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Lundi 23 juin 2008


 

Alors que les écoliers de Mesnil-Sellières arpentaient la campagne anglaise, les villages avoisinants concentraient leur attention sur la semaine du bois. On sait l’importance de la forêt et de sa mise en valeur dans notre région. Avant d’être un lieu de loisirs et d’étude (promenade, chasse, cueillettes, observation) la forêt fut et reste une ressource économique. Rien de moins « naturel » que nos forêts.


Dans la chaîne des transformations subies par le bois, les scieries tiennent une des premières places. Il en existait autrefois beaucoup. Une récente visite des Amis du Parc à la Loge aux Chèvres a fait découvrir un village de bûcherons. La scierie Barthélémy était bien connue à Brevonnes et l’industrie du bois y fut longtemps active (Entreprise Six).


Piney possède encore les établissements Scury. Peu d’entreprises acceptent les visites scolaires pour des raisons évidentes de sécurité. Toutefois, semaine du bois aidant, l’école de Dosches été (très bien) accueillie à la scierie Monniot de Brienne le Château. ( 14 avenue de Verdun. Monniot.scierie@wanadoo.fr )

Voici quelques notes prises au cours de la visite. Les notions abordées paraîtront sans doute simples voire simplistes aux gens de métier. Ce sont essentiellement les réponses apportées aux questions d’enfants de cours élémentaire particulièrement intéressés.

De la forêt à l’usine.


La scierie Monniot travaille essentiellement le chêne qui est l’essence noble dominante dans la région. (90% de sa production). Le travail commence en forêt par l’entretien et le marquage des bois, sous le contrôle de l’ONF. Les parcelles sont ensuite vendues par soumission cachetée. Les bûcherons coupent les arbres marqués. Ce sont des chênes de 100 à 150 ans. Les troncs sont élagués et débardés. Les tracteurs forestiers disposent les grumes au bord des chemins. Le classement des grumes se fait en forêt. Les plus beaux arbres sont ramenés d’abord : ils seront vendus à d’autres scieries notamment en Belgique car leur valeur ne correspond pas au marché français. Un arbre de qualité est un arbre droit et sans nœuds.


Le camion grumier transporte ensuite les grumes à la scierie. Un camion peut transporter de 6 à 10 grumes.  ( 2 camions de grumes donneront un camion de planches et un camion de déchets recyclés) Chaque tronc est marqué selon sa qualité : ronds rouges, triangles verts… un code dont nous ne connaissons pas le secret ! Conservés sur place pendant un an, les troncs sont arrosés en permanence afin d’éviter l’attaque des vers.


Découpe et écorçage.

Les grumes sont découpées en tronçons (maximum 6 m). La scierie prépare peu de bois de charpente qui nécessiteraient des billots plus longs (10 m) et d’autres qualités de bois. La bille de pied (le plot) a le plus de valeur. Elle sera débitée en planches, puis stockée reconstituée en quelque sorte, les planches empilées comme une pâte feuilletée reformant le cylindre initial.


L’écorçage se fait à la machine. La bille de bois posée sur une chaîne roulante passe entre des lames circulaires qui la dépouillent de son écorce. Celle-ci sera récupérée pour faire du bois de chaudière ou du substrat organique notamment en pays de vignoble.

Des planches et du recyclage.

 

La suite du cheminement mènera le cylindre de bois vers la scie, dirigée d’une cabine close. L’opérateur dispose de commandes qui amusèrent beaucoup les enfants ! Les papas aussi jouent avec les petites manettes ! La machine guidée avec précision et grâce à l’aide du laser, débite la bille de bois en planches. Lesquelles seront ensuite traitées selon les qualités et les commandes. Les déchets serviront à faire des panneaux, seront utilisés dans les chaudières ou permettront la fabrication de charbon de bois. Les produits transformés vont de la planche au tasseau en passant par des éléments de parquets.

Statistisques…

La scierie traite 12 000 à 13 000 m3 par an, 45 m3 par jour. Elle dispose d’un stock assurant dix ans de commandes. Le séchage se fait à l’air ou en séchoir : 6 à 8 mois à l’air ou 6 semaines en séchoir. 5000 à 6000 m3 de bois de sciage sont vendus par an. L’espace de stockage couvre 10 ha et emploie 30 personnes sur les 100 employés de la société.

Les horaires de transport scolaire laissent malheureusement peu de temps pour des explications plus précises. Notre guide, visiblement passionné, aurait aimé nous en dire beaucoup plus et les enfants se montèrent particulièrement intéressés. Avant le départ, l’entreprise remit à chaque enfant un petit objet souvenir, sorte de champignon de bois tourné…


Cet accueil sympathique contribuera beaucoup au bon souvenir qu’auront tous les participants à cette belle expérience !

par Petits potins_10 publié dans : Le coin des jeunes
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Dimanche 15 juin 2008

 

En ce dimanche matin l’église était belle et bien fleurie par les parents pour accueillir les 14 enfants du secteur paroissial qui faisaient leur profession de foi.

