à 1918 des centaines de convois, poilus valides montant au front, trains sanitaires au retour. Durant la seconde guerre mondiale, elle fut l’objet d’une attention constante de l’occupant nazi et des saboteurs de la résistance.

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Face à la place de Piney et voisines de l’excellente boulangerie pâtisserie, deux maisons classées pour leur architecture. « Construites en pan de bois et torchis, toit à quatre pentes, la porte d’entrée protégée de la pluie par un avent… ». Les façades sont protégées par des bardeaux de châtaignier pour l’une et d’ardoises pour l’autre. Elles sont « d’origine ». Une maison située Rue des Frères Hubert présente des caractéristiques semblables.

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Le retour près de la Halle permet d’évoquer le grand incendie de 1921 qui détruisit tout le centre de Piney et qui nous vaut indirectement la présence de la longue bâtisse abritant Mairie, salle de spectacle et bureau de poste. (Voir INFO 1997). Les cartes postales antérieures nous donnent une idée du Piney d’avant le sinistre.

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Au fronton de la salle des fêtes, le lion couronné des Luxembourg et le sigle de la république....

 

On aura compris la richesse du patrimoine de notre bourg centre. Le groupe nombreux qui suivit la visite en aura été persuadé. Les lectures conseillées complèteront les informations, en attendant les contributions d’autres auteurs locaux, car les ressources ne manquent pas.

 

Les articles du bulletin INFO :

2010. Les poupées de mon père. A Thiennot.

-  Un Pinois dans la guerre (G. Brigot)

2009 Souvenirs d’enfance. Alain Thévenin.

-         Les incidences financières de la guerre de 1870. Serge Cayrel.

2008- Fête nationale du 14 juillet à Piney. (Historique) Serge Cayrel.

2007-  La Rue Leclainche inaugurée.

2005-  Cartes souvenirs.

-         De père en fils. (Générations de commerçants et artisans)

-         Les conseils municipaux depuis 40 ans.

2004- Cartes souvenirs.

-         Centre de secours de Piney : 20 ans déjà.  (Emmanuel Brelet)

2002- Le collège des Roises : 20 ans déjà. (RH)

-         Nos aïeux et la bonne chère (Henri Deborde.)

-         Les diligences à Piney. (Gilbert Damain.)

2001- La crèche de Brantigny. Alain Thévenin.

-         Les Amis des clochers de Piney. JM Van Houtte.

-         Piney au 19ème siècle : Pendant la guerre de 1870-1871. ( Henri, André Deborde)

2000 – Un siècle d’Histoire. (Henri, André Deborde)

-         Chronique d’un facteur il y a quelque temps. (Souvenirs d’Antoinette…)

-         Piney qui étais-tu : début 1931 (Pierre Thiennot.)

1999 – La symbolique du grand tableau de l’église de Piney… (Sylvain Michon )

-         Souvenirs d’enfance à Piney. 1921-1932.  (André Billy)

-         Le football à Piney. 1938-1998. (Jean Michel Prutscher.)

1997- Piney et le grand incendie de 1921. (Jean Michel Musso.)

1995- Descendance exotique des anciens seigneurs de Piney. (Jacques Bernot)

1994- Piney au moment de la révolution. (Georges Doiseau.)

1992- Il y a cent ans..Le château de Brantigny. (Jacques Bernot)

1991- Les cosaques à Piney (Jacques Marnat)

-         Fontaine je boirais bien de ton eau… (Emile Liger)

1990- La halle de Piney (Emile Liger)

-         A propos de Piney ( J-L Sausey)… notes sur la seigneurie de Piney

1989- Notes sur l’Abbaye de Larrivour et origines de Piney (J-L Sausey)

-         Les cahiers de doléances de Piney en 1789 (M-A Vigier)

1988- Il nous manquera (article consacré à M André Stévenin, sellier-tapissier)

          par   M-A Vigier.

-         Souvenir d’un jeune aubois de 90 ans ou le train de mon enfance. ( Gaston Festuot)

1986- Sports et baignades à Piney en 1944. ( Serge Cayrel.)

1985- Une œuvre d’art peu connue. (…sur le tableau de l’église St Martin)

            La restauration de l’église de Brantigny. (Simone Deborde)

1984-  Classement d’archives civiles et religieuses pour servir à l’histoire de

             Piney et ses hameaux.  (Jean René Prod’homme.)

1983- Ces lieux-dits qui nous sont familiers. (Fermes et écarts à Piney)  par

             Désiré Thévenin.

1982- Une tuile témoin du passé (Jean Yves Soret )

1981- Le Doyer-en-Brantigny ou comment Piney est devenue une grande

             commune.  (Jean René Prod’Homme.)

-         Les gagnages en Forêt d’Orient.  (Désiré Thévenin)

1980- Documents historiques et biographiques sur les anciennes Paroisses de

            Piney. (Jean René Prod’Homme)

-         En souvenir de mes camarades (souvenir de guerre  de Roland Jossinet.)

1979- Notice historique sur la commune de Piney. (Dominique Voix.)

-         En feuilletant quelques pages d’un ancien registre des délibérations du Conseil municipal de Piney ( Marcel Soret)

Patrimoine monumental religieux rattaché au canton de Piney. (Jean René Prod’Homme. Illustrations de Mireille Payen et René Héraud)

 

Par Petits potins_10 - Publié dans : Histoire locale. Patrimoine
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 17:03

Petits Potins souffre d’un léger problème de décalage horaire et n’a pas rendu compte en temps utile d’une passionnante exposition- conférence organisée à Piney début novembre.

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On va dire que nous faisons une rétrospective 2009… !

M. Bonvalot, Conseiller municipal à Piney est également un passionné d’histoire. Il collectionne, compile et étudie tout ce qui a trait en particulier à la première guerre mondiale. On a peut-être vu dans la presse, l’originale commémoration du 11 novembre dans cette commune, avec la participation d’élèves du collège, revêtus de l’uniforme bleu horizon. Nous avions déjà rendu compte du spectacle donné au théâtre de la Madeleine.

La petite salle de réunion avait donc été aménagée, plusieurs vitrines présentant uniformes, documents et objets qui firent le quotidien des poilus. Et le 10 novembre, Mme Catherine Robinet, membre de l’Académie troyenne d’études cartophiles donnait une conférence consacrée au « Courrier dans les tranchées. 1914-1918 ».

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L’essentiel de son propos a été publié sous forme de brochure abondamment illustrée par l’ATEC (20 rue du Cloître St Etienne 10 000 Troyes. 10 €). Les absents – qui ont eu tort une fois de plus- peuvent donc la commander.

Nous ne reprendrons que quelques éléments de nature à exciter les curiosités. Mme Robinet insista tout d’abord sur l’importance du courrier à cette époque et tout particulièrement sur l’abondance des cartes postales, le SMS d’alors…

Tous les amateurs connaissent les cartes illustrant les grandes manœuvres dans l’Aube en 1905, événement considérable auquel le gouvernement  n’avait pas craint d’inviter des souverains et hauts dignitaires étrangers, y compris les potentiels adversaires. Lorsque le conflit fut déclenché, 700 000 hommes d’ « active » et 600 000 réservistes furent lancés dans la bataille. On comptera huit millions de mobilisés durant les quatre années de guerre.

Le courrier étant le seul moyen de liaison possible entre les familles et les soldats, lettres, colis et cartes postales sillonnèrent le territoire. Durant les premières semaines, la mobilité du front, la retraite française et l’impossibilité d’acheminer le courrier firent que cinq millions de lettres se retrouvèrent en attente sans compter les paquets et mandats. En juin 1915, on acheminait cinq millions de lettres par jour et de 150 000 à 200 000 colis. On a estimé le total du courrier échangé durant les quatre ans de guerre à quatre milliards de lettres ! A Troyes, il y avait cinq distributions par jour, deux seulement dans les villages et ce tous les jours de la semaine y compris le dimanche matin!

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L’ensemble de cette gigantesque organisation fut analysée, depuis la vente des cartes postales aux poilus, à la distribution, cartes parfois brèves, bulletins de santé annonçant souvent de terribles nouvelles. Mme Robinet rappela le rôle périlleux du vaguemestre chargé de porter le courrier jusqu’aux premières lignes, celui du « contrôle postal militaire », c'est-à-dire de la censure, en partie impuissante face à ces marées de papiers, de messages laconiques ou pathétiques. L’idée des « marraines de guerre » officiellement lancée dans « L’écho de Paris » par l’écrivain Maurice Barrès permit à des hommes isolés d’établir des liens avec « l’arrière » sous le contrôle il est vrai d’officiers et d’aumôniers ! Certaines cartes postales s’amusent de relations épistolaires qui lient des hommes du front à des fillettes de bonne famille pleines de bonnes intentions !

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Nos villages, qui furent des lieux de cantonnement pour les troupes au repos ou à l’entrainement sont souvent représentés dans ces échanges. Nous avions déjà transcrit certains messages envoyés notamment par les soldats du 154 RI stationné à Mesnil-Sellières à partir de 1917.

Voici un autre texte daté du 17 septembre 1918 et envoyé de Dosches par le soldat Norbert Brasseur :

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« Chère cousine,

Faisans réponse a ta carte que j’ai recu hier et qui m’a trouvé en bonne santé et je souhaites que la mienne te trouves de même ainsi que toute la famille. Tant qu’à Auguste, je ne savais pas qu’il était à l’hôpital et qu’il avait été pris par les gaz en sortant il auras une petite convalescence se sera toujours autant, pour moi ca boulotte toujours j’ai pris la garde hier soir jusqu’à ce soir 6 heures, nous avons chacun 6 heures de garde, se soir nous avons marche de nuit et vendredi marche de jour. Je termines en vous embrassant tous bien fort. Ton cousin qui pense à toi… »


 Voir et lire aussi: clic là.... et et encore ici

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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /Juil /2009 17:31

Le bulletin de l’Association des Amis du Parc vous propose ce trimestre :



-
         
L’eau source de vie par Armande Spilmann.

-          Nouveaux arrivants à Courteranges. Pascale Larmande responsable de la cellule Zone Humide du PNRFO Annonce l’arrivée de Pyrola et Pachko qui viennent rejoindre Morane et WO-men les petits chevaux Konik-Polski.

-          Caroline Najean nous dit tout ou presque sur les moustiques.

-          Le patrimoine est à l’honneur avec le « Beau XVIème siècle »  

-          La rubrique portrait est consacrée à M. Roger Bourotte artiste peintre local.

-          Michelle De Clercq fait le bilan de la vidange décennale du Lac Seine.

Vous pourrez lire également un hommage à Line Bret, qui s’impliqua tellement dans les projets du PNRFO.

Les rubriques habituelles  signalent quelques lectures utiles et annoncent les animations et manifestations. Pour plus de détails, un nouveau site internet est à votre disposition :

http://www.amis-parc-foret-orient.fr

Vous pouvez y trouver tous les renseignements concernant l’Association, les animations qu’elle propose et également les archives de l’Escarboucle : ses numéros anciens en pdf.

Pourquoi ne pas adhérer ?

Par Petits potins_10 - Publié dans : Histoire locale. Patrimoine
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Dimanche 23 novembre 2008 7 23 /11 /Nov /2008 15:59

 

La cérémonie du 11 novembre a revêtu cette année une signification particulière.

Date anniversaire d’abord puisque 90 ans se sont écoulés depuis l’armistice. Commémoration remarquable aussi du fait qu’il ne reste plus, en France de survivant du conflit. La mémoire vivante, sa transmission orale s’est éteinte. Place aux récits, à l’écrit, aux historiens.

Cette double circonstance explique peut-être en partie le regain d’intérêt manifesté par les habitants puisqu’ils furent notablement plus nombreux à se déplacer pour les cérémonies traditionnellement organisées par la commune. Ressent-on d’avantage l’intérêt de perpétuer un souvenir en l’absence des témoins directs des événements ?

Le recul historique permet aussi de considérer avec plus d’objectivité des événements longtemps occultés. Le Président de la République a notamment à Verdun fait référence aux divers mouvements d’insoumission qui affectèrent les troupes en ligne. La mémoire des « fusillés  pour l’exemple » ne peut plus être ignorée, de même que la répression des mutineries.

A Mesnil-Sellières la cérémonie a été marquée par la lecture de lettres écrites par les enfants de l’ école, à l’initiative de l’institutrice Corinne Boutiot.

SOUVENIRS…

Le petit journal scolaire  daté du 1er  décembre 1980 et intitulé « Concerto » donnait un compte rendu des cérémonies du 11 novembre dans les communes du RPI. En voici la teneur.

Le onze novembre 1980 à Dosches.

( par Alice Marrel. Voir photo de classe ici)

Mardi, je suis allée à la célébration du 11 novembre à Dosches. Tous les gens se sont rassemblés devant le monument aux morts. Puis le Maire a demandé qui voulait porter la gerbe. A 10 h 30 le défilé a commencé. Arrivés au cimetière, nous avons observé une minute de silence pour repenser aux morts pour la France. Ma sœur parlait : elle réclamait de la musique ! En redescendant vers le monument aux morts, les pompiers ont joué une marche. Le maire a lu les noms des victimes de la guerre :

Gravelle François ; Isambert Marcel ; Pape Jean marie ; Mathis Ernest ; menuel Théodule ; Misel Ernest ; Roy Ernest ; Thomas Marcel ; Tisserand Camille ; Auguste Raymond ; Bigeard André ; Bigeard Numa ; Colliard Joseph ; Deguy Paul ; Cropat Gabriel ; Desplanches Fernand ; Desplanches Ludovic ; Deschassine Emile ; Couvignon Fernand.

Onze novembre à Géraudot

(Catherine Cruciani, Céline Gressé, Nathalie Dauphin et Franck Bonnemain)

Mardi, les habitants, les enfants, les pompiers ont fêté le 11 novembre dans la commune de géraudot.

Tout le monde est arrivé. La place grouille de monde. Monsieur le Maire donne la gerbe à ma camarade. La femme du Maire remet à chaque fille un bouquet qu’elles déposeront sur les tombes. Derrière les enfants, les pompiers se mettent en rang. Le commandant dit : « Droite ! »…Les grandes personnes se rangent derrière les pompiers. On entend : « Marche ! », et le défilé se dirige vers le cimetière.

Nous sommes partis de la place à onze heures. Les enfants marchaient devant. Nous avons avancé jusqu’au cimetière. Les petits bavardaient. Le garde champêtre les a disputés. Certains se tiraient la langue, d’autres jouaient. Au cimetière les filles ont fait le tour des tombes accompagnées du Maire qui disait le nom des morts. Les garde champêtre mettait les fleurs et un pompier répondait « Mort pour la France ».

Puis nous somes allés au monument aux morts. Les enfants se sont mis en rang devant et les musiciens se sont rangés derrière eux. Les habitants étaient de l’autre côté de la route. Le Maire et son adjoint étaient à côté du monument. Le Maire disait les noms des morts et un pompier répondait « Mort pour la France. » Le maire a demandé une minute de silence, puis les musiciens ont joué de la musique.

Victimes de la guerre à Géraudot :

Bot Emile ; Caillaud Emile ; Colfort Fernand ; Collier Eugène ; Demet Fernand ; Desrat Désiré ; Jeanne Lucien ; Lassaigne  Jules ; Parmentier Albert ; Petit Sevestre André ; Soulier Pierre.

Le 11 novembre à Mesnil-Sellières

(Reportage réalisé par Florent Thévenin, Gilles Fournier, Sophie Blick et Valentin Chérain)

A Mesnil-Sellières, l’anniversaire de l’armistice se célèbre le 1er novembre, en même temps que la Toussaint. Vers trois heureset demie, tous les habitants sont venus dans la cour de l’école. Un ancien conseiller nous a demandé si nous voulions porter les gerbes de fleurs pour les déposer sur les tombes des anciens combattants. Mes camarades et moi nous sommes allés à la Mairie pour prendre les bouquets. Il fallait aussi des garçons car il n’y avait pas assez de filles. Ensuite nous sommes descendus au monument. La petite troupe de musiciens jouait une marche funèbre. Le Maire a lu son discours et a cité les noms des anciens combattants. Il a demandé une minute de silence. Les porteurs de drapeaux, les musiciens et les pompiers étaient en tête. Nous sommes partis au cimetière. Les enfants qui portaient les gerbes se sont mis devant les tombes marquées par des petits drapeaux tricolores. Le Maire et un conseiller venaient pour déposer les gerbes. A quatre heures et demie, certains sont repartis à pied et les autres en voiture parce qu’il faisait froid.