 

3 enfants de MESNIL participaient à cette cérémonie qui étaient animée en musique par les jeunes ados qui les avaient encadrés lors de la Retraite de Sainte Maure en Avril qui regroupait 90 enfants du secteurs plaine et lac. Hier ils étaient nombreux à rappeler publiquement ce temps fort dans leur vie de jeunes.

 

Les parrains et marraines étaient invités à jouer leur rôle auprès de leur filleul respectif lors de cette célébration et personne ne fut oublié, on pensait aux absents que l’on voulait associer dans cette liesse familiale.

 

Mercredi 11 JUIN il y a la marche des collégiens et on partira de PINEY pour aller à GERAUDOT, réflexion, jeux, convivialité seront  les grands thèmes de cette journée.

 Danièle.

par Petits potins_10 publié dans : Le coin des jeunes
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Dimanche 15 juin 2008

 

“…Fare thee well, for I must leave thee,
Do not let the parting grieve thee,
And remember that the best of friends must part, must part
Adieu, adieu, kind friends adieu, adieu, I can’t,
I can not  stay with you, stay with you,
I'll hang my harp on a weeping willow tree,
And may the world go well with thee, well with thee…”

“There is a tavern in the town” Chant populaire.

 

Dernier jour en Angleterre et forte émotion au point de rendez-vous. On a embrassé Brenda, Shirley, Janis qui nous ont si bien accueillis. Les bagages sont dans la soute du car. Au programme de la matinée, la découverte du centre ville d’Ashford et quelques dernières emplettes, puis ce sera le Shuttle et l’autoroute jusqu’à Luyères et Mesnil-Sellières.



La reconnaissance effectuée la veille nous permet de nous diriger directement vers le quartier piétonnier et commerçant. Nous avons entraîné les enfants à traverser au pas de course les artères les plus fréquentées. Le conducteur britannique est sans pitié ! Rouge c’est rouge et vert c’est vert ! Faudrait pas que l’horloge se détraque ! La discipline impérieuse que le sujet britannique accepte semble-t-il de bonne grâce et impose volontiers à son voisinage (vidéosurveillance, radars, péages) cohabite bizarrement – si l’on n’a pas lu les classiques- avec un « libéralisme » débridé.


 
Pendant que les enfants achètent leurs derniers souvenirs et font par groupe des petits exercices d’orientation et d’observation avec Corinne et Annick, je vais visiter le musée d’Ashford. Son local, construit en 1635 près de l’église pour abriter la première école rassemble un charmant bric-à-brac surveillé par d’aimables vieillards. De nos premiers contacts, il nous restait l’impression d’une cité incompréhensible, une périphérie sans mémoire, un enchevêtrement de lotissements anarchiques. Le plan de la ville acquis récemment et les notices du musée éclairent d’un jour nouveau la ville qui nous accueille.

 

 Ashford est la plus importante ville du Comté de Kent avec 111 000 habitants. C’est un territoire organisé à l’image de certaines villes nouvelles de la périphérie parisienne. Un programme de 650 millions de Livres (£) a été mis en place pour la construction de 31 000 logements et  28 000 emplois à l’horizon 2031 (Regional Planning Guidance).

« La rapidité du développement et des investissements a fait d’Ashford une des régions les plus dynamiques de l’Angleterre notamment grâce à la proximité de Londres et aux liaisons routières et ferroviaires (Autoroute M20 et Eurostar qui met Londres à moins de 37 minutes et en fait la « porte de l’Europe »)… »

La ville est fière de sa rocade et de ses centres commerciaux ouverts pour certains d’entre eux 24 h sur 24 (et cela va de soi 7 jours sur 7)! Nous avons accompagné Janis à ces heures insolites. Les clients sont rares et les caisses ouvertes aussi ! Les prix par contre défient- à la hausse- toute concurrence ! Ils ne baissent pas lorsque le jour se lève…

 

A l’origine, Ashford est un bourg qui tire son nom des arbres locaux : les fresnes. (=Ash). Le fait que la ville soit jumelée avec Fougères (Ile et Vilaine) est sans doute une coïncidence ! La ville est située au confluent  de l’Upper Great Stour et de l’East Stour pour former la rivière Great Stour qui traverse  les « North Downs » (http://en.wikipedia.org/wiki/North_Downs)

 

La ville s’est agrandie par absorption de plusieurs villages : Bockhanger, Kennington, Sevington, Singleton, and Willesborough.  De plus des lotissements ont été construits dans les espaces intermédiaires :  Godinton, Kingsnorth, Park Farm, Stanhope. Le vieux village qui comprend quelques maisons à colombage, est situé autour de l’église paroissiale. Lors de la construction de la rocade qui permet d’éviter le centre, de nombreux immeubles traditionnels ont été détruits (1970).

La situation géographique d’Ashford a été déterminante pour son histoire. Elle fut longtemps connue  sous le nom d’Essetessford. Selon Lampard, historien local du XVIème siècle, cette appellation proviendrait de l’ancien nom de la rivière Stour alors appelée Eshe ou Eshet et prenant sa source à Lenham. Pour une raison inconnue, ce nom serait devenu «  le gué où poussent les fresnes » c'est-à-dire Ashford.

Des traces d’occupation romaine ont été retrouvées et une route servant au transport du minerai de fer vers la côte longeait le sud de la ville. L’origine de la ville actuelle remonterait à l’invasion danoise de 893. Un seigneur saxon aurait permis l’installation des survivants en récompense de leur participation à la résistance. Avant l’invasion normande,  la ville était partagée entre l’abbaye de Canterbury, le roi « Edouard le Confesseur » et le Comte Godwin père du roi Harold. Après la conquête, l’abbaye conserva ses possessions mais le reste fut attribué à Hugues de Montfort, un chef normand. En 1086, d’après un document normand, Ashford avait une église et deux moulins.

Ensuite, grâce à sa situation géographique, Ashford fut un important centre de foires. La ville médiévale était groupée autour de l’église et comprenait boutiques, ateliers d’artisans, tavernes et habitations. On y vendait du poisson, du blé, de la viande, du beurre et des bestiaux. Plus bas sur la rivière se trouvaient les moulins et les tanneries. Aux XIIIème et XIVème siècles, une importante production de poteries est connue. Un endroit nommé Potters Corner pourrait l’attester à moins que ce nom provienne d’une famille « Potter » (ancêtres d’Harry ?)
 

Ashford ne semble pas touchée par les révoltes paysannes de 1381. Par contre le nom de Jack Cade est associé aux troubles de 1450. Originaire de l’Essex ou d’Irlande, ce personnage mena lutte contre les représentants du Roi et la corruption. La révolte gagna Londres. Jack Cade fut finalement exécuté, son corps pendu et écartelé, les morceaux étant envoyés aux quatre coins du royaume pour servir d’exemple ! Shakespeare en fit un personnage de sa pièce « Henri VI » avec « Dick le boucher » dont le programme était : « first thing, let’s kill all the lawyers ». Acte 4 scène 2: « I fear neither sword nor  fire…  p 517…»

Works of William Shakespeare. W.G.Clark. London; Macmillan&Co 1880

Par la suite, la ville est aux mains de John Fogge seigneur du manoir de Repton et Ashford n’échappe pas aux troubles religieux.. (Voir le paragraphe sur l’église). Avec Thomas Smythe (1554) Ashford retrouve une position commerciale importante. Smythe obtient le contrôle des taxes commerciales des ports de la région. Il a des possessions dans les mines de cuivre des colonies américaines. Les liens entre de nombreuses familles de la région et les Amériques furent d’ailleurs réguliers.

L’armée stationna à Ashford dès le XVII ème siècle, non pour faire face à une menace extérieure mais pour lutter contre les bandes de contrebandiers. (voir la visite à Hasting). La garnison s’installa réellement en 1797. Ashford comptait alors environ 300 habitations. Des baraquements furent construits ainsi qu’un dépôt de munitions. Ils furent maintenus jusqu’à la chute de Napoléon en 1815. En 1818, la population était de 2500 habitants et comprenait nombre de soldats démobilisés. L’armée continua de stationner à Ashford jusqu’au siècle dernier.

L’arrivée du chemin de fer fut un événement important pour le développement de la ville. Avec les liaisons vers Londres (1842), Canterbury (1846), Hastings (1850) et Maidstone (1884), elle devint un nœud ferroviaire de première importance. Le télégraphe, une usine de construction de locomotives et de matériel de chemin de fer furent  installés par le South Eastern Railway’s (SER). La compagnie fit construire en même temps des habitations pour ses employés, dans un « village modèle » comprenant magasins, écoles et église. En 1864, environ 3000 personnes y vivaient. Un premier projet de tunnel sous la Manche fut envisagé en 1857 et sérieusement engagé en 1881. Mais il fut abandonné par crainte d’une éventuelle invasion française ! L’un des derniers modèles de locomotives  (L-class) fut fabriqué avant 1914 en collaboration avec l’Allemagne ce qui fait, comme le note le chroniqueur local, que ce matériel ferroviaire servit à transporter vers le front les soldats des deux camps ennemis!

Une usine de matériel existe toujours : elle fait partie du groupe canadien Bombardier et le tunnel réalisé permet à l’Eurostar de faire étape à Ashford !

Le petit musée d’Ashford rassemble des souvenirs ou des documents évoquant ces épisodes divers de l’histoire locale. Les vitrines consacrées aux employés du chemin de fer y tiennent une bonne place. A vrai dire, il ne s’agit pas d’un musée tel qu’on le conçoit généralement ici, mais plutôt d’un grand livre de famille où seraient rassemblées et exposées les traces des événements marquants concernant les habitants. On y vend, à l’entrée des brochures éditées par les membres de l’Association locale de recherche historique. Recherches poussées allant jusqu’à relever les identités des personnes ayant vécu dans la ville, les noms des membres de la milice en 1500 ou les souscripteurs pour la mise en place du nouvel autel de l’église en 1695 ! ( 3 livrets signés Denise Bailey ). A l’étage, un espace est réservé aux Gurkhas de l’armée des Indes, utile rappel de ce que fut l’immense empire britannique et la part que prirent les peuples de ces contrées lointaines aux deux conflits mondiaux. Des photographies montrent les liens qui furent noués entre les troupes coloniales et la ville d’Ashford. Des cérémonies récentes rassemblant les représentants des Gurkhas et les autorités locales sont exposées.  Visiblement, les « indigènes », pour reprendre le titre d’un film récent, n’ont pas souffert ici de la même ingratitude qu’en France.