Victimes de la guerre à Mesnil-Sellières :

1914 : Berthelin hector ; Tisserand maurice ; Lebeut Adolphe ; Baudoin Lucien ; Poirier Ivan ; Bazin Lucien .

1915 : Crenez Charles ; Bouclier Henri ; Poulet George.

1916 : Delacour Henri ; Husson Louis ; Misel Gabriel.

1917 : Crenez Henri.

1918 : Malvernat Roger ; Gublin Léonce ; Guillard Henri.

1919 : Méniselle André.

 

Discours prononcé par M le Maire de Mesnil-Sellières.

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

« Honneur à nos grands morts qui nous ont fait cette victoire : »Ainsi s’exprimait Clémenceau devant la Chambre des Députés le 11 novembre 1918. La guerre était terminée : 62 ans déjà.

Inclinons-nous devant ce monument en signe de reconnaissance devant ces héroïques vistimes dont le sacrifice nous a permis de demeurer Français. En donnant leur vie pour préserver la nôtre, ils ont rêvé pour nous d’une paix éternelle et universelle. La guerre ne résout rien. Il faut clamer bien haut qu’une prochaine tuerie ne rendrait les hommes solidaires que dans la mort. Et maintenant, la vraie, la grande cause à servir, c’est celle de la réconciliation humaine.

Le 18 mai 1937, les écoliers du Pays de Galles s’adressaient aux enfants du monde entier : «  A travers les continents, par-dessus les mers, la jeunesse appelle la jeunesse à vivre pour la paix. Crions au monde entier qu’il le faut ! ».

Deux ans plus tard pourtant éclatait la seconde guerre mondiale.

Et aujourd’hui, le monde vit dans la crainte d’une nouvelle guerre mondiale, et cetteguerre par les moyens mis en œuvre risquerait bien cette fois d’être la « Der des der ». Soyons vigilants. L’antisémitisme ressurgit. La violence appelle la violence. Persuadons nous que chaque peuple a le droit de choisir librement son mode de vie et se doit de respecter celui des autres. Je vous invite à observer une minute de silence en mémoire de tous nos disparus, puis nous nous rendrons au cimetière pour nous recueillir sur la tombe de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie. »

Le 11 novembre à Rouilly-Sacey.

(Reportage deFabrice brechbuhl, Christelle Parjouet, David Jacquard ; Frédéric Jacquard ; Jean François Serisier ; Alexandra Prieur ; Yannick Mailly ; Franck Rollet.)

Mardi à 11 heures, les enfants des écoles et les parents vont à l’école. Une femme distribue des fleurs aux filles. Les pompiers arrivent et nous allons nous ranger dans la cour de l’école. Ensuite nous partons au monument. Quand nous sommes arrivés, les filles sont allées poser des fleurs sur le monument. Les pompiers jouent de la musique. Ensuite nous allons au cimetière. Trois pompiers baissent les drapeaux sur les tombes des soldats morts pour la France. Les filles déposent des fleurs. Puis, nous allons au vin d’honneur au café du village.

Victimes de la guerre à Rouilly-Sacey :

1914 : Tambour Louis, Beaudoin Lucien ; Mollereau Lucien ; Tisserand Maxime.

1915 : Daubier Albert ; Voisin Maurice ; Dupont Marcel.

1917 : Dorgert Ernest.

1918 : Finance Henri ; Collinet Camille ; Dumas Maurice.

Le onze novembre.

Le onze novembre est en cendres

Car les gens l’ont oublié.

On peut le déchirer

En petits morceaux

De papier.

Eh oui !

Il est bien triste

Le onze novembre.

Yannick Mailly. 10 ans

( Note de la rédaction : naturellement ce pessimisme n’engage que son auteur ! )

 

Nos villages pendant la guerre de 1914.

( Enquête de Alice Marrel, Gilles Fournier ; Sophie Blick ; Valentin Chérain ; Florent Thévenin)

Le 17 janvier 1917, le 154ème régiment d’infanterie est venu se cantonner à Dosches et à Mesnil-Sellières. Les soldats dormaient dans les granges et les greniers. Les officiers logeaient dans les maisons. Les soldats s’entrainaient avant de monter au front. Il y avait un champ de tir à « La Garenne ». Il y avait un quai d’embarquement à la gare de Rouilly-Géraudot. La fanfare emmenait les renforts prendre le train. Il passait des traions tous les quarts d’heures, jour et nuit. Certains menaient les renforts au front. Les autres ramenaient les blessés.

Les Allemands sont venus jusqu’à Arcis sur Aube, et du village on entendait le bruit de la bataille.

Des prisonniers allemands coupaient des sapins dans les bois d’Assencières et de Luyères pour faire des sapes. Un monsieur nous a raconté qu’à Arcis sur Aube, des brasseurs faisaient des signaux aux Allemands pour diriger leurs tirs à l’aide de leur grande cheminée. Mais un jour, au lieu de bombarder le terrain d’aviation, les Allamands, malchance, ont bombardé leurs prisonniers.

Les soldats étaeint équipés de fusils Lebel, de baïonnettes et de mitrailleuses. Ils utilisaient aussi des grenades. Il y a eu de nombreuses victimes.

Un soldat a été tué à l’exercice dans la carrière de Dosches. Il s’appelait Lamorlette. Le mari de Mme Yvonne a été blessé par balle, puis il a été tué par les gaz en 1918. L’arrère grand-père de Catherine, qui était artilleur a eu les tympans déchirés par le bruit des canons.

Les habitants avaient du mal à man,ger car la nourriture était rationnée à la fin de la guerre. Il fallait aller chercher des cartes à la mairie pour l’alimentation. L’armée réquisitionnait les chevaux des agriculteurs. On s’éclairait à la lampe à pétrole mais le pétrole aussi était rationné. Même les vélos étaient réquisitionnés. Les jeunes devaient travailler dans les champs pour remplacer les hommes mobilisés. A Mesnil-Sellières, il y avait un théâtre pour distraire les soldats. Il se tenait dans une grange… cela s’appelait le Foyer du soldat… »

  

En 1982, pour un concours organisé par le crédit agricole, un de nos anciens aujourd’hui disparu, rédigeait un texte de souvenirs personnels concernant le cantonnement du 154ème d’Infanterie au village.

Ce récit fournit en partie la base d’un journal spécial de la Coopérative scolaire en 1984. En voici une copie :

 Troupe en garnison dans mon village en 1917-1918-1919.

Par Félix Delacour.

« J’allais bientôt avoir 6 ans, je me rappelle très bien qu’il faisait très froid le 17 janvier 1917 quand le 154ème régiment d’infanterie (dit le 15-4) arriva à Mesnil-Sellières musique en tête. Je le vois encore déboucher en haut du pays sur la route de Dosches. C’était impressionnant, les tambours avec les mêmes mouvements de baguettes, les clairons faisant le moulinet, la fanfare, les gradés, le capitaine à cheval et toute la troupe marchant impeccablement. Après la revue effectuée par les officiers, les p’tits soldats par sections puis par escouades furent dirigés dans leur cantonnement respectif. Chez les voisins c’était le mess des officiers, à la ferme près de la mare du haut la clique s’est installée, de l’autre côté de la rue, la musique était casernée dans lune écurie aux chevaux. C’était des portes à deux battants où sur le panneau du haut un musicien artiste avait dessiné avec ressemblance des jeunes gens du pays, le trombonne avec son instrument et la bonne de la maison. Au fond de la cour, la grange était réservée pour le foyer du soldat. Chez nous les poilus ont élu domicile dans le grenier au-dessus de l’écurie. Les lits à pied de chalis furent installés avec au dessus les planches à paquetages comme dans une vraie chambrée de caserne avec le poêle au milieu de la pièce. Je les entends encore dégringoler les escaliers quatre à quatre quand le clairon sonnait l’appel ou le piquet d’incendie. Sous le manège de la batterie était le magasin d’habillement et dans un petit hangar à bois, ils ont installé les fourneaux pour faire la cuisine. Ils ne venaient pas pour un jour, ils étaient là pour le repos et pour l’instruction en attendant de permuter pour remonter en ligne, le front n’étant qu’à une quarantaine de kilomètres. A la Belle Epine c’étaient les pionniers ils allaient tous les jours creuser des tranchées et faire des abris, poser les fils de fer barbelés dans les sapins situés à une demi heure de marche ( le nom de la tranchée est resté dans ce coin de territoire sur Assencières) Une petite maison près de la mare du milieu abritait le poste de garde, en face dans le local de pompes c’était la prison, je vois encore près des portes la sentinelle de garde dans la guérite. N’oublions pas le médecin major et ses infirmiers qui ont aménagé une maison en hôpital pour soigner les blessés et les malades.

Revenons au Foyer du soldat. En haut des grandes portes était écrit en tresses de lierre : « Vive la France » et sur la petite « Foyer » avec un grand F peint en vert on en voit encore aujourd’hui la trace. Toute la grange était propre, les poteaux et les poutres étaient drapés en bleu blanc rouge avec de la verdure. Quel beau décor ! Sur le plancher de la batterie, la scène de théâtre, les coulisses avec portes d’où sortaient les comédiens. Le troupier avec son képi bosselé, sa ceinture de flanelle rouge, son mouchoir bariolé qui sortait de sa poche, quel comique  ce sergent Loyé, il n’était pas le seul pour jouer des petites pièces de théâtre, quelques chansons sentimentales, surtout du comique, quelques titres : « En écoutant les p’tits oiseaux. » « Je prends ma valise. » ; « J’ai un chien qui gueule tout le temps. » ; « En voyant l’costaud que j’étais. » ; « J’ai la rate qui s’dilate. »

 

Ils étaient très applaudis, c’était des as. Il y avait aussi les trapézistes qui jusqu’en haut de la grange faisaient des exercices volants comme au cirque, l’un se tenant par les jarrets et tenant un trapèze dans ses dents sur lequel un autre soldat faisait des mouvements dangereux, pendant ce numéro toute la salle était silencieuse. A la fin du spectacle toute la troupe en chœur chantait « La Madelon. ». Les gamins ne se faisaient pas tirer l’oreille pour boire l’huile de foie de morue, sinon pas de théâtre. Le temps passait. Nous avions un domestique d’une cinquantaine d’années, il n’était pas patient avec les soldats alors au 1er avril, les cuisiniers lui ont envoyé une carte postale qui représentait un ours, en bas de la gravure était écrit « Connais-toi toi-même » Je les verrai toujours ; ils étaient cachés derrière les poulaillers pour guetter l’effet produit, vous pensez bien que le pépère fut surpris, se demandant bien qui avait fait cette blague. Il n’a pas eu longtemps à chercher, car, les cuistots, le cher Guivi en tête sortirent de leur cachette en faisant des gestes avec les bras sautillants en criant « Hi ! Hi !HI ! ». Notre commis eut vite fait de prendre le grand fouet qui était sur la charrue au milieu de la cour et de courir après ces jeunes marmitons qui se sauvaient chacun de leur côté ; quand il rentra à la maison pour déjeuner, il nous montra la carte et se mit à rire avec nous ; c’était un brave homme.

 Arriva le 14 juillet 1919 les soldats l’ont organisé comme jamais n’en ai vu depuis ; la veille grande  retraite aux flambeaux, des fusées lumineuses furent envoyées dans le ciel, c’était merveilleux toutes ces jolies petites étoiles brillantes, ils lancèrent aussi des petits parachutes en soie que les jeunes gens du pays devaient rapporter pour avoir un prix. Le jour de cette fête populaire, dès le matin réveil en fanfare par la musique du 15-4. L’après midi, les distractions se déroulèrent dans le grand parc de la ferme, au centre du village : couse à pied pour les jeunes gens, ciseaux pour les jeunes filles, le mât de cocagne graissé à point, la poêle bien noircie avec la pièce de monnaie qu’il fallait prendre avec la langue, la gerle (1) d’eau disposée en équilibre ( 2 soldats tiraient une voiture à bras sur laquelle un de leur camarade avait pris place ; celui-ci avec une perche devait taper juste dans la cible en bas du récipient, bien visé le poilu se retrouvait tout trempé, beaucoup d’autres jeux comme la course en sac etc. Les dimanche matin, la messe était célébrée à la chapelle Saint Croix par un prêtre qui était lieutenant, elle était parfaitement servie par un soldat avec les enfants de chœur.

Parfois le dimanche après-midi, la population se joignait aux hommes de troupe pour applaudir la fanfare qui exécutait les meilleurs morceaux de son répertoire au cour d’un grand concert dans la cour de l’école. Les gosses coiffés d’un petit calot militaire étaient autour des musiciens, heureux de les entendre jouer et de voir leur chef qui dirigeait avec compétence et sérieux.

C’est avec un peu de regret qu’un beau jour nous avons vu le régiment repartir en ordre comme à l’arrivée, pour une direction inconnue. »

La maison qui abritait le foyer du soldat dont il est question, existe encore. Elle se trouve Grande Rue au n° 73 .

(1) A propos de la "gerle", notre correspondante spéciale au Québec, Irène, une amie  lectrice lointaine nous donne les renseignements suivants: "J'ai lu les souvenirs de Félix Delacour : un point d'interrogation se trouve après le mot "gerle". Alors, bien sûr, Miss Marple est allée aux nouvelles et j'ai appris ce qu'était une gerle : un récipient dans lequel on fabrique le fromage (une sorte de cuve) : http://www.cantalpassion.com/bonal.htm  Je me coucherai plus instruite ce soir ;-)))"

Les articles des années passées ici et ...

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Lundi 28 juillet 2008 1 28 /07 /Juil /2008 10:58

La grange de Dosches.

Après le moulin, la grange ! Où s’arrêteront-ils ? Un samedi matin les artisans titulaires de la mention CIP Patrimoine, la CAPEB (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment : capeb.aube@wanadoo.fr ) , l’IUMP Troyes (Institut universitaire des métiers du patrimoine) et « L’Association des moulins à vent champenois » étaient associés sur le chantier de reconstruction de la grange édifiée juste sous le désormais fameux moulin à vent.

 

Une grange du XVème siècle.

I

«  Mon père a fait bâtir maison.

Jacques métrique Mérondondon.

Les charpentiers du Roy y sont :

Toquet ! Beauvais ! François ! Trébois !

Carol ! Bertol ! Merlin ! Jonas !

Colin ! Martin ! Brochet- les- navets !

Jacques métrique Mérondondaine ;

Jacques métrique Mérondondon.



II

Les charpentiers du Roy y sont

Jacques métrique Mérondondon.

Plus ils travaillent et moins ils font

Toquet ! Beauvais !.... »

(Ronde des métiers. Mise en musique par Carl Orff)

 

La charpente en place provient d’une dépendance de l’abbaye cistercienne de Larrivour. Les hasards de l’histoire et de la politique ont fait que l’ouverture d’un « centre éducatif fermé » sur le territoire de Lusigny a permis le démontage du bâtiment .

La grange dans son état initial.Démontage.

Il fallut l’expertise des hommes de l’art pour détecter en cette grange apparemment banale une structure exceptionnelle. Remaniée au cours des siècles, elle présentait l’apparence de nombreuses constructions agraires telles qu’on en voit encore dans nos villages.
 

Une petite grange de village (1850). Assencières.

Une datation précise.

 

 

Plusieurs éléments permettent d’établir une datation assez précise de l’origine des bois de charpente. A l’initiative d’Erwinn Schriever, entrepreneur et initiateur de la construction du moulin, les bois furent examinés. L’analyse dendrochronologique situe leur croissance entre 1379 et 1483.  La date d'abattage a été déterminée en 1490 environ sauf un poteau "moderne " daté de 1723 environ. (Rapport Archéolabs. dec 2003 ref ARC 03/r2995D)


Par ailleurs, le système de marquage des bois, qui permet leur assemblage, est antérieur à 1500. Repérés notamment dans  le nord (Beauvais) les signes utilisés par les charpentiers ont une forme caractéristique et se situent aux points d’assemblage. Après 1500, un système germanique ou romain fut employé, identifiant chaque pièce à sa base. Le code relevé sur la grange de Dosches avait déjà été repéré à Courteranges sur des bois originaires de Larrivour.

Enfin, la technique de construction des granges change après 1640. Les édifices reposant sur des lisses au sol avec entrée frontale datent des XVIème et XVIIème siècles. Par la suite, la construction reposera sur des poteaux eux-mêmes placés sur des dés de pierre. Les entrées seront latérales. Ces éléments permettent d’estimer que l’édifice date du XVème siècle.

La charpente d'une grange du 19ème siècle. Mesnil-Sellières.
 


Une construction originale.