Le passé militaire de la ville est également présent sous un auvent spécialement aménagé (St George square) . Un des premiers chars utilisé en 1916 a été donné à Ashford en 1919, afin de remercier la population pour son engagement lors du conflit. Les troupes stationnèrent en effet dans et autour de la ville sous des tentes ou dans des logements réquisitionnés. Les soldats étaient destinés à rallier le front des Flandres et venaient au repos. La ville subit deux raids aériens sans dégâts  réels mais l’effet psychologique ne fut pas négligeable. Le tank, un Mark IV a été restauré et témoigne de cette époque. La notice nous apprend que le mot « tank » fut initialement le nom de code sous lequel furent construits les  « land battleship », ce que les Allemands nommaient eux les « Panzerkampffwagen » (véhicule de guerre armé). Le nom destiné à tromper les espions fut finalement adopté par tous les alliés. L’engin pèse26 tonnes et pouvait atteindre la vitesse de 3 à 7 miles heure sur route. Son réservoir contenait 70 gallons de carburant ce qui lui donnait une autonomie de 35 miles. Il était équipé d’un moteur Daimler 6 cylindres, armé de mitrailleuses et de canons de 12 mm. (Une note précise qu’on appelait chars « femelle » les engins munis de mitrailleuses et chars « mâles » ceux qui étaient équipés de canons ! On ne nous dit rien des engins mixtes. Les appelait-on « escargots » ? ). L’équipage se composait de 8 hommes : un chef de char, 1 conducteur, 2 mécaniciens et 4 canonniers.

L’entre deux guerres a été marqué par de grands mouvements sociaux. Ashford faisait figure de ville remuante grâce aux nombreux syndiqués des ateliers de chemin de fer.

Durant la seconde guerre mondiale Ashford fut une cible pour les raids aériens à cause de sa position stratégique, de la proximité de Londres et des ateliers de chemin de fer. Les habitants furent incités à construire des abris dans leurs jardins appelés Anderson Shelters, sorte de tunnels de métal couvert de terre. Les écoles furent également dotées d’abris. Néanmoins l’école catholique fut détruite par un V1 (Doodlebug). Fort heureusement il n’y avait pas d’élèves à ce moment là ! Un centre d’entrainement pour les commandos ( Secret Army) avait été installé dans un bunker. L’un des officiers commandant l’unité basée à Bilting était le frère de Ian Fleming, l’auteur des célèbres James Bond. De nombreux éléments de défense furent mis en place notamment les fameuses « dents de dragon », sensés faire obstacle à une éventuelle invasion.

 

La reconstruction donna lieu à de nombreux débats, en particulier lors du percement de la route périphérique. Des groupes s’opposèrent aux nouveaux projets. Les Anglais les appellent plaisamment les NIMBYs et les BANANAs. Traduisons, car les mêmes tendances sont bien connues aussi chez nous :

NIMBY = not in my back yard.   ( Construisez ça où vous voulez mais pas près de chez moi!)

BANANA = Build absolutly nothing anywhere near anybody ( ne construisez absolument rien nulle part !)

Le centre commerçant ne se distingue guère des nôtres. Seule originalité notable, le nombre important de magasins de charité. Ce sont des boutiques tenues par des œuvres caritatives confessionnelles qui revendent à bas pris toutes sortes d’objets au profit de leurs activités. La vie associative, on l’a déjà vu est multiforme et omniprésente, fondée essentiellement sur des bases confessionnelles ou « ethniques ». Les communautés originaires de diverses parties de l’ancien Empire sont représentées: les Gurkhas dont nous avons déjà parlé, les Kurdes, les Zimbabwéens, Chinois, Sri Lanquais etc. ont leurs associations de même que les musulmans. Le site internet de la ville donne les coordonnées d’interprètes en Français (merci), Gujarati, Hindi, Italien, Portugais, Punjabi, Espagnol, Urdu…

Le système scolaire anglais est très différent du nôtre. L’école publique est fortement dévalorisée et les écoles privées (Public Schools) souvent confessionnelles et parfois très coûteuses, sont en concurrence.  Il faut noter aussi que l’organisation varie entre l’Angleterre proprement dite, le Pays de Galles ou  l’Ecosse.

 Ashford compte 45 écoles primaires, 5 écoles secondaires et 3 écoles spéciales. Il y a en plus un certain nombre d’écoles « indépendantes ». Nous apprenons au cours de conversations qu’un certain nombre de familles assurent elles même l’éducation de leurs enfants : mauvaise réputation de l’école publique et coût élevé des écoles privées. La couronne britannique n’a jamais et pour cause, inscrit le mot « égalité » au fronton de ses édifices !

Accidentellement, nous apprenons qu’un certain nombre de personnalités ont vécu dans cette ville. Kate Bush aurait fréquenté les lieux. Plus sérieusement, une inscription en hommage à  Simone Weil, dans le coin bibliothèque d’un pub attira notre attention. Echappée de France, la célèbre philosophe (ne pas confondre avec son homonyme Giscardienne) se réfugia en Angleterre. A force de s’imposer les restrictions qu’elle savait être celles du peuple français, elle tomba malade et fut hospitalisée au sanatorium d’Ashford où elle mourut en 1943. La ville d’Ashford peut également s’honorer de la naissance du fils d’un pasteur nommé John Wallis né en 1616. Mathématicien on lui doit le  symbole de l’infini ( ) [ voir http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Wallis ]

Le jour de notre visite est jour de marché. Les prix alimentaires au terme d’une laborieuse conversion  nous inciteraient à penser que le temps de la contrebande fructueuse est désormais revenu ! (L’Angleterre n’a toujours pas accepté l’Euro et semble attendre que le reste de l’Union Européenne – ou du monde-  adopte comme monnaie la Livre sterling !). Certains de nos hôtes avouent d’ailleurs faire régulièrement des expéditions de ravitaillement sur le continent ! En toute légalité…


Le regroupement  des enfants se fait face au bâtiment du Conseil municipal, la mairie en somme. Il est temps de se diriger vers le lieu de stationnement du car pour un dernier pique nique en terre étrangère. Repas vite expédié.

 Les enfants sont attirés par les jeunes Anglais qui s’exercent sur des pistes réservées aux planches à roulettes et aux vélos de cross.

Des parties de ballon sont improvisées. Quelques adolescents du coin se mêlent à nos garçons pour les faire jouer au foot ! Ils se comportent en  grands frères amicaux et sympathiques jusqu’à notre départ. Pas un mot, juste un petit geste complice apprécié lorsque nous plions bagages.

« Brouillard sur la Manche : le continent est isolé… »

Le reste du voyage est sans histoire. Grâce à la célérité de Christophe, nous « attrapons » un train plus tôt que prévu. Le passage du tunnel n’est impressionnant qu’au moment de l’embarquement dans les grosses boîtes métalliques qui servent à cloîtrer les voyageurs.

Une demi heure plus tard, nous refaisons surface de l’autre côté de la Manche sans avoir vu un seul poisson au grand désespoir de certains enfants. Le tunnel a naturellement été percé sous les couches de craie dans une veine de marne plus tendre et imperméable.

La réalisation de ce tunnel donné lieu a de nombreuses hésitations et controverses. Le premier projet comme il été dit remonte à 1855 (Thomé de Gaumont). Des études géologiques sont faites en 1875 et prévoient un tunnel de 54 km dans la craie. Les travaux entrepris sont interrompus en 1883 pour des raisons militaires : la France et la Grande Bretagne n’ont pas encore résolu leur conflit impérialiste et « L’entente cordiale »  n’est pas née. (Pour les amateurs d’histoire, l’’incident de Fachoda date de 1898).  Pourtant  Anglais et Français avaient déjà creusé environ 2 km de chaque côté ! L’idée ne sera reprise qu’en 1957. Harold Wilson et Pompidou relancent l’idée en 1966. Mais les travaux commencés en 1973 sont à nouveau interrompus en 1975 : 300 m creusés côté français et 400 m côté britannique. Etrangement c’est aussi la date du référendum voulu par Georges Pompidou et qui confirma l’entrée de la Grande Bretagne dans l’Union Européenne. Après de nombreux autres projets (un tunnel, un pont, un pont et un tunnel) François Mitterrand et Margaret Thatcher prendront la décision définitive à Lille en 1986. Les premiers forages auront lieu en 1987 et la jonction entre les deux galeries en 1990. L’inauguration officielle aura lieu le 6 mai 1994. Notre passage à quelques jours près aurait été un anniversaire ! Les historiens du futur sauront peut-être débrouiller les intrigues politico financières qui présidèrent aux décisions successives.

 

A l’arrivée dans nos deux villages, l’émotion  était intense. Le voyage se terminait sans incident.  Informés régulièrement par boîte vocale, les parents n’eurent pas à s’inquiéter et les enfants surent généralement surmonter les affres d’une séparation qui était parfois la première de leur existence. La réussite est une récompense pour les enseignants qui se lancèrent dans cette aventure dont les familles ne mesurent pas toujours le poids. Obstacles financiers, administratifs, psychologiques un à un levés, tout au long de l’année. Mais cette lumière dans le regard des petits, mais les souvenirs accumulés, les moments inoubliables quelle satisfaction !

Il y aura d’autres voyages en Angleterre. 
Et pour ne pas oublier, tous ensemble: " Discothèque...discothèque..."

   

Donna chigniagnia

Ca fait comme ça chigniagnia

Tout en douceur chigniagnia

Mini mini chigniagnia

 

Donna lapoulap

Ca fait comme ça lapoulap

Tout en douceur lapoulap

Mini mini  lapoulap

 

Donna clips

Ca fait comme ça clips

Tout en douceur clips

Mini mini clips

 

Donna discothèque

Ca fait comme sa discothèque

Toute en douceur discothèque

Mini mini discothèque

 

Donna chigniagnia

Ca fait comme ça lapoulap

Toute en douceur clips

Mini mini discothèque.