 

L’apparente simplicité du terme dissimule une réalité historique complexe. La « grange » du haut moyen âge est au centre d’une exploitation agricole. Celle que nous connaissons est un hangar ! Qui dit grange pense à grain, à grenier. L’observation du bâtiment reconstitué dans sa forme originelle grâce à la connaissance des maîtres artisans vous permettra d’en saisir l’originalité.


D’entrée le visiteur est frappé par le volume intérieur. La structure se présente comme une nef d’église bordée par deux bas-côtés. L’impression d’espace est renforcée par la technique de soutien des basse-gouttes. Le bois en arc libère toute la hauteur sous la toiture contrairement aux demi-fermes habituelles. On pense inévitablement aux arcs boutants des constructions de pierre dont la fonction mécanique est identique. Léon Pressouyre (« Le rêve cistercien. » Découvertes Gallimard. P 79) évoque ces « immenses halles de la glèbe, ces cathédrales des champs, les granges céréalières… ». On vous invitera sans doute à vous placer au fond de la grange, face à l’entrée : c’est de là que s’apprécie le mieux l’ampleur du bâtiment : 350 m2 de surface, 10 mètres d’élévation, une charpente de 25 m3 de chêne. L’impression d’espace est accentuée par l’économie de moyens : 3 fermes soutiennent une toiture impressionnante de 530 m2, chacune étant d’un modèle différent.


L’importance de la charpente impliquerait par ailleurs une couverture de tuiles, fait remarquable à une époque où les constructions paysannes se contentaient de chaume. Enfin, détails caractéristiques, les deux poteaux d’entrée présentent taillés dans la masse une forme de blason.

 Cette corniche de bois nommée embrèvement a une fonction mécanique de soutien du jambage supérieur. Dans la plupart des granges, une simple corniche de forme carrée remplit cet office. Il convient cependant de noter qu’aucune trace d’armoirie n’a été relevée. Il est possible qu’un décor peint ait existé.


Les poteaux de la dernière ferme présentent également un décor simple mais inhabituel dans un édifice essentiellement utilitaire : moulures et motifs intriguent. A droite une pointe de cœur, à gauche un petit motif rectangulaire.



On notera la présence de mortaises devenues inutiles. La charpente avait été profondément transformée au cours de siècles. Le portail avait été déporté sur le côté gauche, les lisses de base coupées pour permettre l’entrée des charrettes. Des photographies montrent l’état dans lequel se trouvait la grange avant son démontage. Elle avait l’allure des bâtiments d’exploitation traditionnels  qui datent pour la plupart du XIXème siècle. Il a fallu tout le savoir faire et l’expérience des charpentiers pour reconstituer l’état originel. La connaissance du marquage ancien des bois était nécessaire. Actuellement, de petites plaquettes provisoires portent les signes plus récents permettant les assemblages. Environ 40% des bois auront été remplacés.


Le stockage des gerbes.

Les granges cisterciennes ont fait l’objet de nombreuses recherches et il en existe de célèbres. Jean Louis Peudon («  Aux origines d’un département : l’Aube en Champagne ».p 161) compte 17 granges fondées par Clairvaux au XII ème siècle. Toutes n’étaient pas destinées à l’entassement des gerbes. Certaines accueillaient des bêtes. Les celliers sont plus connus et notamment celui de Colombé-le-Sec. A titre d’exemple, une grange céréalière du XIII ème siècle, située à Vaulerent (Val d’Oise) commandait  l’équivalent de 380 hectares et pouvait stocker environ 3500 m3 de gerbes en blé (2000 quintaux). Les plus importantes sont en pierre et se présentent comme d’imposants édifices. (Voir des séries de photographies sur :

http://www.photothequegaud.com/index.php?rep_cible=ABBAYES%20et%20PRIEURES/Cisterciens/33-FRANCE

Quoiqu’issue de Clairvaux, l’Abbaye de Larrivour n’a certainement pas eu cette ampleur. Dans l’ouvrage d’Emile Simonnet et Jean Bonnard («  Trois villages et un lac ».La Renaissance. 1969) nous apprenons qu’elle n’abrita jamais plus de 14 religieux. Il n’y en aurait eu que huit à l’époque qui nous intéresse. «L’Abbaye de La Rivour ayant perdu par les guerres et les mortalités du XVème siècle la plupart des revenus et les bâtiments tombant en ruines, l’abbé et les religieux prièrent Jean Léguisé (Evêque de Troyes)  de les prendre sous son administration et de remédier à leurs maux en 1441… » (Courtalon). L’abbé était alors Jean Hardouin décédé en 1450 à 41 ans.  La prospérité serait revenue au XVII ème siècle.



Les fonctions des religieux sont ainsi décrites : ils étaient 12 en 1391 « y compris le prieur, le sous prieur, le cellérier, le boursier et le maître des bois. En 1788, il y avait 7 religieux, un organiste, et 9 domestiques (2 jardiniers, 1 valet d’écurie, 1 vigneron, 2 blanchisseuses, 1 garçon d’hôtes, 1 cuisinier, 1 garçon de cuisine… » (op cité)
 

Ce qui reste de l'Abbaye de Larrivour: commune de Lusigny.

Cependant, à la veille de la révolution, l’Abbaye possédait une grande partie du territoire de Lusigny et onze fermes dont Vallières, Le Rasle, Champigny (grange), Chardonnet, Beaumont (hameau et grange), La Fontainerie, La Porcherie, La Fromentel, 4000 arpents de bois, 17 étangs,400 arpents de prés, des vignobles à Javernant et Villery soit un revenu de 40 000 livres au moins.(un arpent = environ 0,5 ha). Il va de soi que le travail de ces terres n’était pas le fait des religieux. Au XIIème siècle déjà l’afflux des donations à l’abbaye conduisit à organiser la « grange », c'est-à-dire l’exploitation sous l’autorité d’un maître assisté d’un personnel pouvant atteindre plusieurs dizaines de personnes. (JL. Peudon op cité).

 

 

La grange désormais implantée à Dosches est construite après une période de dévastations : guerre de cent ans, épidémies de peste (1348), passage des « Grandes Compagnies ». Larrivour on l’a vu, n’a pas été épargné. Les historiens du monde rural médiéval (G.Duby) ont analysé les transformations économiques profondes qui affectèrent les campagnes et en particulier le recul du faire valoir direct. La pénurie de main d’œuvre générée par les guerres et les épidémies accélérèrent le transfert des exploitations ou des droits au profit d’exploitants, fermiers ou métayers. Le statut de notre grange se révèle donc problématique.

Pas d’entrée sans échelle !

Bizarrement, le portail d’entrée est encadré de deux espaces à peu près carrés auxquels on ne peut accéder qu’avec une échelle – non fournie par le constructeur. Les ouvertures, dominant l’entrée sont au niveau d’un étage et le niveau du sol est entièrement clos. Cette disposition particulière a intrigué les reconstructeurs. Une des hypothèses émises considère ces parties séparées de la grange comme une sorte de corps de garde permettant d’assurer la surveillance des gerbes entreposés à l’intérieur. On parle même de « grange dîmière. »


De quoi s’agirait-il ? La dîme est un prélèvement en nature sur les productions agricoles au profit de l’église ou des institutions ecclésiastiques. Pratiquée dès le IVème siècle, elle est rendue obligatoire au VIIIème siècle. « Dès 802, tout curé se voit obligé de tenir un registre nominal des producteurs qui l’ont acquittée, en présence de quatre à huit personnes… A chaque église doit être attribuée une donation en biens…qui contribuera à faire vivre le ou les desservants… » (Histoire de la France rurale. Guy Fourquin. T1-3).  Au XIIème siècle, sur un domaine étudié par G. Duby (« Economie rurale et vie des campagnes dans l’occident médiéval ». Recueil des chartes de l’Abbaye de Cluny.) « …une seule église rapportait chaque année six cents deniers et cinquante mesures de grain, c'est-à-dire plus de blé que toutes les redevances en nature perçues dans une des seigneuries… les greniers d’un troisième domaine recevaient, par l’église et par les dîmes, sept fois plus de grain que n’en livraient les tenures paysannes, et cinq fois plus par les moulins, les fours et les droits d’usage sur les bois… ».


Le mot dîme qui signifie « dixième » est trompeur : les quantités réclamées aux paysans sont variables selon les provinces. JL. Peudon l’a évaluée pour l’Aube « à la 16 ème ou à la 21 ème gerbe, voire à la 30ème gerbe, soit entre 4 et 6 % de la récolte. ».

 L’expression viendrait de la bible « Melchisédec, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin…  Il bénit Abram…Alors Abram lui donna la dîme de tout… » (Genèse 14.20) « ... Cette pierre que j’ai érigée en monument sera la maison de Dieu…Je te paierai la dîme de tout ce que tu me donneras. » (Genèse 28.22). Le dixième de la récolte aurait ainsi été donné « à Dieu » ou au lévite chez les hébreux. Il semble que cette origine antique ait surtout été invoquée au XVème siècle pour justifier une exaction contestée.

" Maintenant que votre fourrage est fauché et votre blé moissonné
Maintenant que vos granges sont pleines et les bûches entassées sous les appentis
Venez, jeunes gens venez
Célébrer joyeusement la fin de la moisson...
Nous avons dûpé le curé
Puis nous le dûperons encore
Car pourquoi un lourdaud en aurait-il la dîme?
La dime! La dîme!...
- (Tous en choeur) La dime! La dîme!
Pourquoi un lourdaud en aurait-il la dîme?"
(King Arthur. Opéra de John Dryden. Musique de Purcell. Acte V)
..
Le bénéfice en revenait peu au curé de la paroisse. Les rachats de dîmes se sont faits au profit du haut clergé, prélats, abbayes, chapitres.

 

 


 
La dîme était le premier prélèvement effectué sur le champ même, avant le champart (ou terrage) qui revenait au seigneur. Les gerbes étaient groupées en « dizeaux » de 12 ou 16 selon la proportion prévue. Il fallait donc attendre, pour rentrer la récolte, que le « décimateur » ou son représentant ait pris la part de l’église:

« son blé remaint de l’autre part

Qui est au vent et à la pluie

Au vilain malement ennuie

De son blé qui gît par le champ… »

Dans certaines régions, si le décimateur prévenu n’enlevait pas les gerbes dans les 24 h, «  le cultivateur pouvait rentrer sa récolte à condition de laisser sur place la part de la dîme : pour la dîme des « gros blés », les gerbes demeuraient longtemps dans les champs, de même que les légumineuses, car les décimateurs étaient débordés… Toute vérification a posteriori était évidemment impossible. Il arrivait que les gerbiers fussent faits de telle façon qu’ils ne représentaient qu’en apparence la part du décimateur » (Guy Fourquin. op cité. T1 .4 )

Cependant, la situation décrite correspond aux périodes de prospérité.
 Notre grange s’élève au XVème siècle dans un autre contexte. L’abbaye de Larrivour, tout comme les environs se relève à peine de ses ruines.
On comprendrait dans ces conditions que des précautions aient été prises pour protéger le produit de l’impôt. D’autres granges dîmières plus importantes sont pourvues de défenses. A Tremblay-Saint-Denis, la grange aux dîmes est dans l’enceinte de l’ancien château. Elle est précédée d’un porche flanqué d’une tour percée de meurtrières. Ailleurs on peut observer les restes d’une construction externe, une avant salle permettant l’accès contrôlé des charrettes. La grange dîmière de la ferme de Saint-Nom est défendue par une tour de guet dès le XIIème siècle. La « grande ferme » de Renneville (Normandie) possède une enceinte et une petite tour de guet.

Une grange dimière du 13 ème siècle.

Nul doute que les spécialistes sauront nous en apprendre plus. Une visite à la grange et au moulin vous permettra d’apprécier diverses interprétations inspirées de croyances anciennes, notamment en ce qui concerne les signes sculptés sur les poutres maîtresses.
Fallait-il ici "faire ceinture?"

 Notre guide y voit à main gauche faisant face à l’entrée, le côté cœur de la générosité et en face la ceinture symbole de privations. Ces repères dissymétriques permettaient peut-être tout simplement d’indiquer une orientation ou un ordre de stockage à la manière des canonniers de marine qui distinguaient la bordée gauche de la droite en référence au pont de batterie : « ba» bord = gauche ; « t(e)rie » bord = droite.

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Vendredi 18 avril 2008 5 18 /04 /Avr /2008 16:56

 

 

 

La Champagne est humide ou sèche, parfois pétillante , ailleurs acidulée. Nucléaire aussi. En complément de son assemblée générale, l’Association des Amis du Parc avait invité Jean Louis Peudon, auteur d’un ouvrage de référence sur l’Aube : thème «  La Champagne humide : rivières et étangs au rendez-vous de l’histoire ». L’intitulé reprend celui du Chapitre III de son ouvrage  connu : « Aux origines d’un département : l’Aube en Champagne. » ( p 37 à 124)

 


Jean Louis Peudon.

Toutefois, l’exposé était adapté aux circonstances, centré sur le territoire du Parc naturel et élargi dans le temps.

Avertissement.

Ce texte ne prétend pas rendre compte avec toute la précision nécessaire de la conférence. Il n’est que le reflet des souvenirs d’un auditeur. Toute erreur ou approximation ne serait que le résultat d’une incompréhension de celui-ci et n’engage nullement le conférencier.

Malgré d’inévitables imperfections, l’article peut en revanche donner un aperçu des questions abordées et inciter à suivre le cycle consacré à l’eau durant les prochaines semaines. La lecture de l’ouvrage cité de Jean Louis Peudon est naturellement indispensable.   

 

 

Questions de méthode.

 

D’emblée Jean Louis Peudon  pose les termes de la recherche : géographie historique ou histoire de la géographie ont suscité de longue date les controverses. La part des déterminismes géographiques ou historiques nourrit entre spécialistes des débats analogues à la querelle de l’inné et de l’acquis en pédagogie. «  Nature et culture »…  « Le milieu n’est qu’un facteur explicatif parmi d’autres et généralement pas le premier » ( Vidal)

«  Le cadre départemental constitue-t-il un espace pertinent pour écrire cette histoire ? »  interrogeait-il dans son introduction. Le périmètre du Parc régional, soumis à l’appréciation de nombreuses instances et en cours de renouvellement pose à coup sûr la même question. Toutefois, la « Champagne humide » familière à tout géographe, si elle s’étend au-delà de limites administratives validées, constitue un espace caractéristique. L’eau y est à la fois richesse et contrainte.

 

 « Un étang est-il un objet historique » ? Le territoire du PNRFO offre un terrain particulièrement riche à la  réflexion. Le « N » de naturel est à lui seul au cœur du paradoxe. Lors de son intervention l’an dernier, Thierry Tournebize avait bien montré l’intérêt d’une étude systémique sur un milieu totalement « artificiel » (né de la construction du Lac réservoir) constitué en « réserve naturelle ». L’étang omniprésent en Champagne humide témoigne d’une histoire spécifique sur une durée longue, au-delà de la mémoire individuelle.

 

Avant les lacs, des étangs.

 

 

Voyage dans le temps : nous partons de la situation actuelle pour explorer les univers lointains. La carte montre les trois grands lacs, ,les massifs forestiers, l’habitat, villages et écarts. Immédiatement se pose la question traditionnelle : habitat groupé en terres sèches, dispersé en terre humide. Revoilà notre schéma déterministe et des explications jadis longuement redites.  La carte  montre clairement  la diversité des situations. La ferme isolée existe en Champagne sèche, l’isolement des exploitations en Champagne humide est toute relative. Ici le puits profond, là l’enchaînement des espaces cultivés  au long des fossés reliant les étangs. Point d'explication mécaniste donc. L'habitat dispersé ou groupé est le résultat de l'histoire et de l'économie.

 

Premier saut temporel  avant la construction des lacs réservoirs : la carte de Cassini , plus précise qu’on ne le dit parfois (1750). Apparaît la « fonctionnalité de l’espace » selon le conférencier. Soixante à soixante dix étangs aménagés dont les bassins reliés mènent à la Seine ou à l’Aube. ( voir carte détaillée p 116. op  cité)

Cela suppose au préalable des défrichements, des levées de terre, des canaux. Le fameux « Canal d’orient » longe l’étang de Planfort ( près de Brevonnes ) et rejoint celui de Lesmont proche de l’Aube dont les carpes réputées étaient livrées jusqu’à Paris dans les « boutiques à poissons », barques spécialement aménagées. Certains ont disparu tel l’étang de Villemaheu près de la Ville au Bois, associé au château et au village mais asséché avant 1789. Un réseau dense patiemment constitué relie les bassins : « l’Auzon » se déverse dans « le Rossignol » qui remplit « le Marmoret ». « Petit Brard », « Baudet », « Grand Brard », « Beaumont », « Vieille Loge » s’épanchent dans la Seine. « Les Souchères », « les Epargnés », « l’Apostole », « le Chardonneret », « Thiémoy »  visent l’Aube. Un système élaboré de vannes et de fossés impose des solidarités de gestion, nourrit aussi les conflits.