 

 

 

 

 

 

par Petits potins_10 publié dans : Le coin des jeunes
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Mardi 10 juin 2008

“The children walking two and two in red and blue and green…

Oh, what a multitude they seemed, these flowers of London Town!

Seated in companies they sit, with radiance all their own…

Thousands of little boys and girls raising their innocent hands…

William Blake.

Songs of innocence (1789)

Le troisième jour, notre départ fut retardé et nous étions tous contrariés. Après l’habituel et délicieux petit déjeuner servi par Brenda, nous attendîmes assez longtemps le taxi qui devait nous mener au point de rendez-vous. Avec plus d’une heure de retard au départ, l’arrivée à 11 h pour le tour en bateau sur la Tamise était plus que compromis. Malgré la bonne volonté de l’entreprise de navigation, il fallut annuler.


L
a visite de Londres commença donc directement à Tower Bridge, comme l’an dernier. Une différence essentielle cependant : le soleil qui continuait de briller. Nous eûmes donc tout loisir de photographier les groupes  et de flâner sous les murailles de la Tour de Londres. Un voilier à l’amarre en amont du pont nous intriguait cependant. Lorsque nous comprîmes que le tablier mobile allait s’ouvrir, nous battîmes le rappel. La chance cette fois nous souriait : nous allions voir le pont de Londres livrer passage à un navire !


Le bateau, vieux gréement marchand réaménagé pour la croisière  s’engagea entre les tours et fila silencieusement devant nous, saluant le Belfast toujours à quai sur l’autre berge (voir le Journal de 2007)

Saut de puce en car pour rejoindre Big Ben. Le beau temps a fait sortir les Londoniens en short : hommes et femmes profitent de la pause déjeuner pour piquer un mille mètres – ou plus ? Les Traders de la City maintiennent ainsi leur anatomie et leur système nerveux au Top. Il n’est pas conseillé de se trouver sur leur chemin. Outre la difficulté à descendre du car par la portière droite donc côté circulation, il nous faut protéger les enfants des Joggers ! Gênés, ceux-ci se manifestent par un cri rauque et un regard furibond ! Nos petits campagnards n’ont pas acquis les réflexes d’évitement familiers aux habitants des grandes métropoles. Ils flânent nez au vent comme sur un sentier familier au risque de se faire piétiner ! La traversée des avenues est une autre épreuve, la durée de passage des piétons étant sans doute calculée à partir de la vitesse d’un sprinter bien entraîné.

Nous sommes juste à l’heure pour entendre Big Ben sonner les douze coups de midi. Le pont est dégagé des échafaudages qui l’an dernier masquaient Westminster. Sur la place de l’Abbaye, des  manifestants contre la guerre en Irak ont dressé tentes, banderoles et drapeaux. Pas un seul casque à l’horizon, les policiers passent indifférents : pas de doute, nous sommes bien sur une autre planète !

Annick nous guide vers le quartier des Horse Guards. Nouveau coup de chance, nous arrivons pour la relève. Le cérémonial se déroule avec une précision d’automate, ponctuée de hurlements sauvages : ordres rituels incompréhensibles pour un civil. Le cheval impassible est gratifié de vigoureuses claques afin sans doute de lui faire admettre la curieuse gymnastique à laquelle se livre son cavalier jusque là immobile comme une pierre tombale.

On hésite entre le respect et l’ironie. Les sourires s’évanouissent lorsqu’un peloton de gardes à pied fonce dans la foule :

« Start ! Here we go ». Sous l’arcade, une tunique rouge attend elle aussi la relève.

Le retour s’effectue avec la même énergie virile. Cette fois la foule s’est écartée d’elle-même ! Autre cavalier, autre cheval. La garde est en place pour une nouvelle faction. L’homme passe encore, il est dressé, mais le cheval, de quoi rêve-t-il ?

Pique-nique dans Saint Jame’s Park. Sandwiches, chips et fruits. Le sandwich ne peut être qu’une invention anglaise. Même si la part qu’y prit Lord Sandwich est discutée.


 
L’Union Jack flotte sur Buckingham Palace : la Reine serait-elle là ? On imagine un conte ; Elisabeth est prévenue de notre arrivée et va nous recevoir. Corinne pianote sur son téléphone portable : « Hello Majesté… ? ». Pas de chance, elle doit s’absenter … d’ailleurs c’est vrai : la sécurité se met en place, le portail de droite s’ouvre, deux longues berlines noires sortent en trombe.

« Tu l’as vue ? Elle était dedans ? »…

Quoiqu’il en soit, nous profitons des grilles ouvertes pour photographier les gardes avec leur grand bonnet. Mesurant 18 pouces de haut et pesant une livre et demi, le bonnet est fait en poil d’ours du Canada !L’utilisation de ce curieux couvre chef aurait été destinée à impressionner l’adversaire dans les combats en faisant apparaître le soldat plus grand. A la manière des animaux qui se gonflent lorsqu’ils se sentent en danger. Le poil d’ours était sensé affoler les chevaux ennemis. Le petit bonhomme qui se tient tout là-bas devant sa guérite en est lui aussi magnifié! Les vrais gardes – gilet pare balles et fusil d’assaut- laissent en souriant la foule profiter de cette vue dégagée sur la façade du château.