La maîtrise de l’espace que révèle la carte de Cassini est le résultats de siècles de présence humaine et d’expérience. C’est une « création progressive »

 

La révolution hydraulique.

 

 

Nous connaissons  les grandes révolutions technologiques récentes : industrielle, post industrielle, « informationnelle », appellations diverses selon les auteurs et que la postérité validera ou non. Le recul permet de considérer avec sûreté la « révolution hydraulique » (11ème – 14ème siècles) . Jean Louis Peudon en précise l’origine : la maîtrise de l’eau est une pratique ancienne et orientale. Strabon décrit le moulin à eau Perse. Les Chinois connaissent la came, mécanisme qui permet la transformation du mouvement circulaire en mouvement alternatif, mais s’en servent pour animer des automates. L’occident adapte ces inventions, les intègre au processus de production et s’assure ainsi une supériorité. Le moulin à eau anime les machines comme le fera plus tard la vapeur.

Les 10 et 11ème siècles connaissent des « défrichements sévères » dans ce qui fut l’immense forêt du Der. La toponymie en conserve le souvenir (essarts, loges ). L’étang accompagne l’installation humaine : il est à la fois moyen d’assainissement, lieu d’élevage des poissons destinés à l’alimentation. Son environnement abrite les roseaux utilisés notamment pour la couverture des habitations, et les pâturages. Il est aussi l’abreuvoir des animaux. Le paysage en est bouleversé : l’association étang- grange commande l’implantation d’un habitat remarquable tel qu’on peut le voir encore entre Géraudot et Larrivour, avec une succession de fermes («  une rue de fermes » dit JL Peudon) entre les bois communaux de Laubressel-Dosches-Mesnil-Sellières et ce qui reste de la forêt de Larrivour. La renaissance récente de l’étang des Lavards rappelle heureusement la haute époque des aménagements médiévaux.

 


 

L’influence  des monastères est naturellement rappelée. Bénédictins à Montiéramey, Cisterciens à Larrivour, Prémontrés à Basse Fontaine. Les Templiers aussi bien entendu (Loge Lionne par exemple). JL Peudon signale un intérêt moins connu des étangs et de l’utilisation de l’eau pour de petites forges (Etang de la forge, Ru des forges). Les reproductions de documents d’archives permet de préciser la diversité des activités humaines entourant les grands monastères ( un cabaret à Larrivour, proche de l’abbaye !). C’est également l’occasion d’échanges entre la salle et le conférencier, certains « Amis du Parc » étant très sensibilisés au sujet traité. L’expérience de l’historien est là particulièrement utile, mettant en garde contre les interprétations hâtives de toponymes par exemple. Nombre de monographies locales avaient bâti leurs conclusions sur des origines linguistiques latines. Depuis, les recherches intègrent par exemple la connaissance lointaine des racines celtes. Dans un autre domaine, le rôle des monastères doit être rapporté aux archives et aux données de l’archéologie. Il est d’autant mieux connu que les abbayes ont laissé les traces écrites de leurs activités et de leurs transactions, ce qui n’était pas toujours le cas de laïcs illettrés. Les ordres monastiques ont pu ainsi hériter de terres défrichées par d’autres. Les premiers défrichements connus suivent la voie romaine Chaumont-Reims et les vallées. Le rôle des ermitages est attesté mais peu documenté. ( Voir « Eglise et Vie chrétienne dans le diocèse de Troyes du 4ème au 9ème siècle. » Isabelle Crété-Protin . Presses Universitaires du Septentrion. Lille3. 2002)

 

A suivre…

 

Le dialogue entre l’orateur et les assistants permit d’aborder de nombreux sujets, témoignant de l’intérêt toujours vif pour l’histoire locale. Occasion là aussi pour l’historien d’élargir le champ des réflexions par des exemples concrets, montrant par exemple l’influence de considérations géopolitiques dans le choix de certains sites d’implantation comme Clairvaux, ou encore l’évolution fluctuante du vignoble aubois. Une anecdote œnologique servira de point de suspension à un cycle consacré à l’eau : il fut un temps dit-on où la qualité du vin se jugeait à la rapidité d’écoulement du liquide projeté avec le verre contre un mur. Le vin rouge, lourd et épais apprécié au début du 19ème siècle laissait ainsi une marque indélébile. Du « gros qui tache » au léger vin de Champagne : quelle histoire !

 

Prochaine conférence : « L’eau source de vie » par Pascale Larmande. Cellule Zones humides du Parc naturel régional de la Forêt d’Orient.

Vendredi 25 avril 2008 à 20 h

Maison des Lacs à Mesnil-Saint Père.

Entrée libre.

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Mercredi 21 novembre 2007 3 21 /11 /Nov /2007 16:55
Afin de répondre à plusieurs demandes d'anciens élèves de l'école, un album "Photos de classe" sera désormais ouvert dans "Petits potins". Il sera alimenté par les photos de groupe déjà collectées auprès d'anciens du village ou par moi-même. Si vous en possédez qui ne figurent pas dans l'album et si vous le souhaitez, merci de les transmettre, si possible avec les noms des élèves.

Suivre le lien ici
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Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /Nov /2007 11:41

Cérémonie du 11 novembre.

 

La commémoration renouvelée réveille les mémoires, éveille peut-être des curiosités. Les derniers survivants plus que centenaires ont transmis faiblement  l’écho mesuré de souffrances inimaginables.
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Mesnil-Sellières , comme presque tous les villages, consacre la matinée au souvenir. Pompiers, enseignants et quelques enfants, anciens combattants et conseillers municipaux, habitants se rendent au cimetière sur les tombes des Maillotins et au monument aux morts. (Pour la cérémonie de 2006 et l'historique cliquer ici )
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Au-delà des gestes symboliques, le témoignage des anciens survit. Certains ont gardé ou collectionnent les cartes postales anciennes. Elles sont l’image du village au début du 20ème siècle. Certaines datent de la grande guerre. Elles ont été envoyées par des soldats mobilisés à leur famille, par les familles elles mêmes ou par les contingents en cantonnement à Mesnil-Sellières. A travers ces brefs messages se devinent les angoisses, les espoirs et les soucis quotidiens des « poilus » et de leurs entourages. Nous en avons sélectionné quelques uns.

 

La première est antérieure à la déclaration de guerre. Elle est écrite par Hector Berthelin lors de son service militaire. Il fait allusion à la nouvelle loi  d’incorporation dite « loi de 3 ans » votée en 1913 sous la présidence de R. Poincarré, combattue par les socialistes dont Jaurès et les radicaux. Le financement sera assuré par la mise en place de l’impôt progressif sur le revenu !

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« Toul le 22 juillet 1913. (  Hector Berthelin. 2ème en haut à gauche. )

 

Mon cher Marcel

Voici bientôt 15 jours que j’ai quitté le camp et je ne t’ai pas encore écrit, ce soir je suis tranquille et je vais en profiter pour te passer cette carte. J’ai écri ces jours ci chez  nous et j’attends une réponse ; Je pense que tu dois voir les journaux et que tu dois être au courant de tout au sujet de l’incorporation à 20 ans ; Ce n’est pas rigolo pour toi ainsi que mon frère et vous ne vous attendiez pas à cette loi là. Quant à nous c’est tout le contraire. C’est ce qui nous sauve ou sans ça on ferait 3 ans et ça ne me dit rien du tout.

C’est sûrement ennuyeux pour vous mais que veux tu y faire contre la loi il n’y a pas de résistance. Ce qu’il y a c’est que vous seriez libéré un an plus tôt.

Je ne vois plus rien pour le moment je suis toujours en bonne santé et j’espère que vous êtes de même. Souhaite le bonjour de ma part à tous tes amis. Ton cousin qui te serre la main de loin . Encore 59 jours et c’est fini.

Hector Berthelin.

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Hector Berthelin. Il est également présent sur la photo de classe de 1905 ainsi que Marcel. (ici)

 

Hélas, Hector Berthelin sera mobilisé l’année suivante. Affecté au 156ème de ligne ( régiment basé à Troyes et à Toul), il participe à la bataille des frontières au sein de la II Armée ( 39ème Division 21ème corps. Général De Castelnau). Il disparaît le 25 août sur les hauteurs dominant Nancy. Sa dépouille est retrouvée près de Combresseaux (Meurthe et Moselle)  le 31 août 1914.

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D’autres membres de la famille  sont également sous les drapeaux avant la déclaration de guerre. Marcel est dans l’artillerie au Fort de Frouard (6ème d’artillerie. 1ère batterie ). Le front ayant été stabilisé lors de la bataille du « Grand couronné », le Fort qui contrôle la vallée de la Moselle et la ligne de chemin de fer de Paris sera épargné durant le conflit. Il servira de dépôt de munitions à partir de 1918.

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« Frouard 14-7-14 

 

Chers parents,

Je profite d’un instant pour vous donner de mes nouvelles qui sont toujours assez  bonnes. La fête s’est très bien passée. Je n’ai pas passé la revue tout était près dans la nuit j’ai été piqué à l’œil par un moustique le matin j’avais l’œil presque fermé et au lieu de passer la revue j’ai été à l’infirmerie que le laver à l’eau…et le soir n’y paraissait plus. Plus rien de nouveau. Votre fils qui pense à vous et vous embrasse. M Berthelin. »

 

« Camp de Châlons le 10  (Mois et année non précisés).(CP L’artillerie montée…)

 

Chère Madame Husson et toute la famille,

Excusez moi si je ne vous ai pas écri plus tôt car en ce moment je viens de rentrer du 106ème Artillerie lourde car nous étions partis à 4 et 8 chevaux pour faire le débarquement. Quant à moi la santé est très bonne et j’espère que ma lettre vous trouvera de même. Je pense qu’à Mesnil c’est comme ici il fait toujours très chaud. Je vous dirai que je viens de recevoir des nouvelles de chez nous m’apprenant la mort de ma grand-mère. Je vous quitte en vous embrassant de tout cœur. Le bonjour chez Arthur. A bientôt de vos nouvelles. …. »

 

 

Fernand envoie une carte postale de Lunéville. Le thème des deux frères, l’un côté Français, l’autre côté Allemand, se retrouve sur plusieurs cartes postales expédiées avant le conflit. On peut supposer qu’il témoigne d’une mentalité peu belliqueuse…( La photo de Fernand en cavalier ici)

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Lunéville le 27 mai 1914 ( CP couleur Frontière Franco allemande Gare de Foulcrey)

 

Chers cousin et cousine

Je profite d’un petit moment pour vous donner de mes nouvelles qui sont assez bonnes. Le métier va toujours bien mais on a beaucoup d’ouvrage.

Berthelin Fernand. 17ème Chasseur. 4ème escadron. Lunéville adressée à Monsieur et Madame Berthelin Finot à Mesnil-Sellières.

 

La guerre déclarée, Marcel continuera d’écrire régulièrement.

 

Frouard le 29 -12- 1914 

 

Chers parents

Je viens de recevoir votre mandat ce matin qui m’a fait plaisir j’ai reçu une carte de Charlot qui souhaite le bonjour à toute la famille et qui est en bonne santé. Je ne vois rien de plus à vous dire. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur. M Berthelin.

 

Frouard le 7/7/1915 (CP Nos poilus en Alsace)

 

J’ai très bien reçu votre lettre du 3. Toujours en bonne santé. En attendant le plaisir de vous lire recevez les meilleures amitiés de votre fils qui vous embrasse de tout cœur. M Berthelin

 

De nouveaux incorporés n’hésitent pas à faire part de leur réticence et de leurs préoccupations.

 

Luyères 28 juin 1915 

Cher cousin

Toujours sans réponse à ma lettre expédiée le 2 courant  je te dirai que je suis toujours au poste de Luyères au même service et qui devient toujours des plus sérieux. Nous commençons à faire du maniement d’armes et tu penses que cela me va, moi qui n’ai jamais tenu un fusil. Nous avons la visite du colon général etc… Toutes les semaines et il faut rendre les honneurs comme au quartier enfin le métier devient bon et je crois qu’ils ont des intentions pour nous pour la suite. Car les affaires ne vont guère vite pour le moment et je n’en vois venir guère la fin prochaine. Toujours sans permission, je m’échappe autant que je peux pour quelques heures à mes risques toujours. Enfin toujours en bonne santé reçois la plus cordiale poignée de main de ton cousin. L Carouge

 

Luyères le 7 août 1915 (CP Luyères café épicerie)

Cher cousin

Je te donne de mes nouvelles en te disant que je viens de rentrer de permission de six jours qui m’a été accordée comme mobilisé depuis un an et sans que j’en fasse la demande. Je l’ai acceptée avec plaisir car cela m’a permis de pouvoir aider à terminer la moisson et rentrer tout le blé. Louis Thiénot est revenu aussi pour 8 jours et Auguste pitié qui est toujours au dépôt à Troyes a 15 jours. Ici à Luyères nous venons d’apprendre la nouvelle du décès de Sylla Richard tué tout dernièrement dans le nord. Je ne t’en dis pas davantage car tu es toujours au courant des nouvelles du pays. Nous sommes tous en bonne santé et nous souhaitons que tu sois de même. En terminant reçois nos meilleures amitiés et cordiale poignée de main de tous. L Carouge.

 

J’ai écrit à Charlot et à Husson ils ne m’ont pas encore répondu.

 

Naturellement, on écrit aussi aux soldats qui se trouvent éloignés. Quelques cartes restituent les visages, les tenues de l’époque.

 

 

Mesnil Sellières le 1 février 1915 

Cher papa

Je t’écris cette carte en attendant une autre carte et une lettre. J’espère que tout le monde se porte bien Nous deux Suzanne on va …….. à l’école. Henri fait toujours le diable et te réclame tous les jours. Ton petit garçon qui t’aime. A suivre.

André Husson et Suzanne Husson et Henri Husson.

A M. Husson Louis 47ème régiment territorial. 3ème compagnie à Toul Meurthe et Moselle

 

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                                                                            Yvonne Pitié. (non datée)

 

Ma chère Yvonne et Suzanne

Profitant que maman t’écris je t’envoie ma photographie pour te faire plaisir.  Nous venons de recevoir ta gentille carte et une de Marie  j’ai été très contente de voir que vous pensez toujours à nous. Ici nous sommes toujours en bonne santé et je pense toujours a vous et je voudrais bien aller à Torcy pour desserrer les betteraves il faudrait pour cela que vous ne les desserriez pas. Je t’embrasse de tout cœur chère Yvonne chérie(ainsi qu’André ) Suzanne chérie, Marie, Louis, Raymond bien le bonjour à Savine et à Godot ainsi qu’à Philibert. Votre amie de Bouy. Yvonne Pitié et André.

André Pitié dont il est question sur la carte d’Yvonne est originaire d’Onjon. Il servira dans la cavalerie.

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Mon cher Marcel (cpa  Saint urbain)

Je réponds à votre carte que j’ai reçu avec grand plaisir surtout en apprenant que vous êtes toujours en bonne santer. Il en est de même de toute la famille. Mon oncle a fini de faucher les blés maintenant on les rentre. La nouvelle ficelle cassait beaucoup et cela ne plaisait pas a ma tante car il fallait qu’elle relie les gerbes Toute la famille vous souhaite le bonjour. Je vous embrasse bien fort Charlotte.

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Charlotte Adnaud était la fille de Blanche Adnaud et la sœur de Roger Adnaud, bien connu de nos anciens .  Son arrière petite fille est  encore présente au village. Charlotte épousera Paul  Simard, présent sur une photo de classe de 1919 (ici)

 

A partir de 1916, d’autres protagonistes entrent en jeu : ce sont les soldats du 154ème RI qui prennent leur cantonnement à Mesnil-Sellières. Leurs cartes témoignent de la vie quotidienne de ces hommes en au repos ou en attente de départ . (Voir l'article 2006 ici )

 

( non datée)

Tu m’excuses si j’ai été longtemps à te répondre j’ai reçu ma première carte j’étais en permission de jour de l’an puis en repartant j’ai oublié la carte si bien que je n’avais pas ton adresse à présent que je l’ai-je te réponds cher ami mon métier va assez bien de ce moment on turbine il y a mobilisation marche de nuit embarquement etc ;  J’ai vu Paul Courty au 1er janvier l’on a causé ensemble J’ai passé 5 jours tranquille à présent il faut attendre à Pâques je pense que ton métier va bien aussi vivement que la classe parte on sera plus heureux puis on sera de la classe on ira voir les poules. Ton copain qui te serre a main. Henri …

 

15 juin 1916 (CP de Mesnil-Sellières )

 

Chère Germaine,

Je t’écris pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes malgré que le temps soit mauvais. Car il a fallu se remettre sur les effets d’hiver. Il pleut tous les jours c’est ce qui rend notre service plus pénible. Mais il faut avoir espoir que cela s’arrangera aujourd’hui il part trois permissionnaires et si nous restons là je crois que mon tour sera arrivé. Ce serait à fin Juin. Je n’ai plus rien de nouveau à t’annoncer. En attendant reçois chère Germaine et chers parents une embrassade de votre tout dévoué J G.

 

13-3-1916 (CP de Mesnil-Sellières)

 

Ma chère fille,

J’ai appris avec plaisir que vous vous portiez à peu près toutes bien et aussi que l’ensemble de la population ne s’affolait pas trop, à propos de l’attaque des boches. Verdun, ils le démoliront, mais ne l’auront pas, ce qui ne nous empêchera pas d’en écraser énormément de cette salle race il en restera encore assez va.  Yvonne me dit qu’elle va aller te voir ; tant mieux, ne vous en faites pas trop. Tout à fait en bonne santé vous envoie à toutes mes meilleurs et nombreux baisers. Oh le canon ronfle plus que jamais. Je ne crois pas que les munitions puissent manquer car c’est incroyable tout ce qui se passe.

 

Le 14 avril 1918 (CP de Mesnil-Sellières)

 

Chère tante,

Je vous fait savoir que je suis toujours en bonne santé et je désire que ma carte vous trouve de même. Ici tout marche bien le pays s’embellit toujours à cause que tout est vert en ce moment et les arbres fruitiers sont en fleurs, les troupeaux de moutons passent tous les jours, ils sont gardés par deux chiens et un homme. Je finis ma carte en vous embrassant de tout mon cœur. Riou Louis.

Un bonjour à Monsieur et Madame.

Adresse : 154ème d’infanterie. 34ème compagnie.9ème batterie. Secteur 2204

.

 

La guerre contre l’Allemagne se termine le 11 novembre, mais les hommes ne rentrent pas chez eux pour autant. Certains sont encore aux frontières ou en territoire occupé. D’autres poursuivent une formation militaire qui ne laisse guère de repos. Des troupes combattront plusieurs mois encore à l’est, contre « les rouges »…

 

Du 5 avril 1919 

 

Bien chers parents,

Cette petite carte pour vous donner de mes nouvelles. Reste en parfaite santé. J’espère de même pour vous. Jusqu’à aujourd’hui nous avons de la neige mais le temps semble se remettre au beau. Pour ma perm, je ne sais pas quand je partirai, sans doute vers le 15. Je viens de recevoir votre mandat qui m’a fait bien plaisir mais je n’ai pas eu votre lettre du 29 que vous m’annoncez. Avec tous mes remerciements recevez les bonnes amitiés de votre fils qui vous embrasse de tout cœur.

 A Berthelin.

 

Sarrebourg le 17 avril 1921

18ème chasseur à cheval.17ème   escadron.4ème peloton ( CP groupe de soldats )

 

Des nouvelles du pays.

 

Cher cousin

Excuse moi si je ne t’ai pas écris plus tot. Je n’ai pas le temps et je profite que c’est dimanche pour t’envoyer de mes nouvelles. Le métier va assez bien mais vivement la fuite. Nous nous levons à 5 h ½ heure nouvelle et on se couche à 10 h. Je crois que tu me reconnaitras nous sommes photographiés contre les écuries on était au pansage. L’adjudant qui est là est le mien ainsi que le Logis. L’adjudant est rosse il faut que ça saute. La voltige c’est pas le filon moi je n’ai pas encore tombé mais j’ai des copains qui bouffent la sciure. Je ne vois plus rien à te dire pour aujourd’hui je me porte bien et j’espères que la présente te trouve de même ainsi que tes parents. Ton cousin qui t’en serre cinq. Bonjour chez vous. ( signature illisible : probablement Emile Berthelin)

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Le 23 août 1921 (CP armée du Rhin)

 

Cher cousin

Je t’envoie ces quelques mots pour te donner de mes nouvelles qui sont assez bonnes pour le moment et pour avoir des tiennes. Je t’assure que pour le moment c’est pas la pause car on monte en paquetage complet 2 ou 3 fois par semaine. On va en service en campagne se promener jusqu’au Rhin. Je crois que la chasse va commencer et que tu vas en descendre quelques uns il faudrait que tu sois ici. Hier matin ,j’étais en patrouille j’ai levé 8 lièvres dans i heure de temps. Sous bois, les chevreuils ne manquent pas non plus c’est un bon pays pour les chasseurs, tu pourrais t’amuser. Et toi que fais tu de bon ? Veux tu que je t’envoie une Fräulein ? Rien de plus pour ce soir. Je te serre la main. Ton cousin.

 Emile  Berthelin.

Bonjour à toute la famille de loin. ( sur la carte : Armée du Rhin, Nous sommes à la cuisine aux pommes..mon calot ) »

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  Nous avons gardé pour la fin un texte dont la date est incertaine. Sur la carte, le 2 de 1924 peut apparaître comme une surcharge. S'agit-il de marches précédant la bataille de la Marne (septembre 1914) ou d'entrainements en 1924? Nous pouvons quoiqu'il en soit, mieux apprécier les efforts auxquels étaient soumis les fantassins...

Mesnil le 30 aout 19?4

 

Ma chère petite femme chérie

J’ai reçu ta carte je suis bien touché de voir notre amie nous quitter pauvre Claire elle a toujours pas de veine. Quand à nous nous avons déjà fait 60 km hier nous avons cantonné dans une petite ville assez importante à Vendeuvre et ce matin nous avons fait 35 km nous sommes partis à 6 h du matin pour arriver à Mesnil à midi et demi, j’en ai bien marre. Tu peux croire que le pays est moche et les habitants nous regardent d’un mauvais œil pour mieux te dire où nous sommes à 12 km de Troyes. Ce matin les officiers nous ont fait faire un contourt car notre route était de s’arrêter à Pinet. Mais comme il y avait une épidémie de rougeole alors ces pour cela que nous avons fait une étape plus longue enfin plus que 45 km et ce sera fini. A bientôt de tes nouvelles. Reçois de ton petit Toto les plus doux baisers de celui qui t’aime à la folie.

Toto.

 

Les archives familiales recèlent certainement d’autres témoignages. Ils aideraient à donner vie aux récits de la « grande histoire ».

-DSC00240001.JPG Merci à Robert Berthelin qui a bien voulu nous prêter les documents joints. Certaines cartes postales et les textes qui les accompagnent font partie de collections particulières. Merci à Didier et à Pierre pour les photos de la cérémonie du 11 novembre. ( Voir l'album ici)

   
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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /Sep /2007 18:16
Pierre nous a transmis le message suivant. Hélas, comme nous étions lâchement en train de bronzer au soleil breton ( si si ) ...nous n'avons pas pu le mettre en ligne à temps. Peut-être cependant certains de nos lecteurs ont-ils immortalisé l'événement et voudront bien nous transmettre commentaires ou images... Par avance merci.


Une équipe de France 3 est venue vendredi au moulin de DOSCHES et un reportage EST passé  à la télévision le 13 Septembre  le midi et le soir.

 

 

 

Les enfants de l’école de DOSCHES étaient présents lors de ce tournage, alors tous à vos magnétoscopes.

 

 

 

Par ailleurs dans le cadre des journées Européennes du patrimoine, le moulin ETAIT ouvert le Dimanche 16 SEPTEMRE   de 9 H à 18 Heures, entrée gratuite.

Pierre.
 
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Jeudi 6 septembre 2007 4 06 /09 /Sep /2007 14:51
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Jeudi 6 septembre 2007 4 06 /09 /Sep /2007 14:39

Parc Naturel Régional de la Forêt d’Orient.

 

du 16 septembre au 5 novembre.

 

 

« Carreaux vernissés cisterciens »

070906-carreau-expo.JPG  

Exposition   européenne en liaison avec l’Abbaye de Villers la Ville (Belgique) .

Présentée en quatre langues Allemand, Anglais, Français, Néerlandais.

 

Organisée par le service culturel du PNRFO et le Centre de Recherche de la Céramique du collège de Chaource.

Présentation de travaux de recherche menés dans les commune du Parc.

 

Visite commentée et conférence le dimanche 21 octobre à partir de 14 h.

 

 

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Lundi 16 avril 2007 1 16 /04 /Avr /2007 23:09

Membres du Conseil d’administration de l’Association Familiale

 de 1977 à 2007.

( en bleu, les membres toujours actifs )

 

Baguet Valérie : 2001- 2003

Barrois jean Michel : 2001- 2004

Bertrand Philippe : 2001-…

Besnard- Andrzejczak Laurence : 1999- … ( vice présidente 2001-…)

Berthe jean Pierre : 1985-1987

Bouclier Arlette : 1977-1988

Boutiot Corinne : 2006 -…

Briet Georges : 1988-1995

Briquet Patrick : 1988-1992

Chanel Sylvie: 2001-…

Chanteloube Nadège : 1987-1990

Chanteloube Pierrette : 1990-1995

Chérain Gérard : 1977-1988 ( trésorier  1977- 1983)

Chérain Marianne: 1977-1988 (secrétaire de 1983 à 1988)

Chevallier Dominique: 1985 – 1999   (trésorier de 1985- 1990 ; président 1997-1999)

Chevallier Marie France: 1983-1988

Corniau Joëlle : 1981- 1987

Corniau Philippe : 1981- 1985

Croci Didier : 1987 –1997

Defert François : 1985-1987

Delacour Corinne : 1990-1998

Delacour Hubert : 1977-1983

Delacour Jacqueline : 1977- 2001

Fertard Pascale : 1995-1996

Garavaglia Irène : 1985-1987

Gobin Josette : 1977-1980

Gillot Pierre : 1995-1999

Guichard Jacky : 1983-1987

Guillard Micheline : 1977-1983 (secrétaire  1977 - 1981 )

Guyot Jean Robert : 1995- 1999 (Président 1998-1999)

Isambert Christian : 1985- …(vice président : 1988 à 1990. trésorier 1990  …)

Israël Michèle : 2007-…

Krebs Gérard : 1992- 1999 et 2004-…

Krebs Micheline : 1997-… (Présidente 1999-… )

Laurain Maryse : 1985-1987

Laurain Patrice : 1985-1987

Le Berre Anne-Marie : 1985-1988

Le Berre Gérard : 1977-….. ( président de 1977-1983. secrétaire 1988- 1996)

Lévêque Joëlle : 1977-1980

Madurell Lucie : 1997-

Madurell Patricia : 1981-1987 ( secrétaire de 1981-1983)

Moguez Martine : 1997-… ( secrétaire 1997-…)

Morandin Claude : 1995-

Oudard Jacqueline : 1977-1981

Patenaire Charly : 1981-1992 (Vice président de 1983-1988)

 Petit Jean Luc : 1985- 1999

Pitié Francis : 1983- …    (Vice président de 1990- 1996 et 1997-2001)

Poissenot Danielle : 1987-1995

Renard Lydie : 2006-…

Sandré Catherine : 1996-  1998   (Vice présidente 1996-1997)

Sarrazin Jean-Luc : 2007-…

Téatini Cédric : 1997-2001        ( Vice trésorier 1997- 1999)

Thévenin Gérard : 1977- 1981 (Vice président  1977-1980)

Thévenin Michèle : 1985-1988

Thévenin Régis : 1981-… ( trésorier 1983-1985 et vice trésorier 1990- 1997)

Thiérard Claude : 1981- 1999  ( Vice président 1981-1983. Président 1983-1997)

Thiérard Sylviane : 1977-1988 et 1996-1997 ( vice trésorière 1985-1988 ; secrétaire 1996-1997)

 

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Lundi 16 avril 2007 1 16 /04 /Avr /2007 23:06

Elections municipales et renouvellement du bureau.

 

Au mois de mars 1983, après les élections municipales qui virent le départ de Gilbert Haber,  l’association tint son assemblée générale. Le rapport d’activité, tout en soulignant la bonne santé financière (près de 3000 F de bénéfice annuel), exprimait de nombreuses inquiétudes. L’enquête préalable « ne permettait pas de prévoir l’organisation du Centre de Loisirs » faute d’inscrits. Le bureau fut totalement remanié.

Gérard Le Berre et Gérard Chérain démissionnaient.  Claude Thiérard devenait président, Charly Patenaire vice président, Marianne Chérain secrétaire et Régis Thévenin trésorier. Au cours d’une émission de radio locale enregistrée à la « Clé des Champs » (Voir INFO 2007)le renouvellement de l’équipe dirigeante était évoquée. Claude Thiérard posait alors la question de la réalisation d’une salle polyvalente adaptée aux besoins de la vie associative. Il n’en existait pas alors . La première commune à s’en doter avait été Dosches qui avait bénéficié du démontage de bâtiments préfabriqués auparavant utilisés par les collèges aubois (Saint André, Lusigny, Piney entr’autres étaient alors ainsi équipés). Géraudot avait suivi. Rouilly-Sacey avait profité de la reconstruction complète de son centre administratif et scolaire. C’est pourquoi l’association maillotine évoluait entre Dosches pour les tournois de cartes, Géraudot pour les bals, et Assencières pour le repas des anciens. Le nouveau maire, Pierre Gillot sut faire preuve de prudence : « Je ne dis pas non… » répondit-il.

 

La maturité.

 

La nouvelle équipe qui avait été renforcée de Francis Pitié, Jacky Guichard et Marie France Chevallier, ne comprenait pourtant que quatorze membres et il lui appartenait de relancer une dynamique. Claude Thiérard apportait avec un incontestable goût des relations humaines, un sens aigu de l’organisation. Contrairement à son prédécesseurs, il fut admis à faire partie du Comité d’action sociale (CCAS) ce qui lui permit d’intervenir bien souvent en faveur de familles en difficulté. A plusieurs reprises, l’association put ainsi participer à des actions de solidarité. Les compétences de chacun furent mises en œuvre. Les amateurs de cartes, belote ou tarots eurent leurs concours annuels à partir de 1983 à Dosches.

 

Informatique pour tous…

 

Gérard Chérain mit en place un cours d’informatique pour adultes qui avait lieu une fois par semaine dans la petite salle de classe de l’instituteur. -L’ordinateur, un TO7-70 avait été acheté par l’association et mis à disposition des écoliers pendant les périodes scolaires. Le samedi après-midi, Régis Thévenin et Gérard Le Berre se relayaient pour accueillir les enfants volontaires. L’expérience dura deux années. En 1985, un second ordinateur fut livré dans le cadre de l’opération « Informatique pour tous » initiée par un ministre nommé Laurent Fabius…Avec l’informatique, la télévision entrait à l’école car le moniteur était un écran télé ! La municipalité accepta l’installation d’une antenne qui devait permettre la réception d’émissions de télévision scolaire. Cette institution cependant vivait ses dernières années…La coopérative scolaire dût faire l’achat d’un magnétoscope pour bénéficier de services audiovisuels.  Le minitel avait également été offert aux écoles par les télécommunications encore nationalisées, mais l’absence de prise téléphonique fit qu’il atterrit au secrétariat de mairie. Le téléphone ne fut accordé aux écoles qu’en 1988, après la fermeture d’une classe.

 

Association et Comité des fêtes.

 

Le Comité des fêtes s’était constitué cette année là. Auparavant, les Conseillers municipaux assuraient la préparation de la fête du village et celle du 14 juillet. Certains membres de l’AFMS décidèrent d’y participer et des manifestations communes furent prévues. L’Eveil, les pompiers furent également invités et le premier bal costumé commun eut lieu à Géraudot en 1984. L’année suivante, par l’intermédiaire de Régis Thévenin, l’Association avait été mise en relation avec le CRAC de Creney qui organisait son carnaval traditionnel. Il fut décidé de s’y associer. Durant quatre années, les mois de février et mars furent consacrés à la préparation des déguisements et des chars sur des thèmes variés allant de la préhistoire à la joueuse bande de Dracula, en passant par la Rue Saint Denis (voir article sur nos carnavals ) En retour, les membres du Crac dont les redoutables « Souffle à cul » ne manquaient pas de venir en renfort aux bals de Géraudot.

 

Camps d’ados.