Voici comment se déroule la relève de la garde à cet endroit selon la description donnée par un site officiel. Je ne résiste pas au plaisir de conserver la forme originelle qui prouve la déficience persistante des logiciels de traduction !

« Changer de la cérémonie de garde est la remise formelle de responsabilité de la « vieille garde » qui avaient tenu la garde à la rue. James et palais de Buckingham, à la « nouvelle garde »

.11:00 a. m que la cérémonie commence quand les gardes de pied de la vieille garde forment vers le haut dans la cour de Monastère sur le côté de la rue. Le palais de James. Des corps des tambours, d'une bande de pipe ou d'une pleine bande militaire jouent alors la garde en bas du mail à l'avant-cour du palais de Buckingham.

11. 30 a. m quand la nouvelle garde forme vers le haut les casernes intérieures de Wellington tandis qu'un régimentaire réunit des jeux. Quand la vieille garde est prête nouveaux mars de garde à travers dans l'avant-cour. Une fois que les vieilles et nouvelles gardes sont les revêtements élaborés, le capitaine de la vieille garde remet les clefs des palais au capitaine de la nouvelle garde. De nouvelles sentinelles sont alors marchées dans leurs positions tandis que les jeux de bande et les couleurs (drapeaux régimentaires) des vieilles et nouvelles gardes sont défilés.

12. 10 a. m les sentinelles ont été placés. La bande et la vieille garde partent alors pour des casernes de Wellington, marcher lent hors de l'avant-cour et saluer le nouveau garde comme elles passent. La nouvelle garde pour la rue. Mars de James derrière sa musique vers le haut du mail à la cour de Monastère. C'est où changer des extrémités de cérémonie de garde, et une tradition qui passe en arrière par les siècles plus de pour un autre jour. »

  ( la prochaine fois on vous donnera de même les règles du cricket...)

Comme nous n’étions pas à l’heure que la cérémonie commence pour une tradition qui passe en arrière pour les siècles, nous remontons le Mall. Nouvelle photo devant un garde en bonnet devant ce que nous supposons être une résidence princière.

 

L’Admiralty Arch est précédé de la statue de James Cook. Lord Sandwich, Premier Lord de l’amirauté de 1771 à 1782 se distingua paraît-il par son incompétence. Il sut au moins soutenir les expéditions de Cook qui lui dédia l’une de ses découvertes : les îles qui portent son nom. De l’autre côté Nelson est perché à 51 m de haut sur une colonne fondue avec le métal de NOS canons ! Sous l’arche de l’édifice dédié à la Reine Victoria, nous n’avons aucune chance d’apercevoir « the nose », une protubérance située à hauteur de cavalier, allusion au nez du Duc de Wellington et supposée porter bonheur aux soldats passant par là !

 

On barbotte un peu autour du bassin de Trafalgar Square (Tous les lieux remarquables ici portent des noms qui rappellent l’amitié séculaire entre  nos deux pays !)  Nous évitons de nous attarder auprès des les pigeons. Les enfants veulent acheter des souvenirs et cela se fera à Piccadilly. Les jambes commencent à être lourdes et il faut presser le pas afin d’être à l’heure au rendez-vous du car qui est garé le long de Park Lane, au bas d’une interminable file d’autobus. C’est le quartier des grands hôtels et les taxis sont un peu moins nombreux que les Ferrari, les Porsche ou les limousines à vitres fumées.

 

Retour à travers la banlieue londonienne, à vitesse réduite. Nous serons ce soir très en retard au point de rendez-vous….

 

Leeds : le château et le parc.

 

«  Je voudrais avoir un château magnifique et resplendissant, érigé dans une suprême élégance et noblesse de style, des jardins superbes, pleins de fleurs les plus rares et les plus raffinées, un parc immense et somptueux…regorgeant de cascades naturelles et de fontaines artificielles avec des allées plantées d’arbres feuillus, une énorme bibliothèque contenant tous les livres jamais imprimés dans le monde…mais…je ne peux pas ! »

Lewis Carroll.

Le Magazine du presbytère.

 

Jeudi matin, il pleut. Ni averse passagère, ni crachin océanique. Une bonne grosse pluie dense, froide et persistante. Elle ne nous lâchera pas de la journée. Nous roulons en direction du château de Leeds. La visite étant déjà au programme l’an dernier, nous passerons sur les renseignements historico-touristiques. Nous sommes légèrement en avance et nous en profitons pour faire un arrêt dans le village proche. Une petite marche à la fraîche ! Nous sommes dans la campagne et quelques maisons ont été superbement entretenues et restaurées.

Le parc du château ouvre à 10 h 30. Malheureusement le domaine est noyé dans une vapeur humide. Les plantes si  variées et colorées disparaissent dans la grisaille. Même les paons se sont mis à l’abri.