 

Les plus grands, on l’a vu, bénéficiaient d’une semaine de dépaysement sous tente. Implanté d’abord à Dosches, puis à Champigny, le camp de toile avait élu domicile à Géraudot face à la plage. Gérard Chérain, infatigable, en avait pris la responsabilité, avec le renfort de Valérie Jacob et d’Anne Bouclier alors  monitrices. La direction du centre incombait à cette époque au Conseil d’administration et à son président : les plus petits restaient à la salle de répétition. Le soir, parents et amis se retrouvaient au camp autour de grillades.

Durant l’été 1984, un camp itinérant fut mis sur pied. Un groupe d’une douzaine de jeunes devait partir en vélo jusqu’au Lac du Der et camper chaque soir en un lieu différent. Jacky Guichard et Gérard Le Berre assuraient l’encadrement bénévole. « Le circuit avait été repéré et les autorisations sollicitées.


Heureusement, car le second soir, à Saint Rémy en Bouzemont, un orage terrible nous surprit. Claude Thiérard et Charly Patenaire étaient venus pique niquer avec les enfants lorsqu’au bord du lac. En soirée,  le ciel devint soudain menaçant. Le groupe se réfugia sous un abri près de la plage. Lorsque le gros de l’orage parut calmé, nous rejoignîmes le camp situé à plus d’un kilomètre, dans une allée herbeuse bordée de peupliers. On se mit au lit après un dîner rapide, car la pluie menaçait à nouveau. Le vent se leva brutalement et une violente bourrasque abattit les têtes de peupliers sur les tentes ! Les enfants étaient épouvantés. Dans un premier temps, nous nous abritâmes derrière ma 4L , puis, la tempête ne faiblissant pas, je retirai les sièges et nous nous entassâmes à l’intérieur. Entre temps, on m’avait signalé que la petite Muriel était restée sous une tente écrasée par une lourde branche. Je pus la ramener à la voiture où nous l’installâmes le mieux possible en attendant les secours. La fillette était blessée à la tête et souffrait. Il était impossible de sortir de là, le chemin étant barré par les arbres abattus. Jacky et Charly coururent jusqu’au village voisin. Il fallut attendre plus d’une heure pour que les pompiers puissent se frayer un chemin jusqu’à nous, à travers champs, en tronçonnant les arbres. Dès leur arrivée, il me fallut suivre l’ambulance transportant Muriel jusqu’à l’hôpital de Vitry le François, slalomant entre les troncs abattus, roulant tantôt sur la chaussée, tantôt dans les champs. Les autres enfants trouvaient refuge durant ce temps chez le maire de Saint-Rémy en Bouzemont. Les examens médicaux ayant heureusement révélé l’absence de danger pour la petite, je regagnai le gros de la troupe. Les familles avaient été averties et récupéraient enfants et matériel en pleine nuit. Nous rejoignîmes Mesnil-Sellières avant l’aube, épuisés et mortellement inquiets pour notre petite camarade restée à l’hôpital. Le lendemain, tandis que quelques volontaires ramenaient ce qui restait sur place, je me rendis à la gendarmerie pour témoigner.


Le vent était encore fort et les dégâts visibles : arbres abattus, toitures arrachées. La peupleraie au long de laquelle nous avions campé était totalement détruite. Je compris alors qu’un gros câble électrique qui longeait l’allée nous avait protégé, amortissant la chute des peupliers et renvoyant les cimes mutilées au-delà du chemin …et de nos têtes !  Le maire de la commune admit nous avoir donné l’autorisation de camper à l’endroit incriminé. Quelques jours plus tard, Muriel put regagner son domicile, heureusement sans dommages. Les tentes de l’association étaient définitivement hors d’usage… »

Cette malheureuse entreprise mit pratiquement fin à l’organisation des camps d’été. Le précédent avait eu lieu à Géraudot, sous la responsabilité de Gérard Chérain. En 1985, Marianne Chérain et Charly Patenaire, pour la dernière fois , encadrèrent un groupe d’adolescents à la maison des jeunes de Mesnil-Saint Père.

 Par la suite, L’AFMS décida participer aux loisirs d’été des adolescents qui en feraient la demande : une prise en charge à 50% des dépenses fut accordée concernant les inscriptions aux multi activités des bases départementales de Chappes et de La Picarde.

Tous les ans, avec la ruche, plusieurs sorties gratuites: ici à la plage de Lusigny.

L’année 1985 vit une véritable explosion d’activités. A l’issue de l’assemblée générale, cette année là, on comptait 23 membres !

La sonorisation des fêtes avait été dès l’origine, un souci permanent. Il n’y eut d’abord que de vieux appareils prêtés par les uns et les autres. Puis, les fils de Guy Renard assurèrent bénévolement la sonorisation de nos fêtes. En 1985, un accord  fut conclu entre les écoles et l’AFMS pour acheter en commun un matériel de sonorisation. A l’AFMS les enceintes et aux coopératives scolaires l’achat des platines. Le matériel fut confié à Jean-Luc Petit. Dès lors nous disposions d’une sono performante, bien entretenue, et d’un « DJ » toujours au fait des dernières nouveautés…

 

Un labo photo.

 

Maryse Laurain, qui résidait derrière la Chapelle, dans l’ancienne maison de M.Rollin, animait un atelier photo chaque semaine à l’école de Géraudot, dans l’ancien logement de fonction de l’instituteur récemment repris par la commune. Les parents, à cette époque, avaient la possibilité d’intervenir en milieu scolaire pour des activités diverses et d’animer des ateliers décentralisés. Les groupes d’enfants étaient constitués par affinités et pratiquaient des activités diverses : travaux manuels, peinture avec M. Bourotte à Dosches, atelier marionnettes avec Gérard Chérain à Mesnil-Sellières. L’AFMS décida de soutenir l’implantation du labo photo à Mesnil. En l’absence de local la municipalité fut sollicitée. Elle accepta de mettre à disposition l’ancien bûcher situé au fond du préau, à condition que l’AFMS se chargea des travaux d’aménagement. Nettoyage, maçonnerie, revêtement des murs, alimentation en eau et en électricité, tout fut installé durant les weekend par les volontaires. L’association comptait alors de vaillants bricoleurs avec Dominique Chevallier, Gérard Chérain, et des professionnels en la personne de Jean Luc Petit, Didier Croci ou de Gérard krebs. Les matériaux et l’équipement furent largement financés par l’AFMS. On en profita pour redonner un petit coup de jeune au vieux préau de l’école par la pose de frisette (1987). Le labo servit régulièrement aux écoles et au centre de loisirs durant plusieurs années. Des groupes de jeunes et d’adultes le fréquentèrent le samedi après midi et le dimanche matin.

 

Weekend de ski.

 

Dès la fin 1984 Claude Thiérard avait proposé l’organisation de weekend de ski. Il s’occupa des réservations et au mois de janvier suivant (1985), un car transporta une cinquantaine de maillotins de tous âges à Lamoura. Conformément à sa vocation, l’AFMS assurait la gratuité pour les enfants. L’expérience fut renouvelée plusieurs fois, en coopération avec le Club de Dosches notamment. Lors d’une des dernières tentatives, en 1993, la neige n’était pas au rendez-vous !

 

1985 :Le repas des anciens déménage.

 

Faute de local, et devant un succès confirmé, le repas des anciens eut lieu au mois de mars 1984 à Assencières. Nous avions choisi cette petite salle commune en raison de sa proximité et de son équipement. Le menu comprenait principalement un coq au vin. . Il fallut organiser le transport de quelques personnes âgées, mais presque tous nos habitués restèrent fidèles au rendez-vous. Jusqu’en 1988, le repas eut lieu dans cette salle. Le rituel était bien établi : apéritif pour le maire et les conseillers à la salle du conseil de Mesnil-Sellières, déplacement à Assencières où les membres de l’AFMS avaient tout préparé. Repas , puis bal et souper des organisateurs. Marianne, Arlette, Michèle, Jacqueline et d’autres s’affairaient autour des fourneaux dans la minuscule cuisine.

 

Randonnées cyclistes.

 

A la fin de l’été, la première randonnée cycliste fut préparée par Claude Thiérard. Trois parcours étaient proposés et le lieu de rendez-vous commun était le parc de Menois ; Là, un pique nique rassemblait tous les participants, et l’après-midi se passait en jeux de ballons ou de pétanque. L’épreuve donna même lieu à la distribution de diplômes lors du retour à Mesnil-Sellières. Toutes les générations étaient représentées et il arriva que les voitures suiveuses dussent pallier à quelques défaillances dans la «  redoutable côte de Bouranton » ! D’autres itinéraires furent essayés, mais Menois offrait l’avantage d’un lieu abrité en cas de mauvais temps.

 

Visite du Père Noël.

 

En fin d’année, Claude proposa d’inviter le Père Noël à une visite de reconnaissance dans le village aux environs du 23 décembre.


Chaque enfant reçut la visite du grand bonhomme rouge porteur de jouets et de friandises. Depuis cette date les visites se renouvellent chaque année et tiennent parfois les petits éveillés bien tard. L’organisation s’est améliorée au fil des ans. Un photographe accompagne le Père Noël et immortalise cette rencontre personnalisée. Pour ne rien dissimuler, plusieurs groupes sillonnent le village, et le nombre d’enfants atteignant en moyenne la centaine, il ne faut pas moins de cinq équipages pour satisfaire à la demande. Cadeaux et chocolats sont offerts par l’AFMS.


Cette initiative originale dans la région est pratiquée dans certaines contrées de l’est et en Suisse. Dans certains quartiers de Zürich, les organisateurs se renseignent par avance auprès des familles et tiennent registre des bonnes et mauvaises actions des petits. Le jour de la visite, un grand registre est ouvert et l’enfant est stupéfait de s’entendre rapporter de faits et gestes qu’il croyait oubliés !!! Pour ne rien laisser au hasard, un Père fouettard accompagne l’équipe et remet aux enfants turbulents un petit sac de charbon ! ! Ici rien de tel ! Le Père Noël est toujours bon enfant !!

 

1988 : enfin une salle des fêtes !

 

Depuis plusieurs années, la municipalité travaillait à la réalisation d’un projet qui aboutit en 1988. Une maison ancienne située face à la Mairie avait été achetée. Avant sa transformation , elle avait abrité une perception, puis la famille Pestelard. Restaurée par l’entreprise Malatras elle fut inaugurée le 9 juillet 1988 (voir INFO 1989).


Désormais, toutes les activités que nous devions organiser dans les communes voisines allaient pouvoir se dérouler à Mesnil-Sellières. Les joueurs de tarots furent les premiers à en bénéficier le 28 novembre 1988, puis ce fut le tour des joueurs de belote, si nombreux que nous faillîmes manquer de tables ( février 1989)


L’organisation des tournois avait considérablement progressé grâce à l’utilisation de l’informatique, d’abord grâce aux ordinateurs personnels des membres de l’Association , puis en utilisant le premier PC acheté par le SIVOS pour l’école. Finis les comptes laborieux dans un coin de local enfumé ! Désormais les résultats sortaient avec célérité de la machine pilotée par Régis.


Mais c’est surtout le repas des anciens qui profita de la nouvelle installation. Notre ami Georges Briet nous ayant rejoint à l’assemblée générale de 1988, prit en main la confection des repas, et assisté de Robert Delacour, institua de véritables banquets .


Grâce à Jean Luc ( sono), Pierre Gillot et Guy Renard (l’accordéon), Marcel Thiérard ( l’harmonica), les convives se séparaient fort tard dans la soirée. Les conteurs se succédaient au micro, et les discours de notre président étaient toujours des moments très attendus. Bal, projections de diapos prolongeaient la rencontre.

Le bal masqué put lui aussi se dérouler dans la commune. L’année 89 fut remarquable, la célébration du bicentenaire de la révolution française ayant donné un thème commun aux participants.


Vers minuit, un jury composé sur place appréciait le défilé de costume et décernait une récompense symbolique. Peu à peu cependant, la charge de l’organisation reposait principalement sur le Comité des fêtes. La faiblesse de la fréquentation conduisit les organisateurs à annuler cette manifestation. Malgré une tentative de relance à l’occasion de l’apparition du phénomène Halloween, n’existent plus aujourd’hui que les défilés des enfants.

Malheureusement, le nombre de nos animateurs bénévoles avait de nouveau diminué. Certains déménagements avaient privé le conseil d’administration de jeunes couples dynamiques. La rentrée 1988 vit la fermeture de la seconde classe et le départ de Joëlle et Philippe Corniau. Enfin, durant l’été, une série de malentendus amenaient la démission et la réélection de Claude Thiérard. La crise fut néanmoins surmontée et toutes les activités purent reprendre l’année suivante, à l’exception de la participation au carnaval de Creney qui fut abandonnée. La ruche avait désormais à sa disposition l’ancienne petite classe partiellement désaffectée. Le fonctionnement de groupes selon l’âge des enfants en fut facilitée. A partir de 1990, Guy Doucet en prit la direction pour plusieurs années.

La suppression de la Pièce des Dames lors du remembrement de 1994 obligea l’association à faire son 13ème méchoui sur le terrain scolaire, puis autour et dans la salle des fêtes.

Dernier méchoui à la "Pièce des dames"

...et premier méchoui au terrain scolaire: tempête!

Les assemblées générales de 1995 et 1996 semblaient annoncer des renouvellements prometteurs. Claude Thiérard qui assurait la présidence depuis 1983 le souhaitait. L’article publié en 1997 faisait aussi mention des aides diverses apportées à l’école pour des voyages, par le prêt de matériel informatique et du labo photo. La gratuité du séjour de ski pour les jeunes était acquise dès 1993, des aides apportées aux adolescents pour les séjours d’été. Une subvention importante fut accordée par l’AFMS à la Gymnastique volontaire afin de permettre son redémarrage.

Durant la ruche, parents, moniteurs et enfants se retrouvent à l'aire de repos pour un pique nique...


« Au total 44 personne sont à un moment ou à un autre appartenu au Conseil d’administration de l’AFMS » pouvait-on lire alors. « Ce sont environ 12 000 journées enfants qui ont été assurées par la Ruche. Une cinquantaine de jeunes ont participé à l’encadrement des séjours. Plus de 2500 repas ont été servis. Près de 1200 personnes ont participé à nos tournois de cartes. Financièrement, l’association est, comme on dit « une affaire qui marche »…

En 1997, juste après la rédaction de l’article, Claude Thiérard demandait avec insistance à être remplacé. Dominique Chevallier lui succéda, assisté de Francis Pitié (Vice président) de Christian Isambert ( trésorier) de Cédric Téatini (Vice trésorier), de Martine Moguez (secrétaire). Le nouveau Président ayant dû quitter le village, Jean-Robert Guyot lui succéda en novembre 1998. Il fut remplacé par Micheline krebs en décembre 1999.

 


 Le "Thé dansant" institué sous la présidence de Jean-Robert connut quelques belles années avant de s'éteindre faute de danseurs....

Nous sommes en 2007.

 

 La présidente est toujours Micheline Krebs. Laurence Andrzejczak est vice présidente, Christian Isambert toujours trésorier et Martine Foulon secrétaire. Les membres du Conseil d’administration sont Francis Pitié, Sylvie Chanel, Philippe Bertrand, Régis Thévenin, Gérard Krebs, Corinne Boutiot, Lydie Renard, Michèle Israël, Jean Luc Sarrazin et Gérard Le Berre.

L’AFMS a réussi à maintenir la plupart de ses activités. Le concours de tarots a été repris par le comité des Fêtes, mais le dernier concours de belote a remporté un réel succès. Le Centre de loisirs a encore accueilli l’an dernier une quarantaine d’enfants dans les nouveaux locaux mis à disposition par la commune. Désormais la restauration et la garderie  des enfants sont assurés.

 

 

Par Petits potins_10 - Publié dans : Histoire locale. Patrimoine
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Lundi 16 avril 2007 1 16 /04 /Avr /2007 23:01

 

1977-1997 : Une Association qui a la vie dure.

 

Vingt ans après, vingt ans déjà, c’est plus qu’un bail, moins qu’une vie, presqu’un roman, un âge dont Paul Nizan n’aimait pas qu’on dise  qu’il était « le plus bel âge de la vie. »

Vingt ans pourtant, c’est peut-être le moment d’un bilan avant de nouveaux départs. C’est en tous cas une belle longévité pour une association locale. L’Association familiale de Mesnil-Sellières est née en mars 1977. A son berceau se penchaient l’UDAF (Union départementale des Associations familiales) et une vingtaine de Maillotin(e)s. Une réunion convoquée par la mairie avait pour but l’organisation d’un Centre de loisirs en été, pour les enfants de la commune. Nouvel instituteur au village, je fus prévenu par ma Directrice Mme Prin, et je décidais de m’y rendre pour m’informer.

Une représentante de l’UDAF présenta le projet. Cette organisation, appuyée par les milieux agricoles se préoccupait d’étendre le réseau de ses activités dans tout le département. Des réunions semblables eurent lieu dans la plupart des villages voisins, avec des suites variées. Initialement, dans l’esprit des promoteurs du projet, l’encadrement des enfants- qui n’était pas soumis à des règles aussi rigoureuses qu’aujourd’hui – reposait en grande partie sur le bénévolat de jeunes du pays. L’UDAF proposait des stages de formation pour l’obtention du BAFA à au moins une personne par « ruche ». Le financement reposait essentiellement sur les prix de journées qui devaient rester très faibles, la participation de la mutualité agricole et de la Caisse d’allocation familiale. Les locaux devaient être trouvés sur place : mise à disposition de salles de classes, locaux municipaux. Parmi les fondateurs se trouvaient effectivement nombre d’agriculteurs ou d’épouses d’agriculteurs, certaines étant par ailleurs engagées dans l’ADMR.

La plupart des participants se trouvèrent investis de responsabilités nouvelles, douze personnes en tout, pour la plupart parents de jeunes enfants et pour la moitié natifs de la commune. L’instituteur, Gérard Le Berre, installé au village depuis deux ans et venu en curieux, fut illico bombardé Président !

Les premiers pas.

Accueillir une vingtaine d’enfants pendant un mois dans de bonnes conditions n’est pas une mince affaire. La « Ruche » disposait pour tout local de la salle de répétitions de « l’Eveil », et le bac à sable fut même installé dans la cour de l’école. C’est à Annie Derisson (née Gobin) que revint la redoutable tâche d’inaugurer le centre de vacances, assistée d’ Agnès Noël et d’Annick Carette. Les parents avaient prêté des jeux et des livres. Les travaux des enfants furent exposés en fin de séjour. Un spectacle comprenant danses, sketches et danses fut présenté, le préau de l’école servant de scène. Ce dispositif n’avait guère changé tant que le bâtiment ancien survécut. Annie accompagnait les enfants à la guitare et certains ont peut-être encore en mémoire la chanson de Steve Waring «La baleine bleue »

 

A cette époque, le public était nombreux. Toute la famille, grands parents compris, venait voir évoluer les petits. La fête avait été annoncée par un défilé dans le village, les plus jeunes étant juchés sur une carriole tirée par les aînés !

 

Comment naquit le repas des anciens.

Dès le début, les membres du conseil d’administration se préoccupèrent d’étendre les activités de l’Association. Une réunion de personnes âgées fut convoquée dans la salle des répétitions. On y remarquait notamment la présence de M. Emile Berthelin qui venait de quitter son mandat de maire et avait été remplacé par Gilbert Haber. La réunion ne put déboucher sur la création d’un véritable « club » comme nous l’avions espéré. L’idée de réunions périodiques semblait remporter l’accord général, mais la décision ne put être prise faute de volontaires pour assurer la responsabilité des activités.


Il fut alors décidé d’organiser des goûters annuels. Au mois de janvier- en rapport avec la galette des rois- la salle de répétitions fut briquée et décorée, chauffée au mieux. Un minuscule poêle à bois qui suffisait aux besoins des musiciens, en occupait le centre. Les dames avaient préparé des pâtisseries et tous participaient au service. On raconta des histoires.


Le petit magnétophone et le vieil électrophone égrenaient les rengaines d’autrefois. Dans l’après-midi, Pierre Gillot lança le bal avec son accordéon. Devant le succès de cette rencontre, la formule fut améliorée chaque année et , en 1980, c’est un véritable repas qui fut servi.



Les plats avaient été préparés chez les membres de l’Association et réchauffés sur une installation de fortune placée dans l’ancien bûcher situé au fond de la salle derrière le préau. La bonne humeur et la volonté d’aboutir eurent raison de conditions somme toute assez précaires . Le repas des anciens était né. Au menu inaugural : choucroute !

Une volonté d’indépendance.

 

Au mois de novembre 1980, l’Association décida de devenir autonome. Depuis sa création, elle était affiliée à l’UDAF, organisme auquel elle reversait une bonne part du produit de la vente des cartes de membres. En retour, les services offerts semblaient bien minces. Par ailleurs, les thèses défendues par l’UDAF en matière de politique familiale étaient éloignées des préoccupations de l’Association. Une assemblée générale fut donc convoquée et les statuts modifiés. Désormais, l’Association familiale volait de ses propres ailes. Elle se distingua longtemps par la volonté d’assurer des services de qualité au plus faible coût possible pour les familles. De plus, nous avions à cœur de valoriser le travail des animateurs- monteur(trices) et aides de la Ruche. Il nous était possible alors de tendre vers une rémunération proche du SMIC, supérieure à ce qui se pratiquait alors dans la plupart des centres analogues. Bien avant que cela ne soit rendu obligatoire, nous tentions dans la mesure du possible de recruter des animateur(trices)titulaires du BAFA. Il fut même envisagé de prendre en charge les frais de formation de jeunes du village afin de les « fidéliser ».  Nous avions conservé cependant l’idée initiale d’assumer le déjeuner des équipes d’encadrement dans les familles, afin de favoriser le contact entre les jeunes et les parents des enfants.

 

La mutation.

 

L’autonomie de l’Association avait coïncidé avec une modification notable des conditions de son activité. Depuis 1977, elle était principalement animée par les parents des élèves de l’école qui rassemblait alors tous les enfants du village dans deux classes.  La plupart se retrouvaient au mois de juillet à la Ruche. En 1981, la création du regroupement pédagogique (RPI) avait dispersé les petits dans les communes voisines.  Une certaine unité villageoise se trouva rompue. En revanche, la Ruche commença d’accueillir les enfants des communes voisines, car les tentatives d’y fonder des structures analogues avaient échoué.  Une partie des membres fondateurs fut remplacée par de nouveaux arrivants : Patricia Madurel, Charly Patenaire, Régis Thévenin par exemple.  L’institutrice et son époux, Joëlle et Philippe Corniau avaient pris la succession de notre ancienne directrice partie en retraite. Claude Thiérard prenait place au Conseil d’administration en tant que Vice-président.

Les activités de la Ruche s’étaient diversifiées. Un de nos moniteurs, surnommé « Titi » avait emmené les plus grands camper à Dosches. L’expérience fut renouvelée en 1981 à Champigny, sous l’autorité de Catherine Guillard. L’AFMS fit l’acquisition de tentes.


Des installations de jardin furent données par des particuliers, puis achetées sous l’impulsion énergique de notre trésorier Gérard Chérain : portique, balançoires, toboggans. Table de pingpong, baby foot d’occasion à un cafetier de Brevonnes) complétaient l’équipement. On installa chaque été une piscine mobile sur le petit terrain de sports. Malheureusement, ces matériels destinés à des utilisations familiales ne résistèrent pas aux outrages du temps , et parfois à des actes de vandalisme. La piscine s’avéra beaucoup plus facile à démonter qu’à mettre en place !


Plus tard, l’AFMS investit une somme importante dans un portique de bois qui fut monté à demeure au fond du terrain scolaire. Sa destinée ne fut guère plus convaincante. La  « piscine » migra chez Francis Pitié, faite d’une grande bâche en plastique maintenue par des balles de paille. Installation « maison » qui rendit toutefois bien des services lors de chaudes journées de juillet. Inutile de préciser que de tels « arrangements » seraient aujourd’hui sévèrement sanctionnés par les services sanitaires !!

Les fêtes de la Ruche avaient pris de l’ampleur, occupant le petit terrain de sport et la cour de l’école, offrant en plus du spectacle et de l’exposition des travaux d’enfants, des activités variées :course en sac, tournois de pingpong…etc.


…L’association était aguerrie par la préparation du repas des anciens. Aussi, lorsque la proposition fut émise d’organiser un méchoui à la Pièce des Dames, l’objectif ne parut pas absurde. Dans cette décision, il est juste de souligner le rôle important joué par Charly Patenaire qui deviendra vice président en 1983. Son dynamisme s’exprimait dans tous les domaines.. Il fut en grande partie à l’origine des concours de tarots. Il proposa à plusieurs reprises l’organisation de jeux inter villages, mais là, il faut reconnaître que la tâche nous parut au dessus de nos forces. Le comité des fêtes présidé par Gérard Thévenin parvint à mettre sur pied cette animation plusieurs années de suite.

 

Débuts du méchoui.

 

Le premier méchoui eut lieu en 1982. Il s’agissait de passer un bon weekend entre amis et d’associer à nos activités d’autres habitants du village, notamment les sportifs. L’après-midi était largement consacrée au football. Par l’intermédiaire de Marianne et Gérard Chérain, une remis solennelle de maillots eut même lieu au profit des plus jeunes du football club de la Forêt d’Orient.


Nous bénéficions d’aides nombreuses : des cultivateurs avaient mis à notre disposition le matériel indispensable. Le garde champêtre, M Bodson assurait la sécurité. Notre ami « Zorro », spécialiste du mouton dirigeait la cuisson. Il faisait beau. L’ambiance était excellente mais le bénéfice fort modeste : 480 F ! Des progrès restaient à accomplir au niveau de l’organisation et les participants se souviennent des innombrables navettes accomplies entre la Pièce des Dames et la maison de  Pierre Thévenin à la Belle Epine, ou vers celle de Marianne et Gérard, pour une pelote de ficelle, un clé de douze ou un paquet de sel !

La « Pièce des Dames » était un terrain engazonné, entouré de sapins, situé entre la Belle Epine et Assencières. Son histoire a été retracée dans INFO 1993.

 

Evolution du repas des anciens .

 

En février 1983, la préparation du repas des anciens se faisait dans un froid glacial. L’année précédente déjà, nous avions repoussé la date au mois d’avril et la « galette des rois » avait été remplacée par un grand poisson pâtissier à la frangipane. Nous désespérions de pouvoir chauffer convenablement la salle de répétitions. Or, la grande salle de classe venait d’être restaurée et dotée du chauffage central. L’institutrice, Joëlle Corniau eut la gentillesse de proposer d’y dresser les tables. Le matériel scolaire fut empilé le long des murs et une installation électrique compliquée permit de mettre en place un nombre suffisant de fours à raclette, menu choisi pour remplacer l’habituelle choucroute. Afin d’associer la municipalité à nos initiatives, le Maire de la commune, Gilbert Haber, et les Conseillers avaient été invités pour l’apéritif  avant le repas.  Le premier magistrat de la commune avait décidé de clore les festivités en offrant le vin pétillant après les discours de tradition.

Madame Corniau n’en fut pas quitte pour autant car le lieu étant incomparablement plus confortable que la petite salle commune, elle fut à nouveau sollicitée l’année suivante. Cette fois, sa cuisine fut également envahie.

 ( à suivre ici)

Par Petits potins_10 - Publié dans : Histoire locale. Patrimoine
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Lundi 9 avril 2007 1 09 /04 /Avr /2007 17:01

Vous avez certainement pu voir depuis quelques années que des bâches sont mises en place sur des longueurs d’environ 150 à 200 mètres  le long de la route entre la Maison du Parc et le port de Mesnil St Père.

 

Ces dernières,  disposées à des endroits stratégiques évitent ainsi  que les batraciens traversent la route pour aller se reproduire, en effet près de 35000 à 40000 espèces sont ainsi comptabilisés en ces lieux, grenouilles, crapauds, tritons et parfois salamandres et bien entendu cela permet de réduire l’hécatombe due au passage des voitures.

 


Tous ces  batraciens tombent alors dans des seaux disposés de long des bâches et sont ainsi récupérés quotidiennement par du personnel du pavillon St Charles ainsi que de quelques bénévoles afin de les remettre de l’autre côté de la route

 

Voici quelques photos de ces batraciens et notamment une salamandre tachetée qui ne se voit pas souvent

 

Pierre Garraud.

 


(Les autres photos de Pierre Garraud dans l'album)


« La route des salamandres » 

 

Depuis la fin des années soixante, nos voisins Suisses et Allemands avaient pris conscience de la mortalité  des amphibiens liée au trafic routier. Les « crapauducs » étaient nés.  

Au printemps 1994, l’opération « 1000 défis pour ma planète. » initiée par le ministère de l’environnement (Michel Barnier à l’époque) avait permis la mise en place d’une action de protection des amphibiens et de sensibilisation du public. Les études préalables réalisées notamment par M. Thireau (articles dans le Courrier scientifique du PNRFO.1987.1988.1993) avaient  permis de mieux connaître les espèces concernées.


 Stéphane Bellenoue, Kristina Bertram et Mathias Petit publièrent en 1995 un article très complet sur le sujet . ( Courrier scientifique du PNRFO n°19)

En résumé, dix espèces d’Amphibiens peuvent être rencontrés dans le massif de la Forêt d’Orient. Ils mènent une vie partagée entre le milieu aquatique ( zone de reproduction ) et le milieu terrestre (zone d’hibernation et de chasse). Les migrations se déroulent au crépuscule, de début février à fin novembre selon les espèces. Malheureusement, le déplacement vital des petits animaux se trouve parfois croiser un axe routier.  «  Sur le terrain, nous avons observé le samedi 19 mars 1994 entre 20 h et 23 h, 48 salamandres qui traversaient la D 28. Pendant ces trois heures, 10 voitures sont passées provoquant la mort de 5 individus soit 10% » notent les auteurs.

Faute d’installation permanente, il fut alors décidé de mettre en place la technique de piégeage décrite par Pierre Garraud. Le matin – ou même la nuit lors des pics de migration- il faut « sortir les amphibiens du piège afin de les identifier, de les dénombrer et de le relâcher aussitôt de l’autre côté de la route afin qu’ils puissent continuer leur chemin dans l’humidité matinale… »

 

Projet de crapauduc

 

Dans l’Escarboucle n °54 Armande Spilman apportait les précisions suivantes :

 « Le site de la fontaine Colette est un des sites majeurs reconnus pour la migration des amphibiens. On y conduit chaque année l’action dite « la route des salamandres (FOL et PNRFO). Un projet d’aménagement définitif qui permettrait la libre circulation des amphibiens et de la faune associée (poissons, amphibiens , reptiles, voire mammifères) est actuellement à l’étude. Ce projet consisterait en un ouvrage hydraulique et routier sous l’actuel CD 43. Il serait construit en même temps que la vélovoie, le Conseil général étant maître d’ouvrage de l’ensemble des deux projets. L’intérêt pédagogique de la zone serait bien sûr maintenu, 30000 à 35 000 amphibiens traversent chaque année le CD 43 à cet endroit, sur une zone d’environ 500 m. »

..et dans le n° 62 (mars 2006) , les animateurs du CEPE (Pavillon St Charles ) en appelaient aux bénévoles :

« Pour la douzième année consécutive, l’opération de protection des batraciens appelée « Route des salamandres » est mise en place sur l’axe migratoire sensible de la Forêt d’Orient. Ainsi chaque année, quelques dizaines de milliers d’individus des  9  espèces présentes sur le site sont protégées du trafic routier. Ce système d’installation manuel reste provisoire, dans l’attente d’un aménagement routier durable pour le passage de la faune, de type crapauduc. De début février à mi mai, époque des migrations, les bénévoles sont les bienvenus pour le ramassage matinal. »

 

Dans son Blog « Aube nature »( http://www.aube-nature.com/photo_nature.php), Cédric Girard nous livre avec de superbes photographies, des informations et son sentiment sur le sujet :

 

« Un projet de "crapauduc" (passage sous la route) est à l'étude et devrait voir le jour dans quelques années... S'il trouve les financements nécessaires, car si son coût est celui d'un petit rond-point (100 à 150 000 € !) son "utilité publique" est toute relative aux yeux de beaucoup de décideurs !! »

http://blog.aube-nature.com/?p4

 

 

 

Par Petits potins_10 - Publié dans : Histoire locale. Patrimoine
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Jeudi 1 février 2007 4 01 /02 /Fév /2007 11:54

Mesnil-Sellières : commune forestière.

 

 

 Depuis plusieurs centaines d’années, les foyers de ce village de Champagne crayeuse ont droit à l’affouage. Mais qu’est-ce donc que l’affouage ? A l’origine, c’est un droit pour chaque foyer, pour chaque feu (quelle que soit l’importance de la famille) au revenu et à l’usage d’une portion de bois prise dans une coupe appartenant à la commune. Le revenu consistait il y a quelques décennies en une petite somme d’argent, fruit de la vente des gros arbres (chênes principalement) provenant de la dite coupe et en l’attribution d’une part de bois (taillis et petits arbres) à façonner pour son usage personnel. Les collectivités ayant des besoins de plus en plus grands, l’argent revient maintenant au budget des communes. Les communes de Dosches, Laubressel, Mesnil-Sellières possèdent sur le finage de Dosches une partie de la forêt dite des Bas-Bois.