Malgré tout, nous apprécions le cadre splendide, la succession des cascades et des plans d’eau, les aménagements savants de bosquets et de pelouses. Oies, canards et poules d’eau nous font escorte. L’intérieur du château ne déçoit pas les jeunes visiteurs. Certes les styles et les époques  s’y mélangent un peu. La demeure fut récemment occupée et l’on tient à cœur ici de célébrer tant le passé que les derniers propriétaires dont le portrait domine le grand salon. Plus de meubles que de tableaux. Des vêtements et des accessoires début XXème siècle. Christophe, notre chauffeur , qui se révèle être expert en armes anciennes souligne le caractère disparate des collections présentées. La seule pièce réellement homogène est la chapelle. Malheureusement il est interdit d’y prendre des photos parce que le lieu est « consacré » ! Une volière d’oiseaux exotiques peints égaie une galerie de mille couleurs.

La visite terminée, nous traînons à la boutique espérant en vain une accalmie. Il faut se résoudre à pique niquer sous la pluie. Les guides nous dirigent aimablement vers un espace commercial relativement protégé. Assis par terre et encapuchonnée la petite troupe paraît morose ! Quelques petites chanceuses ont récupéré des parapluies on ne sait où. Un curieux « Musée du collier de chien » se visite gratuitement.


Braves comme des britanniques, nous repartons néanmoins. Le labyrinthe nous attend. Hélas : sol glissant, réfection : l’endroit est fermé ! Les rapaces retiennent un moment notre attention : faucons et chouettes sont soignées par une équipe compétente. Nous traversons à nouveau les jardins. Il y a là une volière bien réelle cette fois. Perroquets, perruches de toutes provenances, Ibis rouges en liberté. Il est déconseillé de tendre son doigt à travers les grillages car on ne doit pas nourrir les animaux ! Ce fut longtemps une mode aristocratique que d’agrémenter les propriétés de plantes, d’animaux ou d’objets exotiques. On montrait par là sa richesse et son influence. Louis XVI fit orner des bassins de coquillages en provenance d’Extrême Orient car le Roi Soleil ne pouvait être qu’universel.

 Surgis d’une touffe herbeuse deux oiseaux blancs à longues pattes et à  bec en spatule viennent à notre rencontre. On les croirait tout droit sortis des illustrations d’Alice. Serait-ce un couple de mystérieux Borogroves ou bien Tweedledum avec Tweedledee?


Il est temps de rentrer. Les cygnes noirs tordent le cou à notre passage et se font menaçants : ils ont trois gros poussins duveteux. Nous ne monterons pas dans le ballon captif. Il est temps de partir, même si les paons réapparaissent enfin.

 

“He thought he saw a Garden-Door

That opened with a key:

He looked again, and found it was

A Double Rule of Three:

"And all its mystery," he said,

"Is clear as day to me!"

The Mad Gardener's Song.

Lewis Carroll.

 

 

 

Retour par Ashford….

 

Il a été décidé de faire un arrêt au centre ville d’Ashford afin de repérer l’itinéraire de la visite du lendemain matin. La pluie s’est arrêtée. Le car trouve une place sur un parking proche de la gare de l’Eurostar qui fait halte à cet endroit. Nous remontons à pied vers le centre ville munis d’un plan acheté dans une station service. Pour ne rien vous cacher, l’équipe d’encadrement avait déjà mené une exploration prudente des environs et repéré le centre piétonnier, ses boutiques, ses lieux de culte (temples baptiste, évangélique, presbytérien, maçonnique etc. ) , son musée , ses pubs… Dans le parc, nous croisons des collégiens qui se laissent volontiers photographier, fiers de l’uniforme de l’école locale porté avec une négligence étudiée.


Puis nous longeons l’église anglicane et le cimetière.

 

 L’église dédiée à la Vierge ( St Mary the Virgin) est dominée par une tour carrée surmontée de quatre clochetons. Elle a été construite en 1476 sur des éléments datant probablement du XIII ou du XIV ème siècle. La reconstruction fut le résultat de l’influence de diverses personnalités locales dont Sir John Fogge, le Seigneur du lieu né en 1425. Celui-ci connut des engagements et des fortunes diverses lors de la « Guerre des deux roses ». Il retrouva son influence locale sous le règne d’Henri VII. Vers 1470, il fit entreprendre la reconstruction de l’église et d’abord de la tour carrée. La nef et le transept furent également édifiés. Il fonda également la résidence des vicaires d’Ashford appelée « Collège »  en 1461. Les restes subsistent à l’est de l’église actuelle et abritent le presbytère. Il fut fermé en 1536 lors de la dissolution des monastères par Henri VIII.

Les troubles religieux avaient commencé avant la rupture avec Rome. En 1511 un certain John Brown converti au protestantisme est brûlé vif. La monographie sur l’histoire d’Ashford se plaît à faire un rapprochement avec le John Brown étasunien, abolitionniste, également exécuté dont le supplice inspira l’hymne célèbre :

“John Brown's body lies a-mold'ring in the grave

His soul goes marching on.. »

(Le corps de John Brown gît dans la tombe.

Son âme, elle, marche parmi nous.)

 

En 1556, le règne de