 

 

 Des chênes sacrés aux chênes qu’on abat.  

La forêt antique est un piège ou un refuge : on y fuit la bande adverse, on y tend des embuscades. La voie (gauloise  ou romaine ?) de Champigny est un chemin de plateau et de crête qui répugne à s’enfoncer sous-bois, dans les terres grasses et humides d’un immense massif boisé qui s’étend jusqu’au Der.  

Cultivateurs et guerriers, les Gaulois devaient arracher aux sols pauvres mais légers des hauteurs crayeuses de maigres récoltes et révéraient les arbres et les sources qui les entouraient. La « villa » gallo-romaine, puis les domaines carolingiens s’établirent à la frontière des deux contrées, bénéficiant de la complémentarité entre les terres cultivées et l’exploitation des bois et des étangs : Sacey, Rouilly et Sellières existaient alors, notre village devant son nom au seigle qu’on y cultivait. 

Après les «  invasions barbares », seigneurs laïques et ecclésiastiques se partagent les domaines. Leur mise en valeur est assurée par des serfs, des paysans dont le travail sur les terres seigneuriales était rémunéré par l’attribution d’un lopin de terre et d’une cabane qu’ils ne possédaient pas, mais pouvaient  utiliser pour leur subsistance.  

La forêt est au seigneur. On y trouve la viande du gibier, les baies sauvages, les plantes qui guérissent, qui calment ou tuent, le miel des essaims, l’écorce qu’on tresse en cordes permet aussi de tanner les peaux, fournit les torches pour s’éclairer. C’est aussi le bois et toutes ses transformations : bois de chauffage, de construction, instruments de travail, mobilier, vaisselle, sabots. O y mène le bétail : « grandes bêtes », bovins et chevaux, mais surtout les porcs, friands de glands et de faînes.  

Le seigneur exige des livraisons en bois, voliges, bardeaux, merrains et douves de tonneaux, pieux et perches de clôtures, échalas et torches. La chair du gibier et les poissons des étangs finissent sur sa table.  

Cependant, dès l’époque carolingienne, à l’attribution au paysan d’un « manse », c'est-à-dire d’une unité d’exploitation capable de nourrir une famille (logis, jardin, champ, pré) sont attachés des « droits d’usage » dans les bois seigneuriaux. Ces droits sont collectifs et concernent la communauté dépendant d’un seigneur 

 

Droits d’usage au « Bois de Dosches »

 

 

 Au début du XII ème siècle , le Bois de Dosches a pour Seigneur Clarembaud de Chappes, vassal des Comtes de Champagne et Abbé ( laïque) de Saint-Loup de Troyes, importante abbaye située à l’emplacement de l’actuel Musée du même nom. Cette Abbaye a des serfs (homini Sancti Lupi ) installés au Mesnil, dépendance de ses domaines de création sans doute récente et qui porte alors le nom de Mesnil-Foucher –près-de-Sellières. 

C’est en 1172 que Clarembauld III de Chappes, donne, dans le Bois de Dosches un « droit d’usage.. plein, tant pour bâtir que pour brûler et pour le pâturage des grandes bêtes » à l’Abbaye  Saint-Loup et il accorde également ce droit aux « hommes de Saint-Loup du Mesnil-Foucher près de Sellières » 

La dite forêt s’étend alors de Dosches à Lusigny, et vers l’est, jusqu’aux terres des Seigneurs de Vendeuvre aujourd’hui noyées sous les eaux du lac. De vastes brèches y ont été ouvertes : gagnages et granges à Dosches, Vaudemanche et Beaumont, car ce XII ème siècle commençant est celui des grands défrichements. 

 

Une nouvelle abbaye : Larrivour. 

 

Fondée à la demande de Bernard de Clairvaux, l’abbaye cistercienne de Larrivour étend peu à peu son emprise entre l’Aube et la Barse, à partir de 1139, à la faveur de nombreuses donations des Comtes de Brienne et de leurs vassaux. 

En 133, Clarembaud V de Chappes renonce, au profit de Pierre, Abbé de Larrivour, à mille arpents de bois ( 1 arpent champenois vaut à peu près ½ hectare) dans la forêt de Dosches «c'est-à-dire à partir de Larrivour entre la grange appelée Beaumont et la grange appelée Vaudemanche…entièrement libres, dégagés et quittes de tous droits d’usage, tant sur le bois que sur le gland et la faîne… »  En outre, le dit Abbé jouira sur le reste du bois, « …du droit de justice pleine et propre sous réserve de ne jamais défricher ni vendre… »  Le droit d’usage des hommes de Saint-Loup est donc maintenu, mais seulement en dehors des mille arpents cédés à Larrivour. 

Cependant, une autre charte de même date, émanant cette fois de Thibaut IV de Champagne, réserve aux habitants le droit de pâturage pour le bétail, droit suspendu pendant les six ans suivant chaque coupe faite par les moines et seulement dans cette coupe. 

L’abbaye, au cours des siècles, à la faveur de donations, de renonciations de droits, de procès, étendra son intervention dans la partie du bois dont usent les habitants de Dosches, Laubressel et Mesnil-Sellières.  

Au XVème siècle, elle a le droit de faire couper dans les bois des usages, toutes sortes de bois à brûler et  de merrains «  à chaque jour des quatre semaines qui précèdent les quatre grandes fêtes de l’année, c'est-à-dire Pâques, la Pentecôte, la Toussaint et Noël. Et encore chaque samedi de toutes les autres semaines de l’année de faire enlever ces bois…et en disposer suivant leur plaisir et volonté… »  Droit également d’envoyer paître leurs bestiaux « gros et menus » et de faire couper « tout bois mort et mort bois ». Les communautés voisines ne doivent disposer d’aucune portion des bois au préjudice de l’abbaye.  

L’ordonnance d’août 1669 (Colbert) qui régit l’exploitation des forêts dans tout le royaume va quelque peu simplifier cette situation en remplaçant les droits de l’abbaye sur les bois communaux par un droit de 1/20 du produit de chaque coupe qui serait faite. Mais la juridiction reste celle de l’abbaye et les gardes veillent. Ainsi, en 1782, les enfants du pâtre de Dosches, Edme Cropas, ayant laissé le troupeau communal de 54 bêtes « tant vaches que veaux », s’ébattre dans un bois taillis de trois ans, le sergent Descottes, garde des bois, chasse et pêche de l’abbaye les surprend. Une amende de 675 livres est infligée à la communauté sans compter la restitution du 1/20 à l’abbé et les frais de justice. Toutefois, l’abbé de Larrivour ne réclamera finalement que le paiement des frais de justice et d’une gratification au garde, les habitants «  dûment convoqués au son de la cloche » en assemblée ayant fait valoir par l’intermédiaire de leur Syndic, que l’ancien abbé de Larrivour, M de Quelen avait multiplié les dégradations dans les bois. Ils promirent d’abandonner les poursuites qu’ils avaient engagées alors, contre la remise de leur amende.

 

 

 Du « droit d’usage » au « droit d’affouage »…  

Quelques années plus tard éclate la révolution française. L’abbé de Larrivour perd ses privilèges de seigneur le 4 août 1789, et au mois de novembre de la même année, tous les biens du clergé sont confisqués au profit de la nation. Les communautés de Dosches, Laubressel et Mesnil-Sellières deviennent des municipalités élues. Le statut des bois va se trouver profondément modifié.  Les mille arpents jadis cédés par Clarembaud V, seront désormais « forêt domaniale », tandis que le reste du bois appartiendra en indivision aux trois communes. Il reste cependant deux points à clarifier : le droit au 1/20 détenu auparavant par l’abbaye sur les terres désormais communales et la part de chaque commune sur les coupes.  

 Le droit du 1/20. On la vu, ce droit remplaçait les anciens droits d’usage de l’abbaye sur les communaux depuis 1669. Avec la nationalisation des biens du clergé, ce droit reviendra à l’état. Lors des coupes, les trois communes se partageront 19/20 du produit, et l’état 1/20. Il en sera ainsi durant tout le 19ème siècle. En 1899, à la demande de l’ état, les communes accepteront de remplacer ce droit . Suite à un nouveau partage, l’état se verra attribuer une superficie de forêt égale à 1/20 des parts existantes, excepté les quarts en réserve, et ne prélèvera plus rien sur les coupes communales. Cet accord entra en vigueur le 1 janvier 1900.

 

 

 La part de chaque commune. Traditionnellement, chaque commune avait 1/3 dans les Grands Usages, mais , pour les Petits Usages (communaux actuels) , Dosches avait 1/5 et les deux autres communes 2/5 chacune. En 1839, le Maire de Dosches demanda que la répartition se fasse selon le nombre de feux, c'est-à-dire selon le nombre de familles (foyers). L’inspection des forêts maintint cependant les anciennes dispositions, faisant observer que le partage par « feux » ne s’appliquait qu’aux droits d’affouages des habitants d’une même commune et non à des communes distinctes (art 105 du code forestier). Le mode de partage resta donc identique à celui déjà signalé en 1639.

 Bois communaux d’hier à aujourd’hui.

 

 

 La description des bois concernés par la lente évolution que nous venons d’évoquer, très vague dans les périodes lointaines, se précise avec les documents plus récents. En 1639, les usages sont ainsi décrits :  

-         250 arpents de bois, taillis et broussailles entre le bois de Larrivour, le finage de la Picarde, la Maison Piquet et les terres du gagnage de Vaudemanche, le finage de Dosches attenant aux étangs du Petit et du Grand Monmarché.  

-         - une grande pièce de 400 arpents en pâtures, buissons et broussailles au lieu dit « les petits usages ». Il s’agit des communaux actuels et il faut donc supposer qu’ils ont fait l’objet d’un reboisement, peut-être après les ordonnances de Colbert. 

En 1779 en tous cas , les « Petits usages » étaient de 393 arpents, dont 98 en réserve et le surplus divisé en coupes de 24 ans.  

Enfin, l’état le plus précis nous vient de la préfecture de l’Aube ( 23 décembre 1899) :  

- la contenance des « Grands usages » est alors de 119, 68 ha estimés à 180 126,56 F selon la nature des terrains et leur peuplement.  Ils sont limités par des fossés continus, par deux chemins mitoyens, l’un au nord, allant de Dosches à Mesnil-Saint-Père, l’autre au sud, appelé « route des piquets » et à l’oust par la forêt domaniale de Larrivour. 

- les « Petits usages » , de 223,44 ha sont estimés à 241 940,56 F et limités par des fossés et des bornes qui font partie à l’ouest de la forêt domaniale de Larrivour qui est contigüe. 

 

La création du Lac réservoir Seine amènera la disparition des « Grands usages » et les communes seront indemnisées. La commune de Mesnil-Sellières utilisera une partie de cet argent pour réaliser l’aménagement de la rue principale et des trottoirs qui la bordent. Aujourd ’hui, si les affouagistes de la commune continuent de bénéficier des bois des « Petits usages » ils le doivent à un lointain seigneur, Clarembaud de Chappes, à l’abbaye Saint-Loup de Troyes, à la ténacité des leurs aïeux qui surent contenir les prétentions des abbés de Larrivour et à la révolution française qui élargit leurs droits.

 

 

 Exploitation actuelle des affouages.  ( article de 1988)

L’ONF souhaitant un interlocuteur unique, il a été constitué le 29 août 1974, un syndicat de la forêt indivise, géré par une commission syndicale composée de deux conseillers municipaux par commune. Cette commission élit un président qui dialogue avec l’administration. Elle établit un budget annuel et décide des travaux à effectuer. Cette forêt (210 ha environ) est partagée en 12 coupes de 11 à 16 ha. La » révolution «  actuelle » qui a commencé en 1902 donne un intervalle de 24 ans entre deux exploitations à raison d’une coupe tous les deux ans. Avant l’expropriation des « Grands usages », les communes, en alternant les coupes, bénéficiaient du bois chaque année. Maintenant tous les deux ans, il est délivré une autorisation d’exploitation. Dans l’année qui précède, les services de l’ONF ont procédé au martelage de la coupe. Ceci consiste à répertorier les arbres à couper, soit pour la vente, soit pour l’usager selon la taille et la qualité, et à les marquer à l’aide d’un marteau spécial imprimant le sceau de l’administration forestière ou d’un outil appelé rainette pour les arbres jeunes ne devant pas être abattus. En début d’hiver, pour l’exploitation du taillis, la coupe est divisée en trois parties reflétant la propriété de chaque commune :1/5 pour Dosches, 2/5 pour Laubressel et 2/5 pour Mesnil-Sellières.  Il existe ¼ de la forêt en réserve. Il est exploité selon les besoins.  A l’intérieur de chaque commune, il existe une liste d’affouage ou chacun doit se faire inscrire. La coupe est partagée, selon les inscriptions, en arpents attribués chacun par tirage au sort à une dizaine environ de prenants part groupés selon la proximité de leur habitat ou leurs affinités. Ces gens redivisent à nouveau l’arpent pour essayer d’obtenir un résultat égal en stères de bois par part. Depuis quelques années il est procédé à la coupe des taillis l’hiver précédant la vente des arbres. On obtient une certaine plus-value à la vente, le travail des bûcherons étant ainsi facilité.

 

 

 Les coupes d’affouages sont effectuées sous la responsabilité d’une personne désignée pour chaque commune : ce sont les garants. Il sont chargés de faire respecter les usages et directives en cours. Voici exposée la gestion actuelle de nos bois. Est- elle bonne ? On peut se poser la question. La récolte actuelle de taillis est bien maigre, le bois est trop petit. La coupe tous les 24 ans épuise le sol et favorise les essences à repousse rapide au détriment du chêne dont l’avenir n’est plus assuré. La forme taillis sous futaie semble périmée. Le chêne se renouvelle mal. Dans la coupe n°11, on trouve seulement 120 baliveaux de chênes pour 12 ha alors qu’en plantant 2000 pieds à l’ha on espère 150 à 180 ans après, 100 pieds à l’hectare de chênes de qualité de tranchage valant actuellement 1000 à 2000 F le m3.

 La forêt demain.  

A la suite d’une visite effectuée en forêt sous la conduite du chef de secteur ONF , M Pertuisot, les maires des trois communes, la commission syndicale et des conseillers municipaux intéressés ont pu suivre de visu les premières des différentes étapes de la régénération en cours dans la forêt domaniale de Larrivour et dans le bois de Lusigny.  

Quand le semis de chêne est présent, on le dégage des autres essences de pousse plus rapide jusqu’au moment où il atteint la hauteur d’un mètre. Ensuite, on commence à procéder à des dépressages. Sans semis existant, on plante ( 2000 pieds / ha) en ligne pour permettre un nettoyage mécanisé. Il arrive que dans une coupe on alterne les deux formules. On arrive ainsi au stade du fourré, puis c’est le gaulis, le perchis, le haut perchis pour aboutir à la futaie. Les 18 sélections qui jalonnent ces périodes permettent d’obtenir du bois correct de chauffage de la 15ème à la 20ème année. Les plans d’aménagement et d’objectifs sont révisables tous les 25 ans. Un dossier officiel consigne toutes les opérations effectuées pendant la régénération et permet ainsi de conserver la continuité dans l’aménagement. Cette politique de culture de la forêt soutenue par l’ONF, vise une rentabilisation plus poussée de nos bois ; un projet de régénération progressive de notre forêt en suivant la révolution actuelle ne laisserait pas nos affouagistes sans chauffage. Le bois sur pied existant gênant les jeunes plants serait alors à éliminer. Il pourrait être distribué aux affouagistes pour le petit bois et vendu pour le bois marchand. L’argent ainsi dégagé serait aussi utilisable pour la reconstitution du réseau de fossés indispensable pour un bon drainage du sol. C’est une perspective nouvelle, rompant avec les habitudes acquises, qui peut donner certes matière à critique, mais tout progrès a toujours son cortège de nostalgie.  

Ce texte a pu être rédigé grâce à l’amabilité de M Cicéri, chef de district ONF qui nous a permis entre autres l’accès aux documents et archives nécessaires. Nous l’en remercions vivement.

 Sources : archives départementales ED 129 1, 14-6 ; ED 129 2-3,7-12  

Article publié sous la signature de J.  Bouclier et de G.  Le Berre , dans INFO 1988.  

Complément d’information :

 E. Perrot a publié un certain nombre de documents concernant le même sujet dans l’ article de la commune de Dosches ( INFO 1997 )  

Par Petits potins_10 - Publié dans : Histoire locale. Patrimoine
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Vendredi 24 novembre 2006 5 24